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đŸ˜â€ïžđŸ˜˜ POESIES, HAÏKUS, avez-vous dit? Dites m'en plus....đŸ˜â€ïžđŸ˜˜

chantoon - 16 janvier 2014 05:47

Si comme moi vous aimez la magie des mots, la beauté des phrases, si vous lisez avec plaisir les auteurs anciens, nouveaux , poésie de tout pays, si vous trouvez réconfort, apaisement et ressort en les dévorant :
Vous ĂȘtes a la bonne adresse, venez nous offrir en toute amitiĂ© vos poĂšmes prĂ©fĂ©rĂ©s ou pourquoi pas venez nous faire dĂ©couvrir vos propres Ă©crits...
En un mot, disons trois....VENEZ NOUS RÉGALER...
Si vous vous intéressez aux haïkus, venez nous les faire partagez, si vous en avez envie.
Cordialement.

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chantoon16 janvier 2014 05:47

Si comme moi vous aimez la magie des mots, la beauté des phrases, si vous lisez avec plaisir les auteurs anciens, nouveaux , poésie de tout pays, si vous trouvez réconfort, apaisement et ressort en les dévorant :
Vous ĂȘtes a la bonne adresse, venez nous offrir en toute amitiĂ© vos poĂšmes prĂ©fĂ©rĂ©s ou pourquoi pas venez nous faire dĂ©couvrir vos propres Ă©crits...
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martinemdh

28 février 2020 16:18

Montreal ce matin nous a parlé de l'écrivain Henry James que je ne connaissais que de nom ....un petit poÚme de lui pour l'anniversaire de sa mort ..
" Un loup blanc sort soudain d'un sombre bois
Et je me sens perdu complĂštement aux abois
Ce qui me fait peur c'est qu'il ne semble avoir aucune attache
Je me demande précipitamment ce que cela cache

Mais il marche tranquillement sur le chemin
Il n'a l'air ni méchant ni malin
Il vient vers moi et d'une voix étrangement familÚre
Mon ami pouvez-vous m'indiquer la lisiĂšre

Je lui montre l'arbre le plus proche qui est aussi le plus haut
Je sens que je commence Ă  avoir chaud
Le soleil est au-dessus de moi Ă  la verticale
Tant pis je prends mon vélo il faut que je pédale

Il faut que je m'enfuie de ce monde de fous
OĂč les messagers s'incarnent dans des loups
Moi je veux simplement comprendre
Sans vouloir à tout prix dans plusieurs vies me répandre

J'aime les chemins les plus courts
Et ceux qui
ne rencontrent pas trop de carrefours
Sauf si les directions indiquées sont claires
Et qu'elles ne me demandent pas de revenir en arriĂšre "

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martinemdh

27 février 2020 17:39

l reste du beurre sur ma tartine
Faut retomber du bon cÎté
En cacahuĂšte ou en sardine
Mieux vaut éviter de s'étaler
C'est le silence dans la cuisine
J'ai la mie de pain effacée
Il reste du beurre sur ma tartine
Pour du bon cÎté s'échouer

Il reste du beurre sur ma tartine
Et ma confiture s'est barrée
Dans mes yeux ça dégouline
C'est mon cÎté sucré salé
Il manque ton parfum amandine
Pour te tremper dans mon café
Et la radio me baratine
Sur l'amour des produits laitiers Ça manque de douceur sur ma tartine
Et mon grille-pain s'est arrĂȘtĂ©
Le croustillant de mes matines
De la compote édulcorée
J'ai pourtant pris des vitamines
Mais rien n'vaut l'amour Ă  croquer
J'ai le frigo en lĂšche-vitrine
Et ton pot vide Ă  regarder

J'ai mis de l'humeur sur ma tartine
Du bon cÎté, je dois l'avouer
AmĂšne ta fraise, ta bonne mine
Ma confiture adorée
Un bout de beurre sur mes babines
Du miel pour ton ours mal léché
Sans toi ma vie est margarine
Et l'avenir pasteurisé...

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martinemdh

26 février 2020 15:49

Il a neigé dans l'aube rose,
Si doucement neigé
Que le chaton noir croit rĂȘver.
C'est Ă  peine s'il ose
Marcher.

Il a neigé dans l'aube rose
Si doucement neigé
Que les choses
Semblent avoir changé

Et le chaton noir n'ose
S'aventurer dans le verger
Se sentant soudain étranger
A cette blancheur oĂč se posent
Comme pour le narguer,
Des moineaux effrontés.

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martinemdh

25 février 2020 20:57

La plainte du bois
Dans l'ùtre flamboyant le feu siffle et détone,
Et le vieux bois gémit d'une voix monotone.

Il dit qu'il était né pour vivre dans l'air pur,
Pour se nourrir de terre et s'abreuver d'azur,
Pour grandir lentement et pousser chaque année
Plus haut, toujours plus haut, sa tĂȘte couronnĂ©e,
Pour parfumer avril de ses grappes de fleurs,
Pour abriter les nids et les oiseaux siffl
eurs,
Pour jeter dans le vent mille chansons joyeuses,
Pour vĂȘtir tour Ă  tour ses robes merveilleuses,
Son manteau de printemps de fins bourgeons couvert,
Et la pourpre en automne, et l'hermine en hiver.
Il dit que l'homme est dur, avare et sans entrailles,
D'avoir Ă  coups de hache et par d'Ăąpres entailles
TuĂ© l'arbre ; car l'arbre est un ĂȘtre vivant.
Il dit comme il fut bon pour l'homme bien souvent,
Qu'Ă  nos jeunes amours et nos baisers sans nombre
Il a prĂȘtĂ© l'alcĂŽve obscure de son ombre,
Qu'il nous couvrait le jour de ses frais parasols
Et nous berçait la nuit aux chants des rossignols,
Et qu'ingrats, oubliant notre amour, notre enfance,
Nous coupons sans pitié le géant sans défense.

Et dans l'Ăątre en brasier le bois geint et se tord.

Ô bois, tu n'es pas sage et tu te plains à tort.
Nos mains en te coupant ne sont pas assassines.
Enchaßné, subissant l'entrave des racines,
Tu vĂ©gĂ©tais au mĂȘme endroit, sans mouvement,
Et conjoint à la terre inséparablement.
Toi qui veux ĂȘtre libre et qui proclames l'arbre
Vivant, tu demeurais planté là comme un marbre,
Captif en ton écorce ainsi qu'en un réseau,
Et tu ne devinais l'essor que par l'oiseau.
Nous t'avons dĂ©livrĂ© du sol oĂč tu te rives,
Et te voilĂ  flottant sur l'eau, voyant des rives
Avec leurs bateliers, leurs maisons, leurs chevaux.
Ô les cieux diffĂ©rents ! les horizons nouveaux !
Que de biens inconnus tu vas enfin connaĂźtre !
Quel souffle d'aventure étrange te pénÚtre !
Mais tout cela n'est rien. Car tu rampes encor.
Qu'on le fende et le brûle, et qu'il prenne l'essor !
Et le feu furieux te dévore la fibre.
Ah ! tu vis maintenant, tu vis, te voilĂ  libre !
Plus haut que les parfums printaniers de tes fleurs,
Plus haut que les chansons de tes oiseaux siffleurs,
Plus haut que tes soupirs, plus haut que mes paroles,
Dans la nue et l'espace infini tu t'envoles !
Vers ces roses vapeurs oĂč le soleil du soir
S'éteint comme une braise au fond d'un encensoir,
Vers ce firmament bleu dont la gloire allumée
Absorbe avec amour ton ùme de fumée,
Vers ce mystérieux et sublime lointain
OĂč viendra s'Ă©veiller demain le frais matin,
OĂč luiront cette nuit les splendeurs sidĂ©rales,
Monte, monte toujours, déroule tes spirales,
Monte, évanouis-toi, fuis, disparais ! Voici
Que ton dernier flocon flotte seul, aminci,
Et se fond, se dissout, s'en va. Tu perds ton ĂȘtre ;
Aucun oeil à présent ne peut te reconnaßtre ;
Et toi qui regrettais le grand ciel et l'air pur,
Ô vieux bois, tu deviens un morceau de l'azur.

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martinemdh

24 février 2020 16:37


Le vent dans l’üle

Le vent est un cheval:
écoute comme il court
travers mer et ciel.

Pour m’emmener : Ă©coute
comme il parcourt le monde
pour m’emmener au loin.

Cache-moi dans tes bras,
cette nuit solitaire,
tandis que la pluie blesse
Ă  la mer, Ă  la terre,
innombrable, sa bouche.

Entends comme le vent
m’appelle en galopant
pour m’emmener au loin.

Ton front contre mon front,
ta bouche sur ma bouche,
nos deux corps amarrés
Ă  l’amour qui nous brĂ»le,
laisse le vent passer,
qu’il ne m’emporte pas.

Laisse courir le vent
d’écume couronnĂ©,
qu’il m’appelle et me cherche
en galopant dans l’ombre,
tandis que moi, plongé
au fond de tes grands yeux,
cette nuit solitaire,
amour, reposerai.

(Pablo Neruda)

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martinemdh

23 février 2020 19:03



Pour un peu de tendresse
Je donnerais les diamants
Que le diable caresse
Dans mes coffres d'argent
Pourquoi crois-tu la belle
Que les marins au port
Vident leurs escarcelles
Pour offrir des trésors
A de fausses princesses
Pour un peu de tendresse

Pour un peu de tendresse
Je changerais de visage
Je changerais d'ivresse
Je changerais de langage
Pourquoi crois-tu la belle
Qu'au sommet de leurs chants
Empereurs et ménestrels
Abandonnent souvent
Puissances et richesses
Pour un peu de tendresse

Pour un peu de tendresse
Je t'offrirais le temps
Qu'il reste de jeunesse
A l'été finissant
Pourquoi crois-tu la belle
Que monte ma chanson
Vers la claire dentelle
Qui danse sur ton front
Penché vers ma détresse
Pour un peu de tendresse

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martinemdh

22 février 2020 18:18






...



En argot les hommes appellent les oreilles des feuilles
c’est dire comme ils sentent que les arbres connaissent la musique
mais la langue verte des arbres est un argot bien plus ancien
Qui peut savoir ce qu’ils disent lorsqu’ils parlent des humains





Quand un enfant de femme et d’homme
adresse la parole Ă  un arbre
l’arbre rĂ©pond
l’enfant entend
Plus tard l’enfant
parle arboriculture
avec ses maitres et ses parents

Il n’entend plus la voix des arbres
il n’entend plus leur chanson dans le vent




pourtant parfois une petite fille
pousse un cri de détresse
dans un square de ciment armé
d’herbe morne et de terre souillĂ©e
Est-ce
 oh
 est-ce
la tristesse d’ĂȘtre abandonnĂ©e
qui me fait crier au secours
ou la crainte que vous m’oubliiez
arbre de ma jeunesse
ma jeunesse pour de vrai
Dans l’oasis du souvenir
une source vient de jaillir
est-ce pour me faire pleurer
J’étais si heureuse dans la foule
la foule verte de la forĂȘt
avec la crainte de me perdre
et la crainte de me retrouver


N’oubliez pas votre petite amie
arbres de ma forĂȘt.


Jacques Prévert, "Arbres" (Histoires)

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martinemdh

22 février 2020 17:56

Ode aux fruits
Lorsque je mange des fruits, Mon coeur se réjouit;
Avec les ananas, je retrouve la joie;
Les cerises et les airelles Me donnent des ailes;
Les poires me font parfois voir tout en noir;
Mais les mûres bien vite me rassurent;
Les oranges me portent aux anges;
Et les raisins Me rendent serein;
Pour moi la vie Est une grande salade de fruits.

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martinemdh

21 février 2020 13:28

Arthur RIMBAUD
Le buffet
C'est un large buffet sculptĂ© ; le chĂȘne sombre,
TrĂšs vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;

Tout plein, c'est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d'enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand'mĂšre oĂč sont peints des griffons ;

- C'est là qu'on trouverait les médaillons, les mÚches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sĂšches
Dont le parfum se mĂȘle Ă  des parfums de fruits.
Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.

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martinemdh

20 février 2020 16:32

L'Amour n'est pas raison
l'amour 'est question
l'amour n'est pas réflexion
l'amour est émotion
l'amour n'est pas profil
l'amour est subtil
l'amour n'est pas folie
l'amour est vie
l'amour est nécessaire
Ă  faire vibrer deux ĂȘtres





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martinemdh

19 février 2020 17:10

C'est une nuit de solitude silencieuse
qu'on aurait presque entendre pu entendre
au creux de ses oreilles
la rumeur des étoiles
se développant dans le ciel

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martinemdh

18 février 2020 17:04

Estamper le visage du temps
sous un bouquet de rode
ralentir Ă  pas lents
les jours moroses
vieillir l'instant
en simple prose
perdre un moment
la notion des choses
et simplement l'osmose

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martinemdh

17 février 2020 16:41



Rire ou pleurer, mais que le cƓur
Soit plein de parfums comme un vase,
Et contienne jusqu’à l’extase
La force vive ou la langueur.

Avoir la douleur ou la joie,
Pourvu que le cƓur soit profond
Comme un arbre oĂč des ailes font
Trembler le feuillage qui ploie ;

S’en aller pensant ou rĂȘvant,
Mais que le coeur donne sa sĂšve
Et que l’ñme chante et se lùve
Comme une vague dans le vent.

Que le cƓur s’éclaire ou se voile,
Qu’il soit sombre ou vif tour à tour,
Mais que son ombre et que son jour
Aient le soleil ou les étoiles


Anna de Noailles, Le cƓur innombrable

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martinemdh

16 février 2020 17:07


Quel jour sommes-nous ?

Quel jour sommes-nous ?

Nous sommes tous les jours

Mon amie

Nous sommes toute la vie

Mon amour

Nous nous aimons et nous vivons

Nous vivons et nous nous aimons

Et nous ne savons pas ce que c'est que la vie

Et nous ne savons pas ce que c'est que le jour

Et nous ne savons pas ce que c'est que l'amour

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martinemdh

15 février 2020 09:16

Il faut plus d'une pomme
Pour remplir en panier
Il faut plus d'un pommier
Pour que chante le verger
Mais il ne faut 'un homme
Pour qu'un peu de bonté
Luise comme une pomme
Que l'on va partager...

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