
avelig
Bien sûr que l'on peut revisiter les contes tant qu'on en garde la substantifique moelle .On peut bricoler la forme et garder le fond .
Peau d'âne :Ce conte de fées fut longtemps passé sous silence, et parfois même censuré parce qu’il aborde de front le tabou des tabous : l’inceste .Et pourtant !!
oldy4
bonjour à tous et merci pour la lecture de vos post qui est très intéressante ! en effet les contes de notre enfance sont très bien commentés par Misss, Avelig et Gribouiller ! et à notre époque où certainement peu de petits ont été bercés par les histoires de ces contes une version moderne peut paraître confortable pour apprendre à nos jeunes comment ne pas tomber dans certains pièges .... j'aime cette discussion sur les contes et en effet par vos commentaires on a envie de se plonger dans les critiques sur les contes ! pour ma part j'ai lu : "femmes qui courent avec les loups" où l'on décortique certaines histoires
bonne journée à tous les Quinto !
Misss
Tu as entièrement raison Avelig concernant Psychanalyse des contes de fée de Bruno Bettelheim.
Relis mon post,
Je n'ai pas demandé une refonte des contes de notre enfance, je donnais simplement mon avis sur Peau d'Ane ; et j'ai cité 3 contes en phase avec ces époques anciennes, dont on peut faire aujourd'hui une lecture différente et plus éclairante que ce que l'on a laissé filtrer autrefois.
N'oublions pas que selon les époques et les pays, les mœurs différaient de celles d'aujourd'hui en France. Par exemple les sévices étaient fréquents et considérés comme non seulement normaux mais éducatifs...
Si on raconte Peau d'Ane à notre époque en évoquant comme presque naturel le désir que son père avait d'elle, n'oublions pas que des générations de petites filles (et de petits garçons) ont subi l'inceste sans oser penser qu'il était possible de le refuser, le rejetter.
Alors que, par exemple, Gribouiller nous parle de la pièce Peau d'Ane qu'elle vient de voir et qui met l'accent sur le fait qu'on a le droit parfois, de ne pas toujours écouter son père.
Au moins c'est éclairant pour des enfants, surtout ceux qui peuvent à notre époque, subir encore ce type de violence.
Cendrillon et ses sœurs jalouses, le Petit Poucet, peuvent bien être racontés tels quels aux petits, mais quelques phrases donnant plus de sens à certains actes ne seraient pas à mon avis superflues.
Villyon, crois-moi, on ne les trouvait pas toutes belles ces histoires, (ou alors très petits), je me souviens de l'horreur que j'avais de ces parents qui avaient abandonné leurs enfants dans les bois... par exemple, malgré la fin de l'histoire idyllique.
Et la Reine qui voulait empoisonner Blanche-Neige n'est à mon avis pas étrangère au fait de contribuer à continuer de haïr les belles-mères.
Pourquoi voudrait-on absolument qu'il n'y ait qu'une seule réaction unanime au fil des siècles, d'enfants complètement différents, à des époques différentes, dans des pays différents, sur ces contes ?
On peut lire de savants livres de savants psychanalystes, être malgré tout d'accord avec eux, mais avoir été marqué différemment lors de son enfance.
Mais ce n'est que mon humble avis.
villyon
Tu as raison Avelig on ne doit pas toucher aux contes
Toutes ces histoires qui ont bercées notre enfance , celles de nos parents , de nos grands parents
Personne n'a cherché à donner une explication quelconque
L'histoire qu'on nous racontait était belle c'est tout
Elle nous faisait réver
Et on transmet ce rève à nos enfants
N'est ce pas merveilleux
avelig
Ah non , petite Miss , on ne touche pas aux contes , on ne va pas s'américaniser en les édulcorant sous le prétexte qu'ils sont trop " violents" pour les enfants .
Et puisque d'autres l'ont dit mieux que moi , je cite :
"Le saviez-vous ? La première trace écrite de Cendrillon et ses sœurs jalouses apparaît dans un manuscrit chinois vieux de trois mille ans. Pourquoi des histoires, si anciennes qu’on pourrait les croire désuètes, inadaptées à notre époque, nous parlent-elles encore autant ? Parce qu’elles reflètent nos structures psychiques fondamentales. Sous forme d’images symboliques, elles traduisent les problèmes auxquels nous sommes confrontés dès l’enfance, et qui touchent à la fois aux relations dans la famille (rivalité fraternelle, inceste…) et aux problèmes personnels (renoncement aux dépendances de l’enfance, affirmation de la personnalité, prise de conscience de ses propres valeurs, dépassement du conflit œdipien…). Bien loin de l’esprit d’une simple "littérature enfantine", ces contes, en mettant en scène des fantasmes, apportent, à leur manière, des solutions à ces problèmes. Voilà pourquoi, en s’adressant directement au moi naissant de l’enfant, ils jouent un rôle important dans la construction de la personnalité.
C’est parce qu’ils ont adressé des messages non seulement à notre conscient, mais aussi à notre inconscient, que Blanche-Neige, les trois petits cochons et le petit Poucet nous ont aidés à intégrer la signification du bien et du mal, à stimuler notre imagination, à développer notre intelligence, et surtout à y voir plus clair dans nos émotions.
La richesse du contenu symbolique des contes est telle qu’ils se prêtent naturellement à l’analyse et à l’interprétation. Les psychanalystes freudiens montreront quelle sorte de matériel inconscient, refoulé, est sous-jacent dans chacune de ces histoires. Pour eux, Jack qui fait pousser un haricot magique, monte sur sa tige et tue un géant pour s’emparer de son trésor, représente l’affirmation phallique de l’adolescent, qui « tue son père » pour imposer sa propre virilité. Les psychanalystes jungiens y verront plutôt un récit initiatique, l’image de notre besoin d’accéder aux degrés supérieurs de notre conscience. Pourtant, l’un n’exclut pas l’autre ! Preuve en est : tout comme dans ces innombrables histoires où le jeune héros se montre plus malin que le géant, Jack montre aux enfants qu’en se servant de son intelligence et de son esprit pratique, il est possible de se sortir des difficultés de la vie. Tout simplement.
L’universalité et la profondeur symbolique des contes de fées leur permettent d’être lus, relus, racontés maintes et maintes fois, à n’importe quel âge."
Il faut lire ou relire Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim. Une analyse éblouissante de la fonction thérapeutique des contes pour l’enfant et l’adolescent (Pocket, 1999). Moi j'ai adoré .
Un peu longue, désolée , le sujet me passionne .
avelig
Ben moi , j'en connais plein des Gildas , il faut dire que c'est un prénom breton !
Saint Gildas, dit "Le Sage", est né dans l'île de Bretagne; il y a reçu son éducation dans le sud-est du Pays de Galles actuel... Il s'établit sur le continent y fonda avec quelques compagnons l'abbaye de Rhuys, où il mourut vers 570. L'abbaye de Rhuys a conservé son tombeau et développé son culte... Saint Gildas est connu sous les formes bretonnes Sant Veltas ou sant Gueltas... (diocèse de Quimper et Léon - saint Gildas)
L'abbatiale de Saint Gildas de Rhuys abrite la sépulture du saint mort en 570 sur l'île de Houat.
Misss
@ Gribouiller :bisous:
Quoi ! tu as emmené de pauvre petits enfants voir cette abomination d'histoire de Peau d'Ane, obligée de s'enfuir du palais car poursuivie des assiduités de son père qui lui n'aurait pas hésiter à "incester" en l'épousant ?
Dire que pendant des générations on a bercé nos enfants de cette histoire au point de départ amoral, comme d'autres contes horribles (le Petit Poucet, toute une fratrie abandonnée dans la forêt par ses parents), Barbe-bleue (qui lui devait bien être pédophile...), en les enjolivant bien sûr ! :cligne:
Bonne soirée à vous tous :lol:
bricor
Oui les rumeurs courent vite et sont dangereuses.
Mais aujourd'hui, j'ai l'âme bucolique en voyant les petites pâquerettes et les fleurs de pissenlit lutter contre un ciel gris pour pointer leur nez dans mon jardin et cela donne du baume au cœur. Est-ce que l'hiver serai vaincu ?????
Bonne journée à Tous et Toutes