
avelig
la légende des Korrigans
un korrigan
Le Korrigan est issu du folklore breton, une sorte de gnome ou lutin farfelu. Le mot korrigan signifie "petit nain", du breton korr = nain, suivi du diminutif ig et du suffixe an, avec le pluriel breton ed = Korriganed. On les appelle aussi Poulpikets, Kornandons ou Ozégan
Au Moyen Âge, les Korrigans seraient les auteurs des ronds de sorcières que l'on trouvait parfois sur les prés ou dans les sous-bois ; ils danseraient autour de ce cercle à la tombée du jour.
Ils symbolisent aussi la résistance de la Bretagne à la christianisation et on leur prête alors des facéties nocturnes à proximité des églises, prenant surtout les prêtres comme cibles.
Per gwirion n'eo ked mad da laret !" (toute vérité n'est pas bonne à dire !).ET quoi de mieux qu'un conte pour l'apprendre
Le plus petit des Korrigans :
Anicet le Bossu faisait métier de jouer du biniou. Sitôt qu'il y avait une noce dans le pays, on le voyait arriver l'instrument sous le bras et suivi de son chien Gwendal. Il jouait le temps qu'il fallait et souvent plus.
- A se revoir la compagnie ! Allez Gwendal, derrière ! Et le voilà parti allant d'un côté à l'autre, de gauche à droite, de droite à gauche.
Il est vrai que la dernière bolée de cidre est souvent la bolée de trop !
Je ferais mieux de me coucher, oui ! et il se laissa tomber au pied d'un rocher tapissé de fougères sèches.
Il n'eut guère le temps de dormir ; il fut vite réveillé par les aboiements plaintifs de Gwendal qui n'en finissait pas de trembler sur ses pattes.
- Vrai, il se passe quelque chose de pas normal ! et c'est alors qu'il entendit tout un remue-ménage à un mètre à peine, sous une énorme pierre.
- Seigneur Dieu! Un repaire de korrigans ! C'est bien ma chance ! et de répéter chaque fois qu'un des lutins sortait de la terre :
- Le bonjour à toi ... et à toi aussi ... le bonjour à vous tous !
- Et le bonjour à toi ! Répondit celui qui avec sa barbe en pointe, des sourcils broussailleux avait des allures de chef.
Et à son signal, les korrigans se mirent tous à danser autour d'Anicet en chantant : Dilin ha dimern, Mar de achiui hou tra ho Ké ha ké ha ké Mar de achiui ou traou Ka hé ké ha ké ... (Lundi et Mardi si vous achevez votre travail, regrets et regrets vous aurez !) La chanson s'arrêtait là.
Il y avait bien une suite, mais aucun korrigan n'en connaissait le premier mot ! Alors ils reprenaient sans cesse les mêmes paroles, attendant vainement la suite.
- Tu connais la loi des korrigans ? demanda celui qui avait des allures de chef.
- Ma foi non !
- Soit tu trouves la fin de la chanson et tu deviens l'homme le plus riche du monde...
- Et si je ne trouve pas ?
- Je ne sais pas encore. On te changera peut être en crapaud ! ou bien on te collera une deuxième bosse sur le dos ! Attends un peu... J'ai une autre idée ! Sais-tu quel jour nous sommes ?
- Ma foi non !
- Le 23 septembre... Le jour de la Saint-Kadog, le saint patron des korrigans ! La tradition veut que ce jour-là nous racontions des histoires, des histoires de lutins, bien sûr, et toujours en exagérant. Alors, puisque tu es là, nous te choisissons comme juge. A toi de décider, entre trois de nos conteurs lequel est le plus vantard. Seulement souviens-toi de ce que je vais te dire : "Per gwirion n'eo ked mad da laret !" (toute vérité n'est pas bonne à dire !).
Le premier korrigan commença ainsi :
- Ne cherchez pas ! je suis le plus petit. Et c'est de famille ! A l'époque où mon pauvre père vivait et où un lutin était encore un lutin, il passait sous le poitrail d'un cheval sans avoir à se baisser ! et on l'applaudit comme il se devait.
Le deuxième était déjà plié en deux par le fou rire :
- Eh bien moi, mon père était plus petit encore ! Pensez un peu : d'une niche de chien il s'était fait une demeure de cinq pièces !
Et on l'applaudit tout autant. Vint le troisième concurrent.
- Quelle chance vous avez tous les deux d'avoir connu vos pères ! Le mien est mort bien avant ma naissance. C'est ma mère qui m'a appris qu'il s'était tué en tombant d'une échelle alors qu'il cueillait des fraises dans la région de Plougastel !
- Alors ? Lequel des trois a le plus exagéré ?
- Pas plus l'un que l'autre.
- Comment, rugit le troisième korrigan-conteur, n'ai-je pas mieux menti que les autres ?
- Peut être, mais si je l'avais dit, les deux autres m'auraient assommé.
- Ça c'est sûr ! Dis donc, tu as oublié d'être bête, toi !
- Je me suis souvenu : "Toute vérité n'est pas bonne à dire !"
Misss
Et il n'y a pas que des contes pour enfant, il existe aussi de belles légendes, ou de moins belles... Celles de Bretagne par exemple, qui peuvent être magiques ou terribles et s'adresser aux adultes.
"Touriste, à vos gardes ...La Bretagne est terre de chemins creux, de landes et de tourbières où les nuits de pleine lune, d’improbables mais angoissants fantômes ressurgissent d’une Baie des Trépassés, où sonne encore le clocher de la Ville d’Ys....
La pensée irrationnelle a encore cours aujourd’hui en Bretagne, mais pas autant qu'en 1900 ou même 1950...".
Avelig peut-être, pourra nous en parler davantage ?
Misss
A propos du conte hébreu que Gribouiller nous donne, le petit tailleur de pierre a tout de même eu beaucoup de chance de pouvoir faire toutes ces expériences, de tenter l'exceptionnel, et de choisir en connaissance de cause puisqu' après forcément un choix s'impose.
Misss
@ Giloup
Beaucoup d'écrits passés à la postérité, et pas seulement des contes, partent de l'histoire de l'auteur ou des événements côtoyés qui l'ont inspirés.
Très intéressante cette histoire de Collodi et de son personnage Pinocchio.
Le nez qui grandit, image phallique s'il en est, la jouissance au mensonge... Que d'images véhiculées mais que l'on ne saisit pas nécessairement immédiatement, et qu'en tout cas on ne va pas faire surgir dans l'esprit de l'enfant lecteur de cette histoire s'il ne fait pas le rapprochement tout seul.
Merci à toi d'alimenter notre réflexion. :lol:
Misss
Bonjour à tous,
Ce thème parle donc des histoires racontées aujourd'hui à l'intention des petits enfants. Les parents, et les associations de lecteurs ont à leur disposition bon nombre d'ouvrages (en librairie mais également dans les médiathèques, les bibliothèques) qui sont des livres racontant des histoires aux enfants de notre époque - sans rien édulcorer des problèmes de la vie réelle, en en parlant d'une autre manière, plus rapidement accessible et en adéquation avec ce qu'ils vivent.
On ne leur raconte pas "La Petite marchande d'allumettes" (qui faisait pleurer autrefois par sa mort tragique et miséreuse) comme s'il n'y avait pas actuellement d'autres enfants qui meurent de froid, de faim et de guerre dans la vie réelle.
Et heureusement, on leur raconte encore de belles histoires qui peuvent les faire rêver, rire, aimer les gens et la vie.