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Jean Alfred Villain-Marais, dit Jean Marais, né le 11 décembre 1913 à Cherbourg, (Manche) et mort le 8 novembre 1998 à Cannes (Alpes-Maritimes), est un acteur français. Actif au théâtre comme au cinéma, il est aussi metteur en scène, écrivain, peintre, sculpteur, potier et réalise la plupart de ses cascades. Il reçoit en 1993 un César d'honneur.
Biographie
Enfance et adolescence perturbées
Jean Alfred Villain-Marais est officiellement le fils d'Alfred Villain-Marais (1882-1959) et d'Aline Marie Louise Vassord (1887-1973), selon l'extrait de l'acte de naissance no 756/163, ville de Cherbourg.
Biographe de l’acteur, Sandro Cassati précise que la mère de Jean, d’origine alsacienne, fut recueillie par sa tante, Joséphine Bezon, et prit le nom d’Henriette Bezon, nom officiel qu’elle utilisa pour son mariage le 20 octobre 1905, à Neuilly-sur-Seine. Le couple s’installe à Cherbourg où le mari ouvre son cabinet de vétérinaire. Un premier garçon, Henri, naît le 19 décembre 1909 puis, en 1911, une fille cadette qui décède deux ans après. Inconsolable de la perte de cet enfant, la naissance de Jean, en 1913, est considérée par sa mère comme un simple enfant de remplacement qu’elle habille en fille jusqu’à l’âge de deux ans. En 1914, le père est envoyé sur le front de Verdun. En 1918, il revient grièvement blessé et reçoit la croix de guerre. Ses deux fils, âgés respectivement de neuf et cinq ans, ne le reconnaissent pas et l’appellent « Monsieur ». Henriette décide de quitter son mari, sous un prétexte fallacieux, et part vivre en région parisienne avec ses deux fils (Henri et Jean), sa mère et sa tante Joséphine, au Vésinet, puis à Chatou, craignant qu’on la retrouve, qu’un divorce soit prononcé (ce qui ne fut jamais le cas) et qu’on lui retire la garde des enfants. Le petit Jean, en costume marin, n’a fait qu’entrevoir son père disparu de la vie du petit bonhomme blond comme il y était entré, à la vitesse de de l’éclair. C’est une famille à dominante féminine qui veille sur lui .
Comme Henriette est souvent absente, le petit Jean lui écrit alors des lettres d'amour mais c'est sa tante Joséphine qui inscrit l'adresse sur l'enveloppe et lorsqu’il reçoit des lettres maternelles celles-ci sont toujours décachetées. Il comprendra plus tard le secret de sa mère : kleptomane, elle effectuait des séjours en prison. Se faisant appeler Morel, elle adopte le prénom d'Henriette puis de Rosalie. La relation mère-fils, complexe, passionnée et intense, va se faire plus forte encore du fait de l’absence du père. Jean Marais ne le reverra que près de quarante ans plus tard ; sa mère lui avouera alors que son vrai père était en fait son parrain, présenté comme étant son oncle, Eugène Houdaille, version par la suite contredite par un ami médecin de son père, le docteur Hervé .
Très jeune, il va souvent au cinéma, entraîné par sa mère. Il tombe en admiration devant l’actrice américaine Pearl White pour ses chevauchées fantastiques et ses qualités de cascadeuse, et désire faire le même métier. Mais, lui rendant visite plus tard, il sera très déçu en apprenant par elle-même qu’elle était toujours doublée dans ses films. « En somme, déclara-t-il, toute ma carrière est partie de mon admiration pour cette femme qui ne faisait pas ce qu’on voyait à l’écran.» Douglas Fairbanks, le Zorro du cinéma muet, et Mary Pickford, pour sa grâce juvénile, sont aussi ses stars préférées après son héroïne de mère.
reconnaissance de la profession. Il y interprète le rôle de Michel, un jeune homme moderne âgé de vingt-deux ans aux sentiments extrêmes, qui rit, pleure, crie, se roule par terre. La pièce connaît à plusieurs reprises la censure pour immoralité et incitation à la débauche. Les censeurs y voient un inceste entre la mère et le fils. L’interprétation de Marais est un succès. Jamais il ne s'est senti aussi riche. Il gagne deux cent cinquante francs par jour et en donne cent à sa mère pour qu’elle cesse de voler dans les magasins. Cocteau vante la « fougue » de son jeu, sa volonté de « vaincre des habitudes d'hier et d'imposer une maladresse de gros chien et des excès de fauve » et souligne l'admiration de Marais pour la comédienne Yvonne de Bray.
Dix ans plus tard, en 1948, Cocteau donna une version cinématographique de la pièce avec un Jean Marais déjà âgé de trente-cinq ans dans le rôle du fils, et dans le rôle de la mère Yvonne de Bray pour laquelle Marais, bouleversé, envoûté, autant par l’artiste que par la femme, avait une admiration débordante.
Été 1939 : il est mobilisé, affecté au 107e bataillon de l'air, à Amiens puis transféré à Montdidier, dans la Somme. Durant cette « drôle de guerre », il a pour mission, malgré sa très mauvaise vue, de guetter l’arrivée des avions allemands de la Luftwaffe du haut du clocher l’Église Saint-Pierre de Roye à Roye ; il y sera pratiquement oublié par sa compagnie jusqu’à l'arrivée des Allemands et l’armistice. Durant la débâcle, il découvre un chien attaché à un arbre dans la forêt de Compiègne et l’adopte. Retour à Paris en septembre 1940, sous occupation allemande. Cocteau et Marais s’installent au 36, rue de Montpensier, dans un petit appartement, à l'entresol, donnant sous les arcades du Palais-Royal .
Idole et résistant malgré lui .
En février et mars 1941, au théâtre des Bouffes-Parisiens, il se lance pour la première fois, à vingt-huit ans, dans la mise en scène de Britannicus, la tragédie de Racine, réalisant les décors et costumes. La pièce est précédée d'une préface parlée de Cocteau. Serge Reggiani joue le rôle de Britannicus, tandis que Marais s’attribue celui de Néron, alors que Jouvet tente de le dissuader : « Tu vas te casser la gueule ». Esprit frondeur, n’obéissant qu’à sa propre loi, Marais demande aux acteurs de jouer d’abord la situation et de ne pas ajouter de la guimauve en chantant les vers, comme c’était la pratique à l’époque. C'est un succès mais la pièce ne se joue que dix fois. C’est Dora Maar qui réalise les photos du spectacle. Georges Pioch, dans L'Œuvre, loue sa « jeunesse, (sa) stature (et sa) félinité » mais remarque que « vocalement, et pour la diction il peut travailler encore » tandis qu'un autre critique, Robert de Beauplan, le qualifie de « bel éphèbe fougueux », notant qu'il a fait « forte impression »
Puis il interprète le double rôle de Maxime l'amoureux et Pascal l'aventurier, les jumeaux de la nouvelle pièce de Cocteau La Machine à écrire créée dans une mise en scène de Raymond Rouleau, le 29 avril 1941, au théâtre Hébertot. Il se charge aussi des décors. D’abord refusée par la censure allemande, qui y voit une critique de l’Occupation, puis autorisée après suppression d’une scène, la pièce va provoquer des remous. En effet, elle est à l’origine de l’un des plus grands scandales que connut Cocteau. Si des critiques sont enthousiastes, louant la fougue de Marais, d'autres se montrent beaucoup plus réservés, à propos de la pièce comme à propos du jeu de l'acteur. Deux critiques du périodique Je suis partout s'en prennent surtout à Cocteau et à Jean Marais. Le 12 mai 1941 François Vinneuil, alias Lucien Rebatet, auteur antisémite et homophobe, signe un article intitulé « Marais et marécage » affirmant que cette pièce « est le type même du théâtre d’invertis ». Alain Laubreaux, le 19 mai, poursuit dans le même journal ce travail de destruction, accusant la pièce de décadence et de perversité . Dans le quotidien Le Petit Parisien, Laubreaux s'en était pris auparavant à Marais, « Lagardère de ce mélo puéril qui incarne tour à tour les deux frères jumeaux avec une ignorance presque sublime de la nuance et de la diction ». La suite du scandale est proprement spectaculaire : Jean Marais, croisant Alain Laubreaux le soir du 12 juin dans un restaurant au 80, boulevard des Batignolles (Paris), « lui cassa la figure » comme il l’avait annoncé. Des journaux évoquent l'incident et, selon Henry-Jean Servat, Le Petit Parisien titre le surlendemain : « Le plus mauvais acteur de Paris rosse le meilleur de nos critiques dramatiques ».
En août 1941, il entre à la Comédie-Française mais n’y joue pas, à cause de son engagement pour un film de Marcel Carné, Juliette ou la Clé des songes, qui ne se fait pas. Il accepte alors de faire son entrée au cinéma pour la première fois avec un rôle majeur dans Le pavillon brûle tandis que les revues de cinéma vantent son physique athlétique. Il s’y trouve « banal » avec une voix insuffisante, mais néanmoins, ce premier essai, avec son nom et sa photo affichés en grand sur toute la façade du cinéma Gaumont, représente pour lui une belle vengeance sur ses démêlés de contrat avec « le Français ». La même année, pendant le tournage du Lit à colonnes, son deuxième film, il rencontre la jeune et séduisante actrice Mila Parely, avec qui il a une liaison amoureuse et qu'il manque d’épouser.
Accompagné de son chien Moulouk, au sein du 501e régiment de chars de combat. En uniforme et béret noir planté sur la tête, il conduit une jeep baptisée Célimène, puis des camions Dodge ou GMC pour ravitailler les équipages de chars en vivres et carburant. On salue sa bravoure pour avoir été un des seuls conducteurs à respecter la consigne de rester au volant de son véhicule lors du bombardement de leur colonne à Marckolsheim en Alsace (modestement, dans ses interviews ultérieures, il tiendra à relativiser cette attitude courageuse, l'expliquant par une volonté à ce moment d'être tranquille au chaud pour déguster des confitures de cerises). Il reçoit la Croix de guerre 1935-1945 (France) et reste sous les drapeaux jusqu'en avril 1945.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Cocteau lui écrit le triple rôle d’Avenant, de la Bête et du Prince charmant pour son film La Belle et la Bête. Dans son Journal d'un film, Cocteau mentionne qu’après un an de préparatifs et d’obstacles, le tournage de son film, auquel personne ne croit, démarre à Rochecorbon en août 1945, pour se terminer en janvier 1946. Le tournage a été très difficile à réaliser. Cocteau, souffrant d’une grave maladie de peau, le professeur Henri Mondor le fait hospitaliser à Pasteur dans une cage de verre stérile, et n'est sauvé de l'eczéma que grâce à un nouveau médicament provenant des États-Unis, la pénicilline.
L'état de Marais laisse aussi à désirer : il souffre d'un furoncle à l'intérieur de la cuisse, son masque lui provoque un eczéma au visage.
Pour le masque de la Bête, Marais avait imaginé une tête de cerf, pour la beauté des bois, mais Cocteau pensait que les spectateurs trouveraient une telle tête ridicule pour une bête féroce et dangereuse, et pour Christian Bérard, il fallait que la Bête ne soit pas un herbivore mais un carnassier effrayant. Il fallait environ trois heures pour fixer le masque de la Bête, qui s’étendait des yeux jusqu’à la bouche et de la bouche à la poitrine de Marais, et une heure pour chaque main. Le masque était fait comme une perruque, chaque poil monté sur tulle, en trois parties collées. Certaines dents de Marais étaient recouvertes de vernis noir pour paraître pointues ; ses canines étaient recouvertes de crocs tenus par de petits crochets, ce qui n'était pas très pratique pour manger. La « bête carnivore » se nourrissait donc essentiellement de purée et de compote. Avec ce triple rôle, Marais entre dans la légende cinématographique. Le film sort à Paris le 29 octobre 1946 sur les Champs-Élysées et sur les Grands Boulevards. Contre toute attente, le succès populaire n'est pas immédiat, mais il sera progressif pour finir en triomphe. Devenu un film mythique, il sera exploité avec succès jusqu'en Chine où le masque de la Bête devint même un « produit dérivé » à la mode vers 1950.
En 1946, il abandonne son rôle dans Les Parents terribles à Daniel Gélin, pour jouer sur scène Stanislas l'anarchiste amoureux de la Reine (Edwige Feuillère), dans la nouvelle pièce que Cocteau a écrite pour lui : L'Aigle à deux têtes. La pièce se joue durant un an à guichets fermés. La critique est dure pour l’auteur et cruelle pour son acteur : « C’est un acrobate, un point c’est tout », en parlant de la scène finale où, chaque soir, Marais meurt en tombant à la renverse du haut d’un escalier dans une chute spectaculaire, après avoir tué la reine. La pièce est jouée, lors d’une représentation exceptionnelle, au théâtre de la Fenice de Venise pour la Biennale du théâtre. Après la version filmique de la pièce l’année suivante, le couple Marais-Feuillère ne se reformera que trente-cinq ans plus tard.
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11 décembre 1993 :
Décès de l'actrice Elvire Popesco.
Elvira Popescu est une comédienne roumaine et française, née le 10 mai 1894 à Colentina, quartier de Bucarest (Roumanie).
Son oncle, comédien, la prépare au conservatoire.
À seize ans, elle débute au Théâtre national de Bucarest dans une pièce de William Shakespeare. Devenue sociétaire du théâtre national de Bucarest en 1914, elle joue dans plusieurs tragédies et quelques films muets.
Elle épouse un autre comédien, Aurel Athananesco.
Elle crée aussi, à Bucarest, deux théâtres, le Theatrul Excelsior en 1919, et le Theatrul Mic en 1923.
La même année 1923, elle part pour la France.
À Paris, elle fait la rencontre de l'auteur Louis Verneuil.
Il est impressionné par son talent et lui écrit une comédie : Ma cousine de Varsovie jouée à partir de décembre 1923.
Dès ce mois de décembre 1923, l'authenticité de sa veine comique et son accent font d'elle un monstre sacré du théâtre de boulevard.
Devenue l'interprète privilégiée de Louis Verneuil, elle triomphe également dans Tovaritch de Jacques Deval, (1933), La Machine infernale (1954), mais aussi dans des pièces de Henri Bernstein et d'André Roussin : Nina (1949), La Mamma (1957) et La Voyante (1971).
Remariée en septembre 1939 avec Maximilien Sébastien Foy (1900-1967), elle devient ainsi baronne puis comtesse Foy et tient dans la propriété de Mézy-sur-Seine (la villa Paul Poiret, qu'elle rachète en 1934), un salon fréquenté par le Tout-Paris.
Directrice du théâtre de Paris (1956-1965), puis du théâtre Marigny, elle a, au cinéma, une carrière moins remarquée : La Présidente (Fernand Rivers, 1938), Tricoche et Cacolet (Pierre Colombier, 1938), Ils étaient neuf célibataires (Sacha Guitry, 1939), Paradis perdu (1938) et Austerlitz (Abel Gance, 1959), Plein Soleil (René Clément, 1960), etc.
Elle est une des reines du théâtre de boulevard durant les années 1960-1970.
En 1979, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, Elvire Popesco reprend encore son rôle de La Mamma qu’André Roussin lui avait écrit en 1957.
En 1987, elle se voit décerner un Molière pour sa carrière.
Et le président Mitterrand lui remet, en juin 1989, la cravate de commandeur de la Légion d'honneur.
Elvire Popesco meurt le 11 décembre 1993 à son domicile parisien, à l'âge de 99 ans.
Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 85), à Paris.

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C'est sa fête : Daniel
Daniel est l'un des quatre grands prophètes de l'Ancien Testament. Un Livre lui est consacré.
Esclave pendant la captivité des Hébreux à Babylone, il s'attire la jalousie des conseillers du roi Darius. Ils le font jeter dans la fosse aux lions. Miraculeusement épargné, Daniel est extrait de la fosse sur ordre du roi.
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10 décembre 1908 :
Naissance d' Olivier Messiaen, compositeur, organiste et pianiste français.
Olivier Eugène Prosper Charles Messiaen est le premier enfant de Pierre Messiaen (1883-1957), professeur d'anglais et intellectuel catholique, et de la poétesse Cécile Sauvage (1883-1927).
Un second enfant naît de cette union, Alain (1913-1990), qui deviendra poète, à l'instar de sa mère.
Olivier Messiaen est profondément influencé par les poèmes de sa mère, notamment un recueil intitulé L'Âme en bourgeon ainsi que par les œuvres de William Shakespeare, que traduit son père et dont les histoires fantastiques, merveilleuses et sombres le fascinent.
En 1914 son père est mobilisé et sa mère emmène les deux jeunes garçons à Grenoble pour vivre avec leur oncle.
Le jeune Olivier Messiaen met en scène Shakespeare devant son petit frère, dans des décors faits maison à partir de cellophane peinte à l’aquarelle et collée sur des vitres.
À cette époque, il acquiert une foi catholique qui ne le quittera plus.
Il composera la plupart de sa musique dans cette région de Grenoble.
Il commence ses leçons de piano, après avoir fait l'apprentissage de l'instrument en autodidacte.
Il est d’abord intéressé par les compositeurs français récents comme Claude Debussy et Maurice Ravel, dont il découvre très vite les Estampes et Gaspard de la nuit.
Il demande comme cadeau de Noël des partitions d’opéras de Mozart, Gluck, Berlioz et Wagner. C'est à cette époque qu’il commence à composer.
En 1918, son père revient de la guerre, et la famille déménage pour Nantes.
Le jeune Olivier, âgé de dix ans, continue néanmoins à suivre des cours de musique.
Son professeur d’harmonie, Jean de Gibon, lui fournit la partition de l’opéra Pelléas et Mélisande de Debussy, qui est pour Messiaen une révélation parmi les plus décisives.
L’année suivante, son père obtient un poste de professeur au lycée Charlemagne à Paris, et la famille déménage à nouveau.
C’est ainsi qu’en 1919 Olivier Messiaen, âgé de onze ans, entre au Conservatoire national de musique et de déclamation à Paris pour étudier le piano et les percussions.
Il a notamment comme professeurs Maurice Emmanuel et Marcel Dupré pour l’improvisation et l’orgue, Paul Dukas pour la composition et l’orchestration.
Il y effectue de brillantes études.
En 1924, à l’âge de 15 ans, il obtient un second prix d'harmonie dans la classe de Jean Gallon ; en 1926, la même année que Jean Rivier, il obtient un premier prix de fugue et contrepoint dans la classe de Georges Caussade; puis en 1927, celui d'accompagnement au piano.
En 1928, après avoir suivi les cours de Maurice Emmanuel, il est lauréat d'un premier prix en histoire de la musique.
Maurice Emmanuel lui inculque l'intérêt pour les rythmes grecs anciens, et les modes exotiques. Dans cette prestigieuse institution, il étudie en outre l’orgue avec Marcel Dupré, qui lui transmet l’héritage de la tradition des grands organistes français.
Messiaen décroche un premier prix en orgue et improvisation à l’orgue en 1929.
Après un an de cours de composition avec Charles-Marie Widor il suit, à l’automne 1927, l'enseignement de Paul Dukas nouvellement chargé de la classe de composition, et avec qui il apprend notamment la maîtrise de l’orchestration.
Les études de Messiaen au Conservatoire trouvent leur couronnement avec son obtention, en 1930, du premier prix en composition dans la classe de Paul Dukas.
Il devient organiste à l’église de la Trinité à Paris à l’âge de 22 ans, succédant à Charles Quef, l'orgue Cavaillé-Coll sera profondément modifié par la suite, sur sa demande, avec notamment une électrification des notes et des jeux et l'ajout de plusieurs jeux de détail.
Il compose de très nombreuses œuvres pour cet instrument sur lequel il improvise pour expérimenter ses idées musicales de composition.
Messiaen se passionne également pour le plain-chant, les rythmes de l'Inde, les chants des oiseaux dont il entreprend la notation et le classement méthodique, l'interaction entre valeurs chromatiques et valeurs sonores.
Dès 1928, à l'âge de 20 ans, il fait plusieurs séjours dans la maison de ses tantes paternelles, Marthe et Agnès Messiaen, à Fuligny dans le département de l'Aube.
C'est là qu'il compose sept de ses premières œuvres au piano.
Il écoute les chants d’oiseaux des bois de Fuligny, qu'il mémorise et transcrit dans sa musique. Passionné par les oiseaux, qui ont inspiré toute sa vie et un grand nombre de ses compositions, il deviendra aussi ornithologue.
Il se marie une première fois en 1932 avec Claire Delbos, née Louise-Justine, une violoniste, dont il aura un fils, Pascal-Emmanuel Messiaen (mort le 31 janvier 2020 à Pézenas) qui deviendra professeur de russe.
Claire Delbos terminera ses jours dans un hôpital psychiatrique.
De 1936 à 1939 il enseigne à l'École normale de musique de Paris et à la Schola Cantorum et, à la même époque, il participe à la fondation du groupe Jeune France avec André Jolivet, Daniel-Lesur et Yves Baudrier.
Invitation pour la création du Quatuor pour la fin du Temps réalisée par un détenu du Stalag de Görlitz, janvier 1941.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Messiaen est mobilisé comme simple soldat.
Yves Balmer et Christopher Brent Murray précisent au début de l'article qu'ils lui consacrent que les dates fournies par Messiaen au sujet de cette période ne sont pas conformes à la réalité et établissent qu’en avril-mai 1940 il est musicien au centre musical et théâtral de la 2e armée, formé par Charles Huntziger, Henri Massis et Xavier de Courville où il rencontre Étienne Pasquier (violoncelliste) et Henri Akoka.
Fait prisonnier, il est envoyé au Stalag VIII-A à Görlitz.
Il compose durant sa réclusion son Quatuor pour la fin du Temps.
La première est donnée dans le camp le 15 janvier 1941 par un groupe de musiciens prisonniers, la partie du piano étant jouée par le compositeur.
Il est libéré en février 1941 d’après Balmer et Brent Murray qui ajoutent qu’en mars 1941 Messiaen sort de quarantaine et retrouve rapidement du travail à Vichy au sein de l’association vichyste Jeune France.
C’est dans ce cadre qu’il participe à un spectacle à la gloire de Jeanne d'Arc pour lequel il écrit Chœurs pour une Jeanne d'Arc.
Les mêmes historiens ajoutent que Messiaen obtient le poste de professeur d’harmonie au Conservatoire (encore dirigé par Henri Rabaud), à la suite de l’élection du 25 mars 1941.
Les lois antisémites ont écarté de son poste André Bloch, laissant ainsi une place dès 1940 à Messiaen.
La compositrice Odette Gartenlaub se souvient de l'éviction de Bloch.
Au Conservatoire, il rencontre une jeune élève, Yvonne Loriod, qui devient la première et la principale interprète de ses œuvres pour piano.
Après le décès de sa première épouse en 1959, il épouse Yvonne Loriod en 1961.
Au Conservatoire de Paris, devant l'hostilité d'un corps enseignant passéiste, Messiaen est d'abord professeur de philosophie de la musique, puis, avec l'évolution des années, sa classe d'analyse musicale de renommée mondiale devient officiellement classe de composition en 1966.
Messiaen voyage, se produit comme pianiste avec Yvonne Loriod, et enseigne dans divers pays : Argentine, Bulgarie, Canada, États-Unis, Finlande, Hongrie, Italie, Japon.
Il compte parmi ses élèves Pierre Boulez, Pierre Henry, Daniel Charles, Michel Merlet, Marius Constant, Antoine Duhamel, Jean Prodromidès, Gilbert Amy, François-Bernard Mâche, Paul Méfano, Karlheinz Stockhausen, Míkis Theodorákis, Iannis Xenakis, Michaël Levinas, Tristan Murail, Adrienne Clostre, Gérard Grisey, Philippe Fénelon, Michèle Foison, Kent Nagano, George Benjamin, Alain Louvier, Alain Abbott, Erzsébet Szőnyi, Alain Mabit, Jean-Pierre Leguay, Lalo Schifrin, Betsy Jolas, Serge Garant, Gilles Tremblay, Michel Fano, Claude Vivier, Michèle Reverdy et Qigang Chen.
Il meurt le 27 avril 1992 à l'hôpital Beaujon de Clichy.
Il est enterré au cimetière de Saint-Théoffrey, à 35 km de Grenoble, entre Laffrey et La Mure (Isère), village dans lequel il possédait une propriété.
Sa stèle, facilement reconnaissable, a été sculptée en forme d'oiseau.
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Ada Lovelace, de son nom complet Augusta Ada King, comtesse de Lovelace, née Ada Byron le 10 décembre 1815 à Londres et morte le 27 novembre 1852 à Marylebone dans la même ville, est une pionnière de la science informatique.
Elle est principalement connue pour avoir réalisé le premier véritable programme informatique, lors de son travail sur un ancêtre de l'ordinateur : la machine analytique de Charles Babbage. Dans ses notes, on trouve en effet le premier programme publié, destiné à être exécuté par une machine, ce qui fait d'Ada Lovelace « le premier programmeur du monde ». Elle a également entrevu et décrit certaines possibilités offertes par les calculateurs universels, allant bien au-delà du calcul numérique et de ce qu'imaginaient Babbage et ses contemporains.
Elle est assez connue dans les pays anglo-saxons et en Allemagne, notamment dans les milieux féministes ; elle est moins connue en France, mais de nombreux développeurs connaissent le langage Ada, nommé en son honneur.
Biographie
Ada était la seule fille légitime du poète George Gordon Byron et de son épouse Annabella Milbanke, une femme intelligente et cultivée, cousine de Caroline Lamb, dont la liaison avec Byron fut à l'origine d'un scandale. Le premier prénom d'Ada, Augusta, aurait été choisi en hommage à Augusta Leigh, la demi-sœur de Byron, avec qui ce dernier aurait eu des relations incestueuses. Le prénom Ada aurait été choisi par Byron lui-même, car il était « court, ancien et vocalique ». C'est Augusta qui encouragea Byron à se marier pour éviter un scandale, et il épousa Annabella à contrecœur , en janvier 1815. Ada naît en décembre de cette même année. À la suite de quatre tentatives de viol en état d'ivresse de la part de Byron, Annabella quitte Byron le 16 janvier 1816, gardant Ada avec elle. Le 21 avril, Byron signe l'acte de séparation, puis quitte le Royaume-Uni pour toujours. Il ne les revit jamais.
Annabella adorait les mathématiques. Byron l’appelait même parfois « la princesse des parallélogrammes». Annabella fit en sorte que les tuteurs d'Ada lui donnent une éducation approfondie en mathématiques et en sciences, ce qui était tout à fait inhabituel à l'époque dans l'éducation d'une jeune fille de la noblesse. En 1832, Ada rencontre Mary Somerville, éminente chercheuse et autrice scientifique du xixe siècle, qui l'encourage et l'aide à progresser en mathématiques. Le 5 juin 1833, Mary lui présente Charles Babbage, et Ada — alors âgée de 17 ans — est immédiatement fascinée par ses machines à calcul. Ils deviennent très proches, Ada semblant trouver en Babbage le père qu'elle n'avait jamais eu. Parmi ses autres connaissances, on compte David Brewster, Charles Wheatstone, Charles Dickens et Michael Faraday.
Elle se marie en 1835 avec William King, 1er comte de Lovelace. Ils auront trois enfants : Byron, né le 12 mai 1836, Annabella (Anne Blunt) née le 22 septembre 1837 et Ralph Gordon né le 2 juillet 1839. William était dévoué à Ada et encourageait les goûts et les activités d'Ada en mathématiques. La famille vécut à Ockham Park, à Okham (en). Son titre et son nom complet furent pendant la plus grande partie de sa vie La très honorable Augusta Ada, comtesse de Lovelace. Elle est plus connue sous le nom de Ada Lovelace ou Lady Lovelace.
La santé fragile d'Ada, mise à l'épreuve par les grossesses, ainsi que ses responsabilités de mère et de maîtresse de maison, la tiennent écartée de ses activités mathématiques jusqu'en 1839. À cette date, elle éprouve le besoin de reprendre l'étude des mathématiques et demande à Babbage de lui recommander un tuteur : le célèbre mathématicien Auguste De Morgan accepte cette charge. Les études d'Ada reprennent, et De Morgan trouve en Ada une élève enthousiaste et créative. Ada prend confiance dans ses capacités en mathématiques, encouragée par les retours positifs de De Morgan. Le 6 février 1841, Ada écrit à sa mère une lettre où elle parle de ses goûts et aspirations : « Je crois que je possède une singulière combinaison de qualités, qui semble précisément ajustées pour me prédisposer à devenir une exploratrice des réalités cachées de la Nature ». Elle mentionne son « énergie inépuisable et insatiable » et pense avoir trouvé un sens à sa vie.
En 1841, Ada a de nouveau des problèmes de santé, mais elle revient aux mathématiques fin 1842. Elle tourne dès lors entièrement son travail vers la machine analytique de Babbage, et propose à ce dernier ses services pour en poursuivre le développement et la promotion.
En octobre 1842, paraît en français, dans un journal suisse, une description de la machine analytique de Babbage réalisée par le mathématicien italien Louis-Frédéric Ménabréa (1809-1896). Charles Wheatstone propose à Ada Lovelace, qui a un bon niveau de français, de traduire ce mémoire pour le journal Scientific Memoirs spécialisé dans les articles scientifiques étrangers.
Elle passe neuf mois, entre 1842 et 1843, sur cette traduction. Babbage lui-même n'intervient que très peu, étant malade pendant cette même période, et la traduction lui est présentée au début de l'année 1843 un peu comme un « fait accompli ». Il demande alors à Ada pourquoi elle n'avait pas fait elle-même un mémoire présentant la machine analytique, ce à quoi elle répondit que l'idée ne lui était pas venue à l'esprit. Babbage propose alors à Ada d'augmenter la traduction avec des notes développant et commentant certains aspects du mémoire, idée immédiatement adoptée avec enthousiasme par Ada.
S'ensuit une période de travail frénétique sur ces notes, en collaboration étroite avec Charles Babbage qui annote les brouillons, corrige les incompréhensions tout en encourageant et félicitant Ada de son travail. Elle ajoute à cet article sept notes, labellisées de A à G, représentant près de trois fois le volume de texte de l'article original. La note G s'appuie sur un véritable algorithme très détaillé pour calculer les nombres de Bernoulli avec la machine. Le programme qui en résulte est souvent considéré comme le premier véritable programme informatique au monde, car les algorithmes décrits jusque-là n'étaient pas décrits avec un formalisme, dans un langage véritablement destiné à être exécuté sur une machine. De plus, ce programme comporte selon Catherine Dufour la première boucle conditionnelle, véritable concept informatique, contrairement aux programmes séquentiels qui avaient pu être faits auparavant par Babbage, ou dans les métiers à tisser Jacquard.
On ne sait pas exactement dans quelle mesure Ada Lovelace a programmé elle-même cet algorithme, ayant été en relation constante et étroite avec Babbage. Ce qui semble sûr c'est qu'Ada a eu l'idée de donner un exemple de programmation de la machine en utilisant le calcul des nombres de Bernoulli, et que Babbage a fourni à Ada au minimum les formules mathématiques de base. Selon Betty Toole, Ada était tout à fait en mesure de réaliser elle-même le programme, ayant montré une profonde compréhension de la machine dans sa traduction et ses notes, et des lettres entre Babbage et Ada semblent indiquer que le rôle de Babbage s'est effectivement limité à fournir les formules mathématiques. En revanche, Bruce Collier, un des meilleurs spécialistes de la machine de Babbage, porte le jugement sévère suivant : « Cela ne serait qu'une légère exagération de dire que les notes du mémoire ont été écrites par Babbage, et que — pour des raisons qui lui sont propres — il a entretenu l'idée dans l'esprit d'Ada Lovelace, et dans l'esprit du public, que ces notes étaient d'elle. »
Selon Stephen Wolfram, on n'a jamais retrouvé, dans les documents et publications de Babbage, des algorithmes aussi complexes et aussi propres que celui sous-jacent au programme de calcul des nombres de Bernoulli. Babbage, à la fin de sa vie, avait compilé une liste datée de 446 calculs possibles avec sa machine analytique (446 Notations of the Analytical Engine), tous datés de 1830 à mi 1840, date après laquelle on ne trouve plus de travaux de Babbage sur les algorithmes . Ces éléments laissent penser qu'Ada Lovelace a conçu ce programme, avec la simple supervision bienveillante de Babbage.
Dans d'autres notes, Ada Lovelace montre une perception des potentialités de la machine que Doron Swade considère comme « visionnaire, même dans une perspective moderne ». Babbage avait une vision de sa machine comme étant tournée vers le calcul numérique, avec à la limite des extensions vers le calcul algébrique avec la possibilité de manipuler des symboles plutôt que des chiffres. Mais il n'a rien publié allant dans ce sens, et il n'a pas approfondi cette possibilité, allant même jusqu'à imaginer un autre type de machine spécifique pour les calculs algébriques. En revanche, Ada Lovelace décrit explicitement des possibilités allant au-delà d'un contexte mathématique, comme l'hypothèse que « la machine pourrait composer de manière scientifique et élaborée des morceaux de musique de n'importe quelle longueur ou degré de complexité ».
Un autre passage des notes d'Ada, cité par Doron Swade, illustre cette vision de calculateur universel :
« Beaucoup de personnes […] s'imaginent que parce que la Machine fournit des résultats sous une forme numérique, alors la nature de ses processus doit être forcément arithmétique et numérique, plutôt qu'algébrique ou analytique. Ceci est une erreur. La Machine peut arranger et combiner les quantités numériques exactement comme si elles étaient des lettres, ou tout autre symbole général ; en fait elle peut donner des résultats en notation algébrique, avec des conventions appropriées. »
Il fallut attendre les années 1930 avec Alan Turing pour formaliser une telle notion de calculateur universel qui manipule des symboles généraux, et abandonner la notion de calculatrice purement numérique.
Ruine et mort
Dans l’espoir de subventionner les projets de Babbage, qui n'avaient pas obtenu de financement du gouvernement britannique, Lady Lovelace se mit à jouer. Elle travailla à un système qui devait lui permettre de remporter les paris du derby d'Epsom mais ne l'entraîna que dans l'accumulation de dettes.
Elle mourut à l'âge de 36 ans d'un cancer de l'utérus, dans d'horribles souffrances. Elle laissait deux fils et une fille. Cette dernière, Anne Blunt, est connue pour avoir voyagé au Moyen-Orient et pour avoir élevé des chevaux arabes.
Elle fut enterrée conformément à son souhait près de son père qu'elle n'avait jamais connu, à l'église Sainte-Marie-Magdalene de Hucknall, à Newstead Abbey, dans le comté de Nottingham.
FAE
"César Franck, né le 10 décembre 1822 à Liège et mort le 8 novembre 1890 à Paris, est un professeur, organiste et compositeur belge, naturalisé français en 1870 . César Franck est l'une des grandes figures de la vie musicale française de la seconde partie du XIX siècle." [...]

piron
10 décembre 1957 : Albert Camus Prix Nobel de littérature
Né 44 ans plus tôt dans une famille pauvre de Mondovi (Algérie), Albert Camus se voit remettre le Prix Nobel de littérature à Stockholm le 10 décembre 1957, pour l'ensemble de son oeuvre, notamment deux romans : L'étranger et La peste, et un essai philosophique sur l'absurdité de la condition humaine : Le mythe de Sisyphe.
Albert Camus à Stockholm le 12 décembre 1957 (DR)On est alors en pleine guerre d'Algérie. Pressé de questions par les journalistes, l'écrivain déclare : « En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d'Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c'est cela la justice, je préfère ma mère » (note). Ce cri du coeur sera ramassé par ses adversaires « progressistes » du quartier de Saint-Germain-des-Prés, notamment Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, en une formule brutale : « S'il faut choisir entre la justice et ma mère, je choisis ma mère » (il eut été plus juste de préciser : « cette justice-là »).
Misterprof-
9 décembre 1916 :
Naissance de l' acteur Kirk Douglas.
Issur Danielovitch Demsky est un acteur, producteur, réalisateur et écrivain américain.
Fils de Bryna (« Bertha », née Sanglel) et de Herschel (« Harry ») Danielovitch (« Demsky »), il est le quatrième enfant d'une famille qui en compte sept (il a six sœurs).
Ses parents étaient des immigrants juifs de Tchavoussy, en actuelle Biélorussie, ayant fui le pays pour échapper à la pauvreté et à l'antisémitisme d’État de l'Empire russe.
Son oncle paternel, qui avait émigré auparavant, avait utilisé le nom de famille Demsky, que la famille Danielovitch adopte ensuite aux États-Unis.
En plus de leur nom de famille, ses parents changèrent leurs prénoms en Harry et Bertha.
Issur adopte quant à lui le surnom d'« Izzy » : né sous le nom d'Issur Danielovitch, il grandit donc sous celui d'Izzy Demsky et ne changera son nom en Kirk Douglas qu'avant d'entrer dans l'armée américaine durant la Seconde Guerre mondiale.
Son père, alcoolique et violent, est chiffonnier, et la famille vit pauvrement à Amsterdam, dans l'État de New York.
Tout le monde parle yiddish à la maison.
Comme le jeune Izzy travaille bien au heder, (école élémentaire traditionnelle juive), les Juifs de la communauté d'Amsterdam veulent qu'il devienne rabbin et collectent assez d'argent pour l'envoyer dans une yeshiva,ce qui est loin d'être le souhait du jeune garçon qui en fait des cauchemars.
C'est après avoir récité en anglais un poème à l'école et reçu des applaudissements que le jeune Issur décide de devenir acteur, une ambition non partagée par sa famille.
À l'Université St. Lawrence, il est victime d'ostracisme en raison de ses origines mais le jeune homme trouve une façon d'imposer le respect : la lutte.
En juin 1939, il décide de partir à New York pour se former au métier de comédien.
Au théâtre Tamarak, un ami lui suggère de changer son nom.
On lui propose Kirk et un nom commençant par un D, Douglas.
Il entre ensuite à l'académie américaine d'art dramatique et suit les cours de Charles Jehlinger.
Il y rencontre aussi Diana Dill, sa future première femme, et la jeune Betty Bacall, future Lauren Bacall.
Après quelques rôles mineurs dans les pièces Spring Again (novembre 1941) et Les Trois Sœurs (décembre 1942), il s'engage dans la marine.
Peu avant de s'enrôler, il effectue une démarche de changement de nom : Kirk Douglas, initialement son nom de scène, devient alors son nom d'état civil.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il épouse Diana Dill.
Réformé à la suite d'une dysenterie chronique au printemps 1943, il retourne à New York, puis, de mars 1943 à juin 1945, il remplace sur scène Richard Widmark dans Kiss and Tell et en avril 1946 il joue dans Woman bites dog.
Lauren Bacall, en intervenant auprès de Hal B. Wallis, lui permet d'obtenir le troisième rôle dans L'Emprise du crime où il joue le mari de Barbara Stanwycke.
Il donne la réplique à Robert Mitchum dans La Griffe du passé et rencontre Burt Lancaster dans L'Homme aux abois.
Alors qu'il est père de deux enfants et qu'il se sépare de sa femme, il prend le choix audacieux de tourner Le Champion (alors qu'on lui proposait une superproduction produite par la MGM).
Sorti en juillet 1949, le film est un succès.
Kirk Douglas signe alors un contrat avec la Warner et enchaîne plusieurs films (La Femme aux chimères, Le Gouffre aux chimères...) qui lui permettent de rencontrer et de séduire un grand nombre de stars féminines, dont Rita Hayworth ou Gene Tierney.
Las de l'emprise du studio, il décide de ne pas renouveler son contrat après le film La Vallée des géants.
Libre, il tourne un western de Howard Hawks, La Captive aux yeux clairs, puis Les Ensorcelés de Vincente Minnelli, film pour lequel il manque de remporter l'Oscar du meilleur acteur.
Pour les beaux yeux de l'actrice italienne Pier Angeli, il accepte un contrat de trois films qui l'amène en Europe. Le Jongleur, Un acte d'amour et enfin Ulysse des jeunes producteurs Dino De Laurentiis et Carlo Ponti.
À cette époque, il rencontre Anne Buydens, une assistante dont il tombe amoureux et qu'il épouse le 29 mai 1954, la même année que la superproduction Disney Vingt mille lieues sous les mers. Après L'Homme qui n'a pas d'étoile, l'acteur à succès devient producteur et crée la Bryna, du nom de sa mère, et produit La Rivière de nos amours, un succès.
En 1955, il achète les droits du roman Lust for life et confie la réalisation à Vincente Minnelli.
La Vie passionnée de Vincent van Gogh entraîne Kirk Douglas aux limites de la schizophrénie, l'acteur ayant du mal à entrer sans conséquences dans l'âme tourmentée du peintre.
Là encore, il est nommé pour l'Oscar du meilleur acteur sans toutefois l'obtenir.
Il tourne alors avec son ami Burt Lancaster un western de légende, Règlement de comptes à O.K. Corral.
Sa composition du personnage de Doc Holliday reste dans toutes les mémoires.
La même année, il s'investit dans la production et l'écriture d'un autre film de légende, Les Sentiers de la gloire qui permet à Stanley Kubrick de faire ses preuves.
Le film ne rapporta pas beaucoup d'argent puisqu'interdit dans un grand nombre de pays européens.
Avec la Bryna, il produit Les Vikings, fresque épique qui l'emmène tourner un peu partout dans le monde (dont en France).
Le film avec Tony Curtis et Janet Leigh est un gros succès.
L'année suivante, après le film Au fil de l'épée, sa mère meurt le jour de son anniversaire.
Vexé de ne pas avoir été choisi pour interpréter Ben-Hur, il choisit de faire son propre film épique en adaptant au cinéma l'histoire de Spartacus, l'esclave qui fit trembler Rome.
Une préparation longue et compliquée, un tournage long et difficile (le réalisateur Anthony Mann est remplacé par Stanley Kubrick), mais un immense succès et un rôle qui place définitivement Kirk Douglas au panthéon des stars de Hollywood.
En 1962, toujours sur un scénario de Dalton Trumbo, il interprète un cow-boy perdu dans le monde moderne dans Seuls sont les indomptés, son film préféré de toute sa carrière cinématographique.
Il triomphe aussi au théâtre dans la pièce Vol au-dessus d'un nid de coucou, qu'il comptait jouer au cinéma.
Après quelques échecs commerciaux, dont un ambitieux, Le Dernier de la liste, il revient aux films engagés avec Sept jours en mai.
Dans Les Héros de Télémark il est un scientifique qui tente de stopper la progression industrielle allemande pendant la guerre.
Sur la même période, il enchaîne avec Première Victoire et L'Ombre d'un géant.
Après un petit rôle dans Paris brûle-t-il ? de René Clément, il retrouve John Wayne pour un western à succès La Caravane de feu.
En 1969, il tourne L'Arrangement sous la direction de Elia Kazan puis sous celle de Joseph L. Mankiewicz pour un western original et déroutant, Le Reptile aux côtés de Henry Fonda.
Après une autre adaptation d'un roman de Jules Verne, Le Phare du bout du monde, Kirk Douglas décide de passer à la réalisation.
En 1973, Kirk Douglas réalise Scalawag, adapté de L'Île au trésor sur un sujet qu'il pense rentable avec un budget correct.
Le tournage est catastrophique, comme en témoigne le journal de bord.
Le film est un échec total.
Deux ans plus tard, il réitère l'opération avec La Brigade du Texas (1975), western qui ne trouve pas son public.
Ce dernier film l'incite à abandonner la réalisation.
Ne voulant plus tourner que des films qui l'intéressent, il produit Holocauste 2000 (1977), et Saturn 3 (1980), ce dernier étant nommé aux Razzie Awards.
En 1978, Furie lui permet de se frotter au Nouvel Hollywood avec Brian De Palma, et Nimitz, retour vers l'enfer (1980) de retrouver le film de guerre, mâtiné cette fois de science-fiction.
En 1986, il retrouve son ami Burt Lancaster pour Coup double.
Victime d'un grave accident d'hélicoptère en Californie, dont il réchappe miraculeusement, il réduit son activité cinématographique, freinée par une attaque cérébrale en 1996.
En 1999, Diamonds est l'occasion pour l'acteur de retrouver Lauren Bacall et de recevoir au festival de Deauville un hommage pour l'ensemble de sa carrière.
Une attaque cardiaque en 2001 lui enlève tout espoir de retourner au cinéma ; il accepte de tourner dans Une si belle famille aux côtés de son ex-femme Diana, de leur fils Michael et leur petit-fils Cameron.
Trois générations de Douglas sont réunies pour un film sorti de façon discrète et qui ne connaîtra pas un grand succès.
Depuis le milieu des années 1990, Kirk Douglas est fréquemment honoré dans le monde entier pour l'ensemble de sa carrière.
Écrivain, il avait publié plusieurs ouvrages et se consacrait à sa fondation en faveur des enfants défavorisés.
Il fête ses 100 ans le 9 décembre 2016 au Beverly Hills Hotel, entouré de sa famille et de deux amis de longue date, l'acteur Don Rickles et le réalisateur Steven Spielberg.
Kirk Douglas meurt dans la nuit du 5 février 2020 à l'âge de 103 ans à sa résidence de Beverly Hills. Sa mort est annoncée par son fils Michael Douglas via ses pages Facebook et Instagram.
À la suite de cette annonce, les hommages se multiplient à Hollywood.
Pour le réalisateur Steven Spielberg, Kirk a gardé son charisme de star de cinéma jusqu’à la fin de sa vie merveilleuse, alors que Danny DeVito se souvient d'un homme avec qui il était chouette de traîner.
L'acteur Arnold Schwarzenegger, qui avait tourné avec Kirk Douglas dans le film Cactus Jack, salue son impact et le qualifie de héros.
L'actrice Catherine Zeta-Jones, belle-fille de Kirk Douglas, s'adresse directement à lui dans son hommage : « Je t'aimerai pour le reste de ma vie. »
L'acteur Mark Hamill salue quant à lui l'une des plus grandes stars de tous les temps.
D'autres personnalités et confrères du cinéma ont également honoré la mémoire de Kirk Douglas à la suite de sa mort, parmi lesquelles Sylvester Stallone, William Shatner, Jamie Lee Curtis ou encore Bette Midler.
Des fans ont également déposé des bouquets de fleurs sur son étoile du Hollywood Walk of Fame qu'il avait reçue en 1960.
Ses obsèques ont lieu le 7 février 2020 au Westwood Village Memorial Park Cemetery à Los Angeles dans l'intimité familiale.
La seule personnalité du cinéma invitée à la cérémonie est le réalisateur Steven Spielberg, ami de la famille.
Capusa06
Maddalena Laura Sirmen, née Maddalena Lombardini le 9 décembre 1745 à Venise et morte le 18 mai 1818, est une compositrice et violoniste italienne.
Biographie
Maddalena Lombardini naquit à Venise de parents pauvres mais nobles. Elle commença ses études dans un orphelinat, l'Ospedale dei Mendicanti, un des hospices musiciens de la ville, où elle apprit aussi la musique.
Pendant ses quatorze années passées à l'orphelinat, elle fut autorisée de temps en temps à sortir pour étudier avec le violoniste Giuseppe Tartini avec l'espoir que Maddalena développerait les qualités exigées par une femme ambitieuse. Comme elle espérait jouer du violon de manière professionnelle dans une Europe dominée par les hommes, Tartini paya pour ses leçons de musique à l'orphelinat.
À l'âge de 21 ans, Maddalena reçut son diplôme et fut autorisée à poursuivre une carrière musicale hors de Venise. Maddalena se maria avec le violoniste Ludovico Sirmen en 1767. Ils partirent en tournée tous les deux la même année. Bien qu'il existe peu de documents sur leurs relations, il semble qu'il encouragea la carrière de Maddalena, respectant ses compositions et appréciant ses succès de soliste. Maddalena eut bientôt la réputation d'être une des meilleures violonistes jamais sorties d'un orphelinat de Venise.
Maddalena avait peut-être encore plus de succès en tant que compositrice. Les jeunes mariés jouèrent à Paris le 15 août 1768, un double concerto pour violon et le Mercure de France parla en termes enthousiastes du concerto qu'ils avaient composé.
En 1771, Maddalena fit ses débuts à Londres avec son Concerto pour violon, et reçut des critiques dithyrambiques. Maddalena vint à Londres pour la dernière fois en 1772, en tant que cantatrice et essuya un échec. Bien que sa carrière ait décliné dans ses dernières années, on se souvient d'elle comme une compositrice et une exécutante brillante.

piron
9 décembre 1905
Séparation des Églises et de l'État
Le 9 décembre 1905, le député socialiste Aristide Briand (43 ans) fait voter la loi concernant la séparation des Églises et de l'État.
La loi s'applique aux quatre confessions alors représentées en France : le catholicisme, la confession d'Augsbourg (les protestants luthériens), les réformés (les protestants calvinistes) et les israélites. Elle clôture 25 ans de tensions entre la République et l'Église catholique, l'un et l'autre se disputant le magistère moral sur la société