
lila
Le journaliste italien Michele Serra, ce soir, lors de l'émission télévisée "Che tempo che fa".
Une réflexion tragiquement actuelle.
"Je suis ici pour vous parler de singe à singe. Une cinquantaine de bombes thermonucléaires suffisent à détruire l'humanité. FamiliÚrement appelées bombes atomiques. Mais il n'y a pas cinquante bombes atomiques dans le monde. Il y en a quinze mille.
La question est donc la suivante : si cinquante bombes atomiques suffisent Ă anĂ©antir l'ennemi et mĂȘme l'ami, pourquoi en avons-nous construit quinze mille ?
Il n'y a pas de rĂ©ponse rationnelle. MĂȘme la logique de guerre la plus cynique ne peut justifier un tel gaspillage inutile.
Si nous étions au bar entre amis, je vous dirais : c'est la preuve que nous, en tant qu'espÚce, ne sommes pas seulement mauvais. Nous sommes aussi des couillons.
Mais s'il y avait un psychanalyste dans le bar, on pourrait aller un peu plus loin : il expliquerait que cette accumulation démesurée est une forme de collection. En psychanalyse, le collectionnisme est étudié comme une perversion.
En 1955, Albert Einstein et Bertrand Russel ont rédigé un appel au désarmement signé par une douzaine de lauréats du prix Nobel. Il disait : "Nous vous demandons, si vous le pouvez, de mettre de cÎté vos opinions et de raisonner simplement comme les membres d'une espÚce biologique en danger d'extinction".
Le mot le plus audacieux, le plus utopique de la phrase que je viens de vous lire est l'emploi du verbe "raisonner". Je ne pense pas que ce soit à notre portée".
Tragique dans son irraisonnable rationalité
lila
Il est tellement important de laisser certaines choses disparaĂźtre.
De sâen dĂ©faire, de sâen libĂ©rer.
Il faut comprendre que personne ne joue avec des cartes truquées.
Parfois on gagne, parfois on perd.
Nâattendez pas que lâon vous rende quelque chose,
nâattendez pas que lâon comprenne votre amour.
Vous devez clore des cycles,
non par fierté, par orgueil ou par incapacité,
mais simplement parce que ce qui prĂ©cĂšde nâa plus sa place dans votre vie.
Faites le ménage,
secouez la poussiĂšre,
fermez la porte,
changez de disque.
Cessez dâĂȘtre ce que vous Ă©tiez et devenez ce que vous ĂȘtes.
Paulo Coelho.
lila
Un homme s'est assis dans une station de métro de Washington DC et a commencé à jouer du violon par une froide matinée de janvier ; il a joué six morceaux de Bach pendant environ 45 minutes. Pendant ce temps, comme c'était l'heure de pointe, on estime que 1 100 personnes ont traversé la gare, la plupart se rendant au travail.
-
Trois minutes se sont Ă©coulĂ©es lorsqu'un homme d'Ăąge moyen a remarquĂ© le musicien, a ralenti et s'est arrĂȘtĂ© quelques secondes, mais a ensuite continuĂ© sa route pour ne pas ĂȘtre en retard.
-
Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar, une dame a jetĂ© l'argent sans mĂȘme s'arrĂȘter et a continuĂ© son chemin.
-
Quelques minutes plus tard, quelqu'un s'est arrĂȘtĂ© au mur pour l'Ă©couter, mais en regardant l'horloge, il a repris sa marche. Il Ă©tait clairement en retard pour le travail.
-
Celui qui a fait le plus attention Ă©tait un garçon de 3 ans. Maman le tenait par la main, pressĂ©e, mais le garçon s'est arrĂȘtĂ© pour regarder le violoniste. Finalement, maman l'a sorti avec plus de force et le garçon a continuĂ© Ă marcher, en tournant plusieurs fois la tĂȘte pour regarder le violoniste. Cette action a Ă©tĂ© rĂ©pĂ©tĂ©e par plusieurs autres enfants. Tous les parents, sans exception, ont forcĂ© les enfants Ă continuer.
-
Pendant les 45 minutes oĂč le musicien a jouĂ©, seules 6 personnes se sont arrĂȘtĂ©es un moment. Une vingtaine d'entre eux lui ont donnĂ© de l'argent mais ont continuĂ© Ă leur rythme normal. Il a pris environ 32 dollars. Quand il a arrĂȘtĂ© de jouer et que le silence s'est installĂ©, personne n'a remarquĂ©. Personne n'a applaudi, et il n'y a eu aucun remerciement.
-
Personne ne savait que ce violoniste était Joshua Bell, l'un des musiciens les plus talentueux au monde. Il a joué certains des morceaux les plus élaborés jamais écrits sur un violon de 3,5 millions de dollars.
-
Deux jours avant de jouer Ă cette occasion, Joshua Bell a fait salle pleine dans un théùtre de Boston, oĂč chaque siĂšge coĂ»te en moyenne 100 dollars.
-
C'est une histoire vraie, Joshua Bell a joué incognito dans une station de métro lors d'un événement organisé par le Washington Post qui faisait partie d'une expérience sociale sur la perception, les goûts et les priorités.
-
La question Ă©tait la suivante : dans un lieu ordinaire, Ă une heure inappropriĂ©e, sommes-nous capables de percevoir la beautĂ© ? Nous arrĂȘtons-nous pour apprĂ©cier ? Reconnaissons-nous le talent dans un contexte inattendu ?
-
L'une des conclusions possibles de cette expĂ©rience pourrait ĂȘtre la suivante : "Si nous ne prenons pas le temps de nous arrĂȘter pour Ă©couter l'un des meilleurs musiciens du monde jouer de la belle musique, combien d'autres choses manquons-nous ?
