
Josephine22
Elle était riche de vingt ans..
Moi j' étais jeune de vingt francs.
Et nous fimes bourse commune
Placée à fonds perdus dans une
Infidèle nuit de printemps...
La lune à fait un trou dedans..
Rond comme un écu de cinq francs
Par où passa notre fortune
Vingt ans ! Vingt francs!...et puis la lune !
En monnaie..hélas !..les vingt francs !
En monnaie aussi les vingt ans !
Toujours de trous en trous de lune..
Et de bourse en bourse commune...
C est à peu près même fortune !
Je la trouvai....bien des printemps
Bien des vingt ans..bien des vingt francs
Bien des trous et bien de la lune
Après....Toujours vierge et vingt ans
Et....colonelle à la Commune !
Puis après : la chasse aux passants
Aux vingt sols..et plus aux vingt francs..
Puis après : la fosse commune
Nuit gratuite sans trou de lune !
TRISTAN. CORBIERE
Josephine22
lhuron a écrit :
GUITARE .
Je sais rouler une amourette
En cigarette ,
Je sais rouler l'or et les plats !
Et les filles dans de beaux draps !
Ne crains pas de longueurs fidèles :
Pour mules , mes pieds ont des ailes ;
Voleur de nuit , hibou d'amour
M'envole au jour .
Connais - tu PSYCHÉ ?- Non .- Mercure ?
Cendrillon et son aventure ?
Non ? ... Eh bien! tout cela c'est moi :
Nul ne me voit .
Et je te laisserai bien fraîche
Comme un petit JÉSUS en crèche ,
Avant le rayon indiscret ...
Je suis si laid !
Je sais flamber une cigarette ,
Une amourette ,
Chiffonner et flamber les draps ,
Mettre les filles dans les plats !
Tristan CORBIÈRE : Les Amours jaunes .
Ce Breton " amoureux furieux de la mer "
Le premier des MAUDITS de Verlaine...
Poésie spéciale....
lhuron
GUITARE .
Je sais rouler une amourette
En cigarette ,
Je sais rouler l'or et les plats !
Et les filles dans de beaux draps !
Ne crains pas de longueurs fidèles :
Pour mules , mes pieds ont des ailes ;
Voleur de nuit , hibou d'amour
M'envole au jour .
Connais - tu PSYCHÉ ?- Non .- Mercure ?
Cendrillon et son aventure ?
Non ? ... Eh bien! tout cela c'est moi :
Nul ne me voit .
Et je te laisserai bien fraîche
Comme un petit JÉSUS en crèche ,
Avant le rayon indiscret ...
Je suis si laid !
Je sais flamber une cigarette ,
Une amourette ,
Chiffonner et flamber les draps ,
Mettre les filles dans les plats !
Tristan CORBIÈRE : Les Amours jaunes .
Josephine22
Toujours quand aux matins obcènes
entre les jambes de la Seine
comme une noyée aux yeux fous
de la brume de vos poèmes
l Ile Saint Louis se lève blème
Baudelaire je pense a vous.
Lorsque j appris a voir les choses
O..lenteur des métamorphoses
c est votre Paris que je vis
il fallait pour que Paris change
comme bleuissent les oranges
toute la longueur de ma vie
Mais pour courir ses aventures
la ville a jeté sa ceinture
de murs, d herbe verte et de vent
Elle a fardés son paysage,
comme une fille son visage
pour séduire un nouvel amant.
Rien n est plus a la même place
et l eau des Fontaines Wallace
pleure après le marchand d oublies..
qui criait le Plaisir Mesdames
quand les pianos faisaient des gammes
dans les salons à panoplies.
Ou sont les grandes tapissières
les mirlitons dans la poussière
ou sont les noces en chansons.
Ou sont les mules de Réjane
on ne s en va plus a dos d âne
dîner dans l herbe a Robinson.
Qu'est-ce que cela peut te faire
on ne choisit pas son enfer.
En arrière a quoi bon chercher
Qu 'autrefois sans toi se consume
C est ici que ton sort s allume
On ne choisit pas son bûcher.
LOUIS ARAGON
extrait de SPECTACLE A LA LANTERNE MAGIQUE.
Josephine22
Voici le joyeux rossignol
Qui, de rapides accords redoublés,
Emplit, hâte et precipite ses notes delicieuses,
Comme s il craignait que la nuit d Avril
Ne fût trop courte pour exhaler
Son chant d' amour et décharger son âme trop pleine
De toute musique.
COLERIDGE ( poete anglais)
lila
jumimi a écrit :
J'aime beaucoup: Ce soir la lune est belle, je l'ai encore chanté à mes petites filles aujourdhui.
Je leur chantait quand elles étaient bébés, et ça les calmait,
Allez Allez, Mon Troupeau par Hugues Aufray
Ce soir, la lune est belle
Et, au creux des chemins,
Je sens l'herbe nouvelle.
Le printemps n'est pas loin.
Sous la dernière neige,
Bondissent les ruisseaux.
Allez, allez,
Allez, allez mon troupeau.
Allez, allez,
Nous arriverons bientôt.
L'année a été dure.
L'hiver a été long.
Le vent et la froidure
Nous gardaient aux maisons.
Même les loups rôdèrent
À l'entour du hameau.
Allez, allez,
Allez, allez mon troupeau.
Allez, allez,
Nous arriverons bientôt.
Encore quelques semaines
Et je vais retrouver,
La fillette que j'aime.
On va se marier.
Danseront dans ses jupes
Tous mes jolis agneaux.
Allez, allez,
Allez, allez mon troupeau.
Allez, allez,
Nous arriverons bientôt.
Ce soir, la lune est belle.
Le printemps n'est pas loin.
Fleuriront sur les guerres
Les roses de la paix
Puisque nous serons frères
Dans ce monde nouveau.
lila
Josephine22 a écrit :
Je m en allais, les poings dans mes poches crevees;
Mon paletot aussi devenait ideal ;
J allais sous le ciel Muse ! et j etais ton feal ;
OH ! là! là! que d amours splendides j ai revees !
Mon unique culotte avait un large trou.
Petit Poucet reveur j egrenais dans ma course
Des rimes.Mon auberge etait à la Grande Ourse.
Mes etoiles au ciel avaient un doux frou-frou.
ARTHUR RIMBAUD
extrait de MA BOHEME.
Nous l'avions appris et récité
Josephine22
Je m en allais, les poings dans mes poches crevees;
Mon paletot aussi devenait ideal ;
J allais sous le ciel Muse ! et j etais ton feal ;
OH ! là! là! que d amours splendides j ai revees !
Mon unique culotte avait un large trou.
Petit Poucet reveur j egrenais dans ma course
Des rimes.Mon auberge etait à la Grande Ourse.
Mes etoiles au ciel avaient un doux frou-frou.
ARTHUR RIMBAUD
extrait de MA BOHEME.
Josephine22
lila a écrit :
Carte postale
Francis Cabrel
Allumés les postes de télévision
Verrouillées les portes des conversations
Oubliés les dames et les jeux de cartes
Endormies les fermes quand les jeunes partent
Brisées les lumières des ruelles en fête
Refroidi le vin brûlant, les assiettes
Emportés les mots des serveuses aimables
Disparus les chiens jouant sous les tables
Déchirées les nappes des soirées de noce
Oubliées les fables du sommeil des gosses
Arrêtées les valses des derniers jupons
Et les fausses notes des accordéons
C'est un hameau perdu sous les étoiles
Avec de vieux rideaux pendus à des fenêtres sales
Et sur le vieux buffet sous la poussière grise
Il reste une carte postale
Goudronnées les pierres des chemins tranquilles
Relevées les herbes des endroits fragiles
Désertées les places des belles foraines
Asséchées les traces de l'eau des fontaines
Oubliées les phrases sacrées des grands-pères
Aux âtres des grandes cheminées de pierre
Envolés les rires des nuits de moissons
Et allumés les postes de télévision
C'est un hameau perdu sous les étoiles
Avec de vieux rideaux pendus à des fenêtres sales
Et sur le vieux buffet sous la poussière grise
Il reste une carte postale
Envolées les robes des belles promises
Les ailes des grillons, les paniers de cerises
Oubliés les rires des nuits de moissons
Et allumés les postes de télévision
Allumés les postes de télévision
TRES BELLE CHANSON DE CABREL..QUE J AIME BEAUCOUP
ses rimes..sa musique Et SA VOIX !!!..un charmeur !!!
MERCI LILA
