
lhuron
LA MARIE CAROLINE .
La Marie Caroline a déjà pris les sacs
De cent vrais flibustiers gens de cordes et de sacs
Pour faire bonne prise d'or et d'argenterie
Ils chassent les odeurs des filles et des beuveries
Souquez gens de fortune et oubliez le borgne
Hisse !
Son magot lui fasse pousser des cornes
Étarque !
C'est la lune qui paiera nos ébats
La grand vergue en vrac lui rendra ses ducats .
La Marie Caroline pillais - tu l'espagnol ?
Serre le vent dans les cales entasse les pistoles
Des voiles sont des linceuls quand le vent sent la mort
Hisse !
Dans la taverne on chante encore
Étarque !
Les forbans font écho aux clameurs
Le rire édenté tel des oiseaux de malheur .
De tout le rhum ils n'ont pas laissé une caisse
Moitié sous les tables et moitié sur l'hôtesse
Pendant plus de dix jours la flibuste fut patronne
Hisse !
C'est le rhum qui te ronge la trogne
Étarque !
Les rapaces ont eu bien du plaisir
Pas comme ces puritains qui retiennent leurs désirs .
La Marie Caroline s'est bâtie dans la brume
Son étrave s'enfonce en écartant l'écume
Des femmes c'est le vin qui bouffe les entrailles
Hisse !
Le grand mât à payer les ripailles
Étarque !
On verra d'autres poulies coupées
Avant soixante jours on touchera mare à quai .
Ils ont changé de cap et passant leur sillage
Les vagues qui hachaient leurs voix portées du large
Jurent éternellement tout en giflant le sable
La flibuste navigue avec le diable
Ho ho ho ho
La débauche mouillera l'ancre encore
D'autres corsaires la belle te paieront de leur corps .
La flibuste navigue avec le diable
Ho ho ho ho
La débauche mouillera l'ancre encore
D'autres corsaires la belle te paieront de leur corps
La flibuste navigue avec le diable
Ho ho ho ho
La débauche mouillera l'ancre encore
D'autres corsaires la belle te paieront de leur corps.
Chansons de marins
G. CUEFFF , interprété par LONG JOHN SILVER
lila
"Le sentiment d'attente ne s'ajuste qu'au seul printemps. Avant lui, après lui nous escomptons la moisson, nous supputons la vendange, nous espérons le dégel. On n'attend pas l'été, il s'impose ; on redoute l'hiver. Pour le seul printemps, nous devenons pareils à l'oiseau sous l'auvent de tuile, pareils au cerf lorsqu'une certaine nuit il respire, dans la forêt d'hiver, l'inopiné brouillard que tiédit l'approche du temps nouveau. Une profonde crédulité annuelle s'empare du monde, libère trop tôt la voix des oiseaux, le vol de l'abeille...."
Colette in L'Etoile Vesper
