
lila
« Tous, nous tressaillons lorsquâune rose, en se dĂ©faisant dans une chambre tiĂšde, abandonne un de ses pĂ©tales en conque, lâenvoie voguer, reflĂ©tĂ©, sur un marbre lisse. Le son de sa chute, trĂšs bas, distinct, est comme une syllabe du silence et suffit Ă Ă©mouvoir un poĂšte. La pivoine se dĂ©fleurit dâun coup, dĂ©lie au pied du vase une roue de pĂ©tales. Mais je nâai pas de goĂ»t pour les spectacles et les symboles dâune gracieuse mort. Parlez-moi au contraire du soupir victorieux des iris en travail, de lâarum qui grince en dĂ©roulant son cornet, du gros pavot Ă©carlate qui force ses sĂ©pales verts un peu poilus avec un petit «cloc», puis se hĂąte dâĂ©tirer sa soie rouge sous la poussĂ©e de la capsule porte-graines, chevelure dâĂ©tamines bleues! Le fuchsia non plus nâest pas muet. Son bouton rougeaud ne divise pas ses quatre contrevents, ne les relĂšve pas en cornes de pagode sans un lĂ©ger claquement de lĂšvres, aprĂšs quoi il libĂšre, blanc, rose ou violet, son charmant juponnage froissé⊠Devant lui, devant lâipomĂ©e, comment ne pas Ă©voquer dâautres naissances, le grand fracas insaisissable de la chrysalide rompue, lâaile humide et ployĂ©e, la premiĂšre patte qui tĂąte un monde inconnu, lâĆil fĂ©erique dont les facettes reçoivent le choc de la premiĂšre image terrestre?⊠Je reste froide Ă lâagonie des corolles. Mais le dĂ©but dâune carriĂšre de fleur mâexalte, et le commencement dâune longĂ©vitĂ© de lĂ©pidoptĂšre. Quâest la majestĂ© de ce qui finit, auprĂšs des dĂ©parts titubants, des dĂ©sordres de lâaurore? »
Colette ( Gigi)
LILAS
Titre : A un enfant
PoĂšte : Antoine de Latour (1808-1881)
Recueil : La vie intime (1833).
Laisse en tes yeux si purs et si beaux d'innocence
Tristes plonger mes yeux,
Car j'ai besoin de voir aux regards de l'enfance
Se réfléchir les cieux.
L'aspect doux et serein de ta naĂŻve joie
Calmera pour un jour
Ces orages brûlants qui me livrent en proie
Aux tourments de l'amour.
Fuis-les ces ouragans, courbe ta blonde tĂȘte,
Enfant, quand ils viendront ;
Car on garde longtemps d'une telle tempĂȘte
L'empreinte sur le front.
Mais si Dieu l'a voulu, jette au cou de ta mĂšre
Tes deux bras défaillants ;
Une mĂšre a toujours ses bras prĂȘts, quand la terre
Manque Ă nos pas tremblants.
Une mĂšre, vois-tu, c'est lĂ l'unique femme
Qu'il faille aimer toujours,
A qui le ciel ait mis assez d'amour dans l'Ăąme
Pour chacun de nos jours.
Aux suaves accords de sa voix douce et tendre
Endormi mollement,
Enfant aimé ta mÚre, aime-la sans apprendre
Que l'on aime autrement.
Aimer ! parole triste, insultante ironie
Pour qui vit un matin,
Mot fatal, et qui n'a d'écho dans cette vie
Qu'amertume et dédain !
Oh ! choisir une femme et créer autour d'elle
Tout un monde enchanté,
Et vouloir seulement pour la faire immortelle
Une immortalité !
A ses moindres discours suspendre tout son ĂȘtre,
Ămu d'un doux espoir,
Et mourir tout le jour, hélas ! à se promettre
Un sourire, le soir !
Et lorsque ce. regard que le regard mendie
On n'a pu l'obtenir,
Sentir avec terreur à l'ùme anéantie
Echapper l'avenir ;
A la vie, au bonheur, dans sa douleur farouche,
Jeter un morne adieu,
Tomber Ă deux genoux le front contre sa couche
Et s'écrier : « Mon Dieu !
« Au lieu de les laisser l'un sur l'autre descendre
Si pesants Ă mon cĆur,
Mon Dieu ! ne pouvez-vous ensemble les reprendre
Tous ces jours de malheur ? »
Ăpuiser ces tourments qu'en ce monde oĂč nous sommes
On ne peut exprimer,
Lentement en mourir, dans la langue des hommes
Cela s'appelle aimer !
Antoine de Latour
lila
Rappelle-toi Barbara
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-lĂ
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de mĂȘme
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle toi quand mĂȘme ce jour-lĂ
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu Ă tous ceux que j'aime
MĂȘme si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu Ă tous ceux qui s'aiment
MĂȘme si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abßmé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est mĂȘme plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crĂšvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin trĂšs loin de Brest
Dont il ne reste rien.
lila
l'enfer stromaé paroles
J'suis pas tout seul Ă ĂȘtre tout seul
Ăa fait d'jà ça d'moins dans la tĂȘte
Et si j'comptais, combien on est
Beaucoup
Tout ce à quoi j'ai d'jà pensé
Dire que plein d'autres y ont d'jà pensé
Mais malgré tout je m'sens tout seul
Du coup
J'ai parfois eu des pensées suicidaires
Et j'en suis peu fier
On croit parfois que c'est la seule maniĂšre de les faire taire
Ces pensées qui nous font vivre un enfer
Ces pensées qui me font vivre un enfer
Est-c'qu'y a que moi qui ai la télé
Et la chaßne culpabilité?
Mais faut bien s'changer les idées
Pas trop quand mĂȘme
Sinon ça r'part vite dans la tĂȘte
Et c'est trop tard pour qu'ça s'arrĂȘte
C'est lĂ qu'j'aimerais tout oublier
Du coup
J'ai parfois eu des pensées suicidaires
Et j'en suis peu fier
On croit parfois que c'est la seule maniĂšre de les faire taire
Ces pensées qui me font vivre un enfer
Ces pensées qui me font vivre un enfer
Tu sais j'ai mûrement réfléchi
Et je sais vraiment pas quoi faire de toi
Justement, réfléchir
C'est bien l'problĂšme avec toi
Tu sais j'ai mûrement réfléchi
Et je sais vraiment pas quoi faire de toi
Justement, réfléchir
C'est bien l'problĂšme avec toi
Josephine22
"Chaque fois que je te regarde, je t'admire davantage
et à mesure que je te regarde, je désire davantage te regarder"
"Tous les trĂ©sors de la terre ne valent pas le bonheur d'ĂȘtre aimĂ©"
"Car toute notre vie n'est qu'un songe
Et les songes sont des songes, et rien de plus"
Pedro CALDERON DE LA BARCA
