

ANCOLIE67
mistouflette est revenue
mistouflette - 15 mai 2026 09:59
MA VILLE
J'ai vu le jour, par un beau matin de printemps
Dans un petit quartier bien à l'abri du temps
Une si jolie ville, fortifiée par Vauban
Qui dans mes souvenirs, bercent mes rires d'enfant
Il me reste en mémoire, ces ruelles pavées
Qui avaient vocation de nous tordre les pieds
Des façades de guingois, au charme suranné
Dans les cours, des rosiers, par le vent, agités
En face de ma maison, l'école des garçons
Où le jeudi j'allais, y faire, du vélo
Un petit vélo rouge, prêté par mon cousin
Qui savait gentiment, me prendre par la main.
En ce jour de quinze Août, où Marie monte aux cieux
La ville, en long cortège, l'accompagne près de Dieu
Fillettes en robes blanches, pétales de roses blanches
Lancés à la volée, dans un beau ciel d'été.
Les vacances étaient là et mon parrain venait
Pendant quatre semaines, me prenait sous son aile
De longues promenades, mes pensées en chamade
Les oiseaux du terroir, nous offraient une aubade
Un cours d'eau qui serpente, caché dans la verdure
Un petit pont de bois, se jouant de l'usure
Une vallée enchantée sous un soleil doré
Et dans mon cœur, ma Ville, à jamais installée.
7 Décembre 2019
fragile444
Et je ne peux m'empêcher d' écrire mes vers préférés (par d'autres que moi aussi !)
L'Adieu
" J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends "
Apollinaire

lyvi
eglantine a écrit :
Bonsoir,
Adhérente depuis peu, je me rends compte que si: il y a de la poésie sur Quintonic, Mistouflette en est un exemple, d'autres peuvent se manifester et ce que vous venez d'écrire est bien joli et très inspirant
Bien sur que Mistouflette en est un exemple mais il y en a eu d'autres qui sont, hélas aujourdhui disparus.
À chacun de voir ce qu'il a envie d'écrire
À vos plumes les poètes .....

lyvi
Voeux simples
Vivre du vert des prés et du bleu des collines,
Des arbres racineux qui grimpent aux ravines,
Des ruisseaux éblouis de l’argent des poissons ;
Vivre du cliquetis allègre des moissons,
Du clair halètement des sources remuées,
Des matins de printemps qui soufflent leurs buées,
Des octobres semeurs de feuilles et de fruits
Et de l’enchantement lunaire au long des nuits
Que disent les crapauds sonores dans les trèfles.
Vivre naïvement de sorbes et de nèfles,
Gratter de la spatule une écuelle en bois,
Avoir les doigts amers ayant gaulé des noix
Et voir, ronds et crémeux, sur l’émail des assiettes,
Des fromages caillés couverts de sarriettes.
Ne rien savoir du monde où l’amour est cruel,
Prodiguer des baisers sagement sensuels
Ayant le goût du miel et des roses ouvertes
Ou d’une aigre douceur comme les prunes vertes
À l’ami que bien seule on possède en secret.
Ensemble recueillir le nombre des forêts,
Caresser dans son or brumeux l’horizon courbe,
Courir dans l’infini sans entendre la tourbe
Bruire étrangement sous la vie et la mort,
Ignorer le désir qui ronge en vain son mors,
La stérile pudeur et le tourment des gloses ;
Se tenir embrassés sur le néant des choses
Sans souci d’être grands ni de se définir,
Ne prendre de soleil que ce qu’on peut tenir
Et toujours conservant le rythme et la mesure
Vers l’accomplissement marcher d’une âme sûre.
Voir sans l’interroger s’écouler son destin,
Accepter les chardons s’il en pousse en chemin,
Croire que le fatal a décidé la pente
Et faire simplement son devoir d’eau courante.
Ah ! vivre ainsi, donner seulement ce qu’on a,
Repousser le rayon que l’orgueil butina,
N’avoir que robe en lin et chapelet de feuilles,
Mais jouir en son plein de la figue qu’on cueille,
Avoir comme une nonne un sentiment d’oiseau,
Croire que tout est bon parce que tout est beau,
Semer l’hysope franche et n’aimer que sa joie
Parmi l’agneau de laine et la chèvre de soie.
Cécile Sauvage, Tandis que la terre tourne

lyvi
A celle que j’aime
Dans ta mémoire immortelle,
Comme dans le reposoir
D’une divine chapelle,
Pour celui qui t’est fidèle,
Garde l’amour et l’espoir.
Garde l’amour qui m’enivre,
L’amour qui nous fait rêver ;
Garde l’espoir qui fait vivre ;
Garde la foi qui délivre,
La foi qui nous doit sauver.
L’espoir, c’est de la lumière,
L’amour, c’est une liqueur,
Et la foi, c’est la prière.
Mets ces trésors, ma très chère,
Au plus profond de ton coeur.
Nérée Beauchemin

lyvi
Mes mots, ces bateaux ivres.
Dans un autre Monde, ceux qui s’aiment sans jamais le dire,
passeraient ensemble le fleuve sans couleur d’un Devenir où l’Un est l’Autre,
et l’autre,
l’un
Dans un autre Monde, ceux qui s’aiment, plus jamais n’auraient besoin de dire
le mot « aimer ».
Dans un autre Monde, il y aurait des haltes sous les chênes, pour ne pas se dire
juste regarder
les yeux, l’insondable couleur
des yeux de l’Autre
Dans un autre Monde, personne ne saurait
ni qui est l’Un ou l’Une
ni que veut dire « l’Autre »
Dans un autre Monde, les jours ne sauraient pas choisir entre l’aube et l’aurore
ni si le ciel serait ou gris ou rose ou mauve, ni même s’il y aurait ailleurs
des arcs-en-ciels
dans un autre Monde où ceux qui s’aiment sans jamais le dire
passeraient ensemble le fleuve
Jean-Pierre Villebramar, 2020
alyde
A peine si le vent retrousse un peu la mer fait mousser sur son bleu un coin de jupon blanc à peine si le sang à ton front quand tu dors compte tout doucement l'aller retour du
temps
A peine si les cris des enfants sur la plage se mélangent au flot qui chuchote ses plis à peine si le blanc d'un tout petit nuage éclabousse le bleu du ciel ourlé de
gris
A peine si j'écris à peine si tu dors à peine s'il fait chaud à peine si je vis et je ferme les yeux croyant laisser dehors tout ce qui n'est pas toi mon amour
endormi.
Claude Roy

lyvi
Oceano Nox
Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis !
Combien ont disparu, dure et triste fortune !
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l’aveugle océan à jamais enfouis !
Combien de patrons morts avec leurs équipages !
L’ouragan de leur vie a pris toutes les pages
Et d’un souffle il a tout dispersé sur les flots !
Nul ne saura leur fin dans l’abîme plongée.
Chaque vague en passant d’un butin s’est chargée ;
L’une a saisi l’esquif, l’autre les matelots !
Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !
Vous roulez à travers les sombres étendues,
Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus.
Oh ! que de vieux parents, qui n’avaient plus qu’un rêve,
Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
Ceux qui ne sont pas revenus !
On s’entretient de vous parfois dans les veillées.
Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées,
Mêle encor quelque temps vos noms d’ombre couverts
Aux rires, aux refrains, aux récits d’aventures,
Aux baisers qu’on dérobe à vos belles futures,
Tandis que vous dormez dans les goëmons verts !
On demande : — Où sont-ils ? sont-ils rois dans quelque île ?
Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile ? —
Puis votre souvenir même est enseveli.
Le corps se perd dans l’eau, le nom dans la mémoire.
Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli.
Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.
L’un n’a-t-il pas sa barque et l’autre sa charrue ?
Seules, durant ces nuits où l’orage est vainqueur,
Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,
Parlent encor de vous en remuant la cendre
De leur foyer et de leur cœur !
Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière,
Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre
Dans l’étroit cimetière où l’écho nous répond,
Pas même un saule vert qui s’effeuille à l’automne,
Pas même la chanson naïve et monotone
Que chante un mendiant à l’angle d’un vieux pont !
Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
Ô flots, que vous savez de lugubres histoires !
Flots profonds redoutés des mères à genoux !
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c’est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir quand vous venez vers nous !
Victor Hugo Juillet 1836.
Les Rayons et les Ombres
