
Capusa
Un brave cultivateur amoureux de sa terre,
Se rendit sur un de ses champs mis en jachère,
Que le jour d’avant, profitant d’un bel été,
Pour semailles automnales, venait de labourer.
Arrivé sur les lieux, il fut plus que surpris :
De nombreux crocus le sol avaient envahi.
Qui les avait plantés là ? C’était un mystère !
Il se rappela l’histoire que son défunt père
Jadis lui racontait, ainsi qu’à tous ses frères.
Il arrivait parfois qu’une malicieuse fée,
Au cours d’une de ces plaisantes nuits étoilées,
Oriane, l’espiègle magicienne la bien-nommée,
A cause de sa chevelure dorée comme les blés,
Petits tours aux jardiniers aimait jouer.
L’horticulteur tout étonné et bouche bée,
Vit apparaître devant lui la bonne fée.
« Je suis la gardienne de ces lieux, cher ami,
Admire ces petites plantes que pour toi j’ai choisies.
Elles teintent en jaune, plats en cuisine, pâtisseries,
Même les anxieux grâce à elles seront guéris.
Elles me ressemblent, et cela sans me vanter,
Comme elles, je promets bonheur, jeunesse et gaieté.
Alors maintenant, regarde bien devant toi ! »
Puis fièrement elle clama : « Crocus ouvre-toi ! »
Aussitôt toutes les fleurs de crocus s’ouvrirent,
Trois filaments rouge vif de leurs cœurs d’or jaillirent :
Un trésor pour le cultivateur ébloui !
En attendant de reprendre tous ses esprits,
Le paysan resta planté là, ébahi.
Et la fée Oriane, contente du tour réussi,
Sur le sinueux chemin, s’en alla gaiement,
S’éloignant en chantant : « Safran, mon beau safran,
De ta belle couleur dorée, ne puis me lasser.
Demain oui, oui demain, je recommencerai ! »
Catherine Reiss – 2016 ©
Capusa
Choisir un bouquet
Sans se planter,
Fleurs et végétaux offrez à volonté !
Pour les fraîches jeunes filles,
Du lilas, des roses blanches.
Pour les éphèbes, les jeunes hommes,
Flattez l’image avec des narcisses.
Couronnez de myrte les fiancées, les mariées.
Couronnes impériales pour les princes,
Leurs courtisans méritent bien des tournesols !
Pour les rêveurs, les paresseux,
Optez pour le pavot.
L’âme du poète sera séduite par l’églantine.
Aux modestes, offrez des violettes.
Aux timides, des bleuets.
Aux goujats, des mufliers.
Aux vainqueurs, des lauriers.
Une cassette d’oseille comblera les avares.
Les pauvres apprécieront la monnaie du pape.
Faites tinter aux oreilles des bavards
Des clochettes, des campanules.
Pour les personnes rayonnantes, des flamboyants.
Et pour les couples,
Pourquoi pas des langues de belle-mère ?
Réservez pour vos amis des brassées d’immortelles,
Et pour les amoureux,
N’oubliez pas le myosotis !
En pot, à l’unité,
Osez avec humour,
Selon l’humeur du jour !
Catherine Reiss
janine33
Mon père chantait cette chanson .
Il avait une très jolie voix et faisait des tours de chants après les repas familiaux .
C’était très apprécié .
Parfois ma voix se joignait à la sienne , mais je n’avais pas ses capacités .
Quand les bruyères sont fleuries ....🎶
Je revois ... le lac de Vassiviere !
andree
....Plus que les rues de Paris, elle aime ses bruyères
Car c'est la qu'elle a grandi au pied des coteaux jolis
Quand la bruyère est fleurie au flanc des Monédiéres
Qu'ils sont loin les soucis, qu'ont les gens de Paris.
Par les beaux matins clairs, elle voit au lointain
Des vallons, des prés verts, et des étangs limpides.
Par les beaux matins clairs, elle voit au lointain
Sur toutes les hauteurs
Les bruyères aux douces couleurs....
Bruyères corréziennes - André Claveau
FAE
Bonjour à tous ! 😃
Poème Chrysanthèmes.
"Sous la mitraille Chemin tortueux Dans la grisaille Pas hasardeux. Des cicatrices Larmes de sang Dans l’interstice Un être absent. La mort qui guette Dans le ciel noir En fine esthète Le non-espoir. Des cris déchirent La nuit, la vie La peau transpire Tout se détruit. Des chrysanthèmes Rêves réels Vie post-mortem Formes sensuelles."
Christophe BREGAINT
FAE
"A une fleur
Que me veux-tu, chère fleurette,
Aimable et charmant souvenir ?
Demi-morte et demi-coquette,
Jusqu’à moi qui te fait venir ?
Sous ce cachet enveloppée,
Tu viens de faire un long chemin.
Qu’as-tu vu ? que t’a dit la main
Qui sur le buisson t’a coupée ?
N’es-tu qu’une herbe desséchée
Qui vient achever de mourir ?
Ou ton sein, prêt à refleurir,
Renferme-t-il une pensée ?
Ta fleur, hélas ! a la blancheur
De la désolante innocence ;
Mais de la craintive espérance
Ta feuille porte la couleur.
As-tu pour moi quelque message ?
Tu peux parler, je suis discret.
Ta verdure est-elle un secret ?
Ton parfum est-il un langage ?
S’il en est ainsi, parle bas,
Mystérieuse messagère ;
S’il n’en est rien, ne réponds pas ;
Dors sur mon coeur, fraîche et légère.
Je connais trop bien cette main,
Pleine de grâce et de caprice,
Qui d’un brin de fil souple et fin
A noué ton pâle calice.
Cette main-là, petite fleur,
Ni Phidias ni Praxitèle
N’en auraient pu trouver la soeur
Qu’en prenant Vénus pour modèle.
Elle est blanche, elle est douce et belle,
Franche, dit-on, et plus encor ;
A qui saurait s’emparer d’elle
Elle peut ouvrir un trésor.
Mais elle est sage, elle est sévère ;
Quelque mal pourrait m’arriver.
Fleurette, craignons sa colère.
Ne dis rien, laisse-moi rêver."
Alfred de Musset, Poésies nouvelles
FAE
Bonjour à tous ! 😃
"Le jasmin
Un nom de fleur… Pour vous, ce n’est peut-être
Qu’un nom charmant, sans plus. Il en est tant !
Pour d’autres, c’est peut-être, à la fin du printemps,
Dans l’air tendre, un parfum qu’ils pensent reconnaître.
La fleur même… ils l’ont vue un jour ; ils savent bien
Qu’elle est blanche et petite et rit aux heures chaudes
En la fraîcheur de retombantes palmes d’émeraude.
Mais, pour moi… de tout ce qu’elle est pour moi, nul ne sait rien.
Nul, s’il n’a, comme moi, contre sa joue,
Senti les fins petits doigts caressants
D’un arbuste penché dans le soir qui descend,
Et senti comment des étoiles se dénouent
Quand le vent joue avec des branches – nul, ailleurs,
Ou sous un ciel pareil, s’il n’a, pour une branche,
Pour une branche d’où glisse un bouquet d’étoiles blanches,
Connu la grâce d’un jardin sauvage et sa douceur,
Nul ne sait… Ô bijoux vivants, pétales
Faits de neige et de lait, de jeune émail,
De nacre ou d’ivoire si blanc, de blanc corail,
D’une chair de jacinthe ou d’ixaura si pâle,
Blancheur qu’à sa mantille, entre un œillet de sang
Et le jaune pompon d’une rose, l’Espagne,
La brune Espagne, veut comme au front blanc de ses montagnes –
Blancheur qui semble un talisman, blancheur en qui l’on sent
Quelque chose du cygne, des colombes,
De l’hermine – et qui vient, comme l’encens,
D’un sol qui brûle sous des cieux éblouissants.
Mon jasmin d’Orient ! mon jasmin qui retombe
Du vieux mur que je sais dans un jardin gascon,
N’êtes-vous pas vraiment tout ce que j’imagine ?
L’âme des citronniers, des lauriers-roses, des glycines,
Je la respire en vous comme sur un balcon
Tourné vers les pays des caravanes…
Je suis à la terrasse où des fleurs se défont
Comme des glands de perles sur vos fronts,
Graves petites filles musulmanes !
J’en tresse comme vous des colliers à sept rangs –
Et c’est un vieux marchand couleur de datte sèche
Qui me vendit hier ses flacons odorants
Pour asperger d’ardentes gouttes la nuit fraîche…
Et vous pouvez être là-bas, mon doux jasmin,
Rose comme la rose ou blond comme l’abeille.
– Le mimosa d’Égypte a des touffes pareilles,
Les roses d’Ispahan ont ces tons de carmin –
Mais vous restez pour moi du blanc des coquillages,
Minuscules cornets d’albâtre, cire en pleurs,
Miettes de clair de lune aux trous noirs du feuillage,
Fleurs de mon beau jasmin sauvage, dont le cœur
Semble caché dans l’étui blanc d’une veilleuse.
C’est blanc que vous voyait, le long de nos chemins,
Dans l’ensorcellement d’une journée heureuse,
Le grand poète de chez nous, qui, brin par brin,
Vous cueillait, rameaux de Gascogne, pour sa Muse !
Tout blanc, vous vous tendez aux papillons qui musent
Autour de l’Ermitage, entre les espaliers.
Au chapeau du vieux puits vous mettez une aigrette ;
Vous couronnez le toit penchant de Françonnette
Et, pour l’Aveugle, parfumez Castelculier.
C’est pourquoi, le Poète et vous, portez sans doute
Le même nom qu’une fée a choisi.
C’est pourquoi l’on vous veut, parant la route
De ceux qui vont, chantant les fleurs de leur pays.
Jasmin, jasmin d’argent, n’êtes-vous pas l’image
De l’étoile que les bergers suivaient avec les Mages ?
La nuit a pris sa cape grise… Conduisez
À travers les jardins le long pèlerinage !
Qui donc verra jamais votre petit visage,
Si menu, si menu, sous les rameaux entrecroisés,
Tel que, moi, je le vois, sans même ouvrir la porte,
Sans même avoir besoin de regarder dehors,
Si c’est le temps du premier scarabée aux ailes d’or ?
Vous êtes là… si c’est l’hiver, qu’importe !
Puisque, à mes yeux, vous ne vous fanez pas,
Mystérieux jasmin qui me parlez tout bas,
Puisque vous ne pouvez avoir pour moi de feuilles mortes."
Sabine Sicaud, Poèmes d’enfant, 1926