
Capusa
La violette
Douce violette,
Vierge humble et discrète,
Fille de nos bois,
Dis-moi dans quels songes
Ainsi tu te plonges
Sans joie et sans voix ?
— Sans voix, non sans joie,
Car Dieu m'en envoie :
J'écoute un oiseau ;
Son chant me fait fête,
Et moi, fleur muette,
Je me dis : c'est beau !
Henri-Frédéric Amiel.
andree
Le crocus et l'oiseau,
Un crocus a jailli de l’édredon de neige
Où il dormait encor pour goûter au soleil ;
Le versant escarpé où les flocons s’agrègent
Brille de mille feux sous son disque vermeil.
La fleur est la première à fêter le printemps
Tout prêt à rénover la vie dans la montagne.
Mais un petit oiseau s’ébouriffe en chantant,
Tout gonflé de bonheur. Son gazouillis témoigne
Qu’il sait bien lui aussi que le temps est venu !
Le temps du renouveau, de l’herbe qui repousse
Pour couvrir prestement la froideur du sol nu
Des petits brins serrés de ses millions de pousses.
L’oiseau et le crocus prient à leur façon
La Nature engourdie qui tout juste s’éveille :
La fleur par sa beauté, l’oiseau par sa chanson.
Ils explosent de joie, et tous deux s’émerveillent
Que le soleil enfin reprenne le flambeau.
En hiver, comme un traître, il leur est infidèle
Et s’en va dans le Sud, où par monts et par vaux
Il oublie le Midi pour des pays plus chauds.
Mais il est revenu, bourrelé de remords,
Amenant avec lui un Printemps juvénile
Tout prêt à terrasser la froidure et la mort,
En boutant de l’Ubaye l’hiver quasi sénile
Désormais impuissant face à tant de jeunesse.
Le crocus et l’oiseau frémissent d’allégresse…
Capusa
Petite fleur
Bonjour, bonjour, petite fleur!
A présent n'aie plus peur
Du froid, de la neige et du gel,
Et rejoins les hirondelles.
Elles volent en liberté
Car le printemps est annoncé.
toute la nature est en émoi,
Enfin, le beau temps est là !
De légers parfums apparaissent
Aussi doux qu'une caresse.
Le ciel se teinte d'un bleu azur,
L'air, tout à coup, nous semble pur.
bonjour, bonjour, petite fleur !
Dévoile aujourd'hui tes belles couleurs
C'est le moment tant attendu
Car le printemps est revenu.
Karine Persillet
FAE
Dandelion*, tu te meus avec agilité
Sur les flots dans une gracieuse volupté.
Celui dont les pensées sont comme devinettes.
Le prince des faibles nuées ne peut marcher.
Ses graines oniriques redescendent en beauté,
Le langage des fleurs et des choses muettes."
* de l'anglais dandelion, désignant le pissenlit