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11 novembre 1940 : Les lycéens de Paris défient Pétain et l'occupant
À l'automne 1940, la France s'installe dans la Collaboration avec l'occupant allemand. Le 24 octobre, Pétain rencontre Hitler à Montoire. Mais la fronde gronde à l'Université. L'illustre professeur Paul Langevin, coupable de manifester son aversion pour le nazisme, est arrêté le 30 octobre (il sera relâché 40 jours plus tard). À l'approche de la commémoration de l'Armistice, qui célèbre la défaite de l'Allemagne le 11 novembre 1918, des étudiants et des lycéens parisiens (le lycée débute à cette époque avec la classe de 6e), envisagent de manifester devant la flamme du Soldat Inconnu, sur les Champs-Élysées. Ils y sont encouragés par la radio de la France Libre, à Londres.
À titre préventif, le gouvernement interdit les manifestations. Mais le jour venu, des jeunes gens venus du Quartier latin et des grands lycées parisiens, en particulier Janson de Sailly, commencent à converger vers les Champs-Élysées. Certains déposent une gerbe en forme de croix de Lorraine sous l'Arc de triomphe. On compte un total de trois mille à cinq mille manifestants, essentiellement des jeunes garçons et des jeunes filles issus de la bourgeoisie parisienne. Ils huent Pétain, Laval et Hitler devant les soldats allemands médusés installés aux terrasses des cafés.
La police intervient mollement pour les disperser et procède à quelques arrestations, une centaine au total. Enfin, à dix-huit heures, des troupes de la Wehrmacht déboulent sur l'avenue et tirent à l'aveugle. La foule se disperse sans que l'on compte heureusement aucun mort. Il s'agit de la première expression publique de la Résistance.
Capusa06
Pulchérie (en latin : Aelia Pulcheria), née à Constantinople le 19 janvier 399, et morte le 11 novembre 453, est régente byzantine, puis impératrice byzantine. Elle est aussi une sainte des Églises chrétiennes.
Biographie
Régente byzantine, Pulchérie est la fille de Flavius Arcadius et d'Eudoxie et la sœur de Théodose II. Elle a deux ans de plus que son frère, et en 414 est nommée Augusta et tutrice de Théodose II pour remplacer le patrice et préfet du prétoire Anthémius qui gouvernait depuis la mort d'Arcadius (408).
D'un caractère profondément dévot, avec une tendance despotique, Pulchérie fait vœu de virginité et fait régner à la cour une ferveur quasi-monacale et, profitant du caractère faible de son frère, assume l'essentiel du pouvoir. Qualifiée d'autoritaire, d'intrigante et de dévote, ce sera elle qui choisira l'épouse de son frère : Eudoxie, fille d'un rhéteur d'Athènes. Elle met en place des mesures anti-païennes et anti-juives qui provoquent des excès en Égypte à l'initiative du patriarche d'Alexandrie Cyrille d'Alexandrie à l'occasion de pogroms et autres scènes sanglantes, au cours desquelles périt en 415 la philosophe Hypatie, victime d'un lynchage.
Proche de l'orthodoxie et hostile au monophysisme, elle fait condamner Nestorius. En 421, elle arrange le mariage de Théodose II avec la fille d'un rhéteur d'Athènes, prénommée Eudoxie, comme sa mère. Son influence décline alors rapidement au profit d'Eudoxie jusqu'en 433 lorsque l'exil d'Eudoxie, sur des accusations mensongères d'adultère, lui permet de reprendre toute sa place à la cour même si son frère est en fait sous l'influence des eunuques impériaux, en particulier de Chrysaphios.
À la mort accidentelle de Théodose II, d'une chute de cheval, Pulchérie monte sur le trône et épouse, avec le soutien d'Aspar, afin d'avoir un appui militaire, un vieil officier thrace appelé Marcien, qui règne avec elle. Marcien se révèle être un excellent administrateur et diplomate. Pulchérie meurt le 11 novembre 453.
Elle a fondé le monastère de la Panaghia Hodigitria à Constantinople. Elle est, avec son mari, reconnue comme sainte par l'Église orthodoxe et l'Église catholique. Elle est fêtée le 10 septembre.
Capusa06
Anne « Ninon » de l'Enclos, aussi appelée Ninon de Lenclos ou Ninon de Lanclos, baptisée à Paris le 10 novembre 1620 et morte à Paris le 17 octobre 1705, est une courtisane, femme d'esprit, épistolière et femme de lettres française.
Aristocrate cultivée et indépendante, elle anima un salon rue des Tournelles à Paris qui réunissait les grands esprits de l'époque, hommes et femmes confondus.
Biographie
Fille d’Henri de Lanclos (gentilhomme tourangeau libertin, suivant de Charles II d'Elbeuf) et de Marie-Barbe de la Marche, elle se révèle une enfant prodige au luth, qui citait Montaigne et les grands classiques et qui fut promenée par sa mère bigote de salon en salon où elle faisait sensation. Plus tard, elle apprit le clavecin. Anne dite Ninon de Lenclos devint une femme de lettres, influencée par les idées épicuriennes, qui savait l'italien et l'espagnol tout en étant versée en sciences. En 1642, à la mort de sa mère, son libertinage et son athéisme affirmés, alors que sa respectabilité n'est pas encore acquise, font que les grandes dames des salons du Marais se détournent d'elle, si bien qu'elle vient habiter chez une autre courtisane, Marion Delorme, qui devient son professeur.
La belle et intelligente Ninon a, sa vie durant, collectionné les amants (le premier à 16 ans, puis notamment le Grand Condé, François-Jacques d'Amboise, comte d'Aubijoux, François de La Rochefoucauld, le maréchal d'Estrées, l'astronome Christian Huygens), à tel point que Walpole la surnomma plus tard « Notre Dame des Amours ». Elle classait ses amants en « payeurs », « martyrs » (soupirants sans espoir) et « caprices » (élus du moment). Le marquis Louis de La Châtre (1613-1664), comte de Nançay, fut l'un d'entre eux. À son sujet Voltaire relata : « M. de La Châtre avait exigé un billet de Mlle de Lenclos, un billet comme quoi elle lui serait fidèle pendant son absence ; et, étant avec un autre, dans le moment le plus vif elle s'écria : « Le beau billet qu'a La Châtre ! » ». Elle eut des enfants dont un fils, le chevalier Louis de la Boissière, qui deviendra brillant officier de marine, fruit de ses amours avec Louis de Mornay, marquis de Villarceaux et proche du roi Louis XIV. Elle vivra sa passion durant trois ans avec lui au domaine de Villarceaux, commune de Chaussy (Val-d'Oise). En 1664, Molière fit dans son salon une lecture de la première version, en trois actes, du Tartuffe.
Inquiétée par le parti dévot, elle fut enfermée en 1656, sur ordre de la reine Anne d'Autriche aux Madelonnettes, puis dans un couvent de Lagny. À son premier voyage à Paris en 1656, la reine Christine de Suède accorda une rencontre en privé à la seule Ninon de Lenclos, dont elle avait la plus haute opinion.
Tenant un salon à partir de 1667, elle acquit la respectabilité lorsqu'elle fut admise dans celui de Marguerite de la Sablière en 1677. Grand amateur de sagesse, Louis XIV se préoccupait souvent, par personne interposée, de l'opinion de Ninon. Le jour de ses 77 ans, Ninon eut une aventure avec l'abbé de Châteauneuf. À la même époque, elle mène de front une autre liaison avec le chanoine Nicolas Gédoyn. Quelques mois avant son décès, à près de 85 ans, elle se fit présenter le jeune Arouet (Voltaire) alors âgé d'environ 11 ans et élève du collège jésuite Louis-le-Grand de Paris. Dans son testament, elle lui légua 2 000 livres tournois (l'équivalent de 7 800 € de l'an 2008)[ pour qu'il pût s'acheter des livres (au début du xviiie siècle, comme le signale le maréchal Vauban dans son ouvrage sur la dîme royale, un simple journalier gagne moins de 300 livres dans l'année).
Elle meurt le 17 octobre 1705, sur les cinq heures de l'après-midi, après avoir reçu l'extrême-onction. Le 19 décembre 1704, elle avait fait son testament, dans lequel, s'adressant à Me François Arouet, notaire au Châtelet, elle précisait : « Je supplie très humblement M. Arouet de vouloir bien, par la bonté qu'il a pour moi, de se charger d'exécuter mon testament et de me permettre de laisser à son fils [le futur Voltaire], qui est aux Jésuites, mille francs pour lui avoir des livres ; c'est une grâce dont je lui serai fort obligée. »
Misterprof-
10 novembre 1919 :
Naissance de l'acteur François Périer.
François Gabriel Marie Pillu nait d'un père travaillant dans le négoce de vin.
 l'âge de 15 ans,il écrit à Louis Jouvet car il souhaite devenir comédien.
Il se forme alors au cours Simon avant d'entrer au Conservatoire la même année que Gérard Oury et Bernard Blier.
Il fait ses débuts sur scène et au cinéma en 1938, notamment en jouant son propre rôle dans le film Entrée des artistes, avec précisément Louis Jouvet.
Au théâtre, il obtient le prix Réjane pour son interprétation des Jours heureux de Claude-André Puget.
Il est un homosexuel sympathique dans Hôtel du Nord de Marcel Carné (1938), un jeune premier timide et amusant dans L'Entraîneuse d'Albert Valentin (1939), il s'impose à la fin des années 1940 comme un acteur d'une grande expressivité, dans des films comme Un revenant de Christian-Jaque (1946) ou Le silence est d'or de René Clair (1947).
Marié en 1941 à la comédienne Jacqueline Porel, petite-fille de la comédienne Réjane, il est le père de la journaliste Anne-Marie Périer (née en 1945), future épouse du chanteur Michel Sardou, et de Jean-Pierre Périer (né en 1943, disparu prématurément en 1966), assistant metteur en scène des réalisateurs Costa-Gavras (Compartiment tueurs) et Anatole Litvak (La Nuit des généraux).
François Périer a également reconnu et élevé comme son fils, Jean-Marie Périer (né en 1940), célèbre photographe des années yéyé, né d'une précédente liaison de Jacqueline Porel avec le chanteur Henri Salvador.
Divorcé en 1947, il épouse en 1949 la comédienne Marie Daëms dont il se sépare en 1959.
Il convole en dernières noce,s en 1961, avec Colette Boutoulaud.
En 1950, il sert aussi bien l'univers poétique de Jean Cocteau dans Orphée que le réalisme magique de Federico Fellini dans Les Nuits de Cabiria.
Au sommet de sa gloire dans les années 1950, François Périer se crée une réputation à travers les mondains de Paris.
Il est un régulier du salon de thé Les Délices, où il noue une amitié intime avec une jeune serveuse, Paulette Karkos.
En 1956, il campe Coupeau, l'ouvrier invalide et alcoolique dans Gervaise, film de René Clément. Avec la maturité, il incarne des personnages sombres, inquiétants et complexes comme les commissaires du Samouraï (1967) et de Police Python 357 (1976), le procureur dans Z (1969), un patron de boîte de nuit dans Le Cercle rouge (1970) ou l'avocat efficace et omniprésent de Stavisky dans le film homonyme (1974).
En parallèle, il mène une importante carrière théâtrale où il sert aussi bien le répertoire avec Molière, le théâtre contemporain avec Jean-Paul Sartre, Félicien Marceau ou Jean Anouilh, et le théâtre de boulevard avec Marcel Achard, André Roussin et Françoise Dorin.
Pendant une quinzaine d'années, il est également le codirecteur du théâtre de la Michodière avec l'acteur Pierre Fresnay.
À partir de 1956, il effectue la narration des séries de livres-disques Philips illustrés pour les enfants Piccolo, Saxo et Compagnie, dont cinq volumes paraîtront.
François Périer a publié ses mémoires en 1989 sous le titre Profession menteur.
Mort de la maladie d'Alzheimer le 28 juin 2002, à l'âge de 82 ans, François Périer est inhumé au cimetière de Passy aux côtés notamment de la comédienne Réjane, de sa première femme Jacqueline Porel, de son beau-fils l'acteur Marc Porel.
Misterprof-
9 novembre 1970 :
Décès du général de Gaulle.
L'ancien président de la République était né près de 80 ans plus tôt, le 22 novembre 1890, à Lille.
Il s'était retiré avec panache de la vie politique le 28 avril 1969, à la suite d'un référendum perdu.
Renonçant à son traitement en qualité de membre du Conseil constitutionnel, il avait alors pris le temps de découvrir l'Irlande, la terre de ses arrière-grands-parents.
Il avait aussi rencontré l'Irlandais Eamon de Valera et l'Espagnol Francisco Franco, survivants de la Seconde Guerre mondiale.
Conformément à sa volonté, il est inhumé le 12 novembre dans le cimetière de Colombey, auprès de sa chère fille Anne (1928-1948).
Son cercueil est porté par des jeunes villageois au milieu d'une foule immense et recueillie mais en l'absence de tout officiel.
À Notre-Dame-de-Paris a lieu au même moment une grande cérémonie de recueillement où se pressent des chefs d'État et de gouvernement venus du monde entier en plus grand nombre que jamais.
Deux ans après la mort du général de Gaulle, le 18 juin 1972, une Croix de Lorraine monumentale a été érigée au-dessus du village de Colombey.
À son pied, un passionnant Mémorial accueille les touristes et pèlerins depuis 2008.
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Lundi 9 novembre 1970, vers 19 heures. « J'ai mal, là, dans le dos », murmure le général Charles de Gaulle avant de s'effondrer dans sa propriété de Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne), terrassé par une rupture d'anévrisme. Il est mort. A quelques jours de ses 80 ans. Avec son épouse Yvonne, l'homme du 18 juin vit retiré à La Boisserie depuis qu'il a démissionné, 18 mois plus tôt, de la présidence de la République, au lendemain de l'échec du référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat, après 11 années passées à l'Elysée.
Journée ordinaire et pluvieuse d'automne dans la résidence acquise en 1934 par le couple. Le chef de la France libre travaille à ses « Mémoires d'espoir », déjeune avec sa femme, se promène, entre deux averses, dans le jardin, écrit à quelques « Compagnons » et à son fils Philippe.
« Discipline d'oisiveté »
Il vient de gagner la bibliothèque où un feu de bois se consume dans la cheminée. Il s'asseoit devant la table de bridge, où chaque soir avant le journal télévisé et le dîner, il s'adonne à ce qu'il appelle sa « discipline d'oisiveté » : une réussite. Charles de Gaulle s'affaisse dans son fauteuil, la tête dans une main, sous les yeux d'Yvonne, en train d'écrire, installée à son secrétaire. Il a déjà perdu connaissance.
Aussitôt appelés par son épouse, le père Jaugey, curé de Colombey, et le docteur Lacheny arrivent ensemble. Il est trop tard. Rupture d'anévrisme abdominal, diagnostique le médecin. Le fondateur de la Ve République expire alors que le prêtre lui administre les derniers sacrements.
Une mort tenue secrète toute la nuit
Difficilement concevable 50 ans plus tard à l'heure de Twitter et des réseaux sociaux, la mort du héros de la Seconde guerre mondiale est tenue secrète toute la nuit. Seuls ses enfants sont prévenus. Son successeur, le président Georges Pompidou, n'est lui-même averti qu'à 7 h 20, soit 12 heures après le décès. Aucun communiqué, aucune annonce officielle. C'est, à 9 h 41, un flash de l'AFP - « De Gaulle décéda » - qui rend publique la mort du général.
Dans la rue, au travail, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Du monde entier, les messages de condoléances affluent. Une foule se presse à Paris, devant le secrétariat particulier de l'ancien chef de l'Etat, pour signer le livre de deuil. « La France est veuve… », déclare à la mi-journée, dans une allocution télévisée, Georges Pompidou. Un Conseil des ministres extraordinaire décrète un jour de deuil national le jeudi 12, avec messe solennelle de Requiem en la cathédrale Notre-Dame-de-Paris.
« Pas d'obsèques nationales »
Mais les dernières volontés du général de Gaulle, rédigées dès janvier 1952, sont très claires : ses funérailles auront lieu à Colombey, au cours d'une cérémonie « extrêmement simple ». Et surtout, « je ne veux pas d'obsèques nationales… Ni président, ni ministres […] aucun discours », a-t-il exigé.
Contraste entre Paris et Colombey. Le jeudi 12, le monde entier est réuni sous les voûtes de Notre-Dame en l'absence - fait unique de l'Histoire - de la dépouille du défunt : 86 nations représentées, 33 souverains et chefs d'Etat, dont le président américain Richard Nixon, et 6.000 fidèles. A 250 km de là, à Colombey, il y a aussi la foule mais c'est la sobriété qui domine. La seule participation officielle est celle de l'armée. Le cercueil en chêne recouvert d'un simple drap tricolore frangé d'or rejoint le cimetière sur un engin blindé de reconnaissance.
le cercueil du général Charles de Gaulle recouvert du drapeau tricolore, passe sur un véhicule blindé, le 12 novembre 1970, dans le village de Colombey-Les Deux-Eglises, au milieu d'une foule qui lui rend hommage.
le cercueil du général Charles de Gaulle recouvert du drapeau tricolore, passe sur un véhicule blindé, le 12 novembre 1970, dans le village de Colombey-Les Deux-Eglises, au milieu d'une foule qui lui rend hommage.AFP
delphinium29
1989, la chute du Mur de Berlin.
Le 9 novembre 1989, la chute du mur de Berlin a marqué la fin de la Guerre froide et ouvert la voie à la réunification de l’Allemagne et de l’Europe. Il était un peu moins de 19 heures, à Berlin-est, lorsque Günter Schabowski, l’un des dirigeants de la RDA, annonça lors d’une conférence de presse - dans une certaine confusion - que les voyages privés à l'étranger étaient autorisés sans condition pour les ressortissants de l’Allemagne de l’Est. Ce fut la ruée. Les images firent le tour du monde : les postes-frontière qui coupaient Berlin en deux depuis 28 ans sautèrent les uns après les autres et les Allemands de l’Est, en liesse, passèrent à l’Ouest. Moins d’un an plus tard, le 3 octobre 1990, il n’y avait plus qu’une seule Allemagne.
Capusa06
La nuit de Cristal est le pogrom contre les Juifs du Troisième Reich qui se déroula dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938 et dans la journée qui suivit. Ce pogrom a été présenté par les responsables nazis comme une réaction spontanée de la population à la mort le 9 novembre 1938 d’Ernst vom Rath, un secrétaire de l'ambassade allemande à Paris, grièvement blessé deux jours plus tôt par Herschel Grynszpan, un jeune Juif polonais d'origine allemande. En fait, le pogrom fut ordonné par le chancelier du Reich, Adolf Hitler, organisé par Joseph Goebbels et commis par des membres de la Sturmabteilung (SA), de la Schutzstaffel (SS) et de la Jeunesse hitlérienne, soutenus par le Sicherheitsdienst (SD), la Gestapo et d'autres forces de police.
Sur tout le territoire du Reich, deux cent soixante sept synagogues et lieux de culte furent détruits, 7 500 commerces et entreprises gérés par des Juifs saccagés ; une centaine de Juifs furent assassinés, des centaines d'autres se suicidèrent ou moururent des suites de leurs blessures et près de 70 000 furent déportés en camp de concentration : au total, le pogrom et les déportations qui le suivirent causèrent la mort de 2 000 à 2 500 personnes. Événement majeur de la vague antisémite qui submergea l'Allemagne dès l'arrivée des nazis au pouvoir en janvier 1933, la « nuit de Cristal » fait partie des prémices de la Shoah.
En provoquant cette première grande manifestation de violence antisémite, les nazis voulurent accélérer l'émigration des Juifs, jugée trop lente, en dépit de la politique de persécution et d'exclusion mise en œuvre depuis février 1933. L'objectif fut atteint : le nombre de candidats à l'émigration crût considérablement. Mais, en dépit de l'indignation que l'évènement suscita dans le monde, les frontières des autres pays restèrent fermées.
Marquant une rupture avec la politique nazie de 1933 à 1937, ainsi qu'une étape dans la violence et la persécution antisémites, cet évènement fut également révélateur de l'indifférence des nations au sort des Juifs d'Allemagne et d'Autriche, et de l'incapacité des États démocratiques à contrecarrer les coups de force menés par l'Allemagne de Hitler.
FAE
Merci Delphinium.
"A l'automne 1938, Johann Georg Elser, menuisier de son état, décide d'éliminer Hitler. Après une année de préparatifs solitaires et obstinés, il pose une bombe dans la salle d'une brasserie de Munich où le Führer doit prendre la parole le 8 novembre 1939. Tout se passe comme prévu : la bombe explose, causant la mort d'une dizaine de personnes et faisant de nombreux blessés, mais, inopinément, Hitler a déjà quitté les lieux...
A deux cents kilomètres de là, Elser s'apprête à passer la frontière suisse, sans précaution particulière. Interpellé, il est très vite confondu avant même d'être soumis à de longs interrogatoires qui tenteront de cerner sa personnalité et les motivations d'un acte qui semble insensé et inexplicable.
Longtemps occulté alors que la fameuse conjuration des généraux et leur attentat manqué devenaient le symbole de la résistance allemande au nazisme, le geste exemplaire de ce solitaire, qui renouait avec l'antique devoir de tyrannicide, n'en apparaît que plus héroïque."
