
kankou
Merci@Gwyonbach pour ce joli dessin qui doit sentir le muguet :cligne:
Banal d'offrir un brin de muguet me direz- vous ?
Oh j'entends votre réponse ...
Mais je vous assure dans ce brin, j'ai mis tout ce que vous avez envie d'entendre...
Entendez-vous les clochettes vous dire le mot "bonheur" ?
Facile à dire, ce n'est que virtuel...
Et si justement en fermant les yeux vous entendiez tinter ce mot et sentiez le parfum du muguet ?
Je vous entends ...
Impossible... comment une fleur en photo sur un écran ..???
Mais siii ... laissez-vous partir dans ce monde de partage, oubliez le virtuel...
N'est-ce pas que j'ai raison ? ... il sent bon ce muguet...
Chatbada
Bon premier mai à vous toutes et tous de passage ici...:cligne:
basilic59
La Rose et le réséda
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle
L'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda
Aragon
kankou
☁ ☁ ☁ Coucou à tous☁ ☁ ☁
Le Soleil de l’Âme
Levez-vous, Soleil de mon âme,
Votre clarté plus ne me luit ;
Chassez mon froid par votre flamme,
Par vos rais l’ombre de ma nuit.
L’autre soleil est par trop sombre
Et trop peu chauds sont ses rayons
Pour de mon âme chasser l’ombre
Et faire fondre ses glaçons.
Mon Soleil, ne tardez plus guère
D’éclairer à votre retour ;
Sans votre divine lumière,
Je ne vois que nuit en plein jour.
Soleil, ma lumière et ma joie,
Sans vous je chemine à faux pas ;
Je choppe, je chais, je fourvoie
Quand sur moi vous ne luisez pas.
Lors une triste nuit allonge
Un noir voile autour de mon cœur,
En le donnant en proie au songe,
Et le songe en proie à la peur.
Le malin qui m’est adversaire
Et qui me veut rendre confus
Prend plus d’audace à me mal faire
La nuit quand vous ne luisez plus.
Mon Soleil, que votre ardeur fonde
L’épais glaçon de mes ennuis ;
Ô Soleil du Soleil du monde,
Levez-vous, et chassez mes nuits.
(GODARD Jean)
huarsy
Roses et muguets
Au comte Charles de Montblanc
Dans le vallon qu’arrose
L’eau courante, j’allais
Un jour cueillir la rose,
La rose et les muguets.
Mon amoureux qui n’ose
Rien me dire, y passait;
Moi je cueillais la rose,
La rose et le muguet.
« Oh vilain ! oh morose ! »
Au nez je lui riais,
Tout en cueillant la rose,
La rose et les muguets.
Sur l’herbe je me pose
En jetant mon bouquet,
Mon beau bouquet de rose,
De rose et de muguet.
« Dis-moi donc quelque chose !
Les oiseaux sont plus gais
Gazouillant à la rose,
Becquetant les muguets.
N’aye pas peur qu’on glose.
Le lézard fait le guet
Couché sur une rose,
Caché dans le muguet. »
Mais sur ma bouche close
Son baiser me narguait.
« Tes lèvres sont de rose
Et tes dents de muguet. »
Le méchant ! Il est cause
(Moi qui tant me moquais !)
Que dans l’eau court ma rose,
Ma rose et mes muguets.
(Charles Cros - Le coffret de santal)
Merci pour ce partage de ta petite fille @Gwyonbach - ainsi que tes autres poèmes -
Belle soirée -
basilic59
Boris Vian : CHANTEZ !
L´autobus vous passe sous le nez
Une grosse dame vous marche sur les pieds
Votre petite amie s´envole
Avec ce salaud de Paul
En laissant des cheveux plein l´évier
Au bistro, le café n´est pas bon
Au bureau, ça ne tourne par rond
Et votre meilleur copain
Au lieu d´avoir du chagrin
Il se marre et vous traite de... tsoin... tsoin... tsoin...
Ah, comme la vie serait triste
Triste, triste, triste
Ah, comme la vie serait triste
Si l´on ne pouvait pas chanter
Chantez des javas canailles
Que de gros durailles
Dansent à Robinson
Dansez des javas célestes
En tombant la veste
A Mimi Pinson
Les journaux sont pleins de cauchemars
On se tue du matin jusqu´au soir
La police est sur les dents
Celles des autres évidemment
L´honnêteté se vend au marché noir
On annonce la hausse des rognons
On dénonce la peau sur les oignons
Soyons fermes mes amis
Je ferai baisser les prix
Mais d´abord, donnez votre pognon...gnon...gnon...
Ah, comme la vie serait triste
Triste, triste, triste
Ah, comme la vie serait triste
Si l´on ne pouvait pas chanter
Chantez sur la mer calme
Sur le Père Lachaise
Et la fille Angot
Magali, viens sous la ramée
Tradition française
Chanson à gogo
On vous dit "La guerre est terminée
Célébrons le règne de la Paix
Embrassons nos agresseurs
C´est des frères et c´est des sœurs
C´est fini! On se battra plus jamais"
Le lendemain, sur le coup de midi
L´œil féroce, de gros barbus s´écrient
"Mourir quand on a vingt ans
C´est un destin épatant
Tous aux armes, et sus à l´ennemi"
Ah, comme la vie serait triste
Triste, triste, triste
Ah, comme la vie serait triste
Si l´on ne pouvait pas chanter
Chantez les joyeux compères
Qui déclarent la guerre
Et qui n´y vont pas
Chantez la prochaine dernière
Et les réverbères
Où on les pendra
kankou
☁ ☁ ☁ Coucou à tous☁ ☁ ☁
Les poètes boivent des martinis
Sylvia et Ann boivent des martinis dans le bar
d’un hôtel à Boston. Leurs robes aux motifs soyeux
s’enroulent autour de leurs doigts ; elles se demandent
s’il faut être hantées par la vaisselle et les draps
pour écrire des poèmes dans lesquels les objets volent
entre vers et prose, atterrissent sur les murs
de la cuisine et se fracassent au cœur des images
ou des phrases déclinées durant leurs années d’apprentissage.
Les deux femmes, ménagères averties,
écrivent sur les boîtes de macaronis, les préparations
pour gâteau ; Betty Crocker est une muse, spatule
à la main, elle scande la mesure de leurs cris étouffés
dans le garde-manger. Les portes d’armoire claquent,
le lavabo hurle ses déchets accumulés par la famille.
Sylvia et Ann boivent des martinis, leur tête
est lourde, le travail s’accumule depuis leur départ.
J’écoute leur conversation féroce, je suis derrière,
subjuguée par leur maîtrise des mots et de l’art ménager;
émue je m’incline devant leurs voix.
Je n’ouvrirai pas le gaz de la cuisinière.
Carole David
huarsy
Dans ce paquet,
Dix mouchoirs blancs pliés.
Rapidement, on le prend,
Le déplie et le jette.
Ce petit carré de grande utilité,
Te sert à chaque instant.
La larme coulant de ce grand chagrin
Infiiniment douloureux.
D'un geste brutal, sortant le suivant,
Un crayon à la main pour lui écrire :
"combien tu l'aimes ;
Tu seras au rendez-vous !".
Roulé en boule au fond d'une poche,
Il est retrouvé trop tard !
Oubli volontaire,
Moment manqué pas excusé.
Ce petit bout de papier
Journalier sera vite remplacé.
VB
@Toinette55 - de retour parmi nous - merci de m'avoir prévenue pour ta non-participation à ma sortie - rien de grave j'espère !
À bientôt - bonne journée - merci -
syssy62
Paul VERLAINE (1844-1896)
Le soleil du matin doucement chauffe et dore
Le soleil du matin doucement chauffe et dore
Les seigles et les blés tout humides encore,
Et l'azur a gardé sa fraîcheur de la nuit.
L'on sort sans autre but que de sortir ; on suit,
Le long de la rivière aux vagues herbes jaunes,
Un chemin de gazon que bordent de vieux aunes.
L'air est vif. Par moment un oiseau vole avec
Quelque fruit de la haie ou quelque paille au bec,
Et son reflet dans l'eau survit à son passage.
C'est tout.
Mais le songeur aime ce paysage
Dont la claire douceur a soudain caressé
Son rêve de bonheur adorable, et bercé
Le souvenir charmant de cette jeune fille,
Blanche apparition qui chante et qui scintille,
Dont rêve le poète et que l'homme chérit,
Evoquant en ses voeux dont peut-être on sourit
La Compagne qu'enfin il a trouvée, et l'âme
Que son âme depuis toujours pleure et réclame.
basilic59
Les effets d'un sourire
C'est toujours un cadeau
Il coûte un peu d 'effort
Mais donne du réconfort,
C'est une preuve d'affection,
Un peu de compréhension.
Un sourire n'a pas d'âge
Si un petit bébé
Est capable de le donner,
Vous qui êtes âgés
Essayez ! Vous verrez !
Un sourire c'est joli...
Au lieu d'être déprimé
De rester enfermé,
Sortez donc vos fossettes...
Voyez l'effet que vous faites.
C'est un rayon de soleil
Comme un brin de lumière,
Qui descend sur la Terre,
Il apporte dans le cœur
Un instant de bonheur.
Un sourire fait du bien
Tiens ! votre sourire revient
Et il vous fait du bien.
La vie est plus facile
Lorsqu'on se sent utile...
Jean-Claude Brinette
huarsy
Merci Mesdames les poétesses -
Il suffit d'un mot pour que tout bascule ;
Il suffit d'un silence pour reviennent mes doutes.
De par ton absence, je suis perdue ;
De par ton absence, je ne suis plus.
Aller vers toi, sans encombrer ta vie ;
Aller vers toi, sans tes souhaits.
Disposer à t'écouter, te servir, te chérir ;
Lutter pour ne pas t'envahir.............!
Pourtant, un seul signe et j'arrive ! -
VB
basilic59
Je t'aime
Je t’aime pour toutes les femmes
Que je n’ai pas connues
Je t’aime pour tout le temps
Où je n’ai pas vécu
Pour l’odeur du grand large
Et l’odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond
Pour les premières fleurs
Pour les animaux purs
Que l’homme n’effraie pas
Je t’aime pour aimer
Je t’aime pour toutes les femmes
Que je n’aime pas
Qui me reflète sinon toi-même
Je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien
Qu’une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd’hui
Il y a eu toutes ces morts
Que j’ai franchies
Sur de la paille
Je n’ai pas pu percer
Le mur de mon miroir
Il m’a fallu apprendre
Mot par mot la vie
Comme on oublie
Je t’aime pour ta sagesse
Qui n’est pas la mienne
Pour la santé je t’aime
Contre tout ce qui n’est qu’illusion
Pour ce cœur immortel
Que je ne détiens pas
Que tu crois être le doute
Et tu n’es que raison
Tu es le grand soleil
Qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi
Quand je suis sûr de moi
Tu es le grand soleil
Qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi
Quand je suis sûr de moi
Paul Eluard
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