
lhuron
COMPLAINTE AMOUREUSE .
Oui , dĂšs l'instant que je vous vis ,
Beauté féroce , vous me plûtes ;
De l'amour qu'en vos yeux je pris ,
Sur le champ vous vous aperçûtes ;
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous , je pris !
Combien de soupirs je rendis !
De quelle cruauté vous fûtes !
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les vĆux que je vous offris !
En vais je priais , je gémis :
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis .
MĂȘme un jour je vous Ă©crivis
Un billet tendre que vous lûtes ,
Et je ne sais comment vous pûtes
Lire de sang froid ce que j'y mis .
Ah ! fallait - il que je vous visse ,
Fallait - il que vous me plussiez ,
Qu'ingénument je vous le disse ,
Qu'avec orgueil , vous vous tussiez !
Fallait - il que je vous aimasse ,
Que vous me désespérassiez ,
Et qu'en vain , je m'opiniĂątrasse ,
Et que je vous idolĂątrasse
Pour que vous m'assassinassiez .
Alphonse ALLAIS , 1854 - 1905 .
lhuron
Aujourd'hui , je change de registre : comme dit le proverbe : " Changement d'herbage rĂ©jouit les veaux " .Ăa me fait penser que chaque 21 janvier , Ă la Sainte Chapelle , on cĂ©lĂšbre une messe pour commĂ©morer l'exĂ©cution du roi LOUIS XVI , pendant que dans un immeuble voisin , le club des amateurs de la tĂȘte de veau se rĂ©unit pour dĂ©guster leur plat prĂ©fĂ©rĂ© . Pardon pour cette digression: je suis un incorrigible bavard . Il est probable que nous ne nous rencontrerons jamais, mais nous conserverons le souvenir de bons moments passĂ©s ensemble et merci Ă toutes les deux d'avoir acceptĂ© le tutoiement : comme je ne vous vois pas , il Ă©tait tout Ă fait normal que je vous tutoie . đ
Josephine22
lhuron a écrit :
OPHĂLIE
I
Sur l'onde calme et noire oĂč dorment les Ă©toiles
La blanche Ophélie flotte comme un grand lys ,
Flotte trÚs lentement , couchée en ses longs voiles ...
-On entend dans les bois lointains des hallalis .
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe , fantĂŽme blanc , sur le long fleuve noir ;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance Ă la brise du soir .
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule ,
Sur son grand front rĂȘveur s'inclinent les roseaux .
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois , dans un aune qui dort ,
Quelque nid , d'oĂč s'Ă©chappe un petit frisson d'aile ;
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or ..
II
à pùle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus , enfant , par un fleuve emportée !
-C'est que les vents tombant des grands monts de NorwĂšge
T'avaient parlé tout bas de l'ùpre liberté ;
C'est qu'un souffle , tordant ta grande chevelure,
Ă ton esprit rĂȘveur portait d'Ă©tranges bruits ;
Que ton cĆur Ă©coutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;
C'est que les voix des mers folles , immense rĂąle ,
Brisait ton sein d'enfant , trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril , un beau cavalier pĂąle ,
Un pauvre fou , s'assit muet Ă tes genoux !
ciel ! amour ! libertĂ© ! Quel rĂȘve , ĂŽ pauvre Folle !
Tu te fondais Ă lui comme neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'infini terrible effara ton Ćil bleu!
III
Et le PoÚte dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher , la nuit , les fleurs que tu cueillis ,
Et qui a vu sur l'eau , couchée en ses longs voiles ,
La blanche Ophélia flotter , comme un grand lys .
Arthur RIMBAUD .
Surtout le Iii đđđđđ
Josephine22
lhuron a écrit :
OPHĂLIE
I
Sur l'onde calme et noire oĂč dorment les Ă©toiles
La blanche Ophélie flotte comme un grand lys ,
Flotte trÚs lentement , couchée en ses longs voiles ...
-On entend dans les bois lointains des hallalis .
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe , fantĂŽme blanc , sur le long fleuve noir ;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance Ă la brise du soir .
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule ,
Sur son grand front rĂȘveur s'inclinent les roseaux .
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois , dans un aune qui dort ,
Quelque nid , d'oĂč s'Ă©chappe un petit frisson d'aile ;
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or ..
II
à pùle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus , enfant , par un fleuve emportée !
-C'est que les vents tombant des grands monts de NorwĂšge
T'avaient parlé tout bas de l'ùpre liberté ;
C'est qu'un souffle , tordant ta grande chevelure,
Ă ton esprit rĂȘveur portait d'Ă©tranges bruits ;
Que ton cĆur Ă©coutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;
C'est que les voix des mers folles , immense rĂąle ,
Brisait ton sein d'enfant , trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril , un beau cavalier pĂąle ,
Un pauvre fou , s'assit muet Ă tes genoux !
ciel ! amour ! libertĂ© ! Quel rĂȘve , ĂŽ pauvre Folle !
Tu te fondais Ă lui comme neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'infini terrible effara ton Ćil bleu!
III
Et le PoÚte dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher , la nuit , les fleurs que tu cueillis ,
Et qui a vu sur l'eau , couchée en ses longs voiles ,
La blanche Ophélia flotter , comme un grand lys .
Arthur RIMBAUD .
SUBLIME....un de mes prĂ©fĂ©rĂ©s...peut ĂȘtre LE PrĂ©fĂšre !!!
La belle petite fiancée (malheureuse) d HAMLET...
Si poétiquement décrite par Rimbaud ...on croit voir la merveilleuse toile de J.E. MILLAIS
Tellement belle et émouvante
Grand MERCI Ami Lhuron
TU as bien choisi dans tes Merveilles !!
Je vais le relire..et relire encore
Je suis sûre que Lila aimera beaucoup aussi.
Josephine22
lhuron a écrit :
Chacune de mes deux amies y trouvera son compte ...momentanément .
Suggestion : on pourrait peut - ĂȘtre se tutoyer ... Ă vous de dĂ©cider.
Se tutoyer..avec grand plaisir Ami Lhuron...
Je ne tutoie que mes proches...et vous ĂȘtes devenu l un d eux..mĂȘme si nous n avons pas la
Chance de nous voir de visu!
Parmi mes Amis .aucun ne s intéressé à la poésie..le seul qui partageait mon amour des belles
Lettres (on avait repris les cours de littérature ensemble ) n est plus la...
Donc...je suis trĂšs contente de vous trouver ..avec Lila qui m apporte elle aussi d excellents moments .
lhuron
EN REGARDANT VERS LE PAĂS DE FRANCE .
En regardant vers le paĂŻs de France ,
Un jour m'avint , Ă Dovre , sur la mer ,
Qu'il me souvint de la doulce plaisance
Que souloye oudit paĂŻs trouver ;
Si commençay de cueur à souspirer,
Combien certes que grant ien me faisoit
De voir France que mon cueur amer doit .
Je m'avisay que c'estoit non savance*
De telz souspirs dedens mon cueur garder ,
Veu que je voy que la voye commence
De bonne paix , qui tous biens peut donner ;
Pour ce , tournay en confort mon penser .
Mais non pourtant mon cueur ne se lassoit
De voir France que mon cueur amer doit .
Alors chargay en la nef d'Espérance
Tous mes souhaitz en leur priant d'aler
Outre la mer , sans faire demourance,
Et Ă France de me recommander .
Or nous doint Dieu bonne paixsans tarder !
Adonc auray loisir , mais qu'ainsi soit ,
De voir France que mon cueur amer doit .
Paix est trésor qu'on ne peut trop louer .
Je hé guerre , point ne la doy prisier ;
Destourbé* m'a longtemps , soit tort ou droit ,
De voir France que mon cueur amer doit .
Charles d'ORLĂANS
savance : erreur , celui qui ne sait pas
destourbĂ© : empĂȘchĂ©
lhuron
OPHĂLIE
I
Sur l'onde calme et noire oĂč dorment les Ă©toiles
La blanche Ophélie flotte comme un grand lys ,
Flotte trÚs lentement , couchée en ses longs voiles ...
-On entend dans les bois lointains des hallalis .
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe , fantĂŽme blanc , sur le long fleuve noir ;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance Ă la brise du soir .
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule ,
Sur son grand front rĂȘveur s'inclinent les roseaux .
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois , dans un aune qui dort ,
Quelque nid , d'oĂč s'Ă©chappe un petit frisson d'aile ;
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or ..
II
à pùle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus , enfant , par un fleuve emportée !
-C'est que les vents tombant des grands monts de NorwĂšge
T'avaient parlé tout bas de l'ùpre liberté ;
C'est qu'un souffle , tordant ta grande chevelure,
Ă ton esprit rĂȘveur portait d'Ă©tranges bruits ;
Que ton cĆur Ă©coutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;
C'est que les voix des mers folles , immense rĂąle ,
Brisait ton sein d'enfant , trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril , un beau cavalier pĂąle ,
Un pauvre fou , s'assit muet Ă tes genoux !
ciel ! amour ! libertĂ© ! Quel rĂȘve , ĂŽ pauvre Folle !
Tu te fondais Ă lui comme neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'infini terrible effara ton Ćil bleu!
III
Et le PoÚte dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher , la nuit , les fleurs que tu cueillis ,
Et qui a vu sur l'eau , couchée en ses longs voiles ,
La blanche Ophélia flotter , comme un grand lys .
Arthur RIMBAUD .
Josephine22
lila a écrit :
chanson «Nuit et Brouillard» Jean Ferrat
Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers......................................................................................
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent
Ils se croyaient des hommes, nâĂ©taient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
DĂšs que la main retombe, il ne reste quâune ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été
La fuite monotone et sans hĂąte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, dâarrĂȘts et de dĂ©parts
Qui nâen finissent pas de distiller lâespoir................................................................................................................
Ils sâappelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vishnou
Dâautres ne priaient pas, mais quâimporte le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre Ă genoux
...................................................................................................................................................................................
Ils nâarrivaient pas tous Ă la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils ĂȘtre heureux
Ils essaient dâoublier, Ă©tonnĂ©s quâĂ leur Ăąge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues
..............................................................................................................................................................................
Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers
..............................................................................................................................................
On me dit Ă prĂ©sent que ces mots nâont plus cours
Quâil vaut mieux ne chanter que des chansons dâamour
Que le sang sĂšche vite en entrant dans lâhistoire
Et quâil ne sert Ă rien de prendre une guitare
.............................................................................................................................................
Mais qui donc est de taille Ă pouvoir mâarrĂȘter
Lâombre sâest faite humaine, aujourdâhui câest lâĂ©tĂ©
Je twisterais les mots sâil fallait les twister
Pour quâun jour les enfants sachent qui vous Ă©tiez
....................................................................................................................................................
Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent
Magnifique chanson de FERRAT....
Josephine22
lhuron a écrit :
JOSĂPHINE : vous Ă©crivez que Jean MOULIN aurait Ă©tĂ© victime d'une rivalitĂ© amoureuse : c'est plausible d'autant plus qu'il n'est pas le premier Ă payer aussi chĂšrement un problĂšme de cĆur : an XVII Ăšme siĂšcle ,le curĂ© Urbain GRANDIER fut condamnĂ© Ă ĂȘtre brĂ»lĂ© vif pour le crime de sorcellerie : il avait fait pousser des cornes au front de son Ăminence le Cardinal de Richelieu: Marion DELORME , la maĂźtresse du cardinal avait plus apprĂ©ciĂ© les qualitĂ©s d'Ă©talon du curĂ© que celles du cardinal.
Je ne connaissais pas cette histoire...
De passion brûlante pour Marion Delorme. !!
Pauvre cure...il s y est brûle les ailes..mais pas que....
Merci Lhuron
lhuron
JOSĂPHINE : vous Ă©crivez que Jean MOULIN aurait Ă©tĂ© victime d'une rivalitĂ© amoureuse : c'est plausible d'autant plus qu'il n'est pas le premier Ă payer aussi chĂšrement un problĂšme de cĆur : an XVII Ăšme siĂšcle ,le curĂ© Urbain GRANDIER fut condamnĂ© Ă ĂȘtre brĂ»lĂ© vif pour le crime de sorcellerie : il avait fait pousser des cornes au front de son Ăminence le Cardinal de Richelieu: Marion DELORME , la maĂźtresse du cardinal avait plus apprĂ©ciĂ© les qualitĂ©s d'Ă©talon du curĂ© que celles du cardinal.