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chantoon - 16 janvier 2014 05:47

montreal
Matin
Vos champs meurent, vos champs sans fin :
De branche en branche vers lâĂ©cho
Le rĂȘve Ă peine est dans la fleur
Déjà le vent court au matin.
Un homme pleure Ă pleines dents
Humble des chiens badauds le flairent
Il médite corps en dérive
Dans la clairiĂšre de la foule.
Est-il, Ă lâorĂ©e des Ă©paves
Un lieu de laves oĂč lâaube neige
Par ses oiseaux démesurés,
Comme on voit les clartés en mai
Comme apaisement de marées
Ou comme un bouquet devient gué.
Ădouard Glissant ("La terre inquiĂšte", Ă©ditions du Dragon, 1955)
montreal
Ma maison
Quand j'ai chaussé les bottes
Qui devaient m'amener Ă la ville
j'ai mis dans ma poche
Une vieille maison
OĂč j'avais fait entrer
Une jeune fille
Il y avait déjà ma mÚre dans la cuisine
En train de servir le saumon
Quatre pieds carrés de soleil
Sur le plancher lavé
Mon pÚre était à travailler
Ma sĆur Ă cueillir des framboises
Et le voisin d'en face et celui d'en arriĂšre
Qui parlaient de beau temps
Sur la clĂŽture Ă quatre lisses
Et de l'air propre autour de tout cela
AussitÎt arrivé en ville
j'ai sorti ma maison de ma poche
Et c'était un harmonica
Gilles Vigneault
montreal
LâĂźle lointaine
Je suis né dans une ßle amoureuse du vent
OĂč l'air a des senteurs de sucre et de vanille
Et que berce au soleil du tropique mouvant
Le flot tiĂšde et bleu de la mer des Antilles.
Sous les brises, au chant des arbres familiers,
J'ai vu les horizons oĂč planent les frĂ©gates
Et respiré l'encens sauvage des halliers
Dans ses forĂȘts pleines de fleurs et d'aromates.
Cent fois je suis monté sur ses mornes en feu
Pour voir Ă l'infini la mer splendide et nue
Ainsi qu'un grand désert mouvant de sable bleu
Border la perspective immense de la nue.
Contre ces souvenirs en vain je me défends
Je me souviens des airs que les femmes créoles
Disent au crépuscule à leurs petits enfants,
Car ma mĂšre autrefois m'en apprit les paroles.
Et c'est pourquoi toujours mes rĂȘves reviendront
Vers ses plages en feu ceintes de coquillages
Vers les arbres heureux qui parfument ses monts
Dans le balancement des fleurs et des feuillages.
Et c'est pourquoi du temps des hivers lamentables
OĂč des orgues jouaient au fond des vieilles cours,
Dans les jardins de France oĂč meurent les Ă©rables
J'ai chantĂ© ses forĂȘts qui verdissent toujours.
O charme d'évoquer sous le ciel de Paris
Le souvenir pieux d'une enfance sereine
Et dans un Luxembourg aux parterres flétris
De respirer l'odeur d'une Antille lointaine !
O charme d'aborder en rĂȘve au sol natal
OĂč pleure la chanson des longs filaos tristes
Et de revoir au fond du soir occidental
Flotter la lune rose au faĂźte des palmistes !
Daniel Thaly ("Le jardin des Tropiques", La Nouvelle Revue Française N' 32, août 1911)
Quant à l'auteur du poÚme précédent c'est du Maßtre poÚte Iboujo ,

chantoon
Bonjour....
La poésie se meurt
Avec la fin des étoiles
Avec le feu des volcans éteints
Avec la mort des oubliés
La poĂ©sie sâefface
Sur cet enfant sage
Qui nâa pu rĂȘver ni mĂȘme crier
Lorsque le sort lâa si sauvagement rejetĂ©
La poĂ©sie sâenvole au grĂ© dâimages folles
Dans le berceau des vagues
Aux rythmes allaités
Par un dieu, une tempĂȘte ou⊠serait ce Eole
Qui mĂšne ainsi la barque
De la sonnerie aux morts
A lâassaut de la vie
Et la résurrection tant attendue ?
La poésie se meurt
Mais si jâai survĂ©cu
Ce nâest que pour pouvoir encore
Prononcer lâhymne PoĂ©sie.
Sarah MOSTREL

chantoon
Bonjour...
Je viens de trouver une poesie, trop amusante Ă lire, un peu difficile tout de mĂȘme, jugez-en par vous mĂȘme ....đłđ
LâĂ©picier
Gaston Couté
VâlĂ trois ans quâje mâsĂ©s mariĂ©
Pasquâiâ fallait ben quâje mâmarie :
Faut eunâ femme Ă tout Ă©picier
Pour teniâ son fonds dâĂ©picârie ;
Jâen ai pris eunâ quâavait quĂ©qâssous
Mais vieille Ă pouvoir ĂȘtâ ma mĂšre.
Songeant quâbouchettâ rose et z-yeux doux
Valânt moins quâvieux bas plein, en affaire.
Va chemineux, va, lidéra !
Suis ton coeur oĂčs quâi tâmĂ©nâra !
A câtâheure, aprĂšs la râcettâ du jour
Quand ejâ me couchâ comme mâincombe
AuprĂšs dâma femmâ quâa pus dâamour,
Mon lit me fait lâeffet dâeunâ tombe ;
Et dirâ que jâme bute Ă chaquâ pas
Dans joliâ brune et belle blonde
Mais ren quâ de mâvoir leu causer bas
Ăa pourrait fairâ clabauder lâmonde.
Va chemineux, va, lidéra !
Suis ton coeur oĂčs quâi tâmĂ©nâra !
Quant Ă câtte vieillâ qui mâfait horreur,
Pas possiblâ de mâsĂ©parer dâelle :
Câest comme eunâ pierrâ que jâai su lâcoeur
Et qui yempĂ©châ de bouger lâaile ;
La fairâ cornette, en vĂ©ritĂ©
Fârait ben mal aux yeux dâla « pratique »
Et, si jâvenions Ă nous quitter,
Ăa sârait la mort de ma boutique.
Va chemineux, va, lidéra !
Suis ton coeur oĂčs quâi tâmĂ©nâra !
Gaston Couté
petitcanari
Aux femmes
PoĂšte : Louise Ackermann (1813-1890)
S'il arrivait un jour, en quelque lieu sur terre,
Qu'une entre vous vraiment comprit sa tĂąche austĂšre ;
Si, dans le sentier rude avançant lentement,
Cette Ăąme s'arrĂȘtait Ă quelque dĂ©voĂ»ment ;
Si c'était la bonté sous les cieux descendue,
Vers les infortunés la main toujours tendue ;
Si l'Ă©poux et l'enfant Ă ce cĆur ont puisĂ© ;
Si l'espoir de plusieurs sur elle est déposé ;
Femmes, enviez-la ! Tandis que dans la foule
Votre vie inutile en vains plaisirs s'écoule
Et que votre cĆur flotte, au hasard entraĂźnĂ©,
Elle a sa foi, son but et son labeur donné.
Enviez-la ! Qu'il souffre ou combatte, c'est Elle
Que l'homme Ă son secours incessamment appelle,
Sa joie et son espoir, son rayon sous les cieux,
Qu'il pressentait de l'Ăąme et qu'il cherchait des yeux,
La colombe au cou blanc qu'un vent du ciel ramĂšne
Vers cette arche en danger de la famille humaine,
Qui, des saintes hauteurs en ce morne séjour,
Pour branche d'olivier a rapporté l'amour.
Louise Ackermann.

chantoon
UP...le printemps pointe un peu le bout de son nez....
LE PRINTEMPS
AprĂšs tout ce blanc vient le vert,
Le printemps vient aprĂšs l'hiver.
AprĂšs le grand froid le soleil,
AprĂšs la neige vient le nid,
AprÚs le noir vient le réveil,
L'histoire n'est jamais finie.
AprĂšs tout ce blanc vient le vert,
Le printemps vient aprĂšs l'hiver,
Et aprĂšs la pluie le beau temps.
Claude ROY - Farandoles et fariboles
BELLES JOURNĂES A VOUS.