
lila
« Si on nây prend garde, lâarbre disparaĂźtra et la fin de la planĂšte viendra par dessĂšchement sans cataclysme nĂ©cessaire, par la faute de lâhomme. Nâen riez pas, ceux qui ont Ă©tudiĂ© la question nây songent pas sans Ă©pouvante.» (Impressions et souvenirs, 1873)
⏠George Sand (1er juillet 1804 - 8 juin 1876)
lila
On vient de marier le dernier
Tous nos enfants sont désormais heureux sans nous
Ce soir il me vient une idée
Si l'on pensait un peu Ă nous
Un peu Ă nous
On s'est toujours beaucoup aimés
Mais sans un jour pour vraiment s'occuper de nous
Alors il me vient une idée
Si l'on partait comme deux vieux fous
Comme deux vieux fous
On habiterait Ă l'hĂŽtel
On prendrait le café au lit
On choisirait un p'tit hĂŽtel
Dans un joli coin du midi
Ce soir il me vient des idées
Ce soir il me vient des idées
On a toujours bien travaillé
On a souvent eu peur de n'pas y arriver
Maintenant qu'on est tous les deux
Si l'on pensait Ă ĂȘtre heureux
Ă ĂȘtre heureux
Tu m'as donné de beaux enfants
Tu as le droit de te reposer maintenant
Alors il me vient une idée
Comme eux j'aimerais voyager
Hmm, voyager
Mais on irait beaucoup moins loin
On n'partirait que quelques jours
Et si tu me tiens bien la main
Je te reparlerai d'amour
Ce soir il me vient des idées
Ce soir il me vient des idées
Nous revivrons nos jours heureux
Et jusqu'au bout moi je ne verrai plus que toi
Le temps qui nous a rendus vieux
N'a pas changĂ© mon cĆur pour ça
Mon cĆur pour ça
lila
Demain, je surprendrai lâaube rouge sur les tamaris mouillĂ©s de rosĂ©e saline, sur les faux bambous qui retiennent, Ă la pointe de chaque lance bleue, une perle⊠Le chemin de cĂŽte qui remonte de la nuit, de la brume et de la mer⊠Et puis le bain, le travail, le repos⊠Comme tout pourrait ĂȘtre simple⊠Aurais-je atteint ici ce que lâon ne recommence point ?
lila
Des yeux de chat des faubourgs, obliques et bordĂ©s de khĂŽl : un visage tout de finesse, mobile comme lâeau. Les joues fardĂ©es de rouge. Les lĂšvres, dâune minceur et dâune ductilitĂ© de fil dâacier, mais rehaussĂ©es dâĂ©carlate comme celles dâune vraie fille des rues.
La chambre renvoyait au luxueux confinement de ses romans les plus profanes, avec des rideaux de velours, dressĂ©s contre la lumiĂšre de juin. On sâapercevait bientĂŽt que les murs Ă©taient tendus de soie : que la lumiĂšre, rosĂątre et chaude, filtrait de lampes drapĂ©es dans des foulards rose pĂąle. Un parfum â quelque mĂ©lange de roses et dâoranges, de tilleul et de musc â se balançait dans lâair comme une buĂ©e : comme une brume lĂ©gĂšre.
Ainsi elle Ă©tait lĂ , calĂ©e par des couches dâoreillers Ă bordures de dentelles, les yeux liquides de vie et de gentillesse et de malice. En travers de ses jambes, un chat dâun gris singulier Ă©tait Ă©tendu, plutĂŽt comme un couvre-pied supplĂ©mentaire.
Truman CAPOTE, La Rose Blanche
lila
Marguerite
Chanson de Richard Cocciante
Surtout, ne m'en voulez pas trop
Si ce soir je rentre chez moi
J'ai tellement de choses Ă faire
Avant que le jour se lĂšve
Et pendant qu'elle dormira
Moi, je lui construirai des rĂȘves
Pour que plus jamais, au réveil
Elle ne se lĂšve les yeux en pleurs
Et pour que cette longue nuit
Ne soit plus jamais noire et profonde
Je demanderai Ă la lune
De remplir le ciel tout entier
Et pour que je puisse encore la voir
Me sourire comme avant
Je demanderai au soleil
De brĂ»ler, mĂȘme en plein hiver
Et pour qu'elle puisse encore chanter
Les chansons de notre bohĂšme
Je construirai un silence
Plus grand que ceux des cathédrales
J'irai réveiller les amants
Je parlerai des heures entiĂšres
Et je sais qu'ils me suivront
Tant que nous resterons amants
Alors on se promĂšnera
Tous ensemble on dansera
D'incroyables sarabandes
Et elle oubliera sa peine
Et pour que la ville danse
Et pour que la ville chante
On inventera des couleurs
Et elle oubliera ses larmes
Nous irons dans les campagnes
Pour cueillir les fleurs des champs
Pour en faire un grand lit blanc
OĂč l'on s'aime tendrement
Et puis nous irons au fond du ciel
Pour lui choisir une étoile
Parc'que Marguerite est bonne
Parc'que Marguerite est belle
Parc'que Marguerite est vraie
Parc'que Marguerite est douce
Parc'que Marguerite m'aime
Moi, je ne vis que pour elle
Marguerite est ma raison
Mon lendemain, mon idéal
Marguerite qui est le vent
Ne sait pas qu'elle peut me faire mal
Parc'que Marguerite est celle
Que je veux toujours prĂšs de moi
Marguerite est Marguerite
Marguerite est tout pour moi
Marguerite est tout pour moi
lila
Le Temps qui reste
Serge Reggiani
Combien de temps...
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures, combien ?
Quand j'y pense, mon coeur bat si fort...
Mon pays c'est la vie.
Combien de temps...
Combien ?
Je l'aime tant, le temps qui reste...
Je veux rire, courir, pleurer, parler,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Voler, chanter, parti, repartir
Souffrir, aimer
Je l'aime tant le temps qui reste
Je ne sais plus oĂč je suis nĂ©, ni quand
Je sais qu'il n'y a pas longtemps...
Et que mon pays c'est la vie
Je sais aussi que mon pĂšre disait :
Le temps c'est comme ton pain...
Gardes-en pour demain...
J'ai encore du pain
Encore du temps, mais combien ?
Je veux jouer encore...
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d'Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu'Ă la fin de ma voix...
Je l'aime tant le temps qui reste...
Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je veux des histoires, des voyages...
J'ai tant de gens Ă voir, tant d'images..
Des enfants, des femmes, des grands hommes,
Des petits hommes, des marrants, des tristes,
Des trĂšs intelligents et des cons,
C'est drĂŽle, les cons ca repose,
C'est comme le feuillage au milieu des roses...
Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je m'en fous mon amour...
Quand l'orchestre s'arretera, je danserai encore...
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...
Quand le temps s'arretera..
Je t'aimerai encore
Je ne sais pas oĂč, je ne sais pas comment...
Mais je t'aimerai encore...
D'accord ?
lila
Et puis...
Et j'allais dire dĂ©jĂ
L'enfance se fait lointaine
Comme un pays d'oĂč l'on s'en va
Je ne vois plus qu'Ă peine
Le rivage
Mon amour, mon amour
Avec toi j'appareille alors
Pour autre part, our autre chose, Ă bord
De ma quarantaine
Et je t'emmĂšne
LĂ -bas dans une image
Je t'aime
Toi qui ne seras jamais
Une grande personne
Ne me quitte jamais
Je t'aime
Et puis...
Comme on va en province
Quand on aura fait la vie
Nous irons Ă la soixantaine
Dans la maison que j'aime
En Provence
Mon amour, mon amour
Nous aurons fait l'amour et puis
D'autres garçons bien avant les vieux jours
Et les vieilles nuits
Si tu es sage
Tu auras des images
Je t'aime
Toi qui ne seras jamais
Une grande personne
Ne me quitte jamais
Je t'aime
Et puis...
Mais ce n'est pas demain
Il faudra que le soir vienne
Je m'en irai sur le chemin
OĂč nous attend la chienne
Un par un
Mon amour, mon amour
Quand je serai dans les nuages
C'est autre part, c'est autre chose, encore
Mais sans toi, tu sais
Je serai seul
LĂ -bas dans l'autre image
Je t'aime
Moi qui ne serai jamais
Une grande personne
Ne me quitte jamais
