
andree
Matin d’Octobre
C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées :
Mais ce n’est pas l’hiver encor.
Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.
François Coppée, Promenades et Intérieurs
Capusa
Fleur de lys
Toi ma fleur de lys
Dans tes pétales je m'éclipse
Au royaume de tes cieux
Comme un roi glorieux
Toi ma fleur de lys
Mon frêle esquif
Mon écueil enflamme
Tes vapeurs océanes
Toi ma fleur de lys
Ma toile mon esquisse
Mon inflorescence
Où je puise mon essence
Toi ma fleur de lys
Un labyrinthe de délices
Une rose des sables dorée
Que le vent a dessiné
Toi ma fleur de lys
Émane de ton calice
Des parfums ambrés
Sur ton corps cambré
Toi ma fleur de lys
Mon voyage d'Ulysse
Ma fontaine de jouvence
aux larmes d'évanescence
Phil le baladin
andree
Les champignons,
Ils naissent dans la mousse
Sous la pluie monotone
Dès qu’arrive l’automne
Que les feuilles sont rousses
A peine plus haut qu’un pouce
Comme une litanie
Ils sortent en colonie
On en voit qui se poussent
Ils ont des chapeaux mous
Comme des parapluies
Qui cachent leur frimousse
Des trous dans leurs culottes
Et comme souvent il flotte
Ils portent aussi des bottes
Alain Hannecart
Capusa
Harmonie du soir
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
Charles Baudelaire
FAE
Bonjour et bon dimanche à tous ! 😃
" Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir ; Valse mélancolique et langoureux vertige ! Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ; Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige ; Valse mélancolique et langoureux vertige ! Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir."
Charles Baudelaire