
Josephine22
lila a écrit :
JOSÉPHINE J'AVAIS VU QU'IL Y AVAIT Ferrat ET JE VOULAIS VOUS LE SIGNALER MAIS HIER SOIR J'ai eu de la visite et n'ai pu le regarder
Si c'était une retransmission ,je l'avais déjà vu
Oui..c était une retransmission...
Certaines chansons émeuvent profondément en le voyant les interpréter!!!
Christine Sèvres avait aussi une belle voix...quel duo dans La Matinée !!!
Josephine22
Les vieux de chez moi ont des îles dans les yeux,
Leurs mains crevassées par les chasses marines
Et leurs veines éclatées de leurs pupilles bleues,
Portent les songes des freles brigantines.
Les vieux de chez moi ont vaincu les récifs d Irlande
Retraités usant les bancs au Levant des chaumières,
Leurs dents machonnant des refrains de Marie Galante
XAVIER GRAAL..poète breton
(découvert à la maison des poètes de St Malo )
Si vous aimez..j ai son recueil de poésie...
Josephine22
Super soirée hier avec Jean FERRAT...
Un troubadour des temps modernes...avoir transmis la culture avec les poèmes d ARAGON..
À un public populaire..il fallait le faire
L Homme tellement touchant avec ses failles...On l adore..et qu elle voix 😍😍😍😍
LILA à certainement regardé elle aussi ?
Josephine22
lila a écrit :
Jean Ferrat
NUL NE GUÉRIT DE SON ENFANCE
Sans que je puisse m'en défaire
Le temps met ses jambes à mon cou
Le temps qui part en marche arrière
Me fait sauter sur ses genoux
Mes parents l'été les vacances
Mes frères et soeur faisant les fous
J'ai dans la bouche l'innocence
Des confitures du mois d'août
Nul ne guérit de son enfance
Les napperons et les ombrelles
Qu'on ouvrait à l'heure du thé
Pour rafraîchir les demoiselles
Roses dans leurs robes d'été
Et moi le nez dans leurs dentelles
Je respirais à contre–jour
Dans le parfum des mirabelles
L'odeur troublante de l'amour
Nul ne guérit de son enfance
Le vent violent de l'histoire
Allait disperser à vau–l'eau
Notre jeunesse dérisoire
Changer nos rires en sanglots
Amour orange amour amer
L'image d'un père évanouie
Qui disparut avec la guerre
Renaît d'une force inouïe
Nul ne guérit de son enfance
Celui qui vient à disparaître
Pourquoi l'a–t–on quitté des yeux
On fait un signe à la fenêtre
Sans savoir que c'est un adieu
Chacun de nous a son histoire
Et dans notre coeur à l'affût
Le va–et–vient de la mémoire
Ouvre et déchire ce qu'il fût
Nul ne guérit de son enfance
Belle cruelle et tendre enfance
Aujourd'hui c'est à tes genoux
Que j'en retrouve l'innocence
Au fil du temps qui se dénoue
Ouvre tes bras ouvre ton âme
Que j'en savoure en toi le goût
Mon amour frais mon amour femme
Le bonheur d'être et le temps doux
FERRAT ..inégalé...quelque soit sa chanson...a écouter en boucle !!
MERCI LILA
lhuron
MAÎTRE YVON ET SON BINIOU : CHOSES DU SOIR .
Le brouillard est froid , la bruyère est grise :
Les troupeaux de bœufs vont aux abreuvoirs ;
La lune , sortant des nuages noirs ,
Semble une clarté qui vient par surprise .
Je ne sais plus quand , je ne sais plu où
Maître Yvon sifflait dans son biniou .
Le voyageur marche et la lande est brune ;
Une ombre est derrière , une ombre est devant ;
Blancheur au couchant , lueur au levant :
Ici crépuscule , et là , clair de lune .
Je ne sais plus quand , je ne sais plus où
Maître Yvon sifflait dans son biniou .
La sorcière , assise , allonge sa lippe ;
L'araignée accroche au toit son filet ;
Le lutin reluit dans le feu follet
Comme un pistil d'or dans une tulipe .
Je ne sais plus quand ,je ne sais plus où
Maître Yvon sifflait dans son biniou .
On voit sur la mer des chasse - marées ;
Le naufrage guette un mât frissonnant;
Le vent dit : demain ! l'eau dit : maintenant !
Les voix qu'on entend sont désespérées .
Je ne sais plus quand , je ne sais plus où
Maître Yvon sifflait dans son biniou .
Le coche qui va d'Avranche à Fougère
Fait claquer son fouet comme un vif éclair :
Voici le moment où flottent dans l'air
Tous ces bruits confus que l'ombre exagère .
Je ne sais plus quand ,je ne sais plus où
Maître Yvon sifflait dans son biniou .
Dans les bois profonds brillent des flambées ;
Un vieux cimetière est sur un sommet ;
Où Dieu trouve - t - il tout ce noir qu'il met
Dans les cœurs brisés et les nuits tombées ?
Je ne sais plus quand , je ne sais plus où
Maître Yvon sifflait dans son biniou .
Des flaques d'argent tremblent sur les sables ;
L'orfraie est au bord des talus crayeux ;
Le pâtre , à travers le vent , suit des yeux
Le vol monstrueux et vague des diables .
Je ne sais plus quand , je ne sais plus où
Maître Yvon sifflait dans son biniou .
Un panache gris sort des cheminées ;
Un bûcheron passe avec son fardeau :
On entend , parmi le bruit des cours d'eau
Le frémissement des branches traînées .
Je ne sais plus quand , je ne sais plus où
Maître Yvon sifflait dans son biniou.
La faim fait rêver les grands loups moroses ;
La rivière court , le nuage fuit ;
Derrière la vitre où la lampe luit
Les petits enfants ont des têtes roses .
Je ne sais plus quand , je ne sais plus où
Maître Yvon sifflait dans son biniou .
Victor HUGO : Les rayons et les ombres .
lhuron
Il est vrai que nous avons eu la chance d'avoir de très grandes pointures , tant en poésie qu'en chanson ...Il reste tant de très belles choses à découvrir qu'une vie ne suffirait pas. Merci toutes les deux pour ces très beaux textes .
À mon tour : souvent je vous ai parlé de Maître Yvon et de son biniou ... Alors , bonne lecture .
lila
Jean Ferrat
NUL NE GUÉRIT DE SON ENFANCE
Sans que je puisse m'en défaire
Le temps met ses jambes à mon cou
Le temps qui part en marche arrière
Me fait sauter sur ses genoux
Mes parents l'été les vacances
Mes frères et soeur faisant les fous
J'ai dans la bouche l'innocence
Des confitures du mois d'août
Nul ne guérit de son enfance
Les napperons et les ombrelles
Qu'on ouvrait à l'heure du thé
Pour rafraîchir les demoiselles
Roses dans leurs robes d'été
Et moi le nez dans leurs dentelles
Je respirais à contre–jour
Dans le parfum des mirabelles
L'odeur troublante de l'amour
Nul ne guérit de son enfance
Le vent violent de l'histoire
Allait disperser à vau–l'eau
Notre jeunesse dérisoire
Changer nos rires en sanglots
Amour orange amour amer
L'image d'un père évanouie
Qui disparut avec la guerre
Renaît d'une force inouïe
Nul ne guérit de son enfance
Celui qui vient à disparaître
Pourquoi l'a–t–on quitté des yeux
On fait un signe à la fenêtre
Sans savoir que c'est un adieu
Chacun de nous a son histoire
Et dans notre coeur à l'affût
Le va–et–vient de la mémoire
Ouvre et déchire ce qu'il fût
Nul ne guérit de son enfance
Belle cruelle et tendre enfance
Aujourd'hui c'est à tes genoux
Que j'en retrouve l'innocence
Au fil du temps qui se dénoue
Ouvre tes bras ouvre ton âme
Que j'en savoure en toi le goût
Mon amour frais mon amour femme
Le bonheur d'être et le temps doux
Josephine22
Aussitôt que l idée du Déluge se fut rassise..
Un lièvre s arrêta dans les sainfoins et les clochettes mouvantes et dit sa prière a l arc en ciel
à travers la toile de l araignèe.
Oh ! les pierres précieuses qui se cachaient..les fleurs qui regardaient déjà..
Dans la grande rue sale les étals se dressèrent et l on tira les barques vers la mer étagèe la-haut
comme sur les gravures...
extrait de APRES LE DELUGE....ILLUMINATIONS
Arthur RIMBAUD
Josephine22
MA FRANCE
de plaines en forêts..de vallons en collines..
du printemps qui va naître à tes mortes saisons
de ce que j ai vécu à ce que j imagine
je n en finirai pas d écrire ta chanson
Ma France
au grand soleil d été qui courbe la Provence
des genêts de Bretagne aux bruyères d Ardèche
quelque chose dans l air à cette transparence
et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France
extrait de la magnifique chanson de Jean FERRAT
