
delphinium29
24 mai : le jour où un télégramme a précipité l’Empire allemand dans la guerre… et où une reine a régné 63 ans
Guerres déclenchées par un simple message codé, naissance de la reine qui a battu tous les records de longévité sur le trône, premier signal électrique transmis entre deux villes… Le 24 mai n’est pas une date anodine. À chaque époque, ce jour a produit des moments qui ont redessiné la carte du monde — ou au moins changé notre façon de communiquer.
1844 : un message de quatre mots qui enterre le courrier à cheval
Le 24 mai 1844, Samuel Morse envoie le tout premier message télégraphique officiel depuis le Capitole de Washington jusqu’à Baltimore, à 60 kilomètres de là. Les mots choisis — « What hath God wrought » (« Ce que Dieu a forgé ») — sont tirés de la Bible. Le signal parcourt la distance en une fraction de seconde, là où un cavalier aurait mis des heures.
Ce qui rend cet instant fondateur, c’est que Morse n’était pas un scientifique. C’était un peintre portraitiste reconnu, qui avait décidé de changer de carrière après un drame personnel. En 1825, sa femme était morte pendant qu’il peignait un portrait à Washington. La lettre lui annonçant son décès mit si longtemps à arriver qu’il manqua même l’enterrement. Cette douleur l’a obsédé pendant vingt ans — et a donné naissance au télégraphe.
La ligne Washington-Baltimore coûta 30 000 dollars au gouvernement américain, l’équivalent de près d’un million aujourd’hui. Cinq ans plus tard, 12 000 miles de câbles quadrillaient déjà les États-Unis. Mais le télégraphe allait aussi servir à un tout autre usage, bien plus explosif.
Le télégramme qui a déclenché une guerre
Le 24 mai 1915 marque un tournant dans la Première Guerre mondiale. L’Italie déclare officiellement la guerre à l’Autriche-Hongrie, ouvrant un nouveau front alpin qui va saigner les deux camps pendant trois ans. Pourtant, un an plus tôt, l’Italie était encore alliée de l’Autriche et de l’Allemagne au sein de la Triple-Alliance.
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Soldats italiens dans les Dolomites pendant la Première Guerre mondiale
Le retournement s’est négocié dans le plus grand secret. Le traité de Londres, signé un mois plus tôt le 26 avril 1915, promettait à l’Italie d’immenses territoires autrichiens — le Trentin, l’Istrie, une partie de la Dalmatie — en échange de son entrée en guerre aux côtés de la France et du Royaume-Uni. Les parlementaires italiens n’étaient même pas au courant : seul le roi Victor-Emmanuel III et une poignée de ministres connaissaient les termes de l’accord.
Quand la déclaration de guerre fut rendue publique, les soldats italiens se retrouvèrent à attaquer dans les Dolomites, à plus de 2 000 mètres d’altitude, dans des conditions que même le front occidental n’avait pas connues. En trois ans sur ce front, plus de 600 000 soldats italiens périrent. Le « traité secret » ne serait révélé au public qu’après la révolution russe de 1917, quand les bolcheviks publièrent les archives diplomatiques du tsar.
1819 : la reine qui n’aurait jamais dû régner
Le 24 mai 1819 naît à Londres une petite fille prénommée Alexandrina Victoria. Elle est cinquième dans l’ordre de succession au trône britannique. Personne ne parie un shilling sur ses chances de devenir reine. Pourtant, les quatre héritiers qui la précèdent meurent tous sans descendance légitime — une hécatombe dynastique statistiquement improbable.
Victoria monte sur le trône à 18 ans, en 1837. Elle y restera 63 ans et 7 mois, un record qui ne sera battu qu’en 2015 par Elizabeth II. Sous son règne, l’Empire britannique atteint son apogée : un quart de la population mondiale vit sous la couronne. Mais ce que l’on sait moins, c’est que Victoria détestait être enceinte — elle qualifia la grossesse de « dégoûtante » dans sa correspondance privée — tout en ayant neuf enfants, qu’elle maria systématiquement dans les familles royales européennes.
Ce réseau matrimonial lui valut le surnom de « grand-mère de l’Europe ». Il eut aussi une conséquence tragique : Victoria était porteuse saine de l’hémophilie, et transmit la maladie à plusieurs lignées royales, dont celle des Romanov. Le tsarévitch Alexis, hémophile, poussa ses parents vers le mystique Raspoutine — et la suite, on la connaît.
1941 : le cuirassé qui a coulé en moins de dix minutes
Le 24 mai 1941, dans les eaux glacées du détroit du Danemark entre l’Islande et le Groenland, le HMS Hood — fierté de la Royal Navy et plus grand navire de guerre au monde — explose après un tir du cuirassé allemand Bismarck. L’obus perce le blindage et atteint la soute à munitions. Le Hood se brise en deux et coule en trois minutes.
LES ÉVÉNEMENTS HISTORIQUES DU 23 MAI 📜 | Jeanne d’Arc, Guerre, Modi, Ryanair… | Radio Foot 24
Sur les 1 418 hommes d’équipage, trois survivent. Trois. Le choc en Grande-Bretagne est comparable à celui du Titanic trente ans plus tôt. Churchill envoie immédiatement un ordre devenu célèbre : « Coulez le Bismarck. » Trois jours plus tard, le cuirassé allemand est rattrapé et envoyé par le fond à son tour.
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Le détail que peu de gens connaissent : le Hood avait été conçu pendant la Première Guerre mondiale et ses ingénieurs savaient que son blindage de pont était insuffisant contre les tirs en cloche à longue distance. Une modernisation avait été planifiée, puis reportée à cause de la guerre. Le navire est parti au combat avec une faiblesse structurelle identifiée depuis vingt ans.
Un compositeur de génie et un chanteur maudit
Le 24 mai est aussi une date de naissances marquantes. En 1941 — la même année que le drame du Hood — naît Bob Dylan à Duluth, dans le Minnesota. De son vrai nom Robert Allen Zimmerman, il grandit dans une petite ville minière du nord des États-Unis, loin de tout centre culturel.
À 19 ans, il débarque à New York avec une guitare et un harmonica. Quatre ans plus tard, il est la voix d’une génération. En 2016, il devient le premier musicien à recevoir le prix Nobel de littérature — et met des semaines à répondre au comité Nobel, au point que certains membres le qualifient publiquement d’« impoli et arrogant ». Dylan finira par accepter le prix, mais enverra un discours enregistré plutôt que de se déplacer à Stockholm.
Autre naissance notable ce jour-là : en 1974 voit le jour le rappeur et producteur Heavy D, figure du hip-hop new-yorkais des années 90, mort brutalement à 44 ans d’une embolie pulmonaire. Et en 1946 naît Priscilla Presley, future épouse d’Elvis, qui l’avait rencontrée alors qu’elle n’avait que 14 ans — un détail souvent passé sous silence dans la légende du King.
1883 : le pont de Brooklyn ouvre après 14 ans de travaux et des dizaines de morts
Le 24 mai 1883, New York inaugure le pont de Brooklyn, première structure au monde à utiliser des câbles en acier. Long de 1 825 mètres, il relie Manhattan à Brooklyn au-dessus de l’East River. La foule est en délire : 150 000 personnes le traversent le premier jour.
Mais le prix humain est vertigineux. L’ingénieur en chef John Augustus Roebling meurt avant même le début des travaux, le pied écrasé par un ferry sur le quai lors d’un repérage. Son fils Washington reprend le projet, mais contracte la maladie des caissons — un accident de décompression — en supervisant les fondations sous-marines. Paralysé et quasi aveugle, il dirige le chantier depuis sa fenêtre pendant onze ans, avec des jumelles, en dictant ses instructions à sa femme Emily.
Emily Warren Roebling devient de facto l’ingénieure en chef du projet. Elle négocie avec les politiciens, supervise les fournisseurs et maîtrise la résistance des matériaux. Le jour de l’inauguration, c’est elle qui traverse le pont la première — un coq vivant sur les genoux, symbole de victoire. Comme d’autres pionniers oubliés, son rôle n’a été pleinement reconnu que des décennies plus tard.
L’anecdote que personne ne connaît : la panique du pont
Six jours après l’inauguration triomphale, une femme trébuche sur une marche du pont de Brooklyn. Quelqu’un crie qu’il s’effondre. La panique se propage instantanément : 20 000 personnes se trouvent sur le pont à cet instant. La bousculade tue 12 personnes et en blesse 36.
Pour rassurer le public, les autorités font une démonstration spectaculaire un an plus tard : elles font traverser le pont à 21 éléphants du cirque Barnum, menés par le célèbre Jumbo. Si le pont supporte le poids de 21 pachydermes, raisonnent-ils, les New-Yorkais peuvent y marcher sans crainte. L’opération de communication fonctionne — et les éléphants traverseront le pont de Brooklyn comme un fait avéré entré dans la légende urbaine de la ville.
Du premier message télégraphique à la construction du pont le plus célèbre au monde, le 24 mai raconte une constante : les grandes avancées humaines se paient presque toujours d’un prix que personne n’avait prévu. Et les héros ne sont pas toujours ceux dont on retient le nom.
Misterprof-
24 mai 1844 :
Première ligne de télégraphe.
La première ligne de télégraphe du monde est inaugurée entre Washington et Baltimore.
Le télégraphe a été inventé sept ans auparavant par l'Américain Samuel F. B. Morse mais c'est un Français, Claude Chappe, qui le premier en a eu l'idée.
Ce premier système de télécommunication apparaît à la fin du Siècle des Lumières, une époque fertile en innovations techniques et bien sûr politiques et sociales.
Cette invention sera validée par une commission de la Convention le 12 juillet 1793.
Claude Chappe naît le 25 décembre 1763 à Brûlon, près du Mans, précédant de quelques heures sa sœur jumelle.
La famille, qui appartient à la noblesse de robe, compte un total de dix enfants dont cinq frères qui vont s'illustrer dans la télégraphie optique.
Après des études au collège royal de La Flèche, Claude Chappe est nommé abbé commendataire, pourvu de deux importants bénéfices et sans obligation de fonction religieuse.
Il en profite pour se consacrer à sa passion, la physique, et se livre à diverses expériences, en particulier sur l’électricité statique.
Arrive la Révolution.
L’assemblée Constituante ayant supprimé les bénéfices, il entreprend avec ses frères diverses expériences de télégraphe aérien.
Les 2 et 3 mars 1791, il procède à la transmission d’un message avec un système de cadran à deux positions entre Brûlon et Parcé, distants de 14 kilomètres, dont il fait établir le procès-verbal.
Puis, avec l’aide de son frère Ignace, élu député de la Sarthe à l’Assemblée législative, il « fait hommage » de son invention à l'assemblée le 22 mars 1792.
Une deuxième expérience a lieu en septembre 1792 à Belleville, dans la propriété du député Lepeletier de Saint-Fargeau.
Claude Chappe commence ses essais mais une foule en colère, croyant avoir affaire à des espions en contact avec les Autrichiens, détruit et brûle sa machine.
Enfin l’expérience décisive a lieu e 12 juillet 1793, devant les membres de la Convention (Lakanal, Daunou et Arbogast).
Elle démontre la fiabilité de son système en transmettant des messages sur 35 kilomètres entre Paris et Saint-Martin-du-Tertre avec une station intermédiaire à Écouen.
Son invention est adoptée par la Convention qui, le 26 juillet 1793, le nomme « Ingénieur Thélégraphe (sic) aux appointements de lieutenant du génie ».
Le 4 août 1793, le Comité de Salut Public décrète la réalisation de la première ligne télégraphique entre Paris et Lille.
Il faut tout inventer : technique de recherche des sites, mise au point de l’appareil, construction du matériel, recrutement et formation des cadres et des stationnaires etc.
Un travail énorme que Claude Chappe va mener à bien avec l'aide de ses frères.
La liaison Paris-Lille est opérationnelle en août 1794.
La première dépêche officille, transmise le 15 août 1794 depuis Lille, annonce la reprise de la ville du Quesnoy par les armées républicaines sur les troupes autrichiennes.
D’autres lignes s’ajoutent rapidement : Paris-Strasbourg (1798), Paris-Brest (1799) puis Paris-Lyon, prolongée sur Marseille et Toulon, avec également un embranchement vers Turin, Milan et Venise utilisé par Bonaparte pendant sa campagne d’Italie.
Le télégraphe de Chappe constitue ainsi, au milieu du XIXe siècle, un réseau de télécommunication de 5000 kilomètres de lignes en étoile autour de Paris, desservant 29 grandes villes grâce à 534 stations.
En dix ans d’un travail harassant, Claude Chappe voit sa santé morale et physique affaiblie.
Il se donne la mort le 23 janvier 1805, à l'âge de 42 ans, en se jetant dans le puits de l’hôtel de Villeroy, siège de l’administration du télégraphe.
Ses quatre frères vont prendre le relais et poursuivre son œuvre.
Il repose au côté de son frère Ignace, au cimetière du Père Lachaise.

lyvi
24 mai 1938
Création par décret du centre national de la recherche scientifique appliquée, le CNRSA, qui fusionnera avec la caisse nationale de la recherche scientifique le 19 octobre 1939. L’ensemble deviendra le CNRS existant encore de nos jours.
Il y a 55 ans pile, le 24 mai 1968, à la bastille, la gare de Lyon, la bourse, au Panthéon, et bien sûr à Saint Germain... c’est la 2e grande nuit des barricades des évènements de mai 68, la nuit où tout aurait pu basculer.
La Journée de l'indépendance de l'Érythrée commémore le 24 mai 1991, date à laquelle le Front populaire de libération de l'Érythrée a libéré Asmara, mettant fin à trente ans d'occupation éthiopienne et menant au référendum d'indépendance de 1993.

ANCOLIE67
Nicolas Copernic est un astronome polonais, également chanoine, médecin et mathématicien, né le 19 février 1473 à Thorn en Prusse royale (royaume de Pologne), et mort le 24 mai 1543 à Frauenburg (Prusse royale, royaume de Pologne ; aujourd'hui Frombork).
Il est célèbre pour avoir développé et défendu la théorie de l'héliocentrisme, selon laquelle la Terre tourne autour du Soleil, supposé au centre de l'Univers, contre l'opinion alors admise que la Terre était centrale et immobile. Les conséquences de cette théorie, ayant causé de profonds changements des points de vue scientifique, philosophique et religieux, sont désignées comme la révolution copernicienne.
Humaniste aux activités multiples, et astronome révolutionnaire
À son retour en Pologne, Copernic se loge auprès de son oncle dans le palais épiscopal de Heilsberg (Lidzbark Warmiński). Il assiste l'évêque dans l'administration du diocèse (qui disposait d'une autonomie politique vis-à-vis du roi de Pologne), et devient également son médecin personnel. La réputation du médecin Copernic semble avoir été grande, puisqu'après la mort de Lukas Watzelrode, il soigne deux de ses successeurs (les évêques Maurice Ferber et Johannes Dantiscus), mais aussi d'autres personnalités et des gens du peuple[19].
Nicolas Copernic tenant un muguet, attribut du médecin.
En bon humaniste, Copernic s'essaye aussi à la traduction du grec : son premier livre, imprimé en 1509, est une traduction latine de lettres grecques dont l'auteur est un Byzantin du VIIe siècle, Théophylacte Simocatta[Note 1]. Copernic devient ainsi le premier Polonais à publier en Pologne une traduction d'un auteur grec[20].
Copernic ne succédera pas à son oncle, ainsi que celui-ci l'aurait souhaité, mais il ne délaisse pas pour autant ses tâches de chanoine de l'évêché de Warmie (institution politique tout autant que religieuse). Ainsi, il occupe à plusieurs reprises le poste important d'administrateur des biens du chapitre à Olsztyn (Allenstein). L'invasion de la Warmie par les chevaliers teutoniques en 1520 l'amène même à devenir commandant militaire d'Olsztyn jusqu'à la fin des hostilités[21],[22]. C'est encore à Olsztyn qu'il compose un Essai sur la frappe de la monnaie, à l'occasion de la crise monétaire qui touche son pays[Note 2], l'économie étant l'activité qui l'intéressait le plus en dehors de l'astronomie ].
Tout au long de ces années, et probablement dès son retour d'Italie, Copernic continue ses recherches en astronomie, et réalise quelques observations des astres[Note 3] depuis la tour de la cathédrale de Frauenburg, qu'il a fait aménager pour cela et où il vécut la plus grande partie de sa vie. Il se convainc rapidement de la nécessité d'abandonner le modèle d'Univers de Ptolémée au profit d'un système héliocentrique. C'est ainsi qu'il écrit, dès les années 1511-1513, De Hypothesibus Motuum Coelestium a se Contitutis Commentariolus (connu sous le titre de Commentariolus[Note 4]), un court traité qui expose le système héliocentrique[24] et qu'il fait secrètement circuler, sous forme manuscrite, auprès de ses amis.
Palais épiscopal de Heilsberg (Lidzbark Warmiński) où vécut Copernic
C'est à la même période que Copernic, dont les compétences astronomiques sont visiblement reconnues, est sollicité dans le cadre du Ve concile du Latran sur la réforme du calendrier.
Pendant 36 ans, de son propre aveu, Copernic garde sa pensée sans la divulguer. C'est probablement bien plus par rigueur scientifique que par conscience des dangers d'une telle publication. Car Copernic, en se livrant aux observations et aux calculs qui doivent confirmer son Système, rencontre des difficultés insurmontables. Comme tous ses prédécesseurs il pense que les planètes ont un mouvement circulaire uniforme, alors qu'il est en réalité légèrement elliptique. C'est Kepler qui fera cette découverte près d'un siècle plus tard (1609), en étudiant le Système de Copernic. En attendant, ce dernier ne parvint jamais à concilier parfaitement ses observations avec ses calculs basés sur l'idée du mouvement circulaire. Autre difficulté rencontrée, le ciel brumeux de la Vistule empêche souvent l'astronome de mener ses observations et il se trouve ainsi dans la nécessité d'exploiter les matériaux douteux accumulés depuis Ptolémée en leur accordant une confiance absolue. Copernic passe alors de longues années à gâter la simplicité de son Système en l'emplissant d'épicycles et d'excentriques, et ce jusqu'au découragement.
Univers de Copernic : plus simple et moderne que celui de Ptolémée
Malgré la modernité révolutionnaire de son système, Copernic conserve certains éléments archaïques des anciens systèmes du monde : ainsi l'idée aristotélicienne (pourtant abandonnée par Ptolémée et même probablement déjà par Hipparque) des sphères solides[Note 10], ou encore la sphère des fixes, contenant les étoiles et marquant la limite d'un univers fini[35].
On oppose souvent la complexité du système de Ptolémée et de leurs dérivés à la simplicité du système de Copernic. En effet, le premier comporte une multitude de cercles (excentriques et épicycles)[Note 11], tandis que la représentation classique du second ne montre que les six cercles des planètes et celui de la Lune (voir l'illustration)[Note 12]. Et il est vrai, comme Copernic nous le dit, que son modèle a permis de supprimer les énormes cercles disgracieux (épicycles ou excentriques) destinés à justifier les inégalités des mouvements des astres (rétrogradations). Cependant, ce schéma du système héliocentrique est trompeur, car extrêmement simplifié. En effet, Copernic considère que le mouvement circulaire uniforme est un principe fondamental de l'astronomie[36]. Or, les observations contredisent l'uniformité des mouvements célestes. Pour concilier ce principe avec la réalité, Copernic, qui a rejeté l'équant de Ptolémée, est obligé d'ajouter à son système une multitude de petits épicycles et d'excentriques dont l'effet est de moduler la vitesse de chaque planète sur son parcours[Note 13].
Au nom du principe antique de l'uniformité des mouvements circulaires, Copernic a donc rendu son système tout aussi complexe que celui de Ptolémée[Note 14]. Cependant, de nombreux commentateurs de l’œuvre du chanoine-astronome maintiennent que celui-ci a introduit une simplification[Note 15], car les épicycles de Copernic, beaucoup plus petits que les cercles déférents, ne sont là que pour corriger les petites variations de vitesse et de position des planètes (qui se déplacent en réalité à vitesse variable sur des orbites elliptiques) par rapport à une trajectoire circulaire uniforme, et ne sont pas nécessaires, en première approche, pour décrire les irrégularités apparentes les plus importantes de leurs trajectoires (rétrogradations). Au contraire, les épicycles de Ptolémée, de tailles beaucoup plus importantes (et comparables à celles des déférents), sont indispensables pour expliquer ces irrégularités et ne peuvent donc être omis, même en première approximation.

lyvi
FAE a écrit :
Merci Lyvi.
Je découvre cette histoire . . . 😰
Le 23 mai 1901, un commissaire de police forçait la porte d'une maison bourgeoise de Poitiers et découvrait dans une chambre obscure aux volets cadenassés une femme couchée sur un lit au milieu d'immondices.
Aussitôt une rumeur parcourt la ville : la malheureuse, Blanche Monnier, aurait été séquestrée par sa famille depuis vingt-cinq ans, à la suite d'un amour contrarié.
La presse nationale s'empare du fait divers, et L'Illustration n'hésite pas à publier une photo monstrueuse, où l'on voit une créature décharnée, avec une abondante chevelure noire qui cache sa nudité.
Ainsi commence l'affaire de la «séquestrée de Poitiers».
Elle suscite un grand émoi dans la France du début du xxe siècle, car Blanche Monnier est la fille d'un ancien doyen de la faculté des lettres de la vieille cité provinciale et la soeur d'un notable clérical et bien-pensant, qui a été sous-préfet au temps de l'Ordre moral.
André Gide s'est inspiré de ce fait divers pour dénoncer l'atmosphère étouffante des familles de la bourgeoisie.
Mais la malheureuse était-elle vraiment séquestrée ?
L'affaire se révéla bien plus compliquée au cours du procès de son frère.
Reprenant les dépositions des témoins, Jean-Marie Augustin reconstitue l'histoire de cette anorexique, en proie à des crises de mysticisme.
https://actualite.nouvelle-aquitaine.science/une-affaire-pestilentielle/

lyvi
23 mai 1901
Alors qu’ils effectuaient une perquisition, des policiers découvrent l’histoire de Blanche Monnier, séquestrée par sa mère durant 24 ans.
L’histoire donnera lieu à une chronique judiciaire d’André Gide : La Séquestrée de Poitiers, publiée le 31 mars 1930.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Blanche_Monnier
delphinium29
À la Saint-Didier, soleil orgueilleux, nous annonce un été joyeux.
Qui sème les haricots à la saint Didier, les récolte par poignées.
Saint-Didier ramasse tout dans son devantier.
Plante un pois à la saint Didier, tu récolteras un setier.
Sème tes haricots à la Saint-Didier, pour un, tu en auras un millier.
delphinium29
23 mai 1430
Jeanne d'Arc est capturée à Compiègne....
Le 23 mai 1430, Jeanne d'Arc est capturée par les Bourguignons en tentant de secourir avec sa troupe les habitants de Compiègne, au nord de Paris.
Les Anglais vont alors se la faire livrer, en vue de la faire condamner par un tribunal ecclésiastique. Ils espèrent de la sorte mettre au jour sa nature de sorcière et dévaluer le sacre de leur ennemi Charles VII...
De l'échec au drame
Les Anglais sont très affaiblis et quelque peu démoralisés par leurs échecs successifs depuis la levée du siège d'Orléans. Le duc de Bedford, qui assume la régence en France pour le compte du jeune roi Henry VI, se voit contraint d'appeler à l'aide le cardinal de Winchester, son oncle, qui a déjà mis sous sa coupe l'Angleterre et son régent, le duc de Gloucester. Le cardinal détourne vers la France une armée qu'il avait recrutée pour combattre les hérétiques hussites dans la lointaine Bohème. Lui-même et ses soldats rencontrent à Paris le duc de Bourgogne le 30 septembre 1429.
Leurs alliés bourguignons se sentent pousser des ailes. Fringant étalon, le duc Philippe le Bon célèbre avec Isabelle de Portugal son troisième mariage le 10 janvier 1430 et par la même occasion crée le fameux Ordre de la Toison d'Or. Là-dessus, en avril, à la fin de l'hiver, il décide délibérément de rompre la trêve et se lance à la reconquête de Compiègne, un verrou sur l'Oise, au nord de Paris, qui l'empêche de lier ses possessions à celles des Anglais.
Le 15 avril 1430, il entame le siège de la ville avec son lieutenant Jean II de Luxembourg-Ligny, comte de Guise. Les habitants appellent Jeanne à l'aide. Celle-ci lève avec ses propres deniers une troupe de 400 mercenaires et se précipite à leur secours sans en référer au roi. Elle entre dans la ville à la faveur de la nuit. Mais le lendemain, le 23 mai 1430, en tentant une sortie, elle est encerclée par les Bourguignons et capturée par un archer picard qui la livre à son seigneur Jean de Luxembourg.
Jeanne n'a pas l'espoir que le seigneur bourguignon demande une rançon au roi Charles VII en échange de sa libération car elle-même, quelque temps plus tôt, a refusé de libérer contre rançon un routier bourguignon, Franquet d'Arras, et l'a au contraire livré à la justice royale pour qu'il soit exécuté en vertu de ses crimes innombrables.
La Pucelle est donc dans un premier temps enfermée au château de Beaulieu-en-Vermandois, d'où elle tente de s'échapper. Le mois suivant, elle est transférée au château de Beaurevoir, au nord de la Picardie. Elle tente une deuxième fois de s'évader en se laissant descendre le long d'une corde confectionnée avec ses draps. Mais la corde rompt et elle fait une chute douloureuse.
Très vite, son geôlier est harcelé par Henri Beaufort, cardinal de Winchester, qui, à Londres, a repris en main les affaires du Continent. Celui-ci veut à tout prix que la captive soit jugée et condamnée pour sorcellerie et hérésie afin de couper court à sa popularité et ruiner le crédit de Charles VII... Que vaudrait en effet un sacre acquis grâce à une sorcière ?
L'Anglais multiplie les pressions, entame le blocus des ports flamands et finalement rachète Jeanne pour dix mille livres tournois, soit un montant équivalent à une rançon royale ! La prisonnière est conduite à Arras, puis au Crotoy, à Dieppe et enfin à Rouen où elle doit être jugée. Son procès va pouvoir commencer...
Misterprof-
23 mai 1498 :
Savonarole est pendu et brûlé à Florence.
Né à Ferrare le moine Jérôme Savonarole devient, en 1491, prieur du couvent dominicain de Saint Marc, à Florence.
Il s'attire la célébrité en dénonçant les mœurs délétères de la Renaissance et la dépravation du clergé.
Il s'en prend à la Florence des Médicis, amoureuse de la richesse et des arts, et plus encore à la papauté.
Contre l'humanisme de la Renaissance, il en appelle à un retour à l'ascétisme chrétien.
En 1492, Frère Jérôme prédit avec justesse la mort de Laurent le Magnifique, qui a fait de Florence l'une des plus puissantes cités d'Europe.
Il prédit aussi l'élection d'un pape dépravé, qui sera Alexandre VI Borgia.
Savonarole exerce dès lors une sévère dictature morale sur le Conseil qui dirige la République de Florence.
La population se divise jusqu'à la délation et la violence entre arrabiati ou enragés, hostiles à Savonarole, et piagnoni ou pleureurs, ses partisans.
Peu après, Savonarole prédit une invasion étrangère et, en effet, on annonce en 1494 la traversée des Alpes par le roi de France Charles VIII à la tête d'une puissante armée.
Le roi veut récupérer à Naples la couronne des ducs d'Anjou.
Chacun tente de s'attirer les faveurs du puissant monarque.
Savonarole rencontre le roi de France à Pise et le supplie, non sans une certaine prescience, d'organiser un concile qui remettrait de l'ordre dans l'Église.
Le roi de France s'en garde bien et, le 7 février 1497, Savonarole organise un grand «bûcher de vanité», place de la Seigneurie, dans lequel sont jetés tous les attributs du luxe : jeux, instruments de musique, ouvres d'art et jusqu'aux ouvrages de Boccace et Pétrarque.
Beaucoup d'artistes sont contraints à l'exil.
C'en est trop pour le pape qui excommunie l'intolérant prieur.
Menacée d'interdit, c'est-à-dire de toute possibilité de pratiquer le culte, Florence se détache de son guide.
Celui-ci est livré à l'Inquisition, jeté en prison, torturé, condamné et exécuté à l'âge de 46 ans, avec deux autres moines.
Des voix s'élèvent encore aujourd'hui pour réclamer la réhabilitation de Savonarole et, pourquoi pas, sa béatification.

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L'abolition de l'esclavage en Martinique est proclamée de manière anticipée le 22 mai 1848 à la suite d'une insurrection massive des esclaves.
Cet événement contraint le gouverneur de l'île, Claude Rostoland, à anticiper l'application du décret d'abolition générale de l'esclavage dans les colonies françaises, signé à Paris le 27 avril 1848
Le 22 mai marque ainsi la victoire de la lutte des esclaves martiniquais pour leur liberté et constitue un événement fondateur de l'identité et de la mémoire collective martiniquaise.
La Martinique est colonisée par la France en 1635 sous la direction de Pierre Belain d'Esnambuc . Elle devient rapidement une colonie de plantation dont l'économie repose sur l'exploitation de la main-d'œuvre esclave, principalement d'origine africaine, déportée par la traite négrière ].
Le développement intensif de la culture de la canne à sucre à partir de la fin du XVIIe siècle transforme la Martinique en l'une des colonies françaises les plus rentables des Antilles, au prix d'un système esclavagiste particulièrement brutal, régi par le Code noir de 1685.
Contrairement à la Guadeloupe, la Martinique ne connaît pas l'application de la première abolition de l'esclavage décrétée par la Convention nationale le 4 février 1794 (16 pluviôse an II) . En effet, l'île est alors occupée par les Britanniques à partir de 1794 à la demande des planteurs locaux qui craignaient les conséquences de la Révolution française et de l'abolition[5]. Quand l'île est restituée à la France en 1802, le premier consul Napoléon Bonaparte décide d'y maintenir l'esclavage par la loi du 20 mai 1802. Ainsi, contrairement aux autres colonies françaises comme Saint-Domingue, la Guadeloupe et la Guyane, l'esclavage y a perduré sans interruption, ce qui exacerbe les frustrations et les tensions au sein de la population asservie .
Les événements du 22 mai 1848
L'agitation pré-insurrectionnelle
Dès le début de l'année 1848, les nouvelles de la révolution de février à Paris et de la proclamation de la Deuxième République parviennent en Martinique et y suscitent une immense espérance de liberté parmi les esclaves[1],[4]. Les rumeurs d'une abolition imminente, activement propagées et discutées dans les habitations (plantations), alimentent une agitation croissante et une remise en cause ouverte de l'autorité des maîtres[4] :
Multiplication des actes de désobéissance et d'insolence ;
Refus concertés de travail dans plusieurs plantations ;
Organisation de rassemblements nocturnes et circulation intense d'informations et de mots d'ordre ;
Tensions grandissantes entre maîtres, souvent fébriles et divisés, et esclaves de plus en plus déterminés.
L'attente du décret officiel d'abolition, dont on sait qu'il est en préparation sous l'égide de Victor Schœlcher, est palpable.
L'historiographie de l'abolition de l'esclavage en Martinique, et en particulier des événements du 22 mai 1848, a connu une évolution significative[1].
Pendant longtemps, une vision dite « schœlchériste » ou coloniale a prédominé, minimisant le rôle des esclaves et présentant l'abolition essentiellement comme un acte de générosité de la République française et de son émissaire Victor Schœlcher[15].
À partir des années 1960-1970, sous l'impulsion d'historiens martiniquais et caribéens, une relecture critique a émergé, mettant en avant le caractère insurrectionnel du 22 mai et la centralité de l'action des esclaves comme acteurs de leur propre libération. Des figures comme Aimé Césaire (dans son Toussaint Louverture), Édouard Glissant, puis des historiens tels qu'Armand Nicolas[2], Gilbert Pago[1], et Édouard de Lépine[4] ont joué un rôle majeur dans cette réappropriation historiographique.
Les travaux récents s'inscrivent souvent dans une perspective postcoloniale ou décoloniale, qui s'attache à déconstruire les récits coloniaux et à redonner leur place aux voix et aux actions des subalternes[15]. Cette approche souligne que l'abolition de 1848 n'est pas une fin en soi, mais une étape dans un long processus de luttes pour l'égalité réelle et la décolonisation.