
Capusa
Les hibiscus sont d’un beau rose
Laiteux et translucide
Qui contraste si bien avec le vert foncé
Et luisant des feuilles.
Oui, la lumière des étoiles est suffisante
Pour éclairer notre chemin !
Nous pouvons avancer par simple intuition,
Les nôtres conjuguées !
J’ai détaché une fleur d'hibiscus
Pour l’attacher à mes cheveux.
Son rose délicat se reflète sur mon visage
Pour lui donner une douceur
Et une candeur d’ange !
Je lui prodigue mon amour,
Fleur soignée par tes mains !
Son épanouissement reflète ma propre joie,
Mon énergie positive la maintient en vie !
Mariem Garali Hadoussa
andree
Le mimosa,
Ô gouttes de soleil, parures d'élégances
En duvet délicieux comme une joue d'enfant
Vous épandez sur nous la divine fragance
Quand le vent si léger nous parle du printemps.
Mimosa, ton doux nom chantonne à notre oreille
Comme brise de mer ou murmure d'abeilles.
Aux terres du midi, tu offres ton décor
De feuillages légers aux belles grappes d'or.
Tu lances tes bouquets aux vieux murs des villages
De la Côte d'Azur, à l'accent si joli.
Tu ornes les cheveux, parfumes le corsage
De la belle Mireille ou bien de Magali.
Lorsque le jour s'en va et que le ciel se pare
De teintes safranées au couchant qui s'endort,
Tu rayonnes toujours, tel une immense tiare
Couronnant le pays des splendeurs de son or.
Michèle Corti
Capusa
Colchiques dans les prés
Fleurissent, fleurissent,
Colchiques dans les prés
C'est la fin de l'été.
Refrain
La feuille d'automne
Emportée par le vent
En ronde monotone
Tombe en tourbillonnant.
Châtaignes dans les bois
Se fendent, se fendent,
Châtaignes dans les bois
Se fendent sous nos pas.
Nuages dans le ciel
S'étirent, s'étirent
Nuages dans le ciel
S'étirent comme une aile.
Et ce chant dans mon coeur
Murmure, murmure
Et ce chant dans mon coeur
Murmure le bonheur.
Francine Cokempot (1918-2001)
FAE
De la fleur d’amour et des chevaux migrateurs
Robert DESNOS
Recueil : "Les Ténèbres"
"Il était dans la forêt une fleur immense qui risquait
de faire mourir d’amour tous les arbres
Tous les arbres l’aimaient
Les chênes vers minuit devenaient reptiles et rampaient jusqu’à sa tige
Les frênes et les peupliers se courbaient vers sa corolle
Les fougères jaunissaient dans sa terre.
Et telle elle était radieuse plus que l’amour nocturne de la mer et de la lune
Plus pâle que les grands volcans éteints de cet astre
Plus triste et nostalgique que le sable qui se dessèche
et se mouille au gré des flots
Je parle de la fleur de la forêt et non des tours
Je parle de la fleur de la forêt et non de mon amour
Et si telle trop pâle et nostalgique et adorable
aimée des arbres et des fougères
elle retient mon souffle sur les lèvres
c’est que nous sommes de même essence
Je l’ai rencontrée un jour
Je parle de la fleur et non des arbres
Dans la forêt frémissante où je passais
Salut papillon qui mourut dans sa corolle
Et toi fougère pourrissante mon cœur
Et vous mes yeux fougères presque charbon presque flamme presque flot
Je parle en vain de la fleur mais de moi
Les fougères ont jauni sur le sol devenu pareil à la lune
Semblable le temps précis à l’agonie perdue entre un bleuet
et une rose et encore une perle
Le ciel n’est pas si clos
Un homme surgit qui dit son nom devant lequel s’ouvrent
les portes un chrysanthème à la boutonnière
C’est de la fleur immobile que je parle
et non des ports de l’aventure et de la solitude
Les arbres un à un moururent autour de la fleur
Qui se nourrissait de leur mort pourrissante
Et c’est pourquoi la plaine devint semblable à la pulpe des fruits
Pourquoi les villes surgirent
Une rivière à mes pieds se love et reste à ma merci
ficelle de la salutation des images
Un cœur quelque part s’arrête de battre et la fleur se dresse
C’est la fleur dont l’odeur triomphe du temps
La fleur qui d’elle-même a révélé son existence aux plaines dénudées
pareilles à la lune à la mer
et à l’aride atmosphère des cœurs douloureux
Une pince de homard bien rouge reste à côté de la marmite
Le soleil projette l’ombre de la bougie et de la flamme
La fleur se dresse avec orgueil dans un ciel de fable
Vos ongles mes amies sont pareils à ses pétales et roses comme eux
La forêt murmurante en bas se déploie
Un cœur qui comme une source tarie
Il n’est plus temps il n’est plus temps d’aimer
vous qui passez sur la route
La fleur de la forêt dont je conte l’histoire est un chrysanthème
Les arbres sont morts les champs ont verdi les villes sont apparues
Les grands chevaux migrateurs piaffent dans leurs écuries lointaines
Bientôt les grands chevaux migrateurs partent
Les villes regardent passer leur troupeau dans les rues
dont le pavé résonne au choc de leurs sabots et parfois étincelle
Les champs sont bouleversés par cette cavalcade
Eux la queue traînant dans la poussière
et les naseaux fumants passent devant la fleur
Longtemps se prolongent leurs ombres
Mais que sont-ils devenus les chevaux migrateurs
dont la robe tachetée était un gage de détresse
Parfois on trouve un fossile étrange en creusant la terre
C’est un de leurs fers
La fleur qui les vit fleurit encore sans tache ni faiblesse
Les feuilles poussent au long de sa tige
Les fougères s’enflamment et se penchent aux fenêtres des maisons
Mais les arbres que sont-ils devenus
La fleur pourquoi fleurit-elle
Volcans ! ô volcans !
Le ciel s’écroule
Je pense à très loin au plus profond de moi
Les temps abolis sont pareils aux ongles brisés sur les portes closes
Quand dans les campagnes un paysan va mourir entouré
des fruits mûrs de l’arrière-saison du bruit du givre
qui se craquelle sur les vitres de l’ennui flétri fané
comme les bluets du gazon
Surgissent les chevaux migrateurs
Quand un voyageur s’égare dans les feux follets plus crevassés
que le front des vieillards et qu’il se couche dans le terrain mouvant
Surgissent les chevaux migrateurs
Quand une fille se couche nue au pied d’un bouleau et attend
Surgissent les chevaux migrateurs
Ils apparaissent dans un galop de flacons brisés et d’armoires grinçantes
Ils disparaissent dans un creux
Nulle selle n’a flétri leur échine et leur croupe luisante reflète le ciel
Ils passent éclaboussant les murs fraîchement recrépis
Et le givre craquant les fruits mûrs les fleurs effeuillées croupissante
le terrain mou des marécages qui se modèlent lentement
Voient passer les chevaux migrateurs
Les chevaux migrateurs
Les chevaux migrateurs
Les chevaux migrateurs
Les chevaux migrateurs"
