
Leo-75
Fantaisie - Gérard de Nerval -
Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.
Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize ; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,
Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;
Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… – et dont je me souviens !
Henri
très joli....voici un réquisitoire contre ces ordis qui sont pires que la sncf car ils vous lâchent sans préavis !
Quelle époque,madame,
Nous pouvons regarder le monde
A travers des webcms...
Si l'en.gin veux bien répondre.
Vite,vite,vite,je t'appelles
Car à présent tout est urgent...
Plume,tu es la vieille séquelle
D'une ancienne école ou le temps
Laissait vivre les gens ,
Il est bien sûr nécessaire
De suivre la mode,
Moi qui hais les codes ,
Me voici à présent moyenâgeux
Je ne trouve plus de plume à tailler ,
Et fait mes messages en ronds de fumée.
IL est vrai que j'étais bien plus heureux
A l'époque ou je chassais le mammouth ,
Dépeçant de beaux steaks dans sa croupe ,
Et ayant encore dans sa belle peau
De quoi m' habiller de ces oripaux .

lyvi
Heureux celui qui meurt d'aimer
O mon jardin d'eau fraîche et d'ombre
Ma danse d'être mon coeur sombre
Mon ciel des étoiles sans nombre
Ma barque au loin douce à ramer
Heureux celui qui devient sourd
Au chant s'il n'est de son amour
Aveugle au jour d'après son jour
Ses yeux sur toi seule fermés
Heureux celui qui meurt d'aimer
Heureux celui qui meurt d'aimer
D'aimer si fort ses lèvres closes
Qu'il n'ait besoin de nulle chose
Hormis le souvenir des roses
A jamais de toi parfumées
Celui qui meurt même à douleur
A qui sans toi le monde est leurre
Et n'en retient que tes couleurs
Il lui suffit qu'il t'ait nommée
Heureux celui qui meurt d'aimer
Heureux celui qui meurt d'aimer
Mon enfant dit-il ma chère âme
Le temps de te connaître ô femme
L'éternité n'est qu'une pâme
Au feu dont je suis consumé
Il a dit ô femme et qu'il taise
Le nom qui ressemble à la braise
A la bouche rouge à la fraise
A jamais dans ses dents formée
Heureux celui qui meurt d'aimer
Heureux celui qui meurt d'aimer
Il a dit ô femme et s'achève
Ainsi la vie, ainsi le rêve
Et soit sur la place de grève
Ou dans le lit accoutumé
Jeunes amants vous dont c'est l'âge
Entre la ronde et le voyage
Fou s'épargnant qui se croit sage
Criez à qui vous veut blâmer
Heureux celui qui meurt d'aimer
Heureux celui qui meurt d'aimer
Louis Aragon

lyvi
"Still I rise" de Maya Angelou
Poème en anglais :
You may write me down in history
With your bitter, twisted lies,
You may trod me in the very dirt
But still, like dust, I'll rise.
Does my sassiness upset you?
Why are you beset with gloom?
’Cause I walk like I've got oil wells
Pumping in my living room.
Just like moons and like suns,
With the certainty of tides,
Just like hopes springing high,
Still I'll rise.
Did you want to see me broken?
Bowed head and lowered eyes?
Shoulders falling down like teardrops,
Weakened by my soulful cries?
Does my haughtiness offend you?
Don't you take it awful hard
’Cause I laugh like I've got gold mines
Diggin’ in my own backyard.
You may shoot me with your words,
You may cut me with your eyes,
You may kill me with your hatefulness,
But still, like air, I’ll rise.
Does my sexiness upset you?
Does it come as a surprise
That I dance like I've got diamonds
At the meeting of my thighs?
Out of the huts of history’s shame
I rise
Up from a past that’s rooted in pain
I rise
I'm a black ocean, leaping and wide,
Welling and swelling I bear in the tide.
Leaving behind nights of terror and fear
I rise
Into a daybreak that’s wondrously clear
I rise
Bringing the gifts that my ancestors gave,
I am the dream and the hope of the slave.
I rise
I rise
I rise.
Poème en français :
Tu peux me faire passer à l’Histoire
Avec tes mensonges pervers,
Et me traîner dans la poussière,
Mais, comme elle, je me soulèverai.
Mon exubérance t’irrite-t-elle ?
La tristesse te gagne, pourquoi ?
Parce que j’avance comme si j’avais
Des puits de pétrole chez moi.
Tout comme les lunes et les soleils,
Aussi sûre que les marées,
Tel un espoir qui se réveille,
Toujours, je m’élèverai.
Voulais-tu me voir brisée ?
La tête courbée les yeux baissés ?
Mes épaules tombant comme des larmes,
Par mon âme en pleurs, diminués ?
Est-ce mon dédain qui t’offense ?
Tu peines vraiment à l’accepter ?
Car je ris comme si des mines d’or
Dans mon jardin étaient creusées.
Tire-moi dessus avec tes mots,
Saigne-moi donc avec tes yeux,
Tue-moi avec ta haine, mais
Pourtant, comme l’air, je m’élèverai.
Mon côté sexy te dérange ?
Et pour toi, est-ce une surprise
Que je danse comme si des diamants
Nichaient au croisement de mes cuisses ?
Des taudis honteux de l’Histoire
Je m’élève
D’un passé pétri de souffrance
Je m’élève
Tel un océan noir, bondissant et immense,
Débordant, grossissant, je porte la marée.
Abandonnant les nuits de terreur et d’effroi
Je me lève
Dans une aurore à l’éclat merveilleux
Je m’élève
Apportant les cadeaux offerts par mes aïeux,
Je suis le rêve et l’espoir de l’esclave.
Je me lève
Je me soulève
Je m’élève.

lyvi
Les Adieux
Atthis n'est point sur ses pas retournée.
Vraiment, je voudrais être morte.
En me quittant, elle pleurait,
Elle pleurait et me disait:
"Ah! Saphô, terrible est ma peine.
C'est malgré moi que je m'en vais..."
Et je lui répondais moi-même:
"Pars en joie, souviens-toi de moi.
Ah! tu sais bien comme je t'aime!
"Sinon, je veux te rappeler
Nos heures si belles, si chères,
(Les as-tu vraiment oubliées?)
"Les guirlandes entrelacées,
Autour de ta gorge fragile,
Les fleurs adorables mêlées,
"Et le parfum mystérieux,
Les flacons de parfum royal,
Qui inondaient tes beaux cheveux,
"Et l'heure, où, sur un lit couchée,
Mollement et entre mes bras,
Tu calmais ta soif altérée..."
Sappho
L’Absente
Souvent, dans la lointaine Sardes,
la pensée de la chère Arignota, ô Atthis,
vient nous chercher jusqu'ici, toi et moi.
Au temps où nous vivions ensemble,
tu fus vraiment pour elle une déesse,
et de ton chant elle faisait ses délices.
Maintenant, entre les femmes de Lydie,
elle brille, comme après le coucher du soleil
brille la lune aux rayons roses,
parmi les étoiles qu'elle efface.
Elle répand sa lumière sur les flots marins,
elle éclaire les prés en fleurs.
C'est l'heure où tombent les belles gouttes de rosée,
où renaissent la rose, la délicate angélique
et le parfum du mélilot.
Alors dans ses longues courses errantes,
Arignota se souvient de la douce Atthis,
l'âme lourde de désirs, le cœur gonflé de chagrins.
Et là-bas son appel perçant nous invite à la rejoindre,
et la nuit aux subtiles oreilles
cherche à redire au delà des flots qui nous séparent
ces mots qu'on ne comprend pas,
cette voix mystérieuse..
Sappho

lyvi
A cet homme…
Des godasses un peu trop grandes
Un chapeau de paille, troué
Il n’en avait que faire :
Sa vie, c’était la terre.
Des mains aussi noires qu’un mineur
Mais tant d’amour dans le cœur
Jamais un mot de travers
Il en voulait, à son père.
Qui était-il ?
Un « Vieux Bonhomme » au regard clair
Un homme qui aimait la terre.
Les années ont passé,
Il a succombé.
…
« Il n’en avait que faire,
Sa vie, c’était la terre ».
A mon grand-père.
Sandrine Davin

lyvi
Le jardin
Des milliers et des milliers d'années
Ne sauraient suffire
Pour dire
La petite seconde d'éternité
Où tu m'as embrassé
Où je t'ai embrassé
Un matin dans la lumière de l'hiver
Au parc Montsouris à Paris
À Paris
Sur la terre
La terre qui est un astre
Jacques Prévert
Publié en 1946

lyvi
Il me semble qu'une musique passe en moi,
Une musique de mélancolie et de désir,
Qui dirait le trouble doux qu'éveille un sourire
Ou l'ineffable tremblement de tendres voix,
On croirait que ces eaux plus profondément bleues,
Plus vivantes que l'azur du large,
Plus lourdes avec ces gemmes qui les chargent,
Rapprochent de leur glissement lent les pays bleus
Qui sourient là-bas à des centaines de lieue,
Et répercutent musicalement les voix troublantes
Dont tinta leur diaphanéité céleste
Qui depuis lors chante,
Et toutes les formes réflétées
John-Antoine Nau
Poésies antillaises 1972
https://fr.wikisource.org/wiki/Hiers_bleus

lyvi
Un grand nombre de Quintonicien(ne)s ont initié des topics de poésie en essayant de faire partager leur passion, non de façon individuelle pour faire connaitre leurs œuvres mais pour que le plus grand nombre de personnes intéressées puissent y avoir accès.
je suis désolée que leurs magnifiques créations aient + ou - disparues.
D'où ce topic qui essaye, péniblement, de leur rendre hommage.

lyvi
Manick a écrit :
Y aurait-il un poème pour supporter ce manque ??????
Hélas ! Personnellement je ne l'ai pas trouvé
💙Deux acrostiches pour celui qui est parti ....
🧡RÉSONNERONT
R- Reverrai-je jamais cet enfant tant aimé
E- En ces lieux incertains où vogue son esprit
S- Sait il le désespoir qu'en partant m'a laissé ?
O- Ô douleur si profonde, si noire et sans répit.
N- Nous marchons à tâtons tout au long de la vie
N- Nous cherchons des chemins, des raisons d'exister
E- Et nous nous égarons sur des routes de pluie
R- Rugueuses et meurtrissantes à nos coeurs déchirés.
O- Otages de la mort nous errons dans la nuit
N- Nous souvenant toujours de ces jours de clarté
T- Tout bruissants de nos rires et nos bonheurs enfuis.
🧡AFFECTIONS
A- Arrêtez-vous ! Vous qui passez devant ces pierres
F- Faites silence ! Voyez son nom, voyez son âge.
F- Fallait-il aussi vite qu'il laisse son bagage
E- Et que seul dans sa nuit, dans sa sombre lumière
C- Comme un chercheur d'étoile, finisse son voyage.
T- Taisons-nous un instant, pensons encore à lui
I- Invité de la mort qui me laisse sans vie .
O-Oh! Qu'il est loin déjà mon enfant des nuages...
N- Nul n'entend plus son rire, ne voit plus son visage,
S- Seuls les anges là-haut me parlent encore de Lui.
Manick .