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8 avril 1875 :
Naissance d’Albert 1er, roi des Belges.
Duc de Saxe, Prince de Saxe - Cobourg et héritier de la couronne de 1905 à 1909, il devient le troisième roi des Belges le 23 décembre 1909.
Le 2 octobre 1900, il épouse Élisabeth de Bavière, avec qui il partage une vision humaniste et pacifiste de la société.
Passionné d’alpinisme, comptant à son actif plusieurs ascensions importantes, il trouve la mort en 1934, lors d’une escalade dans la vallée de la Meuse.
Son fils aîné lui succède sous le nom de Léopold III.
Capusa06
Tamerlan (ou Timour Leng)
8 avril 1336 à Kech (Ouzbékistan) - 18 février 1405 à Otrar (Ouzbékistan)
Tamerlan se présente comme un lointain descendant de Gengis Khan. Musulman convaincu, au demeurant cultivé et épris de littérature persane, il se forge un empire autour de l'Afghanistan actuel. Au prix de grands massacres, il attaque ses voisins, Mongols, Indiens et Arabes, et incendie les magnifiques cités de Damas et Bagdad.
Pour finir, en 1402, il défait le sultan ottoman Bajazet à Angora (encore appelé Ancyre ou Ankara). Cette gigantesque bataille offre un sursis inespéré à Constantinople, sur le point d’être conquise par les Ottomans, et laisse le temps aux Occidentaux de recueillir l’héritage byzantin.
On peut encore admirer le mausolée de Tamerlan à Samarcande, sa capitale, dans l’actuel Ouzbékistan.
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8 février 1972 :
Naissance de Guillaume Gallienne, acteur, scénariste et réalisateur français, sociétaire de la Comédie-Française.
Son père est Jean-Claude Gallienne (1928-2009), un industriel du secteur des transports urbains, dont la famille descend d'une longue lignée de pasteurs méthodistes de l'île de Jersey.
Sa mère est Mélitta Rotvand (1941), qui descend de l’ancienne aristocratie russo-géorgienne.
Il est le troisième enfant d'une fratrie de quatre garçons.
Il a également un demi-frère (Thierry, mort en 2020) et une demi-sœur (Bénédicte, morte en 2013), du premier mariage de son père.
Il est cousin germain de Ian Gallienne, époux de Ségolène Frère, fille du baron Albert Frère, ainsi que d'Alicia Gallienne.
Il passe sa jeunesse dans le 16e arrondissement de Paris.
Durant son enfance et son adolescence, il est complexé par sa faiblesse physique.
Sa mère le distinguant de ses frères, il en arrive à considérer ne pas être un garçon comme eux, et adopte des attitudes féminines.
Cela le conduit, à l'âge de douze ans, à tomber en dépression.
Il parvient à en sortir grâce à la phoniatre Claude Fugain (sœur de Michel Fugain) et en consultant un psychanalyste.
Cet aspect de sa biographie fournit plus tard la matière de son « seul en scène » Les Garçons et Guillaume, à table !, qu'il adapte ensuite au cinéma.
Guillaume Gallienne suit d'abord une scolarité en hypokhâgne au lycée Jean-Pierre-Vernant à Sèvres, commence une maîtrise d'histoire sans pour autant présenter son mémoire.
Il découvre sa vocation de comédien à l'âge de 18 ans, à la suite du décès de sa cousine Alicia, à laquelle il était très attaché.
Il est élève au Cours Florent pendant quatre ans.
Il étudie ensuite au Conservatoire national supérieur d'art dramatique dans les classes de Dominique Valadié, Stéphane Braunschweig et Daniel Mesguich.
Dans les années 1990, il apparaît dans des publicités télévisées.
Au cinéma, le grand public le découvre en 2000 grâce à son rôle dans Jet Set.
À la radio, le comédien prête sa voix à la lecture de grands textes de la littérature (Les Fleurs du mal de Baudelaire, Sodome et Gomorrhe de Marcel Proust...), sur France Inter notamment.
Dans un autre domaine, il s'associe en 2005 au danseur étoile Nicolas Le Riche pour écrire le livret de son ballet Caligula, donné par le ballet de l'Opéra de Paris, et six ans plus tard, il aide le chorégraphe russe Alexeï Ratmansky à adapter Illusions perdues d'Honoré de Balzac pour le ballet du Bolchoï.
En 2006, il met en scène Huis clos, de Jean-Paul Sartre, au Théâtre Noh Tessenkai à Tokyo.
La distribution réunit Nicolas Le Riche, Thierry de Peretti, Anne Bouvier et Martine Chevallier de la Comédie-Française.
La même année il crée la société de productions Don't Be Shy Productions, qui coproduit notamment son long-métrage Maryline en 2017.
Parallèlement, il multiplie les apparitions au cinéma, toujours dans des rôles secondaires.
Il est souvent recruté pour jouer les bourgeois un peu ridicules : en 2003, dans le film de cape d'épée Fanfan la tulipe ; en 2005 dans Tu vas rire, mais je te quitte, de Philippe Harel ; en 2006, dans La Jungle de Mathieu Delaporte, puis Mon colonel de Laurent Herbiet, ou encore le Marie-Antoinette, de la réalisatrice américaine Sofia Coppola.
II accède aussi à d'autres rôles : en 2003 par François Dupeyron pour Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran ; en 2007, la comédie dramatique Le Candidat, écrite et réalisée par Niels Arestrup ; et en 2008, il enchaîne le biopic Sagan, de Diane Kurys et Musée haut, musée bas de Jean-Michel Ribes.
C'est sur les planches qu'il parvient à jouer un rôle d'envergure : en 2008, il se lance avec Claude Mathieu dans l'écriture d'un spectacle intime intitulé Les garçons et Guillaume, à table !, dans lequel il revient avec humour sur son enfance, l'éducation qu'il a reçue et les traumatismes qu'elle a pu engendrer.
De septembre 2008 à 2010, il anime, dans l'émission Le Grand Journal, sur Canal+, un module intitulé Les Bonus de Guillaume, dans lequel il imagine le bonus DVD d'un film à l'affiche.
À partir de septembre 2009, il anime chaque samedi l'émission Ça peut pas faire de mal sur France Inter, dans laquelle il lit des extraits d’œuvres littéraires.
Cette exposition lui permet de décrocher des rôles de plus en plus importants : en 2010, il côtoie le couple incarné par Marina Hands et Julien Doré dans la romance Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d'amour..., écrite et réalisée par Pascal Thomas ; puis fait partie de la distribution réunie par Olivier Baroux autour de Kad Merad dans la comédie L'Italien.
La grosse production Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté, de Laurent Tirard, lui permet de s'imposer avec le rôle de Jolitorax.
En 2012, il participe à l'album de Juliette Gréco Ça se traverse et c'est beau, en lisant le texte Le Pont Juliette, et chante dans l'album Le Bœuf sur le toit du pianiste français Alexandre Tharaud.
En 2013, il est lecteur à l’émission de France Culture Le Gai Savoir en lisant des extraits de Marcel Proust.
La même année, sort son premier long métrage.
En 2014, il prête ses traits à Pierre Bergé dans le biopic Yves Saint Laurent, de Jalil Lespert, qui connaît un joli succès à l'international ; puis en 2016, à Paul Cézanne, dans Cézanne et moi, de Danièle Thompson, qui l'avait dirigé dix ans plus tôt dans Fauteuils d'orchestre.
Guillaume Gallienne donne la réplique à Adèle Exarchopoulos en 2016 dans le film de Pierre Godeau Éperdument qui est une adaptation du livre Défense d'aimer de Florent Gonçalves.
Désormais acteur reconnu, il se voit confier des rôles complexes et convoités :
Nouveau tournant dans sa carrière, Guillaume Gallienne entre à l'opéra national de Paris pour y mettre en scène l'opéra-bouffe de Gioachino Rossini La Cenerentola, à l'opéra Garnier, du 10 juin au 13 juillet 2017.
En janvier 2018, il est annoncé pour donner des cours à l'université de Princeton.
La même année il retrouve, Jalil Lespert qui le fait tourner dans son adaptation cinématographique de la pièce : Le Dindon d'après Georges Feydeau.
C' est l'occasion pour lui de retrouver l'humoriste et comédien Dany Boon avec qui il avait déjà tourné lors du film : Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté et de partager l'affiche avec Alice Pol.
Il est ensuite annoncé au casting du film franco-américain : The French Dispatch de Wes Anderson, qui signe sa première expérience en langue anglaise.
Ce projet lui permet de donner la réplique à Timothée Chalamet, Léa Seydoux, Cécile de France, Owen Wilson et Kate Winslet.
En 2020, il participe à la composition et la publication du recueil de poèmes posthume de sa cousine Alicia Gallienne, morte en 1990, aux éditions Gallimard.
Le 1er février 2020, il met un terme à sa présence sur France Inter comme narrateur après dix ans d'antenne.
Sa dernière émission, diffusée le 8 février 2020, est consacrée à l’œuvre poétique de sa cousine Alicia Gallienne, morte trente ans plus tôt .
Le film Les Garçons et Guillaume, à table ! où il incarnait sa mère, constituait jusqu’en 2020, le record de nominations aux César du cinéma (dont 5 Césars en 2014 : meilleur film, meilleur acteur, meilleur premier film, meilleur montage et meilleure adaptation), en étant présent dans dix catégories.
Ce record est aujourd'hui détenu par J’accuse de Roman Polanski avec douze nominations.
FAE
"Jacques Brel, né à Schaerbeek (Belgique) et mort le 9 octobre 1978 à Bobigny (France), est un auteur-compositeur-interprète, poète, acteur et réalisateur belge.
Jacques Brel est considéré comme une icône et l'un des plus grands auteurs-interprètes de la chanson française, grâce à des titres tels que Ne me quitte pas, Amsterdam, Quand on n'a que l'amour, La Valse à mille temps, Ces gens-là, Vesoul, Les Bourgeois, Madeleine ou encore Mathilde. L'artiste, au sommet de sa popularité, abandonne pourtant le tour de chant en 1967. Bien qu'il enregistre encore quelques disques et monte à la scène L'Homme de la Mancha, il se consacre alors au cinéma, pour lequel il tourne en tant qu'acteur une dizaine de films, dont deux qu'il écrit et réalise, Franz et Le Far West (retenu dans la sélection officielle au Festival de Cannes de 1973).
Avec plus de 25 millions d'albums vendus, Jacques Brel demeure un représentant important de la chanson française à l'étranger. Ses chansons, enregistrées pour la plupart en français, sont une source d'inspiration pour bon nombre d'auteurs-interprètes anglophones comme David Bowie, Mort Shuman, Alex Harvey, Leonard Cohen, Marc Almond et Rod McKuen. Plusieurs de ses chansons sont également traduites en anglais, notamment aux États-Unis, et chantées par Ray Charles, Judy Collins, John Denver, le Kingston Trio, Nina Simone, Frank Sinatra, Scott Walker, Sting, Wyclef Jean, The Sensational Alex Harvey Band ou encore Andy Williams.
Jacques Romain Georges Brel est issu d'une famille catholique d'industriels ; son père, Romain Jérôme Brel (1883-1964), est un Flamand francophone né à Zandvoorde, et sa mère Elisa Lambertine dite « Lisette » Van Adorp (1896-1964), est bruxelloise. Enfant, il est peu intéressé par l'école, excepté par les cours de français et de dessin. Avec son frère Pierre (1923-2001), de 6 ans son aîné, Jacques reçoit une éducation entre un collège catholique, l'institut Saint-Louis, et le scoutisme qu'il n'aime pas. Élève frondeur, perturbateur et rêveur ayant doublé ses classes de 6e et 4e, il se fait renvoyer du collège en décembre 1946 à 17 ans. Sa vie d'enfance était selon lui trop tranquille, « morose » et « Il ne se passait jamais rien », avec des parents qu'il estimait « très âgés ». Ce sont eux qui lui inspireront la chanson Les Vieux. Comme il le décrit dans sa chanson Mon enfance, le jeune Jacky (comme on l'appelle à l'époque) s’ennuie, rêve beaucoup, se sent seul au point de parler au plafond de sa chambre, s'invente des histoires, et se sent très différent du reste de sa famille dont il ne partage pas les mêmes valeurs, comme celle de l'argent. Il a déclaré : « L'argent ne m'a jamais donné de bonheur. J'ai été élevé dans l'argent ; j'ai vu toutes les saloperies qu'il fallait faire pour en avoir ». Musicien autodidacte, il apprend le piano en observant et écoutant depuis tout petit sa mère en jouer. C'est sur cet instrument familial qu'il crée ses premières compositions. Il écrit à 15 ans de longs poèmes et des nouvelles après avoir lu Jules Verne et Jack London.
A 16 ans, il s'offre sa première guitare grâce à l'argent de ses divers petits jobs, notamment à l'église, et entre à la Franche Cordée (mouvement de jeunesse catholique mixte) où il crée une troupe de théâtre pour laquelle il joue et écrit lui-même les pièces et des chansons. En 1948, il fait son service militaire. N'ayant aucun diplôme et donc a priori aucun avenir assuré, son père le fait entrer dans la cartonnerie familiale « Vanneste & Brel » où il est affecté de 1947 à 1953 au service commercial, travail pour lequel il n'a aucun goût (« Mon père m'a encartonné » dit-il). Malgré un avenir assuré dans l'entreprise familiale, se voyant mourir d'ennui à petit feu, il songe très sérieusement à se reconvertir en tant qu'éleveur de poules, cordonnier ou auteur-compositeur. Il choisit cette dernière voie et écrit n'importe où, n'importe quand, grand amateur de musique classique (principalement de Maurice Ravel et de Franz Schubert),
Le 1er juin 1950, il épouse Thérèse Michielsen, dite « Miche » (morte le 31 mars 2020), secrétaire dans une entreprise d'électricité, qu'il a rencontrée trois ans plus tôt dans la Franche Cordée. Le 6 décembre 1951 naît sa première fille Chantal (morte le 4 janvier 1999). Parallèlement à sa vie de famille et son travail à la cartonnerie, il commence dès 1950 à chanter le soir dans des cabarets bruxellois regroupés dans le quartier de l'« îlot sacré »Note 1 sous le pseudonyme de Jacques Bérel, son père ne voulant pas qu'il utilise son nom pour ses activités artistiques. Il fait déjà preuve de cette puissance lyrique (tant dans les textes que dans son interprétation encore trop teintée de scoutisme) qui rebute sa famille. Elle tente, en vain, de le dissuader de continuer dans cette voie. Lui persévère. C'est en fréquentant ces cabarets belges qu'il rencontre Barbara avec qui il lie une relation d'amitié indéfectible."
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7 avril 1614 :
Décès du peintre Le Greco.
Domínikos Theotokópoulos, né le 1er octobre 1541 à Héraklion (Crète) est un peintre, sculpteur et architecte qui fut principalement actif en Espagne.
Il semble que le Greco ait été formé dans sa ville natale, puisqu'il y est reçu maître-peintre en 1566. Il porte alors le nom grec de Menegos, dont la traduction latine est Dominico.
Il est alors peintre d'icônes dans la tradition byzantine orthodoxe, aidé par son frère Manuso, de dix ans son aîné.
De 1568 à 1570 Le Greco séjourne à Venise, où il est identifié comme « disciple » du Titien, bien qu'il n'utilise pas la même technique.
Il y est aussi influencé par le Tintoret et Bassano.
Il vit à la marge de la communauté grecque de Venise et collabore alors avec le géographe crétois Georgios Suderos Kalopados à qui, en 1568, il envoie des dessins cartographiques de Crète.
Après un voyage à Parme, où il voit l'œuvre du Corrège et du Parmesan, il arrive à Rome où il se met au service du cardinal Alexandre Farnèse en 1570.
C'est ainsi qu'il se lie à Fulvio Orsini, bibliothécaire du cardinal, qui devint son protecteur et qui acquit plusieurs de ses œuvres pour ses collections, dont une Vue du mont Sinaï et le Portrait de Giulio Clovio.
Ce dernier, miniaturiste d'origine croate, auteur du livre d'heure du cardinal, devint son ami.
De cette époque date le portrait de Charles de Guise qui organisa la protection des grecs orthodoxes après la bataille de Lépante.
Ce tableau, conservé à Zurich, qui fut longtemps attribué au Tintoret, a été attribué au Greco en 1978.
Le Greco quitta le palais Farnèse en 1572, sans que l'on connaisse la raison de son départ.
Selon Giulio Mancini, c'est la proposition du Greco de détruire et de repeindre les fresques de la chapelle Sixtine qui provoqua le courroux du cardinal et de sa cour.
Selon certains, il aurait voulu en éliminer les nus, jugés indécents.
Son opposition avec Michel-Ange est assez bien documentée, et remonte à sa période romaine.
Il mentionne dans ses notes que Michel-Ange n'a jamais su ni peindre les cheveux, ni imiter les carnations, par manque de coloris.
Le 18 septembre 1572, il est inscrit à l'Accademia di San Luca comme peintre de miniatures, ce qui laisse perplexes les historiens de l'art.
Il semble qu'il reste en Italie jusqu'en 1576 avec ses deux assistants, Lattanzio Bonastri da Lucignano et Francesco Preboste.
Ce dernier l'accompagnera en Espagne.
Il arrive en Espagne, sous Philippe II, à la période considérée comme le Siècle d'or, où affluent les richesses et se développent les arts, malgré la censure de l'Inquisition.
Il semble que le Greco vive à Madrid près de la Cour, quand il reçoit la commande de L'Expolio pour la cathédrale de Tolède.
Le doyen de la cathédrale, Diego de Castilla, est le père de Luis de Castilla avec lequel Le Greco s'était lié d'amitié à Rome.
La composition du retable de la Trinité, commandée en 1577 pour Santo Domingo el Antiguo de Tolède, semble avoir été également approuvée par ce même Diego de Castilla.
En 1578, son fils Jorge Manuel naît à Tolède.
On ne sait rien de la mère de l'enfant, Jeronima de las Cuevas, que le Greco n'a pas épousée. L'enfant est élevé par la famille Cuevas et Le Greco ne s'installera lui-même à Tolède qu'en 1585.
En 1579, Philippe II d'Espagne lui commande Le Martyre de saint Maurice, destiné au palais de l'Escurial, mais le tableau, pas plus que La Sainte-Alliance, ne plaît au roi, ni à la Cour, ni à l'Inquisition qui ne le trouvait pas assez fidèle à l'esprit du Concile de Trente.
Lors de ce concile, point de départ de la Contre-Réforme dans les pays catholiques, il avait été décidé de mettre au premier plan les aspects mystiques et surnaturels de l'expérience religieuse : le martyre du saint dans le tableau du Greco est au second plan, peu lisible.
C’est finalement au peintre italien Rómulo Cincinato que revint la commande.
Le Greco retiendra la leçon dans ses œuvres ultérieures, mais son succès à Tolède le tint ensuite éloigné de la cour d'Espagne.
La même année, le théoricien italien du maniérisme, Federigo Zuccaro, lui rend visite et lui offre La Vie des peintres de Vasari, livre que l'on a conservé, annoté de la main du Greco.
Tolède était depuis fort longtemps le centre de la vie artistique, intellectuelle et religieuse de l'Espagne, quand le 18 mars 1586, Le Greco reçoit la commande de l'Enterrement du comte d'Orgaz pour l'église Santo Tomé.
Il y représente le mythe fondateur de Tolède et les portraits des nobles et autorités de la ville qui assistent au miracle de l'enterrement.
En haut, l'âme du défunt est accueillie au ciel.
En 1587, il participe à la décoration monumentale de la ville de Tolède pour la venue de Philippe II et de la Cour.
Vers 1592-1593, il annote le traité d'architecture de Vitruve, où il exprime ses idées esthétiques en particulier sur les déformations.
Il vit alors à Tolède, dans une maison louée au marquis de Villema.
Les commandes religieuses et privées affluent, en particulier de nombreux portraits.
En 1596, il reçoit la commande du retable majeur du Collegio de la Encarnación à Madrid, puis en 1603 de celui du Collegio de San Bernardino de Tolède et celui de l'hôpital de la Caridad de Illescas, enfin celui de Tavera, pour lesquels il réalise peinture, sculpture et architecture.
En 1603, son fils Jorge Manuel se marie.
Il apparaît comme assistant de son père ou comme peintre indépendant dans le style inventé par son père.
Le peintre est également assisté de Luis Tristán.
En 1604, le frère du Greco, Manuso, meurt à Tolède, où il est enterré.
Entre 1605 et 1608, le graveur Diego de Astor reproduit une série de ses tableaux.
L'année 1606 marque le début des procès des commanditaires des retables contre le Greco et son fils.
Ils sont souvent la conséquence des procédés commerciaux du peintre qui, par exemple, demandait à son assistant Francisco Prebloste de passer un accord avec un Génois de Séville pour que ses tableaux soient reproduits en broderie.
Son atelier reproduit trois, quatre fois chacune de ses toiles en différents formats, en particulier les tableaux de dévotion comme la série consacrée à saint François d'Assise.
De plus, à partir de 1608, son état de santé se dégrade, et son fils Jorge Manuel falsifie sa signature sur des contrats.
En 1611, Francisco Pacheco, peintre, théoricien de l'art et théologien, lui rend visite à Tolède.
Il décrit sa rencontre avec le Greco qui lui montre ses modèles, maquettes et sculptures en cire faits de sa main, servant à la composition des toiles, puis les originaux peints à l'huile de petites dimensions de toutes ses compositions.
Le Greco meurt ruiné le 7 avril 1614 à Tolède en ne laissant pas de testament.
Il y est inhumé religieusement dans l'église de Santo Domingo el Antiguo.
Son fils fait l'inventaire des biens de son père en tentant d'échapper aux saisies de l'hôpital Tavera avec lequel il est en procès pour le retable toujours inachevé.
En 1619, les restes du Greco sont transférés à l'église de San Torcuato de Tolède.
L'église est détruite en 1868, et les tombes dispersées.
Il ne reste de son tombeau que la description du poète espagnol Luis de Góngora, contemporain du Greco.
Capusa06
Saint François Xavier (en espagnol Francisco Javier, en basque Frantzisko Xabierkoa), né Francisco de Jasso y Azpilicueta le 7 avril 1506 à Javier, près de Pampelune en Navarre, et mort le 3 décembre 1552 sur l'île de Shangchuan (ancien nom européen : Sancian), au large de Canton en Chine, est un missionnaire jésuite navarrais. Proche ami d'Ignace de Loyola, il est un des cofondateurs de la Compagnie de Jésus.
Ses succès missionnaires en Inde et en Extrême-Orient lui acquirent le titre d'« Apôtre des Indes » parcourant près de 80 000 km durant onze ans de présence en Asie. Béatifié en 1619, il est canonisé trois ans plus tard par Grégoire XV. Liturgiquement, il est commémoré le 3 décembre aussi bien par les catholiques que par les anglicans.
Biographie
Un hidalgo navarrais
Francisco de Jasso est membre d'une famille d'ancienne noblesse basque de Basse-Navarre . Son père, Juan de Jasso, exerçait les fonctions de président du conseil du royaume de Navarre. Sa mère, María de Azpilicueta, issue d'une vieille famille de la vallée du Baztan, apporta en dot lors de son mariage le château de Javier dont leurs enfants tiendront leur nom. Issu d'une famille bascophone, il grandira dans un environnement roman et plus tard désignera le basque comme “sa langue naturelle”.
Francisco est un jeune enfant lorsque la Castille envahit en 1512 la partie subpyrénéenne du royaume de Navarre. Son père et ses frères combattent contre les troupes castillanes sans pouvoir empêcher l'amputation de leur patrie.
Quelques années plus tard, alors que l'Europe est confrontée à l'hérésie protestante, François, ne se sentant pas attiré par la carrière des armes, choisit de devenir prêtre et de faire ses études en France.
Étudiant en France
Il poursuit ses études de théologie à la Sorbonne, logeant au collège Sainte-Barbe avec Pierre Favre qui est de son âge. Aux deux jeunes gens est bientôt adjoint un co-chambriste de 15 ans leur aîné, Ignace de Loyola.
Se liant d'amitié avec eux et d'autres, il fait partie du groupe fondateur de la Compagnie de Jésus.
Il a vingt-huit ans, en 1534, lorsque, avec ses « amis dans le Seigneur », il monte à Montmartre pour y prononcer dans la chapelle Saint-Denis ses vœux de pauvreté et de chasteté (15 août 1534). Sous l'impulsion d'Ignace de Loyola, le groupe fonde la Compagnie de Jésus dont le but est d'agir partout « pour une plus grande gloire de Dieu » ( Ad maiorem Dei gloriam).
Prêtre en Italie
Francisco de Javier et ses compagnons sont ordonnés prêtres en 1537, à Venise. Le groupe part alors pour Rome où les nouveaux prêtres souhaitent offrir au pape leurs services. Le projet de fondation religieuse est approuvé par le pape en septembre 1540. L'originalité de ces prêtres est de prononcer un vœu spécial d'obéissance au pape.
Le roi Jean III de Portugal demande alors au pape Paul III des « prêtres réformés » pour évangéliser Goa et les Indes orientales nouvellement conquises. Celui qu'avait désigné Ignace de Loyola, Nicolas Bobadilla, étant tombé malade, François Xavier le remplace en dernière minute et quitte Rome pour Lisbonne. Nommé nonce apostolique, il a reçu du pape des pouvoirs très amples pour étendre et maintenir la foi dans tous les pays d'Orient.
Missionnaire en Extrême-Orient
Il prend le bateau en avril 1541 et débarque à Goa, alors comptoir commercial portugais sur la côte occidentale de l'Inde, le 6 mai 1542.
Sous son influence, quelques Portugais de Goa changent radicalement de vie. Ces conversions retentissantes commencent à le faire connaître. On lui confie une école en 1542. Il en fait le collège Saint-Paul, pour la formation chrétienne des nouveaux chrétiens. Saint-Paul est la première école dirigée par un jésuite.
Nonce apostolique
Tenace et infatigable (et ayant le titre de Nonce apostolique), il visite la côte de l'Archipel des Comores (1543-1544). De décembre 1544 à août 1545, il voyage à Ceylan, Malacca, aux îles Moluques et de nouveau à Malacca (de septembre 1545 à décembre 1547). Aux Moluques, il jette les bases d'une mission à Ambon, Morotai et Ternate en 1546 et 1547. Revenant en Inde, il missionne le long de la côte des pêcheurs.
À Malacca, François Xavier avait rencontré des Japonais, dont Anjirō. Ce qu'il apprend du pays le pousse à se rendre au Japon dans le but d'y faire connaître le Christ. Le 15 août 1549, il débarque avec quelques compagnons à Kagoshima sur l'île de Kyushu. Ses Lettres du Japon sont enthousiastes quant aux perspectives missionnaires qu'offre le pays. Il y est bien reçu par les autorités mais a des difficultés avec les moines bouddhistes.
Il se rend en 1550 à Hirado, une petite île rattachée à celle de Kyushu, avec le père Cosme de Torres et un autre missionnaire, Juan Fernández (en). La mission à Kagoshima est confiée à Anjirō. Le prêtre décide de se rendre ensuite à Kyoto, à l'époque capitale du Japon, pour obtenir une audience avec l'empereur. Il laisse à son compagnon Cosme de Torres la charge de rester à Hirado. Il s'installe finalement à Yamaguchi. Il est alors autorisé à utiliser un temple bouddhique abandonné, où il prêche pendant plusieurs mois. Des documents historiques indiquent qu’il réussit à convertir plus de 500 Japonais en un semestre jusqu’en mars 1551. Une nouvelle visite à Hirado le mois suivant laisse à penser à la construction d’une nouvelle église. En dix-sept mois de présence au Japon, François Xavier estimait près de douze mille conversions.
Ses contacts avec les autorités civiles et religieuses au Japon lui font comprendre l'importance de l'influence de la Chine dans le domaine philosophico-religieux. Progressivement, il est persuadé que, pour convertir l'Orient, il faut commencer par la Chine. En novembre 1551, il confie sa décision à ses compagnons jésuites et commence à préparer ce voyage.
Avant de s'y rendre, il rejoint l'Inde via Malacca, afin de récupérer sa correspondance dont il est privé depuis deux ans. Lors de ce voyage, une tempête l'oblige à s'arrêter sur une île près de Canton, en Chine, où il s'était déjà rendu. C'est ainsi qu'il rencontre un riche marchand Diogo Pereira (pt) qui lui montre une lettre de Portugais détenus prisonniers à Canton, demandant qu'un ambassadeur intercède en leur faveur auprès de l'empereur de Chine, et ce pourrait-être lui bien sûr, mais François Xavier pourrait avoir aussi son rôle à jouer. D’autant plus qu’arrivé à Malacca, il apprend que l'Inde a été nommée province jésuite indépendante du Portugal et qu'il en est désormais le provincial.
Mort
De retour en Inde, après s'être occupé des missions, de différentes tâches organisationnelles et avoir ravivé l'enthousiasme des différentes églises durant deux mois, il embarque pour la Chine en avril 1552 à bord du Santa Cruz avec Pereira. À Malacca, le responsable maritime s’oppose à eux, ne reconnaissant ni l’un en tant qu’ambassadeur, ni l’autre comme représentant ecclésial. Ayant oublié ses lettres testimoniales de Nonce apostolique à Goa, François Xavier se retrouve dans l’impasse et obligé de continuer son voyage avec pour seuls compagnons un étudiant jésuite, un chinois et un domestique de Malabar.
Début septembre 1552, l’équipage arrive à l’île de Sancian, au large des côtes chinoises à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Macao. L’accueil des quelques Portugais présents lui est favorable et on lui aménage hutte et petite chapelle. Par contre, il ne parvient pas à trouver un passeur pour lui faire rejoindre le continent. Deux le trompent et ses compagnons craignent de plus en plus les conditions et surtout le risque de prison et de torture infligées facilement aux étrangers indésirables. Le 21 novembre, à l’issue d’une messe, François Xavier défaille, il est conduit sur le Santa Cruz, puis après une saignée est ramené sur l’île. Il y décède le 3 décembre 1552 à l'âge de 46 ans, et y est provisoirement enterré. Quand le Santa Cruz lève l'ancre, en février 1553, il emporte son corps pour Malacca. Apprenant la mort de son ami jésuite depuis Goa, Diogo Pereira y parvient pour prendre en charge sa dépouille qu'il rapatrie quelques mois plus tard en Inde. Fernão Mendes Pinto, un aventurier portugais, rapporte dans sa Pérégrination qu'il le fit à nouveau enterrer à Goa.