
LILAS
Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rĂȘvĂ©
Dont j'ai tant rĂȘvĂ© dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé
Lorsque je les prends Ă mon pauvre piĂšge
De paume et de peur de hùte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes mains Ă moi
Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tresailli
Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots
Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu
Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon Ăąme y dorme
Que mon ùme y dorme éternellement.
Louis Aragon
Josephine22
LILAS a écrit :
Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton Ăąme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais Ă plonger au sein de ton image ;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cĆur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous ĂȘtes tous les deux tĂ©nĂ©breux et discrets :
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abßmes,
Ă mer, nul ne connaĂźt tes richesses intimes,
Tant vous ĂȘtes jaloux de garder vos secrets !
Et cependant voilĂ des siĂšcles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
à lutteurs éternels, Î frÚres implacables !
Homme et la mer
Charles Baudelaire
Superbe poĂšme...merci Lila 72500 đ
Josephine22
lhuron a écrit :
CHANSON D'ORPHĂE .
Matin , fais lever le soleil ,
matin , à l'instant du réveil ,
viens tendrement poser
tes perles de rosée
sur la nature en fleurs
chĂšre Ă mon cĆur
le ciel a choisi mon pays
pour faire un nouveau paradis
oĂč loin des tourments
danse un éternel printemps
pour les amants
Chante chante mon cĆur
la chanson du matin
dans la joie de la vie qui revient
Matin fais lever le soleil
matin à l'instant du réveil
mets dans le cĆur battant
de celle que j'attends
un doux rayon d'amour
beau comme le jour
afin que son premier soupir
réponde à mon premier désir
oui l'heure est venue
oĂč chaque baiser perdu
ne revient plus
Chante chante mon cĆur
dans la joie de la vie qui revient ...
Une trÚs belle histoire, un trÚs beau film avec de trÚs belles couleurs et une chanson magistralement interprétée par John WILLIAM .
đ j adore cette chanson..Le film..les acteurs..Marpessa Dawn Ă©tait superbe
Et John William đ
Merci Ami Lhuron
lhuron
CHANSON D'ORPHĂE .
Matin , fais lever le soleil ,
matin , à l'instant du réveil ,
viens tendrement poser
tes perles de rosée
sur la nature en fleurs
chĂšre Ă mon cĆur
le ciel a choisi mon pays
pour faire un nouveau paradis
oĂč loin des tourments
danse un éternel printemps
pour les amants
Chante chante mon cĆur
la chanson du matin
dans la joie de la vie qui revient
Matin fais lever le soleil
matin à l'instant du réveil
mets dans le cĆur battant
de celle que j'attends
un doux rayon d'amour
beau comme le jour
afin que son premier soupir
réponde à mon premier désir
oui l'heure est venue
oĂč chaque baiser perdu
ne revient plus
Chante chante mon cĆur
dans la joie de la vie qui revient ...
Une trÚs belle histoire, un trÚs beau film avec de trÚs belles couleurs et une chanson magistralement interprétée par John WILLIAM .
LILAS
Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton Ăąme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais Ă plonger au sein de ton image ;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cĆur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous ĂȘtes tous les deux tĂ©nĂ©breux et discrets :
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abßmes,
Ă mer, nul ne connaĂźt tes richesses intimes,
Tant vous ĂȘtes jaloux de garder vos secrets !
Et cependant voilĂ des siĂšcles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
à lutteurs éternels, Î frÚres implacables !
Homme et la mer
Charles Baudelaire
lila
Je suis la fille dâune femme qui, dans un petit pays honteux, avare et resserrĂ©, ouvrit sa maison villageoise aux chats errants, aux chemineaux et aux servantes enceintes. Je suis la fille dâune femme qui, vingt fois dĂ©sespĂ©rĂ©e de manquer dâargent pour autrui, courut sous la neige fouettĂ©e de vent crier de porte en porte, chez des riches, quâun enfant, prĂšs dâun Ăątre indigent, venait de naĂźtre sans langes, nu sur de dĂ©faillantes mains nues⊠PuissĂ©-je nâoublier jamais que je suis la fille dâune telle femme qui penchait, tremblante, toutes ses rides Ă©blouies entre les sabres dâun cactus sur une promesse de fleur, une telle femme qui ne cessa elle-mĂȘme dâĂ©clore, infatigablement, pendant trois quarts de siĂšcle⊠»
La Naissance du jour
lila
Les citations mĂ©morables de lâĂ©crivaine sĂ©nĂ©galaiseđžđłFatou Diomeâïž
1. « LâAfrique ne peut pas tout attendre de lâEurope, câest comme si jâĂ©tais dans la maison de mon pĂšre et je disais que le voisin doit me nourrir. »
2. « Oui, lâAfrique peut reprocher des choses Ă lâEurope, mais les dĂ©faillances de nos dirigeants dâaujourdâhui, nous ne pourrons pas les justifier lĂ©gitimement uniquement en accusant lâEurope. Ce serait nous mentir Ă nous-mĂȘme. »
3. « LâEurope voit souvent ce quâelle donne et nous parle moins de ce quâelle reçoit de lâAfrique. Et LâAfrique, elle âse soumet pour ce quâelle reçoit par fatalisme ou par ignorance de la valeur de ce quâelle a Ă offrir. »
4. « En Europe, mes frĂšres, vous ĂȘtes dâabord noirs, accessoirement citoyens, dĂ©finitivement Ă©trangers, et ça, ce nâest pas Ă©crit dans la Constitution, mais certains le lisent sur votre peau. »
5. « Quand on a les dents longues, il faut avoir les gencives solides. »
6.« Les amitiĂ©s dâenfance rĂ©sistent parfois au temps, jamais Ă la distance. »
7.« L'amour est une oeuvre d'art, comme toute oeuvre d'art, il demande à l'esprit des moments de disponibilités propices à la conception d'une harmonie. »
8. « Malheureux celui qui lit sa gloire dans le regard versatile du public.»
9.« Chaque miette de vie doit servir à conquérir la dignité.»
10.« Aider quelquâun, câest lâaider Ă ne plus avoir besoin de vous, sinon le contraire est de lâassujettissement. Lâaide apaise la conscience du donateur et soulage momentanĂ©ment le bĂ©nĂ©ficiaire. Mais elle ne garantit lâautonomie Ă personne. »
11.« Le chasseur solitaire est le seul à connaßtre le prix que lui a coûté son gibier. »
12.« La femme qui attend un homme pour donner un sens Ă sa vie, ne cherche pas quelquâun Ă aimer, mais cherche plutĂŽt une personne qui lâaime et qui la porte. Câest-Ă -dire, elle est dans lâĂ©goĂŻsme total. »
13.« On ne se jette pas dans des bras croisĂ©s. MĂȘme assoiffĂ© dâaffection, on nâembrasse pas les oursins. »
lila
Barbara et Brel â deux solitudes
Le 1er janvier 1971. Barbara est invitée par Jacques Brel à déjeuner. Simple repas amical ? Pas tout à fait.
« Une fois au restaurant il a commencĂ© Ă commander mon menu, car câest lĂ , une de ses manies, il veut que je mange, comme si seule je me laissais mourir de faim ; et puis il mâa dĂ©clarĂ© : âOn va faire du cinĂ©ma.â Alors moi, bien entendu, jâai ri et protestĂ© en disant que jâĂ©tais trop laide, quâavec mon nez je percerais lâĂ©cran. Mais malgrĂ© tous ces dĂ©fauts dont je suis consciente, jâai acceptĂ© sans hĂ©siter. AprĂšs le dĂ©jeuner nous sommes allĂ©s nous promener en voiture dans les environs de Paris. Il nây avait personne dans les routes, la campagne Ă©tait couverte de neige. Et câest en roulant que Jacques mâa lu son histoire. Jâai Ă©tĂ© tellement enthousiasmĂ©e que jâaurais voulu tourner tout de suite. »
Le tournage du film, intitulĂ© Franz (du nom dâun ami de Brel), a lieu quelques mois plus tard Ă Blankenberge, sur les bords de la mer du Nord. Pour un journaliste venu voir sur place comment se dĂ©brouille Brel en rĂ©alisateur (câest son premier film), le chanteur dĂ©finit dâune phrase son film : « Franz, câest une histoire dâamour mĂ©diocre entre un gars et une fille au physique mĂ©diocre, Ă lâintelligence limitĂ©e, et qui ne sont pas Ă la hauteur de leurs rĂȘves. » Brel touche lĂ une de ses obsessions : la laideur. Toute sa vie il sâest cru, il sâest dit laid. La laideur est pour lui un moteur. Au point de dĂ©clarer que sâil avait Ă©tĂ© beau, il nâaurait pas eu de carriĂšre (« Quand on est beau on se suffit, enfin on devient vite suffisant en vieillissant. »). Dans Franz, Brel veut mettre en scĂšne un couple au physique « ingrat », jouĂ© par Barbara et lui-mĂȘme. Ătre choisie pour sa laideur, voilĂ qui nâest certainement pas facile Ă admettre pour une actrice, mĂȘme dĂ©butante. Et que Barbara ait acceptĂ© de courir le risque dâincarner ce rĂŽle en nĂ©gatif en dit long sur la confiance quâelle avait en Brel.« Je nâai pas lâimpression dâavoir tournĂ© un film, dira la chanteuse aprĂšs la sortie de Franz. Jâai seulement fait ce que Jacques me demandait de faire, parce que jâai en lui une totale confiance, parce que jâĂ©prouve pour lui Ă la fois de lâaffection et de lâadmiration. MalgrĂ© certaines diffĂ©rences, un lien invisible nous unit qui fait que nous nâavons mĂȘme pas besoin de nous voir souvent pour nous comprendre. Quand nous nous tĂ©lĂ©phonons, par exemple, nous ne parlons pas beaucoup. Il suffit de quelques mots pour que chacun sache si lâautre est heureux ou pas, triste ou gai. Il faut dire que nous nous connaissons depuis vingt ans. »
Il est vrai que depuis le Bruxelles des annĂ©es cinquante, les chemins de Brel et de Barbara nâont cessĂ© de se croiser, professionnellement et mĂȘme gĂ©ographiquement. Ainsi, en fĂ©vrier et mars 1967, lorsque Brel est en tournĂ©e en France. Le hasard fait quâau mĂȘme moment Barbara chante dans les mĂȘmes villes, les mĂȘmes théùtres, Ă deux jours dâintervalle. Le dernier jour, Ă Romans, Brel offre un banquet rĂ©unissant les Ă©quipes des deux tournĂ©es. « On se rendait compte, Ă les voir parler cĂŽte Ă cĂŽte, dira la comĂ©dienne Micha Mayard, prĂ©sente au repas, quâil y avait une profonde amitiĂ© entre eux. [âŠ] CâĂ©tait son frĂšre maudit. Ils avaient des relations impossibles et pourtant ils sâadoraient. »
Peu loquace sur le sujet, Brel dira simplement Ă propos de son amie : « Barbara, câest une fille bien. Elle a un grain, mais un beau grain. On est un peu amoureux, comme ça, depuis longtemps. »
Brel aborde le tournage de Franz avec des yeux dâenfant dĂ©couvrant un nouveau jouet. Il est partout, sâintĂ©resse Ă tous les aspects du film, tant artistiques que techniques. On le voit, lâĆil dans le viseur de la camĂ©ra, en train de vĂ©rifier le cadrage. Lâinstant dâaprĂšs, il rĂšgle un combat de coqs, avant dâexpliquer Ă un pilote dâavion comment il veut le plan aĂ©rien de la plage de Blankenberge. Au milieu de cette suractivitĂ©, Barbara, qui connaĂźt mal le monde du cinĂ©ma, est un peu perdue. « Jâavais lâimpression dâĂȘtre une enfant quâon traĂźne Ă lâĂ©cole. JâĂ©tais complĂštement dĂ©sorientĂ©e. DĂšs mon arrivĂ©e, Jacques mâa dit : âTiens, viens faire du vĂ©loâ, en me prĂ©sentant une bicyclette avec laquelle, le lendemain, je devais tourner une journĂ©e avant de dire une simple phrase. Sans Jacques je nâaurais pas pu tourner. Mais comme metteur en scĂšne, il est extraordinaire de gentillesse, de patience et de comprĂ©hension. Il dirige ses comĂ©diens comme il chante, avec autant de volontĂ© et de tendresse⊠Il y a Ă©galement chez lui un cĂŽtĂ© enfantin, et je dirais mĂȘme naĂŻf. Par exemple, je porte dans le film une longue robe blanche. Il y tenait beaucoup. Ă tel point, quâil a expliquĂ© au costumier exactement ce quâil voulait, au moindre dĂ©tail prĂšs, comme sâil connaissait la couture depuis toujours. »
Infiniment « brellien » par ses thĂšmes, Franz donne une vision peu valorisante de la femme. Ainsi, LĂ©onie, le personnage incarnĂ© par Barbara, est-elle montrĂ©e dans la scĂšne finale en famille, oublieuse de son histoire dâamour avec Brel, qui lui sây est engagĂ© jusquâĂ la mort. Une maniĂšre de dĂ©noncer une fois de plus la prudence des femmes, incapables, selon Brel, dâĂȘtre « Ă la hauteur de lâamour ». Barbara, avec son talent de mĂ©dium pour capter la vĂ©ritĂ© profonde des ĂȘtres, ne sera jamais dupe de la rĂ©putation de ce faux misogyne. « Jacques a beaucoup de tendresse et de respect pour les femmes. On a toujours peur des gens que lâon aime parce quâils peuvent vous blesser profondĂ©ment. »
PrĂ©sentĂ© le 2 fĂ©vrier 1972, Franz reçoit de la critique un accueil mitigĂ©. MalgrĂ© toute sa gĂ©nĂ©rositĂ© et tout son talent, Brel nâest pas aussi grand cinĂ©aste que chanteur et auteur de chansons, et on le lui fait comprendre poliment. IndiffĂ©rent Ă la critique, Brel aura le projet dâĂ©crire une comĂ©die musicale pour Barbara et lui, mais la maladie et la mort lâen empĂȘcheront. Lorsque Ă lâĂ©tĂ© 1978, Brel, atteint dâun cancer du poumon, rentrera des Marquises pour se faire hospitaliser, par pudeur il nâinformera quâun tout petit nombre dâamis, dont Charley Marouani, Juliette GrĂ©co et Barbara. FidĂšle jusquâĂ la fin, la chanteuse suivra jour aprĂšs jour lâĂ©volution du mal. DĂ©jouant la curiositĂ© des journalistes et des fans, elle se rendra plusieurs fois au chevet de son ami Ă lâHĂŽpital franco-musulman de Bobigny oĂč Brel mourra le 9 octobre Ă lâĂąge de 49 ans.
Barbara portera en elle la mort de Brel comme une blessure qui ne se refermera jamais. Longtemps elle refusera dâen parler, Ă©ludant le sujet dâune phrase : « On ne peut parler de lui, de mĂȘme quâon ne peut exprimer lâamour ». PrĂšs de vingt ans aprĂšs la mort de Brel et un an et demi avant sa propre mort, elle avouera Ă la radio : « Je nâĂ©coute pas Brel, parce quâil est en moi. Jâai eu pendant longtemps beaucoup de mal Ă lâĂ©couter, je recommence seulement maintenant. » Nâabordant que trĂšs rarement les sujets intimes dans les interviews, Barbara ne pouvait rendre hommage Ă Brel que dans une chanson, quelle mettra plus de dix ans Ă Ă©crire. En 1990, sur la scĂšne du théùtre Mogador, dans une lettre chantĂ©e Ă Brel (gĂ©nialement intitulĂ©e Gauguin) elle livrera pour la premiĂšre fois publiquement son chagrin et sa tendresse intacte pour le chanteur disparu.
LILAS
Le Rire
Suis apothicaire, finie la tristesse
J'ai dans mon officine, un baume précieux
Et me fais force, d'vous apporter l'allégresse
Sur mon ordonnance, des moments délicieux
Je vous prescris matin et soir des fous rires
Sans modération, ni retenue aucune
Prenez et usez , mais n'allez pas en mourir
Ni vous en étouffer, comble d'infortune
Le rire contagieux n'étant pas dangereux
Contrairement Ă celui jaune de couleur
Ou le rire amer, du sadique véreux
Il vous faut choisir, pour éviter la douleur
Glousser, pouffer, de grĂące point de ricanements
Riez à gorge déployée, en transe vos zygomatiques
Oublier vos soucis, jetez en les vils tourments
Pleurer de rire, vos larmes sont mystiques
Rire embarrassé, idiot, discret, nerveux
Pincé, convulsif, timide, un sourire
Chasse la morosité, vous rendra heureux
Laisser se répandre vos éclats de rire
Alors quoi de mieux qu'une franche rigolade
Se tordre, s'esclaffer, rire Ă s'en pĂąmer
C'est tout de mĂȘme mieux qu'une bonne engueulade
Indispensable, le rire est proclamé
Remy dit Pilatom

