

chantoon
Bonjour....
VIEILLE FERME Ã LA TOUSSAINT .
La ferme aux longs murs blancs, sous les grands arbres jaunes,
Regarde, avec les yeux de ses carreaux éteints,
Tomber très lentement, en ce jour de Toussaint,
Les feuillages fanés des frênes et des aunes.
Elle songe et resonge à ceux qui sont ailleurs,
Et qui, de père en fils, longuement s’éreintèrent,
Du pied bêchant le sol, des mains fouillant la terre,
A secouer la plaine à grands coups de labeur.
Puis elle songe encor qu’elle est finie et seule,
Et que ses murs épais et lourds, mais crevassés,
Laissent filtrer la pluie et les brouillards tassés,
Même jusqu’au foyer où s’abrite l’aïeule.
Elle regarde aux horizons bouder les bourgs ;
Des nuages compacts plombent le ciel de Flandre ;
Et tristement, et lourdement se font entendre,
Là-bas, des bonds de glas sautant de tour en tour.
Et quand la chute en or des feuillage effleure,
Larmes ! ses murs flétris et ses pignons usés,
La ferme croit sentir ses lointains trépassés
Qui doucement se rapprochent d’elle, à cette heure,
Et pleurent.
Emile Verhaeren, Toute la Flandre

chantoon
Bonsoir....
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L’écureuil et la feuille
Un écureuil, sur la bruyère,
Se lave avec de la lumière.
Une feuille morte descend,
Doucement portée par le vent.
Et le vent balance la feuille
Juste au-dessus de l’écureuil ;
Le vent attend, pour la poser
Légèrement sur la bruyère,
Que l’écureuil soit remonté
Sur le chêne de la clairière
Où il aime à se balancer
Comme une feuille de lumière.
Maurice CARÊME (1899-1978)
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delphinium29
Roses d’automne
Nérée Beauchemin
Aux branches que l’air rouille et que le gel mordore,
Comme par un prodige inouï du soleil,
Avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur coeur vermeil.
Dans sa corbeille d’or, août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que, soudain, les touffes printanières
Embaument les matins de l’arrière-saison.
martinemdh
l'infini et le néant
Longtemps gardera son voile du mystère le temps
Défini, il le semble, répété à longueur de journée
Mais ne le saura nulle personne précisément,
Son nom seulement utilisé sans savoir ce qu’il est.
.
Le présent est à l’image d’ une éphémère étincelle,
Le futur nous impressionne, souvent angoissant
Ne sachant si cauchemar demain ou vie plus belle.
Le passé lui ne fait plus peur, il a passé son temps.
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A deux instants de leur vie tous les humains égaux :
A leur naissance tellement fragiles, purs et innocents,
Démunis à leur mort, sans pouvoir ni richesse ni peau.
Malheur à celui qui à faire le mal aura passé son temps.
.
Le temps n’est pas seulement dimension indéfinissable,
Il est ce médecin avéré qui bien des plaies guérit aussi.
A la magnificence, un espace-temps infini, inimaginable,
L’insignifiance de l’Homme et à l’échelle du néant sa vie.
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Nul ne connaît la nature du temps jusqu’à cet instant,
Une dimension qui demeure tristement indéfinissable.
Il serait à l’image d’un wagon qui roule indéfiniment
Vers le futur, invisible et tel un fluide, insaisissable

chantoon
Bonjour, Amies et Amis de la poesie...
l'automne cette belle saison , surprenante par ces contrastes.....tantôt habillant ses forêts de sang et de feu, tantôt les enveloppant de brume et de bruine, ne nous laisse pas indifférent....nous aimons faire de longues ballades sur des chemins pavés de feuilles, rencontrant ça et là quelques familles de champignons, croisant le regard curieux et appeuré de quelques écureuils...la nature se prépare à s'endormir pour l'hiver et nous en sommes les témoins.
Sachons l'aimer et le dire.
J'ai beaucoup aimè ce poéme, je vous l'offre àfin que vous puissiez vous aussi LE DECOUVRIR....si vous ne le connaissez pas déja .🙂
VAGABONDAGES
L’aurore automnale amène la nostalgie
De la Bretagne et de son ocre névralgie.
La campagne y commence l’effilochement
Au quotidien de sa couverture verte ;
Le début du crépusculaire épanchement
Des feuillages dont la vitalité offerte
Se posera, dense, comme l’effigie brune
De la vie en déclin, sa substance importune.
Kieran Wall, Poésies, 2012