
Capusa06
7 août 1947
Arrivée triomphale du Kon Tiki en Polynésie
Le 7 août 1947, le radeau « Kon Tiki » de l'anthropologue norvégien Thor Heyerdal (32 ans) arrive dans l'archipel des Tuamotou, en Polynésie, après un voyage de 6 900 km.
Aventure et anthropologie
Le radeau a appareillé le 28 avril 1947 du port de Callao, sur la côte du Pérou, avec un équipage de six hommes, cinq Norvégiens et un Suédois.
Avec ce radeau imité des anciennes embarcations des Inca, construit sans clous, avec neuf troncs de balsa (bois léger), Thor Heyerdal veut démontrer que les Indiens d'Amérique ont pu coloniser les archipels du Pacifique.
Cette idée lui est venue en recueillant dans les îles Marquises une légende selon laquelle les ancêtres des insulaires seraient venus là de l'Est, guidés par le dieu Tiki à bord de bateaux plats.
Thor Heyerdahl (né le 6 octobre 1914, Larvik, Norvège)Quelques années plus tard, lors d'un voyage sur les bords du lac Titicaca (Pérou), il fait le rapprochement avec un ancien mythe péruvien selon lequel un héros dénommé Kon-Tiki (roi-soleil) aurait fui le pays en prenant la mer avec femme et enfants.
Sans assistance extérieure, avec seulement une petite radio et un canot pneumatique, en se nourrissant de l'eau de pluie et de la pêche, notamment des poissons volants qui s'échouent sur le pont, l'équipage accomplit l'exploit en frôlant maintes fois la mort.
Le film et le livre à succès que l'anthropologue a tirés de son aventure vont donner du crédit à son hypothèse sans toutefois en apporter la preuve.
Thor Heyerdal a voulu plus tard, en 1969, renouveler l'exploit en traversant l'Atlantique à bord d'un bateau du Nil pour démontrer une parenté entre les civilisations du Mexique et de l'Égypte pharaonique.
Mais son bateau de papyrus, le « Râ », n'a pu atteindre le Nouveau Monde...
FAE
Bonjour et bonne semaine à tous !
"Monique Marie Louise Cellier, dite Caroline Cellier, née le 7 août 1945 à Montpellier et morte le 15 décembre 2020 dans le 16e arrondissement de Paris, est une actrice française.
En 1985, elle obtient le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation dans L'Année des méduses. "
Capusa06
Pierre Dupont de Nemours
14 décembre 1735 à Paris - 6 août 1817 à Euletherian Mills (Delaware, États-Unis)
Brillant économiste, Pierre Samuel Dupont de Nemours compose avec François Quesnay le traité La Physiocratie (1768), d'où le nom de physiocrates donné aux économistes du siècle des « Lumières ». L'un d'eux, Turgot, devient ministre du roi Louis XVI et Dupont entre à son service. Il est élu député de Nemours aux états généraux, combat la création des assignats et surtout, fidèle à ses idées, se mobilise (en vain) en faveur de l'abolition de l'esclavage.
Le 15 mai 1791, le débat fait rage à ce propos à l'Assemblée nationale. Les représentants des colonies menacent de faire sécession si l'on abroge l'esclavage.
« On nous menace du ressentiment de ces nobles d'outre-mer... Ils se consoleront comme se sont consolés les nobles français qui avaient un peu de sens. Si toutefois cette sécession devait avoir lieu, il vaudrait mieux sacrifier la colonie plutôt qu'un principe », répond Dupont de Nemours. Finalement, l'Assemblée se contente d'accorder le droit de vote à certains hommes de couleur libres.
Resté fidèle au roi, Dupont de Nemours se cache pendant la Terreur. En 1815, il s'établit aux États-Unis, dans le Delaware. C'est là que son fils Éleuthère Irénée fonde une poudrerie. Elle est devenue aujourd'hui, sous le nom de Du Pont, la première entreprise chimique du monde !
Misterprof-
6 août 2011 :
Décès d' Henri Tisot, acteur, imitateur, humoriste et écrivain français, qui se spécialisa dans l'imitation de Charles de Gaulle.
Né le 1er juin 1937 à La Seyne-sur-Mer, il est le fils unique de parents pâtissiers.
Il fréquente l’école laïque bien qu’élevé dans la religion catholique, entre une grand-mère très croyante et un grand-père communiste.
En 1957, il entre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique chez Béatrix Dussane.
En 1958, il devient pensionnaire de la Comédie-Française grâce à Jean Meyer, qui lui offre le rôle d’un laquais du tailleur de Monsieur Jourdain, dans son Bourgeois Gentilhomme avec Louis Seigner.
Henri Tisot se fait connaître en 1960, alors qu’il présente un spectacle au Théâtre de Dix heures, grâce à ses imitations de Charles de Gaulle.
Il prend garde à ne mentionner que « Qui vous savez » sans jamais le citer nommément.
Son sketch L’Autocirculation parodie la politique algérienne du chef de l’État.
Le 45 tours tiré du spectacle se vend alors à un million d’exemplaires, diffusion exceptionnelle pour un disque humoristique.
Puis il enregistre La Dépigeonnisation, un autre sketch qui se vend à 300 000 exemplaires.
Resté un fervent soutien de De Gaulle, il publie en 2010 De Gaulle et moi. Quelle aventure !, un livre préfacé par Maurice Druon.
Cependant, à la fin des années 1970, ses imitations de Charles de Gaulle ne sont plus dans le coup, et l'air du temps, d'autant plus que l'homme est décédé en 1970.
On lui conseille de se renouveler, et de changer de registre, afin de ne pas être considéré comme un « ringard », ce qu'il va faire avec enthousiasme, car à la même époque, de nouveaux comiques concurrents arrivent, comme Coluche, Thierry le Luron, ou Michel Leeb.
Henri Tisot poursuit une carrière de comédien, interprétant des rôles, généralement comiques, au cinéma et à la télévision.
Il interprètera, pour la télévision française (RTF), le rôle de Lucien Gonfaron dans le fameux feuilleton de Jean Canolle, Le Temps des copains, qui passionna les téléspectateurs entre octobre 1961 et 1962.
À partir des années 1970, il se consacre principalement au théâtre.
En 1977, il incarne Blandinet dans Les Petits Oiseaux d'Eugène Labiche, puis Louis XVI en 1979 dans La Nuit de l'été.
Son maître Jean Meyer, dans l'une de ses dernières mises en scène, lui confiera (malgré leurs relations tendues) le rôle de « l’Anglais marseillais » dans Le Dindon de Feydeau, en 1988, aux côtés de Robert Lamoureux, Pierre Mondy et Jean-Luc Moreau.
En 1984, Henri Tisot se déclarera en faveur de l'école libre, rejoignant les défenseurs de l'école privée.
En 1986, il se convertit au catholicisme.
Il décide alors « de renoncer aux rôles profanes » et s’investit dans la religion.
Il raconte sa découverte de la foi dans le livre de Marie-Claude Sandrin, Champion de Dieu, et dans Le Rendez-vous d'amour, qui narre l’enseignement mystique et religieux reçu d’un homme d’église, le Père Albert, qui était aussi gardien au musée du Louvre.
Henri Tisot étudie aussi l’hébreu pendant 40 ans auprès de son maître, le rabbin Albert Abécassis, pour accéder au texte original de la Torah.
À la même époque, Tisot se passionnera pour l’œuvre imprégnée de catholicisme de Paul Claudel, et aussi pour celle de Jacques Rivière, le beau-frère d'Alain-Fournier, en particulier les écrits où celui-ci abordait ses croyances religieuses catholiques.
Il consacre plusieurs ouvrages au fait religieux, notamment une exégèse entre la foi juive et la foi chrétienne.
Il met en exergue « l’immensité cosmique du texte original hébreu de la Torah, dont les rapports sont constants avec les Évangiles.
Henri Tisot monte deux de ses créations d’inspiration religieuse : en 1988 Les Sept Miracles au théâtre de la Madeleine, une improvisation basée sur l’Évangile de saint Jean, et, en 1995, De de Gaulle à Jésus-Christ au théâtre du Palais-Royal.
À l’occasion du Jubilé de l'an 2000, il présente À la lumière de Dieu, un spectacle très personnel, où, seul en scène, il invite le public à découvrir les raisons de sa foi et à redécouvrir le sens profond des Évangiles.
En 2007, il publie un plaidoyer pour Ève, « la première femme, notre mère à tous », considérant que l’avoir chargée du péché originel constituait « la plus flagrante erreur judiciaire ».
En septembre 2008, lors de la venue du pape Benoît XVI au Collège des Bernardins pour son discours au monde de la culture, Henri Tisot est un des représentants de la scène théâtrale invités par le cardinal André Vingt-Trois.
En juin 2010, il figure parmi les signataires de la pétition en soutien à Roman Polanski, lancée au lendemain de l'arrestation du cinéaste en Suisse.
Henri Tisot meurt à 74 ans, le 6 août 2011, dans sa résidence de Sanary-sur-Mer alors qu'il préparait, en collaboration avec Pierre Delavène, Mes arrière-pensées, spectacle qu’il devait interpréter, en hiver 2011 à l’Auguste Théâtre pour quelques représentations exceptionnelles avant de partir en tournée.
Ses obsèques ont lieu le 10 août 2011 à La Seyne-sur-Mer, où il est enterré.
FAE
"François de Salignac de La Mothe-Fénelon, dit couramment Fénelon, surnommé « le Cygne de Cambrai », est un homme d'Église, théologien, pédagogue et écrivain français, né le 6 août 1651 au château de Fénelon à Sainte-Mondane (Quercy, aujourd'hui la Dordogne) et mort le 7 janvier 1715 à Cambrai.
Précepteur du duc de Bourgogne — petit-fils de Louis XIV —, archevêque de Cambrai (1695-1715), il s'opposa à Bossuet et tomba en disgrâce lors de la querelle du quiétisme, et surtout, après la publication de son roman, Les Aventures de Télémaque (1699), considéré comme une critique de la politique de Louis XIV et dont l'influence littéraire fut considérable pendant plus de deux siècles. Fénelon a également écrit plusieurs autres ouvrages concernant la pédagogie ou bien didactiques (Traité de l'éducation des filles, Recueil des fables, Dialogues des morts, notamment).
Fénelon, né le 6 août 1651 au château de Fénelon à Sainte-Mondane, était issu d'une famille noble du Périgord, ancienne mais appauvrie. Il est le fils de Pons de Salignac (1601-1663)3, marquis de La Mothe-Fénelon et de la seconde épouse de ce dernier, Louise de La Cropte de Chantérac. Plusieurs des ancêtres de Fénelon s'étaient occupés de politique, et sur plusieurs générations certains avaient servi comme évêques de Sarlat. Comme il était un cadet (son père ayant eu neuf enfants de sa première épouse, Isabeau d'Esparbes de Lussan, et trois de sa seconde, dont Fénelon), il fut destiné de bonne heure à une carrière ecclésiastique, tout comme son demi-frère homonyme issu du premier lit, François Pons de Salignac comte de La Mothe-Fénelon, sulpicien et missionnaire au Canada.
Dans son enfance, Fénelon reçut l'enseignement d'un tuteur au château de Fénelon, qui lui donna une solide connaissance du grec ancien et des classiques. En 1667, à l'âge de seize ans, on l'envoya à l'université de Cahors où il étudia la rhétorique et la philosophie. Quand le jeune homme exprima son attirance pour une carrière dans l'Église, son oncle, le marquis Antoine de Fénelon (ami de Jean-Jacques Olier et de saint Vincent de Paul, il avait participé à la fondation de la Compagnie du Saint-Sacrement dont les principes influenceront profondément son neveu) l'envoya étudier au collège du Plessis, dont les étudiants en théologie recevaient le même enseignement que ceux de la Sorbonne. Il s'y lia avec Louis Antoine de Noailles, qui plus tard devint cardinal et archevêque de Paris. Fénelon montra un tel talent au collège du Plessis qu'il y prêcha avec succès dès l'âge de quinze ans.
Après avoir, à partir de 1672, étudié au séminaire Saint-Sulpice, également proche des jésuites, il fut reçu docteur en théologie à l'université de Cahors le 26 mars 1677 et ordonné prêtre à Sarlat, le 17 avril 1677. Attirant l’attention sur lui par de belles prédications, il fut nommé en juin 1679 par l'archevêque de Paris supérieur de l’Institut des nouvelles catholiques, un internat parisien consacré à la « rééducation » de jeunes filles de bonne famille dont les parents, d’abord protestants, avaient été convertis au catholicisme.
Ses fonctions l'inspirèrent et, dès 1681, il consigna son expérience pédagogique dans son Traité de l'éducation des filles (qui ne fut publié qu’en 1687) initialement pour l'usage du duc et de la duchesse de Beauvilliers. À la fin de 1685, après la révocation de l'Édit de Nantes de 1598, sur la recommandation de Bossuet, Louis XIV lui confia la direction d'une mission en Aunis et Saintonge : convertir les protestants.
Pendant ces années-là, il fit partie du cercle qui entourait Bossuet, le fougueux porte-parole de l’épiscopat français. En 1688, il fut présenté à Madame de Maintenon, seconde épouse de Louis XIV. Celle-ci sympathisait à l’époque avec Madame Guyon, femme mystique et pieuse, et avec son quiétisme. Elle l’impressionna profondément quand ils firent connaissance. "
Capusa06
5 août 2011 : Les États-Unis rattrapés par la dette .
Le vendredi 5 août 2011, la note de la dette publique américaine a été dégradée par l'agence Standard & Poor's.
Ce fait sans précédent témoigne des doutes des marchés financiers sur la capacité du président Obama et du Congrès à freiner la croissance irrésistible de la dette publique, laquelle s'élève à plus de 14000 milliards de dollars et dépasse désormais le Produit intérieur brut (PIB) américain.
Les Américains voient s'éloigner l'époque bénie durant laquelle ils ont pu vivre à crédit, grâce aux émissions de dollars destinées à financer notamment les entreprises militaires de Waashington.
L'année précédente, pour la première fois depuis la naissance de la nation américaine, l'espérance de vie de ses habitants a connu une baisse. Et depuis deux ou trois ans, avec une croissance économique en progression moins rapide que la croissance démographique, la population étasunienne voit aussi son niveau de vie moyen régresser. Cette régression est d'autant plus sévère qu'elle va de pair avec une progression toujours très rapide des revenus de l'oligarchie. L'appauvrissement des classes moyennes n'en est que plus important.
Misterprof-
5 août 2000 :
Décès de l'acteur Alec Guinness.
Né le 2 avril 1914 à Maida Vale (Londres), Sir Alec Guinness est un acteur britannique.
Alec Guinness est né de père inconnu.
Tout en travaillant dans le secteur publicitaire, il tente d'entrer à la Royal Academy of Dramatic Art, mais ne peut obtenir une bourse.
Il suit des études d'art dramatique pendant quelques mois au Fay Compton Studio of Dramatic Art. Il rencontre à cette époque John Gielgud, qui tente de l'aider à percer dans le métier d'acteur, mais il débutera vraiment sa carrière sur scène dans le célèbre théâtre londonien Old Vic, d'abord par de petits rôles.
Alec Guinness épouse Merula Salaman en 1938.
Le couple a eu un enfant, Matthew.
En 1941, il s'engage dans la Royal Navy.
Alors qu'il n'avait joué qu'un figurant dans Prima Donna (1934), Alec Guinness revient au cinéma en 1946 dans Les Grandes Espérances, de David Lean.
Il devient une figure emblématique des Studios Ealing, notamment par ses prestations dans les comédies comme Noblesse oblige (Kind Hearts and Coronets) en 1949, où il interprète huit rôles différents dont celui d'une femme, ou Tueurs de dames (The Ladykillers) en 1955, pour lequel il a confié s'être inspiré du jeu d'Alastair Sim pour composer son personnage, et où l'on trouve au nombre de ses partenaires un certain Peter Sellers.
Il est aussi un familier des films de David Lean puisqu'on le retrouve, entre autres, dans Oliver Twist (1948), Lawrence d'Arabie (1962), Docteur Jivago (1965) et surtout Le Pont de la rivière Kwaï (1957) où son interprétation du colonel Nicholson lui apporte un Oscar et un Golden Globe.
Il tient également le rôle d'Hitler en 1973 dans Les Dix Derniers Jours d'Hitler (Hitler: The Last Ten Days).
Une autre génération de spectateurs le connaît également pour son rôle du maître jedi âgé Obi-Wan Kenobi dans la saga Star Wars, un rôle qu'il appréciait très modérément.
Surtout, il regrettait que le jeune public ne le connaisse qu'à travers celui-ci.
Enfin, il est l'incarnation de l'espion retraité George Smiley dans les adaptations télévisées de deux romans de La Trilogie Karla de John Le Carré.
En 1954, alors qu'il jouait près de Mâcon le rôle d'un prêtre en soutane, un petit garçon l'aborda dans la rue, lui prit la main et l'accompagna, le prenant pour un vrai prêtre.
Un autre facteur de sa conversion au catholicisme en 1956, un an avant son épouse. est la maladie de ,son propre fils, atteint de poliomyélite, et dont il guérit.
Jusqu'alors, il fréquentait l'Église anglicane (où il avait été baptisé à 16 ans) tout en restant incroyant.
Matthew se convertit lui-même à l'âge de 15 ans.
Après soixante ans de carrière, Alec Guinness assure la relève en formant son fils Matthew vu, notamment, dans dans La promise ou Lady Jane.
Il meurt le 5 août 2000 à Midhurst, dans le Sussex, des suites d'un cancer du foie.
FAE
"Guy de Maupassant est un écrivain et journaliste littéraire français né le 5 août 1850 au château de Miromesnil à Tourville-sur-Arques, (en Seine-Inférieure) et mort le 6 juillet 1893 dans le 16e arrondissement de Paris.
Lié à Gustave Flaubert et à Émile Zola, Maupassant a marqué la littérature française par ses six romans, dont Une vie en 1883, Bel-Ami en 1885, Pierre et Jean en 1887-1888, et surtout par ses nouvelles (parfois intitulées contes) comme Boule de Suif en 1880, les Contes de la bécasse (1883) ou Le Horla (1887). Ces œuvres retiennent l’attention par leur force réaliste, la présence importante du fantastique et par le pessimisme qui s’en dégage le plus souvent, mais aussi par la maîtrise stylistique. La carrière littéraire de Maupassant se limite à une décennie — de 1880 à 1890 — avant qu’il ne sombre peu à peu dans la folie et ne meure peu avant l'âge de 43 ans. Reconnu de son vivant, il conserve un renom de premier plan, renouvelé encore par les nombreuses adaptations cinématographiques de ses œuvres. "
Misterprof-
4 août 1789 :
Abolition des droits féodaux.Dans la nuit du 4 août 1789, les députés de l'Assemblée nationale constituante, dans un bel élan d'unanimité, proclament l'abolition des droits féodaux.
Ce moment de grande ferveur nationale s'inscrit parmi les grands événements mythiques de la Révolution française.
L'abolition des privilèges est la conséquence inopinée de la prise de la Bastille.
Dans les semaines qui suivent celle-ci, les paysans s'émeuvent.
Ils observent avec dépit que rien ne change dans leurs conditions de vie depuis la convocation des états généraux.
Ils craignent par-dessus tout une réaction nobiliaire comme il s'en est déjà produit dans les décennies antérieures, avec la réactivation de vieux droits féodaux tombés en désuétude.
Une Grande Peur se répand dans les campagnes.
En de nombreux endroits, les paysans s'arment sur la foi de rumeurs qui font état d'attaques de brigands ou de gens d'armes à la solde des « aristocrates ».
Le tocsin sonne aux églises des villages, propageant la panique.
Chauffés à blanc, les paysans en viennent à se jeter sur les châteaux des seigneurs honnis... tout en proclamant leur fidélité à la personne du roi.
Ils brûlent les archives, en particulier les « terriers » qui fixent les droits et les propriétés seigneuriales.
Parfois ils maltraitent, violent et tuent les « hobereaux » et leur famille.
Ces soulèvements inquiètent les privilégiés, au premier rang desquels les députés qui siègent à Versailles.
Il est vrai que les gazettes, en ces temps-là déjà, avaient tendance à exacerber les passions.
À la différence des bourgeois, les nobles, plus au courant de la situation, préfèrent donc l'apaisement.
Le 3 août, une centaine de députés, ardents partisans de la Révolution, se concerte sur la stratégie à adopter.
Plusieurs sont originaires de Bretagne.
Ils prennent en secret la résolution de détruire tous les privilèges des classes, des provinces, des villes et des corporations.
Il n'y a donc rien d'improvisé dans la séance qui va suivre.
Le lendemain soir, à huit heures, l'Assemblée, passablement troublée, se réunit et disserte sur les moyens de rétablir l'ordre.
C'est alors qu'Armand-Désiré de Vignerod, duc d'Aiguillon (29 ans), qui compte parmi les chefs du Club breton, propose d'offrir aux paysans de racheter les droits seigneuriaux à des conditions modérées.
Ce libéral est aussi la deuxième fortune de France après le roi.
Le vicomte de Noailles, un cadet de famille sans fortune, qui a participé à la guerre d'Amérique aux côtés de son beau-frère La Fayette, prend la parole à son tour et surenchérit.
Il propose d'en finir avec les droits seigneuriaux, et suggère d'abolir sans rachat les corvées seigneuriales et autres servitudes personnelles.
L'objectif est de « faire tomber les armes des mains des paysans.
Mais le vicomte de Noailles s'exprime aussi au nom de ses convictions libérales, tout comme le duc d'Aiguillon et la plupart des autres aristocrates de l'Assemblée.
Sa proposition déchaîne l'enthousiasme.
Les nobles de l'Assemblée montent à tour de rôle à la tribune pour lui exprimer leur soutien.
Les idées s'enchaînent à la volée.
Le comte de Virieu propose ainsi de détruire les colombiers féodaux, dont les habitants se gavent de grain au détriment des paysans.
Le président Chapelier fait alors observer, non sans malice, qu'aucun membre du clergé ne s'est encore exprimé.
L'évêque de Chartres monte à la tribune et propose l'abolition des droits de chasse, ce qui ne lui coûte rien mais pèse sur les nobles.
Là-dessus, sont attaqués les privilèges des provinces.
Le mot privilège vient du latin et désigne une « loi particulière » : il fut longtemps synonyme de liberté.
En effet, chaque fois qu’une nouvelle province était annexée, le roi promettait de respecter ses privilèges, c’est-à-dire ses libertés, les lois particulières traditionnelles, les coutumes et droits immémoriaux de ses habitants.
C’est ainsi qu’au cours des siècles s’étaient imposés des droits garantissant les libertés locales.
Tout cela prend fin en cette nuit mémorable.
Les représentants du Dauphiné, suivis par ceux de Bretagne et des autres pays d'État, provinces jouissant de privilèges, font don de ceux-ci à la Nation.
Les représentants des villes font de même.
Pour finir, un membre du Parlement de Paris proclame le renoncement à l'hérédité des offices (charges de magistrature).
Au milieu des applaudissements et des cris de joie, sont ainsi abattus les justices seigneuriales, les banalités, les jurandes et les maîtrises, la vénalité des charges, les privilèges des provinces et des villes
Passé le moment d'euphorie, les députés prennent le temps de réfléchir.
Ils décident que seuls les droits féodaux pesant sur les personnes seront abolis sans indemnité d'aucune sorte.
L'avocat Adrien Duport, ardent député, rédige le texte final.
Il est voté et publié le 11 août au soir.
Avec lui disparaissent à jamais certains archaïsmes comme la corvée obligatoire, de même que des injustices criantes comme la dîme ecclésiastique, uniquement payée par les pauvres.
Certains autres droits féodaux, ceux pesant sur les terres comme les cens et les champarts, devront toutefois être rachetés.
À cette seule condition, les paysans pourront devenir propriétaires de plein droit de leurs terres. Sitôt connue, cette restriction suscite quelques désillusions dans les campagnes mais elle est abrogée quelques mois plus tard.
L'ensemble des droits féodaux est irrévocablement aboli sans contrepartie ni exception par le décret du 25 août 1792, quelques jours après la chute de la monarchie.
À la faveur de la grande séance parlementaire qui a vu disparaître d'un coup les distinctions de classe de même que les particularismes locaux, l'égalité de tous les citoyens devant la Loi devient la règle (aujourd'hui encore, elle est au cœur de tous les débats politiques).
Les députés tirent les conséquences de leur vote en préparant une solennelle Déclaration des Droits en préambule à la future Constitution.
Ils font toutefois une exception au principe d'égalité en repoussant l'abolition de l'esclavage dans les colonies, proposée par le duc François de la Rochefoucaud-Liancourt, adepte du progrès technique et de la philosophie des Lumières.
Cet aristocrate éclairé ne reste pas sur cet échec.
Constatant que la disparition des droits féodaux va priver de revenus de nombreuses institutions caritatives de l'Église catholique, il tente de suppléer à leur ruine en mettant en place un comité de mendicité.
Mais ce comité ne résistera pas aux troubles de la Révolution, et à la fin de celle-ci, dix ans plus tard, les pauvres des campagnes et des villes auront vu leur condition se dégrader notablement.
A posteriori, la Nuit du 4 Août n'apparaît pas seulement comme une victoire de l'égalité civile.
C'est aussi une avancée importante du centralisme administratif sur les us et coutumes locaux : en-dehors de la norme reconnue à Paris, il n'y a plus de légitimité.