
Josephine22
RĂVĂ POUR L HIVER
l'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.
Tu fermeras l Ćil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres du soir,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.
Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou...
Et tu me diras :" Cherche !" en inclinant la tĂȘte,
Et nous prendrons du temps Ă trouver cette bĂȘte
Qui voyage beaucoup ...
En wagon, le 7 octobre 1870
ARTHUR RIMBAUD
lhuron
LES CLOCHES .
Mon beau tzigane mon amant
écoute les cloches qui sonnent
npus nous aimions éperdument
croyant n'ĂȘtre vu de personne
Mais nous étions bien mal cachés
toutes les cloches Ă la ronde
nous ont vu du haut des clochers
et le disent Ă tout le monde
Demain Cyprien et Henri
Marie Ursule et Catherine
la boulangĂšre et son mari
et Gertrude ma cousine
Souriront quand je passerai
jz ne saurai pas oĂč me mettre
tu seras loin je pleurerai
et j'en mourrai peut - ĂȘtre
Guillaume APOLLINAIRE : Alcools
remarquablement interprété par Léo FERRE et surtout Juliette GRECO
Josephine22
Je vous en conjure filles de Jérusalem
Par les gazelles, par les biches des champs,
N eveillez pas, ne réveillez pas l AMOUR
Avant qu'il le veuille.
ils m ont trouvée les gardes
Eux qui tournent dans la ville
Ils m ont frappée, ils m ont blessée,
Ils ont arraché mon voile,
Les gardes des remparts.
CHANT DE SALOMON
05..07
lhuron
LÚve - toi , ma bien - aimée , ma toute belle , et viens !
Oui , l'hiver a passé , la pluie s(en est allée.
Les fleurs sont apparues sur terre
Le temps des chansons est arrivé.
La voix de la tourterelle s'entend sur notre terre.
Le figuier produit ses premiers fruits
Et les vignes en fleurs exhalent leur senteur.
LÚve - toi , ma bien - aimée , ma toute belle et viens !
( Cantique des Cantiques , 2 , 10- 13 )
traduit de l'Hébreu par ma belle petite fille .
lila
"Jâai tant rĂȘvĂ© de toi que tu perds ta rĂ©alitĂ©.
Est-il encore temps dâatteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui mâest chĂšre ?
Jâai tant rĂȘvĂ© de toi que mes bras habituĂ©s
En étreignant ton ombre
Ă se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-ĂȘtre.
Et que, devant lâapparence rĂ©elle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
Ă balances sentimentales.
Jâai tant rĂȘvĂ© de toi quâil nâest plus temps
Sans doute que je mâĂ©veille.
Je dors debout, le corps exposé
Ă toutes les apparences de la vie
Et de lâamour et toi, la seule
qui compte aujourdâhui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lĂšvres que les premiĂšres lĂšvres
et le premier front venu.
Jâai tant rĂȘvĂ© de toi, tant marchĂ©, parlĂ©,
Couché avec ton fantÎme
Quâil ne me reste plus peut-ĂȘtre,
Et pourtant, quâa ĂȘtre fantĂŽme
Parmi les fantĂŽmes et plus ombre
Cent fois que lâombre qui se promĂšne
Et se promĂšnera allĂšgrement
Sur le cadran solaire de ta vie."
Robert Desnos, "Corps et biens"
petitcanari
A la fĂȘte foraine dâAubenas ,
Une Dame de quatre vingt dix neuf ans ,
Casque sur la tĂȘte en fauteuil roulant ,
Avait en tĂȘte de faire du toboggan ,
Dévaler les pentes du grand huit géant .
Mais un gendarme lâen empĂȘcha :
â Madame, enfin soyez raisonnable ,
A votre Ăąge ne tentez pas le diable !
Allez plutĂŽt dans le train fantĂŽme ,
LĂ seront moins secouĂ©s vos neurones .â
Elle rĂ©pondit dâun sourire :
â Vous me faites mourir de rire ,
Le fantĂŽme câest mon Ă©poux ;
Sous son drap, plus rien du tout !
Avant il avait des poux ,
Ils lâont dĂ©vorĂ© , câest fou ! â
Le gendarme lui dit Ă bout :
â Je vais vous coller au trou ! â
Mais la Dame qui nâest pas sage
Est devenue rouge de rage ,
Et mordit fort le gendarme ,
Si fort quâil pleura aux larmes .
La morale de cette histoire ,
Câest quâon trouve dans toutes les foires
Des mamies pleines dâĂ©nergie ,
PrĂȘtes Ă faire des folies . đ
