đâ€ïžđ POESIES, HAĂKUS, avez-vous dit? Dites m'en plus....đâ€ïžđ
chantoon - 16 janvier 2014 05:47

petitcanari
Bonjour un vrai régal toutes ces jolies poésies:content: Merci Chantoon pour ce topic :bisous:
La Chatte métamorphosée en femme
Jean de La Fontaine
Un homme chérissait éperdument sa Chatte ;
Il la trouvait mignonne, et belle, et délicate,
Qui miaulait dâun ton fort doux.
Il était plus fou que les fous.
Cet Homme donc, par priĂšres, par larmes,
Par sortilĂšges et par charmes,
Fait tant quâil obtient du destin
Que sa Chatte en un beau matin
Devient femme, et le matin mĂȘme,
Maßtre sot en fait sa moitié.
Le voilĂ fou dâamour extrĂȘme,
De fou quâil Ă©tait dâamitiĂ©.
Jamais la Dame la plus belle
Ne charma tant son Favori
Que fait cette épouse nouvelle
Son hypocondre de mari.
Il lâamadoue, elle le flatte ;
Il nây trouve plus rien de Chatte,
Et poussant lâerreur jusquâau bout,
La croit femme en tout et partout,
Lorsque quelques Souris qui rongeaient de la natte
TroublÚrent le plaisir des nouveaux mariés.
AussitĂŽt la femme est sur pieds :
Elle manqua son aventure.
Souris de revenir, femme dâĂȘtre en posture.
Pour cette fois elle accourut Ă point :
Car ayant changé de figure,
Les souris ne la craignaient point.
Ce lui fut toujours une amorce,
Tant le naturel a de force.
Il se moque de tout, certain Ăąge accompli :
Le vase est imbibĂ©, lâĂ©toffe a pris son pli.
En vain de son train ordinaire
On le veut désaccoutumer.
Quelque chose quâon puisse faire,
On ne saurait le réformer.
Coups de fourche ni dâĂ©triviĂšres
Ne lui font changer de maniĂšres ;
Et, fussiez-vous embùtonnés,
Jamais vous nâen serez les maĂźtres.
Quâon lui ferme la porte au nez,
Il reviendra par les fenĂȘtres.
Jean de La Fontaine.
petitcanari
Bonjour,
Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses,
Pour savoir, aprĂšs tout, ce quâon aime le mieux,
Les bonbons, lâOcĂ©an, le jeu, lâazur des cieux,
Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.
Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses ;
Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup dâadieux.
Puis le coeur sâaperçoit quâil est devenu vieux,
Et lâeffet qui sâen va nous dĂ©couvre les causes.
De ces biens passagers que lâon goĂ»te Ă demi,
Le meilleur qui nous reste est un ancien ami.
On se brouille, on se fuit. Quâun hasard nous rassemble,
On sâapproche, on sourit, la main touche la main,
Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble,
Que lâĂąme est immortelle, et quâhier câest demain.
Alfred de Musset

chantoon
Bonjour....
J'ai retrouvé ce poÚme de Victor Hugo..j'avais vraiment trés aimÚ l'apprendre et le réciter...j'imaginais tant en le
lisant...
1er janvier
Enfant, on vous dira plus tard que le grand-pĂšre
Vous adorait ; qu'il fit de son mieux sur la terre,
Qu'il eut fort peu de joie et beaucoup d'envieux,
Qu'au temps oĂč vous Ă©tiez petits il Ă©tait vieux,
Qu'il n'avait pas de mots bourrus ni d'airs moroses,
Et qu'il vous a quittés dans la saison des roses ;
Qu'il est mort, que c'était un bonhomme clément ;
Que, dans l'hiver fameux du grand bombardement,
Il traversait Paris tragique et plein d'épées,
Pour vous porter des tas de jouets, des poupées,
Et des pantins faisant mille gestes bouffons ;
Et vous serez pensifs sous les arbres profonds.
1er janvier 1871
montreal
Ă un ami.
La vie réserve parfois de bien douces surprises
Met sur votre chemin des ĂȘtres d'exception
Qui en un simple instant font fondre nos banquises
Peuplant nos intérieurs d'intenses affections.
Rencontres de hasard, mais pourtant si précieuses,
Les heures qui défilent ressemblent à des secondes,
Les échanges féconds font aurores radieuses
Balluchon de bonheur pour Ăąme vagabonde.
Savourer chaque instant passé à leurs cÎtés
Pour remplir nos mémoires de tendres souvenirs
Nos lendemains pluvieux se nappent de beauté
AprÚs avoir été pouvoir à nouveau redevenir.
Remercier tous les cieux pour cette providence
Qui fait vibrer nos coeurs au rythme du partage
Donner chacun son tour dans une mĂȘme cadence
Fusion d'intimités pour le plus pur alliage.
Aborder nos matins de joie surnaturelle
Avec l'espoir secret de tendres retrouvailles
Traverser coeur Ă coeur sublimes passerelles
Et trouver dans leurs yeux nos perles de rocaille.
Philippe Doumergues.