
lila
HK est le nom d'artiste de Kaddour Hadadi, né le 6 septembre 1976 à Roubaix1, est un auteur-chanteur, ancien membre de MinistÚre des affaires populaires (MAP) et initiateur de HK et les Saltimbanks2. Son engagement à gauche3 a fait de la chanson On lùche rien un hymne de campagne4.
Fils d'immigrés algériens établis à Roubaix dans le quartier de la Potennerie5,6, HK se fait connaßtre, entre 2005 et 2009, au sein du groupe MinistÚre des affaires populaires (MAP), avec les deux albums Debout là -d'dans (2006) et Les Bronzés font du Ch'ti (2009) et de trÚs nombreux concerts.
En 2009, HK forme le groupe HK et les Saltimbanks, autour de chansons Ă©crites « sur la route ». C'est ainsi que sort le 31 janvier 2011, l'album Citoyen du monde. La chanson On lĂąche rien, extraite de cet album est reprise dans les manifestations, et mĂȘme au cinĂ©ma dans La Vie d'AdĂšle7. Dans le deuxiĂšme album de HK et les Saltimbanks, Les Temps modernes, publiĂ© en mai 2012, HK rend hommage au grand rĂ©sistant StĂ©phane Hessel qu'il a rencontrĂ© en 2010.
Avec la reprise dâAmsterdam, on redĂ©couvre Brel aussi, en version « moderne ». De nombreux amis artistes invitĂ©s participent Ă l'album : Flavia Coelho, Karimouche, Souad Massi, et le groupe MAP au complet y fait une apparition.
En 2012, HK publie son premier roman intitulĂ© J'Ă©cris donc j'existe, aux Ă©ditions Riveneuve. Dans cette auto-fiction, HK parle de Roubaix, sa ville natale. En 2013, il prĂ©sente Les DĂ©serteurs, oĂč il interprĂšte des classiques de la chanson française (Padam Padam, Toulouse, Les P'tits Papiers, Vesoul, NĂ© quelque part, Le Plat Pays, L'Affiche rouge, Les Passantes, Sous le ciel de Paris, La Chanson des vieux amants) en version chĂąabi. En 2014, il publie son second roman NĂ©apolis, aux Ă©ditions Riveneuve.
Le 30 novembre 2015, il est parmi les signataires de l'Appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence ».
Le 3 mars 2017 sort le nouvel album d'HK : L'empire de papier. Il s'agit d'un album plus personnel, sans tous ses accompagnateurs habituels, à l'exception de la chanson Ce soir nous irons au bal, interprétée par HK et les Saltimbanks au complet. Cette chanson se veut un hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 en France.
HK signe la musique du film documentaire J'ai marché jusqu'à vous - récits d'une jeunesse exilée réalisé par Rachid Oujdi. Les chansons J'ai marché jusqu'à vous et Refugee ont été spécialement composées pour ce documentaire. Rachid Oujdi a également réalisé le vidéoclip de la chanson J'ai marché jusqu'à vous à partir des images de son documentaire.
Lors de la pandémie en 2020, un spectacle du groupe dont HK est membre est annulé car déclaré « non-essentiel ». à ce moment-là , il crée la chanson Danser encore.
Ce titre a Ă©tĂ© repris lors de flash mobs en 2021, par diffĂ©rents groupes, tant en France qu'Ă l'Ă©tranger. La premiĂšre a eu lieu en mars 2021 Ă la gare du Nord. Ses vues ont dĂ©passĂ© le million sur les rĂ©seaux sociaux. Une seconde flash mob est lancĂ©e le 8 avril Ă la gare de l'Est. Ces rassemblements suscitent la polĂ©mique, d'un cĂŽtĂ© HK affirme ne pas vouloir passer un message contre les gestes barriĂšres et n'ĂȘtre jamais Ă l'origine de cluster. De l'autre, les autoritĂ©s sanitaires rappellent que les concerts et les rassemblements festifs du groupe, sans masque ni respect de la distanciation sociale, peuvent tout de mĂȘme causer des contaminations
lhuron
Merci pour ces deux trĂšs beaux poĂšmes que je ne connaissais pas. Je retiens :
"Ah ! je voudrais , gardant ton profil sur ma gorge ,
Par ta bouche qui dort
Entendre de tes seins la délicate forge
Souffler jusqu'Ă ma mort "
et
"Et quand le soir à la télé
Le bon roi a parlé
Venu annoncer la sentence
Nous faisons preuve d'irrévérence
Mais toujours avec élégance ."
LILA , pourrais - tu nous dire qui se cache derriĂšre HK ?
Josephine22
PLAIN-CHANT
Je n'aime pas dormir quand ta figure habite,
La nuit contre mon cou;
Car je pense a la mort laquelle vient trop vite
Nous endormir beaucoup.
Je mourrai, tu vivras et c 'est ce qui m'éveille !
Est-il une autre peur ?
Un jour ne plus entendre auprĂšs de mon oreille
Ton haleine et ton coeur.
Quoi, ce timide oiseau replié par le songe
Déserterait son nid !
Son nid d ou notre corps Ă deux tĂȘtes s 'allonge
Par quatre pieds fini.
Puisse durer toujours une si grande joie
Qui cesse le matin,
Et dont l ange chargé de construire ma voie
AllĂšge mon destin.
LĂ©ger, je suis lĂ©ger sous cette tĂȘte lourde
Qui semble de mon bloc,
Et reste en mon abri, muette, aveugle, sourde,
Malgré le chant du coq.
Cette tĂȘte coupĂ©e, allĂ©e en d' autres mondes,
Ou rĂšgne une autre loi,
Plongeant dans le sommeil des racines profondes,
Loin de moi, prĂšs de moi.
Ah ! je voudrais, gardant ton profil sur ma gorge,
Par ta bouche qui dort
Entendre de tes seins la délicate forge
Souffler jusqu'Ă ma mort.
JEAN COCTEAU
poeme de 1923
lila
Paroles de la chanson Danser encore par HK
Nous on veut continuer Ă danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords
Oh, non non non non non
Nous on veut continuer Ă danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords
Nous sommes des oiseaux de passage
Jamais dociles ni vraiment sages
Nous ne faisons pas allégeance
Ă l'aube en toutes circonstances
Nous venons briser le silence
Et quand le soir à la télé
Monsieur le bon roi a parlé
Venu annoncer la sentence
Nous faisons preuve d'irrévérence
Mais toujours avec élégance
Nous on veut continuer Ă danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords
Oh, non non non non non
Nous on veut continuer Ă danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords
Auto-métro-boulot-conso
Auto attestation qu'on signe
Absurdité sur ordonnance
Et malheur Ă celui qui pense
Et malheur Ă celui qui danse
Chaque mesure autoritaire
Chaque relent sécuritaire
Voit s'envoler notre confiance
Ils font preuve de tant d'insistance
Pour confiner notre conscience
Nous on veut continuer Ă danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords
Oh, non non non non non
Nous on veut continuer Ă danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords
Ne soyons pas impressionnables
Par tous ces gens déraisonnables
Vendeurs de peur en abondance
Angoissants, jusqu'à l'indécence
Sachons les tenir Ă distance
Pour notre santé mentale
Sociale et environnementale
Nos sourires, notre intelligence
Ne soyons pas sans résistance
Les instruments de leur démence
Nous on veut continuer Ă danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords
Oh, non non non non non
Nous on veut continuer Ă danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords
lila
Chacun sa chimĂšre
"Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés.
Chacun dâeux portait sur son dos une Ă©norme ChimĂšre, aussi lourde quâun sac de farine ou de charbon, ou le fourniment dâun fantassin romain.
Mais la monstrueuse bĂȘte nâĂ©tait pas un poids inerte ; au contraire, elle enveloppait et opprimait lâhomme de ses muscles Ă©lastiques et puissants ; elle sâagrafait avec ses deux vastes griffes Ă la poitrine de sa monture ; et sa tĂȘte fabuleuse surmontait le front de lâhomme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espĂ©raient ajouter Ă la terreur de lâennemi.
Je questionnai lâun de ces hommes, et je lui demandai oĂč ils allaient ainsi. Il me rĂ©pondit quâil nâen savait rien, ni lui, ni les autres ; mais quâĂ©videmment ils allaient quelque part, puisquâils Ă©taient poussĂ©s par un invincible besoin de marcher.
Chose curieuse Ă noter : aucun de ces voyageurs nâavait lâair irritĂ© contre la bĂȘte fĂ©roce suspendue Ă son cou et collĂ©e Ă son dos ; on eĂ»t dit quâil la considĂ©rait comme faisant partie de lui-mĂȘme. Tous ces visages fatiguĂ©s et sĂ©rieux ne tĂ©moignaient dâaucun dĂ©sespoir ; sous la coupole spleenĂ©tique du ciel, les pieds plongĂ©s dans la poussiĂšre dâun sol aussi dĂ©solĂ© que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie rĂ©signĂ©e de ceux qui sont condamnĂ©s Ă espĂ©rer toujours.
Et le cortĂ©ge passa Ă cĂŽtĂ© de moi et sâenfonça dans lâatmosphĂšre de lâhorizon, Ă lâendroit oĂč la surface arrondie de la planĂšte se dĂ©robe Ă la curiositĂ© du regard humain.
Et pendant quelques instants je mâobstinai Ă vouloir comprendre ce mystĂšre ; mais bientĂŽt lâirrĂ©sistible IndiffĂ©rence sâabattit sur moi, et jâen fus plus lourdement accablĂ© quâils ne lâĂ©taient eux-mĂȘmes par leurs Ă©crasantes ChimĂšres."
Charles BAUDELAIRE (1821-1867), Petits poĂšmes en prose, 1869
Josephine22
Les abeilles vinrent pour le miel
Les fleurs furent prises de petits rires nerveux
En se déshabillant
Pour s offrir
Le soleil sourit...
et aussi :
Le premier jour d' amour
Tu m as enveloppée du mot exquise..
RUPI KAUR ( jeune écrivaine née au Penjab, emigrée au Canada)
extrait de son recueil LE SOLEIL ET LES FLEURS
.
Josephine22
lhuron a écrit :
BATTERIE .
Soleil ,je t'adore comme les sauvages
Ă plat ventre sur le rivage .
Soleil , tu vernis tes chromos
tes paniers , tes fruits , tes animaux .
Fais - moi le corps tanné , salé ;
fais ma grande douleur s'en aller .
Le nĂšgre , dont brillent les dents
est noir dehors , rose dedans .
Moi je suis noir dedans et rose
dehors : fais la métamorphose .
Change - moi d'odeur , de couleur
comme tu as changé Hyacinthe en fleur .
Fais braire la cigale en haut du pin ;
fais - moi sentir le four Ă pain .
L'arbre Ă midi rempli de nuit
la répand le soir à cÎté de lui .
Fais - moi rĂ©pandre mes mauvais rĂȘves
Soleil , boa d'Adam et Ăve .
Ce que j'ai chaud , c'est qu'il est midi :
je ne sais plus trĂšs bien ce que je dis .
Je n'ai plus mon ombre autour de moi
Soleil ! ménagerie des mois .
Soleil , Buffalo Bill , Barnum
tu grises mieux que l'opium .
Tu es un clown, un toréador
tu as des chaĂźnes de montre en or .
Tu es un nĂšgre bleu qui boxe
les équateurs , les équinoxes .
Soleil , je supporte tes coups
tes gros coups de poing sur mon cou .
C'est encore toi que je préfÚre
Soleil , délicieux enfer .
Jean COCTEAU : PoĂšmes 1920 .
Peintre , cinéaste , poÚte ,un touche à tout génial .
MAGNIFIQUE...J ADORE et le texte et COCTEAU
fais moi le corps tanné, salé
fais ma grande douleur s en aller... đ
Josephine22
lhuron a écrit :
TrĂšs beau texte de COLETTE teintĂ© d'humour et qui rappelle une anecdote rapportĂ©e par Alain GERBAULT , le navigateur solitaire , dans son livre : " l'ĂVANGILE DU SOLEIL ":
Alors qu'il s'apprĂȘtait Ă aborder dans un port des Ăźles SAMOA , il voit un vieillard ,sur la jetĂ©e , tout tatouĂ© , les cheveux blanchis Ă la chaux , vĂȘtu d'un simple parĂ©o. En le voyant , GERBAULT se dit : " il a du connaĂźtre Jack LONDON , STEVENSON , peut - ĂȘtre , il va me parler en vieux langage samoan ...."
Hélas , le vieux Samoan lui demanda , en excellent Anglais :
" Who cut your hair ? "( Qui vous coupe les cheveux ? ")
EXCELLENTE ANECDOTE d ALAIN GERBAULT
qui donne bien envie de lire L EVANGILE DU SOLEIL
MERCI AMI LHURON
lhuron
BATTERIE .
Soleil ,je t'adore comme les sauvages
Ă plat ventre sur le rivage .
Soleil , tu vernis tes chromos
tes paniers , tes fruits , tes animaux .
Fais - moi le corps tanné , salé ;
fais ma grande douleur s'en aller .
Le nĂšgre , dont brillent les dents
est noir dehors , rose dedans .
Moi je suis noir dedans et rose
dehors : fais la métamorphose .
Change - moi d'odeur , de couleur
comme tu as changé Hyacinthe en fleur .
Fais braire la cigale en haut du pin ;
fais - moi sentir le four Ă pain .
L'arbre Ă midi rempli de nuit
la répand le soir à cÎté de lui .
Fais - moi rĂ©pandre mes mauvais rĂȘves
Soleil , boa d'Adam et Ăve .
Ce que j'ai chaud , c'est qu'il est midi :
je ne sais plus trĂšs bien ce que je dis .
Je n'ai plus mon ombre autour de moi
Soleil ! ménagerie des mois .
Soleil , Buffalo Bill , Barnum
tu grises mieux que l'opium .
Tu es un clown, un toréador
tu as des chaĂźnes de montre en or .
Tu es un nĂšgre bleu qui boxe
les équateurs , les équinoxes .
Soleil , je supporte tes coups
tes gros coups de poing sur mon cou .
C'est encore toi que je préfÚre
Soleil , délicieux enfer .
Jean COCTEAU : PoĂšmes 1920 .
Peintre , cinéaste , poÚte ,un touche à tout génial .
lhuron
TrĂšs beau texte de COLETTE teintĂ© d'humour et qui rappelle une anecdote rapportĂ©e par Alain GERBAULT , le navigateur solitaire , dans son livre : " l'ĂVANGILE DU SOLEIL ":
Alors qu'il s'apprĂȘtait Ă aborder dans un port des Ăźles SAMOA , il voit un vieillard ,sur la jetĂ©e , tout tatouĂ© , les cheveux blanchis Ă la chaux , vĂȘtu d'un simple parĂ©o. En le voyant , GERBAULT se dit : " il a du connaĂźtre Jack LONDON , STEVENSON , peut - ĂȘtre , il va me parler en vieux langage samoan ...."
Hélas , le vieux Samoan lui demanda , en excellent Anglais :
" Who cut your hair ? "( Qui vous coupe les cheveux ? ")
Josephine22
Dans un petit cafĂ© du port, les pĂȘcheurs attendent pour repartir le flot qui monte et dĂ©jĂ chatouille sournoisement la quille des bateaux, Ă©chouĂ©s de biais sur le sable au bas du quai.
Ce sont des pĂȘcheurs comme partout, en toile goudronnĂ©e, en tricots bleus, en sabots camus.
Les vieux ont le collier de barbe et la pipe courte...c est le modÚle courant vulgarisé par la
chromolithographie et l instantané.
Ils boivent du café et rient facilement avec ces clairs yeux vides de pensée, qui nous charment nous autres terriens.
L 'un d' eux est théùtralement beau, ni jeune, ni vieux,crépu d'une toison et d'une barbe plus pùles
que sa peau tannĂ©e, avec des yeux jaunes, des prunelles de chĂšvre rĂȘveuse qui ne clignent presque jamais.
La mer est montĂ©e, les bateaux dansent dans la baie, au bout de leurs amarres, et trinquent du ventre. Un a un, les pĂȘcheurs s en vont et serrent la patte du beau gars aux yeux d or : "A revoir Canada ". A la fin, Canada reste seul dans le petit cafĂ©, debout, le front aux vitres, son verre d 'eau-de- vie Ă la main...Qu' attend-il ? Je m 'impatiente et me dĂ©cide a lui parler :
Ils vont loin comme ça ?
Son geste lent, son vaste regard désignent la haute mer :
""Par lĂ -bas. Y a bien de la crevette ces jours-ci.
Y a bien de la limande et du maquereau, et de la sole...
Y a bien un peu de tout."..
"Vous ne pĂȘchez pas aujourd'hui, vous ?"
Les prunelles d'or se tournent vers moi, un peu méprisantes :
"Je ne suis pas pĂȘcheur, ma petite dame. Je travaille (sic) avec le photographe pour les cartes postales ".JE SUIS TYPE LOCAL.".
COLETTE
extrait de EN BAIE DE SOMME.
pour changer des textes habituels de cet auteure đ