
Misterprof-
13 août 1521 :
Hernán Cortés entre à Tenochtitlan.
Hernando Cortés de Monroy y Pizarro Altamirano, probablement né en 1485 à Medellín (Estrémadure) et mort le 2 décembre 1547 à Castilleja de la Cuesta, près de Séville, est un conquistador espagnol qui, en 1521-1522, s'est emparé de l'Empire aztèque au nom de Charles Quint, roi de Castille et roi d'Aragon.
Cette conquête, qui vient à la suite de la colonisation d'Hispaniola par Christophe Colomb en 1493, puis de la conquête de Cuba par Diego de Cuellar en 1511, est une étape fondamentale de la colonisation espagnole de l'Amérique au XVIe siècle.
Cortés est cousin au second degré de Francisco Pizarro, qui s'empare quelques années plus tard de l'Empire inca.
Aidé de ses compagnons d'armes et de ses alliés mexicains Hernan Cortés entre dans la capitale de l'empire aztèque, vaincue par un long siège qui a réduit sa population à la famine.
L'orgueilleuse métropole va être détruite pierre à pierre et sur son emplacement sera érigée Mexico, centre de la colonisation espagnole en Amérique centrale.
Misterprof-
12 août 1908 :
Henry Ford produit la Ford T,première voiture de grande série.
Dans les vingt années qui suivent son entreprise, la Ford Motor Company, va la vendre à quinze millions d'exemplaires.
Ce succès sans précédent inaugure une nouvelle révolution industrielle fondée sur deux piliers : la production standardisée en grande série et le travail à la chaîne, qui permettent d'abaisser les coûts de production, et l'octroi aux ouvriers de salaires assez élevés pour leur faire accepter un travail répétitif et contraignant.
L'ingénieur américain Frederick Winslow Taylor avait analysé dès 1880, chez son employeur l'entreprise sidérurgique Bethleem Steel Co, tous les travaux ouvriers.
Il les avait décomposés en une succession d'opérations élémentaires très simples, chaque opération étant confiée à un ouvrier spécialisé.
Ainsi, aucun ouvrier ne perdait de temps à passer d'une opération à une autre.
Cette division du travail permit d'abaisser considérablement les coût de production et devint très vite populaire dans les milieux industriels.
Dans son usine de Detroit, créée en 1903, Henry Ford introduit l'« organisation scientifique du travail » (OST), aussi appelée « taylorisation » ou « taylorisme ».
Mais il ne s'en satisfait pas et, en 1909, il adopte l'idée de faire circuler les véhicules en cours d'assemblage sur une « chaîne », d'un poste de travail au suivant, en chronométrant chaque tâche. Cela évitera aux ouvriers d'avoir à se déplacer et donc de perdre du temps.
Taylorisme et « travail à la chaîne » vont permettre la fabrication en grande quantité de la Ford T.
Le modèle T va ravir les classes moyennes et en particulier le monde rural.
Vendu au prix initial de 850 dollars, soit deux fois moins que les modèles concurrents les moins chers, il va voir son prix chuter progressivement à 260 dollars grâce aux progrès de la mécanisation.
Grâce à quoi le nombre d'automobiles en circulation aux États-Unis va progresser de 6 millions à 27 millions au cours des années 20.
À la veille de la Grande Dépression, on comptera déjà une voiture pour 6 habitants.
Mais dès 1913, Henry Ford a dû pallier le caractère répétitif, ennuyeux et pour tout dire aliénant du travail à la chaîne.
Désespérant de retenir ses ouvriers, il se résout du jour au lendemain à doubler leur salaire, et introduit le « five dollars day » (5 dollars par journée de huit heures, une aubaine pour l'époque), sinon pour tous ses ouvriers, du moins pour une partie.
Cette mesure va lui valoir la fortune et une immense popularité en dépit de ses opinions antisémites.
Dans les faits, par la suite, il se gardera d'augmenter les salaires de ses ouvriers plus que nécessaire.
La démarche d'Henry Ford, baptisée « fordisme » et reprise par toute l'industrie manufacturière, en Amérique du nord et en Europe occidentale, a permis à la classe ouvrière de rejoindre la classe moyenne avec des revenus tout à fait confortables.
Misterprof-
11 août 1999 :
Éclipse totale de Soleil, qui fut la dernière du XXe siècle et du IIe millénaire, l'an 2000 n'ayant connu que des éclipses partielles.
Le chemin de l'ombre de la Lune a commencé le mercredi 11 août 1999 dans l'océan Atlantique et, avant midi, a traversé le Sud du Royaume-Uni, le Nord de la France, la Belgique, le Luxembourg, le Sud de l'Allemagne, l'Autriche, la Slovénie, la Croatie, la Hongrie et le Nord de la Yougoslavie.
Le maximum de l'éclipse était à 11 h 3 en Roumanie, à côté d'une ville appelée Ocnele Mari, près de Râmnicu Vâlcea.
Le chemin de l'ombre de la Lune a continué à travers la Bulgarie, la mer Noire, la Turquie, l'extrémité nord-est de la Syrie, le Nord de l'Irak, l'Iran, le Sud du Pakistan, la ville de Srikakulam en Inde et s'est terminé dans le golfe du Bengale.
Ce fut la première éclipse totale visible depuis l'Europe depuis le 22 juillet 1990, la première visible en France depuis celle du 15 février 1961 et la première visible au Royaume-Uni depuis le 29 juin 1927.
Bien qu'étant d'une durée de totalité « moyenne », voire relativement courte, elle fut exceptionnelle au sens où elle fut sans doute l'une des éclipses totales ayant eu le plus d'observateurs de toute l'Histoire.
La Poste française a émis un timbre à cette occasion.
Il faudra attendre jusqu’au 3 septembre 2081 pour pouvoir observer à nouveau une éclipse totale en France.
Misterprof-
10 août 1792 :
Chute de la monarchie.
À Paris, des sans-culottes s'emparent du palais des Tuileries.
Au terme d'une journée sanglante, le roi Louis XVI et sa famille sont jetés en prison.
C'est la fin de la monarchie française, vieille de près d'un millénaire, et la naissance d'un régime républicain qui ne dit pas encore son nom.
Depuis la fuite de Varennes, le roi Louis XVI et sa famille sont assignés à résidence au palais des Tuileries, sous la « surveillance du peuple ».
La situation est tendue.
Chacun se prépare à l' invasion étrangère et l'on soupçonne le roi d'être de connivence avec le neveu de Marie-Antoinette, l'empereur François II.
Les sans-culottes parisiens supportent de plus en plus mal la monarchie et se préparent ouvertement à une nouvelle « journée révolutionnaire ».
Dans la nuit du 9 au 10 août, le tocsin sonne aux clochers de la capitale.
Au matin du 10 août, une foule de sans-culottes se rassemblent aux abords des Tuileries sous la conduite de deux meneurs, Santerre et Westermann.
La résidence royale est défendue par 900 gardes suisses et quelques centaines de gardes nationaux.
Louis XVI les passe en revue.
Selon l'usage, les Suisses et les gardes nationales crient : « Vive le roi ! » Mais les artilleurs et le bataillon de la Croix-Rouge crient de leur côté : « Vive la Nation ! ».
Le roi gagne alors une terrasse et observe la foule des Parisiens.
Ceux-ci l'insultent : « À bas le veto ! À bas le gros cochon ! ».
Apeurés, le roi, la reine et le dauphin traversent le jardin des Tuileries et vont chercher refuge au sein de l'Assemblée.
Sur la place du Carrousel, devant le palais, l'émeute enfle.
Une porte est malencontreusement ouverte, et un flot de sans-culottes s'y engouffre.
Les gardes suisses ouvrent le feu et provoquent un reflux éperdu vers le Carrousel.
Fauchés presque à bout portant, les émeutiers évacuent la place.
Ils semblent près d'abandonner la partie mais, vers dix heures, un groupe de volontaires marseillais parvient à s'introduire à l'intérieur des Tuileries.
Le combat reprend de plus belle.
Le roi griffonne un billet ordonnant aux Suisses de déposer à l'instant les armes et de se retirer dans leurs casernes.
Obéissants, les gardes se replient vers la place Louis XV (l'actuelle place de la Concorde).
Mais ils sont bientôt encerclés, capturés, conduits à l'Hôtel de Ville puis massacrés.
Mêlées à la foule, les poissardes des halles se livrent à de honteuses mutilations sur les cadavres.
Les émeutiers envahissent maintenant les Tuileries et lynchent pêle-mêle gardes, serviteurs et fidèles.
Six cents Suisses ainsi que deux cents aristocrates et gens de maison perdent la vie en ce jour du 10 août.
L'Assemblée législative, enhardie par le succès de l'émeute, prononce la « suspension » du roi.
Elle convoque par ailleurs une Convention nationale en vue de prendre toutes mesures « pour assurer la souveraineté du peuple et le règne de la liberté et de l'égalité ».
En vue des élections des députés de la Convention, elle abolit les distinctions entre citoyens actifs et citoyens passifs et instaure pour la première fois le suffrage universel (masculin).
Après une nuit de fortune, la famille royale est emmenée au donjon du Temple pour y être emprisonnée.
Ainsi s'effondre une monarchie presque millénaire qui avait construit la France de génération en génération, par des conquêtes et des alliances matrimoniales.
La Terreur se profile.
La Révolution française, commencée dans l'enthousiasme trois ans plus tôt, entre dans la tragédie.
Misterprof-
9 août 1535 :
Jacques Cartier découvre le Saint-Laurent.
Lors de son deuxième voyage en direction de la Nouvelle-France, Jacques Cartier (43 ans) atteint l'embouchure du Saint-Laurent, qu'il avait d'abord confondue avec le mythique passage du Nord-Ouest entre Atlantique et Pacifique.
Il baptise le fleuve d'après le saint du lendemain, Laurent (S'il l'avait baptisé d'après le saint du jour, le fleuve se serait appelé Saint-Amour).
L'explorateur remonte le fleuve et accoste sur une île, près du village indien d'Hochelaga, en un lieu qui deviendra plus tard Ville-Marie puis Montréal.
Il donne au pays environnant le nom de Canada, d'après le mot indien qui désigne tout simplement un village. I
l prend possession de ces terres au nom du roi de France François 1er.
Misterprof-
8 août 1588 :
Défaite de l'Invincible Armada.
Devant le port de Gravelines, le feu et le canon dispersent la flotte espagnole destinée à conquérir l'Angleterre.
Elle sera plus tard surnommée avec une teinte d'ironie « l'Invincible Armada ».
Elizabeth Ière, fille d'Anne Boleyn et fruit du deuxième mariage d'Henri VIII, avait succédé en 1558 à sa demi-soeur Marie Tudor, issue du premier mariage d'Henri VIII avec Catherine d'Aragon et mariée par procuration au roi d'Espagne, le très catholique Philippe II.
Elizabeth est, quant à elle, protestante.
Les catholiques anglais et ceux du continent la considèrent bâtarde et hérétique.
Pour eux, l'héritière légitime du trône est Marie Stuart, la malchanceuse et déchue reine d'Écosse, prisonnière d'Elizabeth.
Plusieurs conspirations visant à déposer Elizabeth pour la remplacer par Marie sont mises à jour par la police secrète de Sir Francis Walsingham, compromettant sans équivoque la reine d'Écosse. Son exécution en 1587 décide Philippe II à mettre en branle ce qu'il appelle lui-même l'« Entreprise d'Angleterre ».
Au grief religieux s'ajoute la concurrence entre l'Espagne, puissance déclinante, et l'Angleterre, puissance montante.
Depuis plusieurs années, le développement de la puissance maritime anglaise se heurte de front aux intérêts espagnols.
Dans les Flandres, où Philippe II a maille à partir avec les révoltes incessantes des Hollandais, Elizabeth soutient les insurgés.
Formidable rassemblement de navires, l'Armada espagnole rassemble 130 vaisseaux.
Elle transporte près de 30 000 hommes dont 19 000 soldats, 300 chevaux et mules, l'équipement nécessaire pour assiéger des villes, et un hôpital de campagne.
Son objectif est d'opérer un débarquement en Angleterre et de marcher sur Londres.
Cette force, sous le commandement du duc de Médina Sidonia, doit se joindre à celle du duc de Parme, située dans les Flandres et composée d'environ 18.000 hommes aguerris.
Une fois la jonction effectuée, l'Armada doit escorter les barges de Parme pour la traversée de la Manche.
Pour faire face à la menace, l'Angleterre dispose d'une flotte composée des navires de la reine et de navires marchands fournis par des officiers de la marine royale, par la ville de Londres ou par de simples volontaires, pour un total de 197 navires et 15.835 hommes.
Pendant la nuit du 7 au 8 août 1588, tandis que l'Armada mouille dans la Manche, les Anglais l'attaquent avec des barques bourrées d¹explosifs et de matières incendiaires, qu'ils font dériver à travers les navires ennemis.
Cette manœuvre inattendue sème la terreur et une indescriptible pagaille.
Afin d'échapper aux flammes, des capitaines ordonnent de couper les amarres les reliant aux ancres.
La flotte espagnole se disperse dans la nuit.
Au matin, le duc de Médina Sidonia s¹emploie à regrouper ses navires.
C'est alors que débute, au large de Gravelines, l'engagement final avec les Anglais.
Pendant des heures, la canonnade fait rage.
Les Espagnols essuient le feu de l'ennemi sans pouvoir y répondre correctement.
Puis, un vent du sud pousse leurs navires vers le nord.
Dans l'impossibilité de regrouper les 112 navires qui lui restent et sans nouvelle des préparatifs du duc de Parme et de ses barges de débarquement, Médina Sidonia se résigne à retourner en Espagne par la seule route possible vu les circonstances et les vents : contourner l'Écosse et l'Irlande et faire voile vers l'Espagne.
Malheureusement, la mer n'est point clémente et beaucoup de navires s'échoueront sur les côtes d'Irlande.
Les équipages seront pour la plupart massacrés par les insulaires.
Une poignée d'entre eux seulement reverront les rivages d'Espagne.
Misterprof-
7 août 1947 :
Arrivée triomphale du radeau « Kon Tiki », de l'anthropologue norvégien Thor Heyerdal (32 ans), dans l'archipel des Tuamotou, en Polynésie, après un voyage de 6 900 km.
Le radeau avait appareillé le 28 avril 1947 du port de Callao, sur la côte du Pérou, avec un équipage de six hommes, cinq Norvégiens et un Suédois.
Avec ce radeau, imité des anciennes embarcations des Inca, construit sans clous, avec neuf troncs de balsa, Thor Heyerdal veut démontrer que les Indiens d'Amérique ont pu coloniser les archipels du Pacifique.
Cette idée lui est venue en recueillant dans les îles Marquises une légende selon laquelle les ancêtres des insulaires seraient venus là de l'Est, guidés par le dieu Tiki à bord de bateaux plats.
Quelques années plus tard, lors d'un voyage sur les bords du lac Titicaca (Pérou), il fait le rapprochement avec un ancien mythe péruvien selon lequel un héros dénommé Kon-Tiki (roi-soleil) aurait fui le pays en prenant la mer avec femme et enfants.
Sans assistance extérieure, avec seulement une petite radio et un canot pneumatique, en se nourrissant de l'eau de pluie et de la pêche, notamment des poissons volants qui s'échouent sur le pont, l'équipage accomplit l'exploit en frôlant maintes fois la mort.
Le film et le livre à succès que l'anthropologue a tirés de son aventure vont donner du crédit à son hypothèse sans toutefois en apporter la preuve.
Thor Heyerdal a voulu plus tard, en 1969, renouveler l'exploit en traversant l'Atlantique à bord d'un bateau du Nil pour démontrer une parenté entre les civilisations du Mexique et de l'Égypte pharaonique.
Mais son bateau de papyrus, le « Râ », n'a pu atteindre le Nouveau Monde.
Misterprof-
6 août 2012 :
Curiosity se pose sur Mars.
Un robot de 900 kilos s’est posé avec succès sur le sol de Mars après un voyage de 570 millions de km.
Il entame l’exploration de la planète rouge, en attendant d’être relayé par des hommes dans un avenir lointain.
Le site d'atterrissage choisi se situe dans le cratère Gale qui présente, dans un périmètre restreint donc compatible avec l'autonomie du rover, des formations reflétant les principales périodes géologiques de la planète dont le Noachien (première des trois époques de la géologie martienne,qui aurait pu permettre l'apparition d'organismes vivants, les deux périodes suivante étant l'Hespérien et l'Amazonien).
Les objectifs du rover sont de rechercher si un environnement favorable à l'apparition de la vie a effectivement existé, analyser la composition minéralogique, étudier la géologie de la zone explorée et collecter des données sur la météorologie et les radiations qui atteignent le sol de la planète.
La durée initiale de la mission était d'une année martienne, soit environ 687 jours terrestres.
Elle était toujours en cours en juillet 2024, après que Curiosity ait parcouru environ 32 kilomètres.
Misterprof-
5 août 1392 :
Charles VI le Bien Aimé devient le Fou.
Charles VI (24 ans) traverse la forêt du Mans à la tête de ses troupes.
Le roi, que ses sujets surnomment le Bien Aimé pour les avoir délivrés des exactions de ses puissants oncles, entreprend une expédition contre le duc de Bretagne, allié aux Anglais.
Soudain, un illuminé surgit devant le roi, saisit la bride de son cheval et lui crie : « Arrête, noble roi, tu es trahi ! ».
Peu après, la lance d'un soldat heurte un bouclier.
Au bruit, le roi qui s'était assoupi sous l'effet de la chaleur, tire son épée et frappe ses compagnons.
Six chevaliers sont tués avant qu'on ait pu le maîtriser !
La folie du roi s'aggrave au début de l'année suivante, le 28 janvier 1393, au cours d'un bal donné à l'hôtel Saint-Pol (ou Saint-Paul), résidence habituelle du souverain, en l'honneur du remariage d'une dame d'honneur de la reine.
À l'occasion de cette fête, dite bal des Sauvages ou bal des Ardents, cinq jeunes princes et le roi lui-même se sont déguisés en « sauvages ».
Une étincelle met alors le feu à l'étoupe des déguisements.
Trois jeunes gens sont brûlés dans d'atroces douleurs et mettront trois jours à mourir.
Le roi lui-même échappe à la mort mais il a tout vu et en reste commotionné.
Désormais les crises ne vont plus quitter le jeune souverain.
Lucide entre ses « absences », le malheureux roi délègue le gouvernement à son frère cadet Louis d'Orléans et la tutelle de son fils aîné, le Dauphin, à la reine Isabeau de Bavière et à ses trois oncles. Ces derniers, les ducs de Bourgogne, de Berry, d'Anjou et de Bourbon, en profitent pour revenir en force au pouvoir avec la complicité de la reine.
Misterprof-
4 août 1789 :
Abolition des droits féodaux et de divers privilèges .
Ce moment de grande ferveur nationale s'inscrit parmi les grands événements mythiques de la Révolution française.
L'abolition des privilèges est la conséquence inopinée de la prise de la Bastille.
Dans les semaines qui suivent celle-ci, les paysans s'émeuvent car ils craignent une réaction nobiliaire comme il s'en est déjà produit dans les décennies antérieures, avec la réactivation de vieux droits féodaux tombés en désuétude.
Une Grande Peur se répand dans les campagnes.
En de nombreux endroits, les paysans s'arment sur la foi de rumeurs qui font état d'attaques de brigands ou de gens d'armes à la solde des « aristocrates ».
Le tocsin sonne aux églises des villages, propageant la panique.
Les députés qui siègent à Versailles s'en inquiètent.
Le 3 août, une centaine d'entre eux, ardents partisans de la Révolution, prennent la résolution de détruire tous les privilèges des classes, des provinces, des villes et des corporations.
Le lendemain soir, à huit heures, l'Assemblée, passablement troublée, se réunit et disserte sur les moyens de rétablir l'ordre.
C'est alors que le duc d'Aiguillon (29 ans) propose d'offrir aux paysans de racheter les droits seigneuriaux à des conditions modérées.
Ce libéral est aussi la deuxième fortune de France après le roi.
Le vicomte de Noailles, un cadet de famille sans fortune, surenchérit et propose d'en finir avec les droits seigneuriaux, « restes odieux de la féodalité » selon ses termes.
Il suggère d'« abolir sans rachat » les corvées seigneuriales et autres servitudes personnelles.
L'évêque de Chartres monte à la tribune et propose l'abolition des droits de chasse, ce qui ne lui coûte rien mais pèse sur les nobles.
Le duc du Châtelet dit à ses voisins : « L'évêque nous ôte la chasse ; je vais lui ôter ses dîmes ».
Et, montant à la tribune, il suggère que les dîmes en nature (impôts payés à l'Église par les paysans) soient converties en redevances pécuniaires rachetables à volonté.
Là-dessus, voilà que sont attaqués les privilèges des provinces.
Pour finir, un membre du Parlement de Paris proclame le renoncement à l'hérédité des offices (charges de magistrature).
Au milieu des applaudissements et des cris de joie, sont ainsi abattus les justices seigneuriales, les banalités, les jurandes et les maîtrises, la vénalité des charges, les privilèges des provinces et des villes.
Passé le moment d'euphorie, les députés prennent le temps de réfléchir et décident que seuls les droits féodaux pesant sur les personnes seront abolis sans indemnité d'aucune sorte.
L'avocat Adrien Duport, ardent député, rédige le texte final.
Il est voté et publié le 11 août au soir.
Avec lui disparaissent à jamais certains archaïsmes comme la corvée obligatoire, de même que des injustices criantes comme la dîme ecclésiastique, uniquement payée par les pauvres.
Sitôt connue, cette restriction suscite quelques désillusions dans les campagnes mais elle est abrogée quelques mois plus tard.
L'ensemble des droits féodaux sera irrévocablement aboli sans contrepartie ni exception par le décret du 25 août 1792, quelques jours après la chute de la monarchie.
Misterprof-
3 août 1529 :
Traité de Cambrai et « paix des Dames ».
Ce traité fut ainsi surnommé parce qu'il a été négocié par Louise de Savoie, mère du roi de France François Ier, et Marguerite d'Autriche, tante de l'empereur Charles Quint, qui administre les Pays-Bas en son nom.
Il met fin à la septième guerre d'Italie entre François Ier et Charles Quint, consécutive à l'annulation par la France du traité de Madrid, signé le 14 janvier 1526 par le roi de France François Ier, prisonnier de l'empereur Charles Quint à la suite de la défaite française de Pavie le 24 février 1525.
Cette nouvelle guerre d'Italie avait abouti à de nouveaux échecs et s'était signalée par le sac de Rome.
Menacé par une offensive à revers du sultan ottoman Soliman le Magnifique, l'empereur choisit de négocier et rend au roi de France ses fils gardés en otage à sa place.
Aux termes de ce traité, François Ier conserve le duché de Bourgogne, mais renonce à ses prétentions sur le duché de Milan et le royaume de Naples, cède l’Artois et Hesdin et abandonne sa suzeraineté sur le comté de Flandre, qui devient une terre d'Empire.
Pour sceller cette entente François Ier, veuf depuis plusieurs années, accepte d’épouser Éléonore de Habsbourg, sœur de l’empereur.
Le traité fixe en outre le montant de la rançon pour la libération des princes détenus en otages à deux millions d'écus d'or.
Pour l'exécution de l'échange des « Enfants de France » contre la rançon prévue, une convention fut établie entre les parties à Bayonne, le 26 mai 1530.
L'échange se déroula le 1er juillet 1530 sous la houlette du grand maître de France, Anne de Montmorency.
Bien que le traité de Cambrai ait établi la paix pour plusieurs années, la guerre reprit en 1536.
Misterprof-
2 août 1913 :
Création de la police judiciaire parisienne, dont le siège est fixé au 36, quai des Orfèvres.
Instituée par un arrêté du préfet de police de Paris, Célestin Hennion, la PJ est le point d'orgue de la vaste réorganisation des services de police entamée par le même personnage six ans plus tôt, en qualité de directeur de la sûreté générale du ministre de l'Intérieur Georges Clemenceau.
Il s'agit de lutter contre le crime et la délinquance, qui sévissent à grande échelle, tant dans les faubourgs que dans les campagnes.
Les citadins et les bourgeois de cette « Belle Époque » s'émeuvent de la violence des bandes organisées, tels les « Apaches » mis en scène par Jacques Becker dans son chef d'œuvre Casque d'Or.
Les gens des campagnes, quant à eux, endurent en silence les méfaits des « travailleurs de la nuit » ou des « chauffeurs », qui agressent les personnes âgées et isolées, les torturent et leur brûlent les pieds afin de leur faire avouer la cache de leurs économies.
La gendarmerie et la police locales étaient impuissantes et trop mal équipées pour faire face à ces bandes.
Sur le conseil de Célectin Hennion Georges Clemenceau institue, le 4 mars 1907, un contrôle général des services de recherches judiciaires sous le commandement du commissaire Jules Sébille puis, le 30 décembre 1907, douze brigades régionales de police mobile chargées de combattre le crime organisé sur tout le territoire.
Constituées de commissaires et d'inspecteurs, équipées de voitures puissantes du dernier cri, ces brigades vont obtenir en une année des résultats probants avec l'arrestation de près de trois mille personnes dont 65 meurtriers.
Clemenceau y gagne le surnom de « Tigre » et ses brigades deviennent bien sûr les « Brigades du Tigre ».
La création de la Police judiciaire complète le processus et dote la France d’une « police chargée de seconder l’autorité judiciaire dans la répression des crimes et des délits ».
C'est la plus grande réforme en matière de sécurité publique depuis l'institution de la lieutenance de police de Paris par Louis XIV, en 1667.
