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chantoon - 16 janvier 2014 05:47

martinemdh
Mon enfant, ma soeur,
Songe Ă la douceur
D'aller lĂ -bas vivre ensemble !
Aimer Ă loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traĂźtres yeux,
Brillant Ă travers leurs larmes.
Là , tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
MĂȘlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
Ă l'Ăąme en secret
Sa douce langue natale.
Là , tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
RevĂȘtent les champs,
Les canaux, la ville entiĂšre,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumiĂšre.
Là , tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
martinemdh
PoĂšte : Auguste Angellier
Les caresses des yeux sont les plus adorables ;
Elles apportent l'Ăąme aux limites de l'ĂȘtre,
Et livrent des secrets autrement ineffables,
Dans lesquels seul le fond du coeur peut apparaĂźtre.
Les baisers les plus purs sont grossiers auprĂšs d'elles ;
Leur langage est plus fort que toutes les paroles ;
Rien n'exprime que lui les choses immortelles
Qui passent par instants dans nos ĂȘtres frivoles.
Lorsque l'Ăąge a vieilli la bouche et le sourire
Dont le pli lentement s'est comblé de tristesses,
Elles gardent encor leur limpide tendresse ;
Faites pour consoler, enivrer et séduire,
Elles ont les douceurs, les ardeurs et les charmes !
Et quelle autre caresse a traversé des larmes

chantoon
Bonjour...
LE MATIN DU MONDE
Jules Superveille
Alentour naissaient mille bruits
Mais si pleins encor de silence
Que l'oreille croyait ouĂŻr
Le chant de sa propre innocence.
Tout vivait en se regardant,
Miroir était le voisinage
OĂč chaque chose allait rĂȘvant
A l'éclosion de son ùge.
Les palmiers trouvant une forme
OĂč balancer leur plaisir pur
Appelaient de loin les oiseaux
Pour leur montrer des dentelures.
Un cheval blanc découvrait l'homme
Qui s'avançait à petit bruit,
Avec la
Terre autour de lui
Tournant pour son cĆur astrologue.
Le cheval bougeait les naseaux
Puis hennissait comme en plein ciel
Et tout entouré d'irréel
S'abandonnait Ă son galop.
Dans la rue, des enfants, des femmes,
A de beaux nuages pareils,
S'assemblaient pour chercher leur Ăąme
Et passaient de l'ombre au soleil.
Mille coqs traçaient de leurs chants
Les frontiĂšres de la campagne
Mais les vagues de l'océan
Hésitaient entre vingt rivages.
L'heure était si riche en rameurs,
En nageuses phosphorescentes
Que les étoiles oubliÚrent
Leurs reflets dans les eaux parlantes.
martinemdh
Il était un petit chat
qui ne mangeait que du riz.
Et sa queue trainait par-ci,
et sa queue trainait par-la.
Il n'aimait pas les souris:
les souris,en s'amusant,
attrapaient sa queue par-ci,
attrapaient sa queue par-la.
Et le sage petit chat
perdant quelques poils par-ci,
perdant quelques poils par la,
et le sage petit chat
finit par ne plus avoir,
-oh!drĂŽle,si drĂŽle a voir!-
qu'une longue queue de rat.
martinemdh
Bonjour
et peut ĂȘtre aussi celle l
Perrine était servante
Perrine était servante
Chez Monsieur le Curé, digue donda dondaine
Chez Monsieur le Curé, digue donda dondé!
Son amant vint la vouĂšre
Son amant vint la vouĂšre
Un soir aprĂšs le dĂźner.
Perrine, ĂŽ ma Perrine
Perrine, ĂŽ ma Perrine
Je voudrais bien t'embrasser...
Oh! grand nigaud que t'es bĂȘte
Oh! grand nigaud que t'es bĂȘte
Ăa se fait sans se demander!...
Voilà Monsieur le curé qu'arrive
Voilà Monsieur le curé qu'arrive
OĂč je va t'y bien me cacher?...
Cache-toi dedans la huche!
Cache-toi dedans la huche!
Le ne saura pas te trouver!...
Il y resta six semainesIl y resta six semaines
Elle l'avait oublié!...
Au bout de six semaines
Au bout de six semaines
Les rats l'avaient bouffé!...
Ils avaient rongé son crùne
Ils avaient rongé son crùne
Et puis tous les doigts de pied.
On fit creuser son crĂąne
On fit creuser son crĂąne
Pour faire un bénitier...
On fit monter ses jambes
On fit monter ses jambes
Pour faire deux chandeliers...
Voila la triste histoire
Voila la triste histoire
D'un jeune homme Ă marier...
Qu'allait trop voir les filles
Qu'allait trop voir les filles
Le soir aprĂšs le dĂźner!.

chantoon
Bonjour...
Certaines ou certains doivent encore s'en souvenir...Je l'avais apprise au Lycee....et plus tard fredonner comme Brassens..
Ballade des Dames du temps jadis.
Dictes-moy oĂč, nâen quel pays,
Est Flora, la belle Romaine ;
Archipiada, ne ThaĂŻs,
Qui fut sa cousine germaine ;
Echo, parlant quand bruyt on maine
Dessus riviĂšre ou sus estan,
Qui beautĂ© eut trop plus quâhumaine ?
Mais oĂč sont les neiges dâantan !
OĂč est la trĂšs sage HeloĂŻs,
Pour qui fut chastré et puis moyne
Pierre Esbaillart Ă Sainct-Denys ?
Pour son amour eut cest essoyne.
Semblablement, oĂč est la royne
Qui commanda que Buridan
Fust jetté en ung sac en Seine ?
Mais oĂč sont les neiges dâantan !
La royne Blanche comme ung lys,
Qui chantoit Ă voix de sereine ;
Berthe au grand pied, Bietris, Allys ;
Harembourges, qui tint le Mayne,
Et Jehanne, la bonne Lorraine,
QuâAnglois bruslĂšrent Ă Rouen ;
OĂč sont-ilz, Vierge souveraine ?âŠ
Mais oĂč sont les neiges dâantan !
Prince, nâenquerez de sepmaine
OĂč elles sont, ne de cest an,
QuâĂ ce refrain ne vous remaine :
Mais oĂč sont les neiges dâantan !
François Villon, 1458-9
Catégories François Villon, La femme, Le temps qui passe

chantoon
Bonsoir...
LES FAUX CULS
(j'en connais mais ne les frequente pas....!!! đ)
MotivĂ©s par un intĂ©rĂȘt
Envie de gloire et de mondanités
Profitant du moindre de vos attraits
Mais crachant sur votre dos tourné
Ils vous apprennent le jeu de lâignorance
Ils sont lâessence de lâindiffĂ©rence
Mesdames Messieurs souhaitez la bienvenue
A nos chers et tendres faux culs
Ils dĂ©blatĂšrent ce quâil y a de moins profond
Se complaisent dans leur triste apparence
Les faux culs vous prennent pour un con
MĂ©ritent t-ils encore lâexistence ?
A votre petit jeu je ne joue plus
Les dés jetés sont tous pipés
Démasqués vous avez perdu
Allez tromper dâautres benĂȘts
La franchise moi ne me dérange
Je préfÚre les relations saines
Vos maniÚres de faire sont étranges
Mes pauvres je nâai rien dâun mĂ©cĂšne
Faux culs toujours vous resterez
Pauvres dans vos cœurs comme dans vos tĂȘtes
Vos sentiments se girouettent
Mais le contre-courant je sais lâaffronter.
Inconnu.
martinemdh
Je nâaime pas attendre mon tour.
Je nâaime pas attendre le train.
Je nâaime pas attendre pour juger.
Je nâaime pas attendre le moment.
Je nâaime pas attendre un autre jour.
Je nâaime pas attendre
parce que je nâai pas le temps
et que je ne vis que dans lâinstant.
Tu le sais bien dâailleurs,
Tout est fait pour mâĂ©viter lâattente :
les cartes bleues et les libres services,
les ventes à crédit
et les distributeurs automatiques,
les coups de téléphone
et les photos à développement instantané,
les tĂ©lex et les terminaux dâordinateur,la tĂ©lĂ©vision et les flashes Ă la radioâŠ
Je nâai pas besoin dâattendre les nouvelles :
elles me prĂ©cĂšdent.Lâattente, seulement lâattente,
lâattente de lâattente,
lâintimitĂ© avec lâattente qui est en nous
parce que seule lâattente
et que seule lâattention
est capable dâaimer