
Capusa06
23 février 1766
La Lorraine devient française
Le 23 février 1766, le vieux duc Stanislas Leszczynski meurt dans des conditions atroces, suite aux brûlures qui lui sont advenues lors d'une chute près de sa cheminée, dans son château de Lunéville. Il a 87 ans.
Stanislas Leszczynski fut un éphémère roi de Pologne avant d'avoir la chance de marier sa fille Marie au roi Louis XV et d'obtenir en viager les duchés de Lorraine et de Bar.
Une terre disputée
Conformément aux conventions fixées avec les gouvernements de France et d'Autriche, la mort du duc Stanislas entraîne le rattachement définitif des duchés à la France, à la satisfaction du ministre de Louis XV, le duc Étienne de Choiseul.
La Lorraine, qui tire son nom de Lothaire II, arrière-petit-fils de Charlemagne, a fait partie du Saint empire romain germanique.
Anciennement duché de Haute-Lorraine (la Lorraine actuelle), il faut la distinguer du duché de Basse-Lorraine, sur l'Escaut, qui appartint à Godefroi de Bouillon, le chef de la première croisade, se désagrégea très tôt.
La Lorraine proprement dite (Haute-Lorraine) dut défendre son indépendance contre les rois de France puis contre Charles le Téméraire. Le duc de Bourgogne fut tué en tentant de conquérir Nancy.
En 1552, le roi de France Henri II occupa les Trois-Évêchés (Metz, Toul et Verdun). Ce fut le début de la fin : le duché devint virtuellement français.
Le duc François de Lorraine ayant épousé la future impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, il accepta en 1737 de céder ses duchés de Lorraine et du Barrois à Stanislas, roi déchu de Pologne et beau-père du jeune Louis XV, en échange du grand-duché de Toscane. La transaction mit fin à la Guerre de Succession de la Pologne.
Un duc bâtisseur
Le nouveau duc de Lorraine et du Barrois abandonnel'administration de ses terres au chancelier désigné par son gendre le roi de France, Antoine-Martin Chaumont de la Galaizière. Celui-ci lui prête serment de fidélité en 1737.
La Galaizière est créé chancelier par Stanislas (François-André Vincent, 1778, musée lorrain de Nancy)Souverain éclairé et débonnaire, Stanislas Leszczynski se contente d'animer dans son château de Lunéville une cour brillante, accueillante aux artistes et aux gens de lettres.
Il lance à Nancy, sa capitale, la construction d'un ensemble urbain magnifique qui fait aujourd'hui la fierté de la ville.
Cet ensemble classique est dû à l'architecte lorrain Emmanuel Héré. Il réunit la vieille ville à la ville neuve de l'époque, via une grande place oblongue, dite place neuve de la Carrière (lieu où se déroulaient autrefois les tournois). Cette place communique avec la place Royale, aujourd'hui place Stanislas.
Inaugurée le 26 novembre 1755, elle est entourée d'immeubles majestueux et communique avec le reste de la ville par de splendides grilles dorées à l'or fin qui font sa célébrité dans le monde entier.
Le centre de la place est occupé depuis 1831 par une statue de Stanislas, en remplacement de la statue de Louis XV, enlevée sous la Révolution.
Regrettons, hélas, que la perspective de cet ensemble architectural ait été enlaidie par les immeubles construits aux abords de la gare à la fin du XXe siècle.
delphinium29
ETX Daily Up) - La date de ce mardi 22 février est un palindrome appelé "Twosday". Ce jour prend une ampleur mondiale sur les réseaux sociaux et dans la presse tandis qu'aucune signification ne lui est attribuée. Un moyen de créer du lien dans la banalité du quotidien.
Aujourd'hui, c'est le "Twosday". Un jour dont la date (22 février 2022) se lit de manière symétrique, c'est-à-dire qu'à l'endroit comme à l'envers, la lecture reste la même. On appelle cela un palindrome. Et ce jour, qui tombe un mardi, a été renommé "Twosday".
Capusa06
22 février 2014
Le président Ianoukovitch destitué suite à Euromaïdan
Le 22 février 2014, le président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch est révoqué par le Parlement à la suite de manifestations violentes dans les rues de Kiev. Ces manifestations ont débuté le 21 novembre 2013 sur Maïdan, la place centrale de Kiev, suite à la rupture des négociations de l'Ukraine avec l'Union européenne.
Bruxelles avait proposé à l'Ukraine une association économique qui lui eut ouvert de fructueux débouchés. Mais Bruxelles avait conditionné cet accord à une rupture totale de l'Ukraine d'avec son grand voisin, la Russie. Pour le gouvernement ukrainien, cette exigence était intolérable. Elle impliquait une reconversion brutale et à haut risque de la quasi-totalité du commerce ukrainien. Elle brisait aussi des liens immémoriaux et très intenses, tant économiques qu'humains.
Manifestation sur la place Maidan (Kiev) le 1er décembre 2013
Les manifestations de Kiev seront appelées « Euromaïdan » pour les distinguer de la « Révolution orange », survenue neuf ans plus tôt jour pour jour et qui avait amené la formation d'un premier gouvernement libéral et pro-occidental.
Les manifestations redoublent d'ampleur le 18 février 2014. Deux jours plus tard, l'intervention de la troupe fait plus de quatre-vingt morts parmi les manifestants. C'est alors que Parlement destitue le président. Dans la foulée ont lieu des élections anticipées, la ratification de l'accord d'association avec l'Union européenne et l'élection à la présidence de la République de Petro Porochenko, un homme d'affaires entré en politique au lendemain de la chute de l'URSS.
Les nouveaux députés n'ont rien de plus pressé que de déchoir la langue russe de son statut de deuxième langue officielle. Il s'ensuit des dissensions entre l'Est russophone et le reste du pays. La mesure, d'une insigne maladresse, est rapportée dans les heures qui suivent mais le mal est fait.
Il s’ensuit une rébellion dans l’Est ouvrier et russophone ainsi qu’en Crimée. Les rebelles du Donbass sont aussitôt assaillis par l'armée ukrainienne sur ordre du nouveau président, Petro Porochenko.
Vladimir Poutine se saisit du prétexte pour provoquer la sécession de la Crimée et proclamer son retour dans le giron de la Russie après un référendum organisé le 18 mars 2014. Il apporte ensuite un appui militaire aux autonomistes russophones de la région du Donbass, dans les oblasts de Donetsk et Louhansk. C'est la première guerre en Ukraine. Elle débouche sur deux accords successifs de cessz-le-feu, Minsk 1 et Minsk 2...
Misterprof-
22 février 1680 :
Exécution de la Voisin.
Une femme est brûlée en place de Grève, face à l'Hôtel de ville de Paris, sous l'accusation de sorcellerie et d'empoisonnement.
Née Catherine Deshayes 40 ans plus tôt, elle est connue dans le quartier de Saint-Denis, lieu de tous les trafics, d'après le nom de son mari, la «Voisin».
Il pourrait s'agir d'un fait divers parmi d'autres mais la Voisin, qui s'est enrichie dans la pratique des avortements et le commerce des poisons, a dénoncé avant de mourir nombre de ses clients et clientes, dont certains appartiennent à la haute aristocratie.
Madame de Montespan, la maîtresse du roi Louis XIV, est elle - même compromise.
C'est le point d'orgue d'une affaire à rebondissements.
À l'origine de l'«affaire des Poisons» il y a, le 17 juillet 1676, l'exécution d'une autre empoisonneuse, de haut rang celle-là, la marquise de Brinvilliers (46 ans).
Elle débouche sur une multiplication de rumeurs à Paris sur des empoisonnements qui impliqueraient des personnes de haut rang.
Gabriel Nicolas de La Reynie, le «lieutenant de police de la ville de Paris», a été chargé par le ministre Louvois de faire toute la lumière sur ces affaires.
Dans la plus grande discrétion, il lance ses limiers dans les milieux interlopes de la rue Saint-Denis, où se pratique le commerce des poisons.
L'enquête est suivie avec la plus grande attention en hauts lieux, car certains affirment que Louis XIV lui-même est menacé.
Une tireuse de cartes, Marie Bosse, puis une certaine Vigouroux, enfin la fameuse Voisin, se voient inculpées d'empoisonnement.
En avril 1679, l'affaire prenant de l'ampleur et les inculpés se faisant toujours plus nombreux, le roi décide de mettre en place à l'Arsenal une cour extraordinaire de justice qui prendra le nom évocateur de «Chambre ardente», ainsi nommée car elle siégeait dans une pièce tendue de draps noirs et éclairée par des flambeaux.
Une véritable hantise gagne la population parisienne, laquelle voit l'œuvre des empoisonneuses dans le moindre décès prématuré.
Or, rien n'effraie les empoisonneuses, qui se trouvent au cœur des pratiques les plus sordides de l'époque.
On découvre que certaines, comme la Voisin, se rendent complices de «messes noires», au cours desquelles de faux, voire de vrais prêtres, posent un calice sur le ventre d'une femme nue et, au-dessus de celui-ci, sacrifient au diable un nouveau-né.
C'est dans cette atmosphère pour le moins sulfureuse que travaille la Chambre ardente.
Elle siège pendant trois ans, jusqu'en juillet 1682, date à laquelle elle aura au total prononcé 442 jugements, dont 36 condamnations à mort, 23 bannissements et 5 condamnations aux galères.
La Voisin est exécutée après avoir mis en cause beaucoup de monde.
Elle se refuse à livrer le nom de la Montespan, mais le nom de la maîtresse royale ressurgit dans la suite des interrogatoires.
La fille de la Voisin l'accuse d'avoir participé à une «messe noire».
Le roi est horrifié d'apprendre que sa maîtresse, alors en défaveur, lui aurait fait absorber des philtres d'amour et aurait aussi manigancé le renvoi de Mlle de La Vallière, voire la mort de Mme de Fontanges et la stérilité de la reine.
Empressé d'en finir, il suspend les interrogatoires et jette lui-même dans la cheminée les papiers qui compromettent son ancienne maîtresse.
Les principaux accusés non encore condamnés sont mis aux fers dans différentes forteresses, à raison de six par cachot, jusqu'à ce que la mort les délivre.
FAE
Bonjour et bonne fin de semaine à tous ! 😃
Merci les amis !
"Danièle Évenou, née le 21 février 1943 à Tunis (Tunisie), est une actrice française.
Née en Tunisie, c'est quelques jours après sa naissance que ses parents regagnent la Bretagne dont ils sont originaires. Danièle Évenou passera d'ailleurs toutes ses vacances chez ses grands-parents maternels près de Maël-Carhaix. Après avoir obtenu un diplôme de sténodactylo, elle se forme au Cours Charles Dullin avec Alain Cuny.
À l'âge de 17 ans, elle est internée et subit des électrochocs pour traiter sa spasmophilie.
Carrière
En 1965, Danièle Évenou joue dans la série Quelle famille ! en interprétant le rôle de Cloclo. Mais son rôle le plus notable, qui l’accrédita définitivement aux yeux du public, est celui de la contractuelle Marie Lorieux, rôle qu'elle a interprété de 1984 à 1991 dans la série télévisée Marie Pervenche. À la télévision, elle est une invitée récurrente de L'Académie des neuf dans les années 1980. Elle a participé régulièrement à l'émission On va s'gêner de Laurent Ruquier sur Europe 1.
Le 15 février 2013, elle est candidate au jeu Splash : Le Grand Plongeon, où elle plonge d'une hauteur de 5 mètres. Néanmoins, elle n’est pas qualifiée pour la finale.
Après une première tentative fin 2014, on la retrouve plus régulièrement, depuis le 22 janvier 2018, aux côtés de Laurent Ruquier et son équipe sur RTL dans Les Grosses Têtes.
En 2016, elle est élue à l'académie Alphonse-Allais.
Le 2 mai 2018, elle participe à la version célébrités de l'émission Top Chef sur M6 et remporte la compétition.
En 2021, elle joue dans Monsieur Constant d'Alan Simon qui sort début 2023. Elle partage l'affiche avec Jean-Claude Drouot, Cali, Sacha Bourdo, Gabrielle et Juliette Pélissier, Mikhail Zhigalov, Jean-Yves Lafesse, Jean-Jacques Chardeau."
Misterprof-
21 février 1804 :
Naissance du chemin de fer.
Un train à vapeur circule pour la première fois au monde à Pen-y-Darren, une région minière du pays de Galles, près de Merthyr Tydfil.
La locomotive a été conçue par l'ingénieur des mines Richard Trevithick, passionné par la motorisation à vapeur.
Elle tracte ce jour-là dix tonnes de fer et 60 personnes montées sur cinq wagons, effectuant 16 km en 4 heures et 5 minutes.
Parmi quelques autres réalisations de Richard Trevithick, la locomotive « Catch me who can » (M'attrape qui peut) finira à Londres, dans un manège.
Depuis longtemps déjà, dans les mines de charbon anglaises, on utilisait des rails en bois ou en fer pour tirer à moindre effort des wagons de minerai.
L'invention de la machine à vapeur par James Watt ouvre la possibilité de tracter ces wagons avec une machine et non plus avec des chevaux.
Mais ces premières machines à vapeur fonctionnent à une pression proche de la pression atmosphérique, avec une puissance par unité de masse trop faible pour envisager une machine embarquée sur un véhicule.
L'ingénieur Richard Trevithick est alors mis au défi par son ami Samuel Homfray, propriétaire des fonderies de Penydaren, de construire un engin capable de tracter dix tonnes.
Il conçoit la première locomotive à vapeur, avec une chaudière montée sur chariot.
La vapeur sous pression actionne un piston, lequel fait tourner un grand volant extérieur.
Après quoi, la vapeur est éjectée dans l'atmosphère, qui fait office de condenseur.
Richard Trevithick, toutefois, néglige d'exploiter son savoir-faire.
Inventeur dans l'âme, il abandonne à d'autres le passage du ferroviaire à la phase industrielle.
Capusa06
21 février 1944
Le procès Manouchian et l'Affiche rouge
Le 21 février 1944, les murs de Paris se couvrent de grandes affiches rouges. Placardées à 15 000 exemplaires, elles exposent à la vindicte des Français dix hommes auxquels il est reproché plusieurs dizaines d'attentats sous couvert de libération. Cette « armée du crime » compte sept juifs dont quatre nés en Pologne et trois en Hongrie, un natif d'Espagne, un autre d'Italie, le dernier enfin d'Arménie. Sept d'entre eux ont 18 ou 19 ans.
Missak Manouchian et quelques-uns de ses compagnons dans une cour de prison, peu avant leur exécution, pour les besoins de la propagande nazieLe même jour, ces résistants ainsi que douze autres compagnons d'infortune ont été fusillés au mont Valérien. Leur chef militaire, Joseph Epstein, dit colonel Gilles, juif de Pologne, le sera un peu plus tard, le 11 avril 1944.
La seule femme du groupe, Olga Bancic (32 ans), juive de Bessarabie, sera guillotinée à Stuttgart le 10 mai 1944. Tous, Français ou étrangers, sont communistes et appartiennent aux Francs-tireurs et partisans de la Main-d’Œuvre immigrée (FTP-MOI).
L'affiche complète la publication d'une brochure intitulée « L'Armée du crime » dans le cadre d'une campagne de propagande antisémite et xénophobe orchestrée par les nazis. Elle nourrira après la guerre la mémoire communiste de la Résistance avec un poème de Louis Aragon publié dans L'Humanité du 5 mars 1955 sous le titre « Le groupe Manouchian », d'après le nom de l'Arménien de l'affiche.
Ce poème inspiré par la lettre bouleversante de Missak (Michel) Manouchian à son épouse Mélinée sera ensuite rebaptisé Strophes pour se souvenir et mis en musique et chanté en 1959 par Léo Ferré sous le titre L'Affiche rouge.
Cette mémoire a trouvé son aboutissement le 21 février 2024 avec l'entrée au Panthéon (Paris) de Mélinée et Missak Manouchian. Les noms des vingt-quatre martyrs figurent sur une plaque à proximité de leur caveau (note)...
L'Affiche rouge du groupe Manouchian
L'Affiche rouge expliquée aux collégiens
Isabelle Grégor propose aux collégiens et à leurs enseignants un document bref et synthétique pour décrypter l'Affiche rouge
L'affiche rouge expliquée aux collégiens
Entrée des communistes dans la Résistance
Jusqu'à l'invasion de l'URSS par la Wehrmacht, le 22 juin 1941, le Parti Communiste Français s'en est tenu sur injonction de Staline à une neutralité bienveillante à l'égard de l'Allemagne nazie. Cette politique fut refusée par certains militants tel Gabriel Péri qui, lâché par le Parti, le paya de sa vie.
À l'été 1941, la direction communiste se retourne enfin contre l'occupant. L'attentat du métro Barbès (21 août 1941) inaugure cette nouvelle stratégie mais son caractère désordonné, voire contre-productif, suscite l'ire du général de Gaulle, à Londres, lequel va envoyer Jean Moulin en France pour coordonner la résistance non communiste.
De son côté, à la fin 1941, le PCF fond ses organisations de jeunesse au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP). En mars 1942, il place sous l'autorité des FTP les militants d'origine étrangère de la section Main-d’Œuvre étrangère ou immigrée (MOI). Elle a été fondée par le parti communiste en 1925 avec autant de sous-sections que de langues usuelles : italienne, polonaise, hongroise, espagnole et yiddish (juifs orientaux).
Les FTP-MOI sont organisés par Boris Holban (34 ans), de son vrai nom Bruhman. Issu d'une famille juive qui a fui la Russie pour la Bessarabie puis la France, il s'est engagé en 1939 dans un régiment de volontaires étrangers. Fait prisonnier, il a réussi à s'évader grâce au réseau d'une religieuse de Metz, Soeur Hélène (François Mitterrand bénéficiera du même réseau).
Boris Holban constitue au sein de la MOI trois détachements (roumains, italiens et yiddish), sans compter un détachement spécialisé dans les déraillements et des services de renseignement, de liaison et de soins médicaux avec 30 combattants et une quarantaine de militants.
Actions héroïques mais désordonnées
Les FTP-MOI vont multiplier les actions en région parisienne contre l'occupant et les collaborateurs (par exemple les fourreurs de la rue Saint-Denis qui font des affaires avec la Wehrmacht), sans se soucier d'en référer à la France Libre.
On leur prête cent à deux cents attentats de juin 1942 à leur démantèlement en novembre 1943 par la Brigade Spéciale N°2 des Renseignements généraux (BS2), un organe de la préfecture de police de Paris chargé de la traque des communistes.
La plus retentissante de leurs actions est l'assassinat, le 28 septembre 1943, du général SS Julius Ritter (51 ans), qui supervise le Service du Travail Obligatoire (STO), responsable de l'envoi en Allemagne de centaines de milliers de jeunes travailleurs français.
Ces actions désordonnées se révèlent aussi très coûteuses en hommes pour un résultat mitigé, de sorte que les FTP-MOI en viendront à recruter des résistants de plus en plus jeunes, à l'image de Thomas Elek, juif né à Budapest en 1924, élève au lycée Louis-le-Grand.
En mars 1943 sont arrêtés cinquante-sept jeunes juifs de la MOI, dont leur chef, Henoch (Henri) Krasucki (né près de Varsovie en 1924, il deviendra secrétaire général de la CGT de 1982 à 1992). En juillet 1943 a lieu une deuxième arrestation de masse. Parmi la centaine de résistants arrêtés par la police française, certains sont déférés devant des tribunaux militaires allemands et fusillés au Mont-Valérien, d'autres sont déportés à Auschwitz.
En août 1943, la direction nationale des FTP enlève la direction des FTP-MOI à Boris Holban car celui-ci ne veut plus sacrifier ses hommes dans des actions hasardeuses. Il juge non sans raison que le réseau est au bord de la rupture par manque d'hommes. Il est remplacé à la tête du groupe par Missak Manouchian.
Joseph Epstein (dit Colonel Gilles) avec son fils aux temps heureux (16 octobre 1911, Zamość - Pologne ; Mont-Valérien, 11 avril 1944)Le 12 novembre 1943, la dernière action des FTP-MOI, l'attaque d'un convoyeur de fonds allemand dans la rue Lafayette, se solde par un échec. Le jeune footballeur d'Argenteuil Rino delle Negra est blessé et arrêté ainsi que ses trois compagnons.
Capusa06
20 février 1846
La France impose à la Chine un traité de tolérance
Le 20 février 1846, le gouvernement français de Louis-Philippe Ier impose à la Chine un édit de tolérance en faveur du christianisme.
L'édit concédé par le vieil empereur Daoguang autorise la pratique de la religion dans les principaux ports et interdit toute forme de persécution. Il ordonne même la reconstruction des vieilles églises détruites lors des persécutions précédentes. Il s'agit d'un nouvel épisode dans l'histoire en dents de scie des relations entre le monde chinois et le christianisme.
Le christianisme en Chine
Le christianisme s'est acclimaté en Chine dès les premiers siècles de notre ère. Plus tard, au Moyen Âge, des ecclésiastiques ont amorcé des contacts avec la cour impériale mais c'est surtout au XVIIe siècle que ces efforts ont porté leurs fruits grâce aux missionnaires jésuites et en particulier au premier d'entre eux, Matteo Ricci.
Au siècle suivant, l'étroitesse d'esprit de quelques prélats du Vatican, opposés à tout compromis sur les rites traditionnels chinois, vaut aux Jésuites d'être interdits de prédication et bientôt chassés de la Cour.
Une prédication virulente
Au XIXe siècle, la Chine des empereurs Qing entre en décadence et accuse un retard croissant sur l'Occident.
Avec l'appui militaire de leur gouvernement, les hommes d'affaires anglais imposent à l'empereur Daoguang, sur le trône depuis 1820, l'ouverture de plusieurs ports et la liberté de commerce de l'opium.
Les Occidentaux sont dès lors perçus par les Chinois non plus seulement comme des « barbares » de peu d'importance mais comme des intrus menaçants. Cette mauvaise réputation retombe sur les missionnaires et les communautés chrétiennes, qui s'en trouvent violemment persécutés.
Le plénipotentiaire du roi Louis-Philippe 1er exige en conséquence du gouvernement impérial un édit pour empêcher ces persécutions. Selon son habitude, celui-ci se soumet dans l'idée de gagner du temps.
Les persécutions n'en reprendront pas moins au bout de quelques années. Elles fourniront à l'empereur Napoléon III et au gouvernement britannique le prétexte à de nouvelles interventions militaires qui se concluront en 1860 par la mise à sac du Palais d'Eté, à Pékin, et par de nouveaux avantages commerciaux pour les « diables roux » !
Misterprof-
20 février 1987 :
Décès du dessinateur Edgar P. Jacobs.
Né le 30 mars 1904 à Bruxelles, Edgard Félix Pierre Jacobs est un auteur de bande dessinée belge, principalement connu pour la série Blake et Mortimer, l'une des bandes dessinées européennes les plus populaires du XXe siècle.
Étudiant de l'Académie royale des beaux-arts, Edgar P. Jacobs est également passionné d'opéra.
Il tente une brève carrière de chanteur lyrique, d'abord comme choriste au music-hall puis en interprétant des rôles secondaires à l'Opéra de Lille, tout en gagnant sa vie en illustrant des catalogues publicitaires.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il publie plusieurs dessins dans l'hebdomadaire Bravo ! puis est chargé, dans ce même magazine, d'achever une aventure de Gordon l'Intrépide à la place de l'auteur Alex Raymond, dont les planches ne parviennent plus en Belgique.
Il crée par ailleurs sa première bande dessinée, Le Rayon U, qui connaît un certain succès.
Son utilisation novatrice de la couleur séduit ses confrères.
Edgar P. Jacobs devient le premier collaborateur d'Hergé et participe à la refonte des premiers albums des Aventures de Tintin, tout en l'aidant dans la conception de ses nouvelles aventures, en particulier Les Sept Boules de cristal et Le Temple du Soleil.
Il intègre l'équipe du Journal de Tintin à sa création, et en devient rapidement l'un des auteurs-phares avec Le Secret de l'Espadon, première aventure de Blake et Mortimer.
Il se consacre à cette série jusque dans les années 1970, pour un total de huit aventures, mais en raison d'une santé déclinante, il ne peut entreprendre la réalisation graphique du second tome de la dernière aventure, Les Trois Formules du professeur Satō, qui est achevé quelques années après sa mort par Bob de Moor.
Entre 1974 et 1975, Edgar P. Jacobs doit subir deux interventions chirurgicales pour soigner l'arthrose de hanche qui le fait souffrir.
Le 31 décembre 1975, sa deuxième épouse, Jeanne Quittelier, fait une chute à leur domicile et se fracture le col du fémur.
L'état de santé de sa femme n'est pas sans conséquence sur celui de l'auteur qui, pour sa part, souffre également de problèmes de vue et d'arthrose des doigts qui ne lui permettent plus de dessiner avec autant de précision que par le passé.
Jeanne Quittelier s'affaiblit encore : elle décède le 31 octobre 1977.
Dans une lettre à son ami journaliste Michel Daubert, Jacobs évoque son « profond désarroi » et le « vide affreux » dans lequel le plonge ce deuil brutal.
Edgar P. Jacobs est également touché par la mort, à quelques semaines d'intervalle, de ses deux amis Hergé, le 3 mars 1983, et Jacques Van Melkebeke le 8 juin suivant.
Durant l'hiver 1985-1986, la santé d'Edgar P. Jacobs décline à son tour.
Il est sujet à plusieurs angines de poitrine qui entraînent son hospitalisation en urgence à l'hôpital d'Ottignies.
Il refuse alors de suivre les recommandations des médecins qui l'incitent à entrer en maison de retraite.
Il effectue sa dernière apparition publique le 16 avril 1986 lors de l'inauguration du Centre belge de la bande dessinée.
Le dessinateur se dit également accablé par des soucis professionnels, administratifs et financiers, qui le conduisent notamment à créer le Studio Jacobs, société détentrice des droits de la série Blake et Mortimer après un redressement fiscal en 1985.
Peu à peu, il refuse les invitations et les entretiens, s'isolant à son domicile de Lasne.
Edgar P. Jacobs meurt à son domicile le 20 février 1987.
Il est enterré dans le cimetière communal, où un mausolée à sa mémoire, financé par les propriétaires du Studio Jacobs et les Éditions Blake et Mortimer, est érigé et inauguré le 2 février 1988.
Sa tombe est surmontée d'un imposant monument funéraire représentant un sphinx, lequel évoque le Grand Sphinx Rê-Harmakhis qu’il a dessiné dans Le Mystère de la Grande Pyramide.
À la base de la sculpture, un texte gravé évoque les talents d'Edgar P. Jacobs.
Si Edgar P. Jacobs est considéré comme l'un des plus grands auteurs de la bande dessinée belge et européenne, il a longtemps souffert d'un manque de reconnaissance et a toujours considéré sa carrière de dessinateur comme une véritable « damnation », lui qui rêvait d'une carrière de baryton.
Sa passion pour l'art lyrique, en particulier le Faust de Charles Gounod, détermine sa conception de la bande dessinée, qu'il perçoit comme un opéra de papier.
Son œuvre, marquée par le fantastique et la science-fiction, puise dans de nombreuses références culturelles et littéraires, en particulier les romans de H. G. Wells et Jules Verne, de même que les chefs-d'œuvre du cinéma expressionniste allemand, des passions qu'il partage avec son ami de toujours, Jacques Van Melkebeke, qui l'aide à faire naître ses scénarios.
De ces références naît une œuvre visionnaire et futuriste, empreinte de fantastique et d'ésotérisme, qui accorde une large place à la crainte du déclin occidental, aux progrès de la science comme aux petits mystères du quotidien.
Perfectionniste et méticuleux, Edgar P. Jacobs s'attache au réalisme et à l'authenticité de ses récits en images, qu'il appuie sur une abondante documentation, parfois établie par des déplacements sur les lieux de ses intrigues.
Il préfère travailler seul et ne sollicite que rarement l'aide de ses confrères, principalement pour des tâches mineures comme l'encrage et la colorisation.
Après sa mort, Les Aventures de Blake et Mortimer sont reprises par de nouveaux auteurs, de sorte que la série compte alors plus d'albums inventés par les successeurs de Jacobs que par le créateur de la série lui-même.
delphinium29
1847 : Le Premier Enseignement en Anesthésie. À l’Hôpital du Massachusetts General, le chirurgien américain John Collins Warren réalise la première démonstration publique de l’utilisation de l’anesthésie lors d’une opération chirurgicale. Cette avancée médicale révolutionnaire a considérablement amélioré le confort des patients et a ouvert la voie à des interventions chirurgicales plus complexes.
1942 : L’Ordre Exécutif 9066. Le président américain Franklin D. Roosevelt signe l’Ordre Exécutif 9066, autorisant l’internement des citoyens américains d’origine japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette mesure a conduit à l’incarcération injuste de milliers de personnes, illustrant les tensions et les préjugés raciaux de l’époque.
1980 : Bon Scott. Le célèbre chanteur du groupe australien AC/DC meurt dans la nuit du 19 au 20 février 1980, dans une Renault 5, à Londres, parce qu’il avait trop bu. Il décède étouffé par ses vomissures. En 1974, Bon Scott vient de remplacer le premier chanteur d’AC/DC, Dave Evans et il restera dans le groupe AC/DC jusqu’à sa mort. Promis à une immense carrière internationale, Bon Scott et le groupe AC/DC commençaient tout juste à connaître un succès mondial avec la sortie du très réussi 33 tours “Highway To Hell”, en 1979.
Capusa06
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>> ça s'est passé un... > 19 février 1919
19 février 1919
« On a tiré sur Clemenceau »
Ce mercredi 19 février 1919, alors que Georges Clemenceau quitte son domicile pour le ministère de la Guerre, un jeune anarchiste de 23 ans tire neuf balles sur sa voiture. L'une d'elles atteint le président du Conseil entre les poumons. Non mortelle, elle ne sera jamais extraite.
Le tireur, un ouvrier du nom d'Émile Cottin, est condamné à mort un mois plus tard. Mais le même mois, avant que sa peine soit commuée, Raoul Villain, l'assassin de Jean Jaurès, est, lui, acquitté ! Ces deux jugements, l'un et l'autre excessifs, vont provoquer une rupture de l'Union sacrée qui avait uni la droite et la gauche pendant la Grande Guerre...
L'Assassinat de Clemenceau
L'Assassinat de Clemenceau (Jean-Yves Le Naour, Perrin, 17 euros, février 2019, 168 pages)Ce texte puise ses sources dans l'excellent ouvrage que l'historien Jean-Yves Le Naour a consacré à l'attentat et au procès d'Émile Cottin : L'Assassinat de Clemenceau (Perrin, février 2019, 168 pages, 17 euros).
L'auteur expose en particulier le contexte de ces semaines troubles et les embarras de la presse et des partis politiques face à la personnalité du tueur isolé comme de celle son alter ego Raoul Villain. Son récit se lit comme un roman policier..
Une popularité au zénith
Clemenceau au repos forcé à son domicile après l'attentat du 19 février 1919 (L'Illustration, 1er mars 1919)Trois mois après l'armistice qui a mis fin à la Première Guerre mondiale, Clemenceau demeure aux commandes du pays comme président du Conseil (l'équivalent de Premier ministre) et ministre de la Guerre. Tous les matins,, il quitte son appartement du 8, rue Franklin et monte dans sa limousine.
Ce 19 février 1919, personne ne fait attention à un jeune homme pâle. Il court derrière la voiture, sort un revolver et tire plusieurs coups. Les policiers et quelques badauds et voisins ont vite fait de le neutraliser.
Clemenceau va se remettre sur pied en une semaine. Et comme il ne perd pas son humour pour si peu, il glisse à un visiteur : « Je ne savais pas que la chasse au tigre était ouverte à Paris ! ».
L'enquête de police confirme l'acte d'un tueur isolé.Le procès s'ouvre devant le Conseil de guerre, le 14 mars 1919. Émile Cottin fait pâle figure. « Quel petit homme pour un si grand crime ! » écrit L'Homme libre, le journal de Clemenceau.
Le verdict est sans surprise. C'est la mort. Et voilà que s'ouvre dix jours plus tard, le 24 mars 1919, le procès de Raoul Villain, qui a tué le tribun socialiste Jean Jaurès cinq ans plus tôt en raison de son opposition à la guerre !
De dix ans plus âgé que Cottin, l'assassin est aussi médiocre, inculte et introverti. Les jurés, ne voulant en aucune façon désavouer le sacrifice d'un million et demi de soldats, vont donc acquitter l'assassin qui a cru agir pour la défense de la patrie. Villain est acquitté et la veuve de Jaurès condamnée à payer les frais de justice !
Ce jugement s'ajoutant au précédent va fracturer l'échiquier politique. Depuis août 1914, tous les partis avaient remisé leurs querelles au placard au nom de l'« Union sacrée ». Mais là, c'en est trop pour la gauche et les modérés. Les mineurs de Carmaux, fief de Jaurès, se mettent en grève et cent mille personnes participent à Paris à une manifestation « commémorative ».
Clemenceau se hâte de réagir. La peine de mort d'Émile Cottin est commuée en dix ans de détention. En mai 1924, la victoire du Cartel des gauches aux élections législatives va conduire à la panthéonisation de Jean Jaurès mais aussi à la liberté d'Émile Cottin, érigé en martyr de la gauche !