
Coccyvette
Les personnes sensibles sont faites ainsi.
Elles font tout avec le coeur
Et même si elles ont plein de cicatrices, elles ne changeront jamais et Continueront à faire tout avec le coeur..
Parce que ce n'est pas un choix,c'est une façon d'Être, une façon de Vivre..
[ gostino Degas ]
Capusa06
Nuits de juin
L'été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
Les yeux fermés, l'oreille aux rumeurs entrouverte,
On ne dort qu'à demi d'un sommeil transparent.
Les astres sont plus purs, l'ombre paraît meilleure ;
Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
Et l'aube douce et pâle, en attendant son heure,
Semble toute la nuit errer au bas du ciel.
— Victor Hugo (1802-1885)
Les rayons et les ombres
Coccyvette
"Le bonheur, c’est tout petit,
Si petit que parfois on ne le voit pas.
Alors on cherche, on cherche partout.
Il est là, dans l’arbre qui chante dans le vent.
L’oiseau le crie dans le ciel,
La rivière le murmure,
Le ruisseau le chuchote,
Le soleil, la goutte de pluie le disent.
Tu peux le voir là, dans le regard de l’enfant,
Le pain que l’on rompt et que l’on partage,
La main que l’on tend.
Le bonheur, c’est tout petit,
Si petit que parfois on ne le voit pas,
Et on le cherche dans le béton, l’acier, la fortune,
Mais le bonheur n’y est pas,
Ni dans l’aisance ni dans le confort…
On veut se le construire mais il est là,
À côté de nous, et on passe sans le voir.
Car le bonheur est tout petit.
Petit comme nos yeux pleins de lumière.
Et comme nos cœurs pleins d’amour.
Il ne se cache pas,
C’est là son secret.
Il est là, près de nous
Et parfois en nous."
Mère Thérésa
Capusa06
Je t’aime et ne sais ce que je te voudrais.
Hier mes jambes douces et claires ont tremblé
quand ma gorge t’a touché, lorsque je courais.
Moi, le sang a coulé plus fort comme une roue,
jusqu’à ma gorge, en sentant tes bras ronds et doux
luire à travers ta robe comme des feuilles de houx.
Je t’aime et je ne sais pas ce que je voudrais.
Je voudrais me coucher et je m’endormirais…
La gentiane est bleue et noire à la forêt.
Je t’aime. Laisse-moi te prendre dans mes bras…
La pluie luit au soleil sur les arbres du bois…
Laisse-moi t’endormir et tu m’endormiras.
J’ai peur. Je t’aime et ma tête tourne, pareille
aux ruches du vieux banc où sonnaient les abeilles
qui revenaient gluantes des raisins des treilles.
Il fait chaud. Les blés sont remplis de fleurs rouges.
Couche-toi dans les blés et donne-moi ta bouche.
Les mouches bleues au bas de la prairie — écoute ?
La terre est chaude. Il y a là-bas des cigales
près du vieux mur où sont des roses du Bengale,
sur l’écorce blanche et rugueuse des platanes.
La vérité est nue et mets-toi nue aussi.
Les épis crépiteront sous ton corps durci
par la jeunesse de l’amour qui le blanchit.
Je n’ose pas, mais je voudrais être nue ce soir…
Mais tu me toucherais et j’aurais peur de toi.
Je serais toute blanche et le soir serait noir.
Les geais ont crié dans le bois, car ils aiment.
Les capricornes luisants s’accrochent aux chênes.
Les abeilles qui aiment les longs vols blonds essaiment.
Prends-moi entre tes bras. Je ne peux plus qu’aimer
et ma chair est en air, en feu et en lumière,
et je veux te serrer comme un arbre un lierre.
Les troupeaux de l’Automne vont aux feuilles jaunes,
la tanche d’or à l’eau et la beauté aux femmes
et le corps va au corps et l’âme va à l’âme.
Francis Jammes
