
Capusa06
Jean Racine, né le 22 décembre 1639 à La Ferté-Milon et mort le 21 avril 1699 à Paris, est un dramaturge et poète français.
Issu d'une famille de petits notables de la Ferté-Milon et tôt orphelin, Racine reçoit auprès des « Solitaires » de Port-Royal une éducation littéraire et religieuse rare. Se détournant d'une carrière ecclésiastique, il entreprend, jeune, de faire une carrière des lettres, en privilégiant la poésie et le théâtre tragique. Le succès d’Alexandre le Grand, en 1665, lui confère une solide réputation et lui apporte le soutien du jeune roi Louis XIV. Andromaque, en 1667, ouvre une décennie de grandes créations qui voit, à côté d'une unique comédie (Les Plaideurs, 1668), représentées les sept tragédies consacrées par l’historiographie comme ses plus remarquables : Britannicus (1669), Bérénice (1670), Bajazet (1672), Mithridate (1673), Iphigénie (1674) et Phèdre (1677). La « tristesse majestueuse » de ces pièces épurées rompant avec l’héroïsme baroque fait la renommée du dramaturge et divise profondément le public français, dont une partie défend la tragédie cornélienne. Le succès populaire, les querelles critiques, l'appui du roi et les faveurs à la cour de Mme de Montespan entraînent une ascension sociale et économique fulgurante de l'auteur : élu à l'Académie française en 1672, anobli en 1674, Racine abandonne en 1677 le « métier de poésie » pour briguer le « glorieux emploi » d'historiographe du roi. Devenu l'un des courtisans proches du Roi-Soleil, il ne délaisse son travail d'historien que pour donner, à la demande de Mme de Maintenon, deux tragédies bibliques aux jeunes filles de Saint-Cyr : Esther (1689) et Athalie (1691), et pour écrire en secret un Abrégé de l'histoire de Port-Royal, retrouvé et publié après sa mort. Le vaste travail historique auquel il consacre la majeure partie de ses vingt dernières années, l'histoire de Louis XIV, disparaît entièrement dans l'incendie de la maison de son successeur, Valincour.
L'œuvre de Racine passe pour avoir amené la tragédie classique à son « accomplissement » et son « harmonie ». L'économie du propos, la rigueur de la construction (situation de crise menée à son acmé), la maîtrise de l'alexandrin et la profondeur de l'analyse psychologique ont élevé le corpus racinien au rang de modèle classique. Par son respect strict des unités de temps, de lieu et d'action, Racine refuse la primauté, la densité et l'héroïsme de l'action propres aux tragédies de Pierre Corneille, auquel il est souvent opposé. Il lui préfère un épurement de l'intrigue (parfois extrême, en particulier dans Bérénice) et l'intensité psychologique. Abandonnant le ton glorieux et moral du théâtre du début du xviie siècle, Racine soumet la vertu politique et la raison d'État, chères à Corneille, sous les contingences passionnelles. La passion soumet et détruit ses personnages tout-puissants (rois, empereurs, princesses) qui tentent en vain de lutter contre elle, perdant le sens du devoir jusqu'à la déraison ou la mort. Les passions, parmi lesquelles l'amour prime, sont le fondement du tragique racinien en ce qu'ils sont les instruments du destin. L'amour racinien suit en ordre général la structure du triangle amoureux, inexorable et cruel pour chacun des partis. Le fondement de ce tragique relève à ce titre de la confrontation de la démesure et de la déraison des passions avec l'humilité de la finitude des mortels. Les tragédies de Racine se fondent sur la conjonction de la crainte et de la pitié (les deux émotions fondamentales du théâtre antique) ; la critique a souvent estimé que le dramaturge a ainsi cherché à associer la prédestination janséniste et le fatum antique. Consacré par la critique comme l'un des plus grands auteurs français de tragédies, il est l'un des trois dramaturges majeurs, avec Corneille et Molière, de la période classique en France. Aujourd'hui, il compte parmi les auteurs les plus joués à la Comédie-Française et dans le pays, et figure parmi les grandes références de la littérature universelle.
Misterprof-
22 décembre 1905 :
Naissance de l' acteur Pierre Brasseur.
Il est le père de Claude Brasseur, lui-même père d'Alexandre Brasseur (que l'on a vu notamment dans la série télévisée Maigret aux côtés de Bruno Cremer).
Pierre-Albert Espinasse naît le 22 décembre 1905 à Paris dans le 17e arrondissement.
Il est le fils de l'acteur Georges Albert Espinasse et de l'actrice Germaine Nelly Brasseur.
Il adopte par la suite le nom de naissance de sa mère, Germaine Nelly Brasseur, comme nom de scène.
Âgé de six ans, il est témoin d'une des premières attaques de la bande à Bonnot et a pour ami d'enfance Jean Gabin.
Après ses études, il échoue au concours d'entrée au Conservatoire, puis suit des cours d'art dramatique dispensés par Harry Baur et Fernand Ledoux au Théâtre Maubel.
Il est l'intime de Pablo Picasso, Jean Cocteau, Max Jacob, de Louis Aragon qui l'introduit dans le groupe surréaliste où il fait la connaissance d'André Breton, Paul Éluard, Benjamin Péret, Raymond Queneau.
Grâce à Aragon, Robert Desnos et Jacques Prévert, il publie ses premiers textes dans La Révolution surréaliste.
Il a écrit ensuite plusieurs pièces : L'Ancre noire (1927), Sainte Cécile (1944), Un ange passe (1943), L'Enfant de Poméranie (1945).
En 1924, il fait à la fois ses débuts au théâtre chez Lugné-Poe au théâtre de l'Œuvre, et au cinéma avec Jean Renoir dans La Fille de l'eau.
Il incarne d'abord principalement des personnages de gigolos, puis il rencontre Jacques Prévert qui donnera un tournant important à sa carrière.
Il trouve son premier vrai grand rôle dans l'interprétation du peintre alcoolique de Lumière d'été de Jean Grémillon.
Déjà renommé comme acteur de théâtre il devient populaire auprès du grand public avec son interprétation dans Le Quai des brumes de Marcel Carné et surtout avec son rôle de Frédérick Lemaître dans Les Enfants du paradis.
Il offre une superbe prestation de Lucien Maublanc, le rejeté des Grandes Familles, d'après l'œuvre de Maurice Druon, dans un extraordinaire face-à-face avec Jean Gabin.
Mais sa véritable passion est de jouer sur les planches.
Il triomphe avec Le Sexe faible d'Édouard Bourdet, dans Kean, où il incarne le grand acteur anglais raconté par Alexandre Dumas père, dans Les Mains sales et Le Diable et le Bon Dieu de Jean-Paul Sartre, comme dans Tchao de Marc-Gilbert Sauvajon ou dans Dom Juan aux Enfers de George Bernard Shaw aux côtés de Paul Meurisse.
Le 16 août 1935, il épouse l'actrice Odette Joyeux, qui lui donne un fils, Claude (1936-2020).
Brasseur divorce d’Odette Joyeux le 23 juillet 1945 puis épouse la pianiste Lina Magrini (décédée en 1970), dont il divorce par la suite.
Il vit plusieurs années, jusqu'à sa mort, avec la chanteuse Catherine Sauvage.
En 1953, il magnifie deux films de Georges Combret, La Pocharde et Raspoutine.
En 1966, dans un rôle à contre-emploi, il campe un truculent général Géranium dans le film de Philippe de Broca Le Roi de cœur.
En 1957, il insiste pour avoir Georges Brassens comme protagoniste dans Porte des Lilas, de René Clair, seul film où le chanteur fait une prestation d'acteur incarnant un personnage.
Il publie en 1972 son autobiographie, Ma vie en vrac, qu'il présente à la télévision dans Italiques.
Il fait l'une de ses dernières apparitions à l'écran dans l'épisode Meurtre par intérim des Cinq Dernières Minutes avec Raymond Souplex.
Dans cet épisode où il incarne un entrepreneur en bâtiment surmené et menacé, il tourne une scène avec Rellys (dont ce sera l'avant-dernier rôle à l'écran).
Lors de la scène, le médecin venu ausculter la femme de Rellys lui prophétise une crise cardiaque et lui demande de passer sans tarder à son cabinet.
La réalité rejoindra la fiction quelques semaines après le tournage : Pierre Brasseur meurt le 14 août 1972 à Brunico en Italie, d'une crise cardiaque, à la suite d'une crise d'emphysème, pratiquement dans les bras de Claude Dauphin, son partenaire du film avec qui il était en train de tourner La Plus Belle Soirée de ma vie.
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 59).
FAE
"Roger Zabel est un journaliste français né le 22 décembre 1951 à Épernay (Marne).
Après une année d'études à l'École supérieure de journalisme de Paris, il passe huit années au service des sports de RTL, dirigé par Guy Kédia, au cours desquelles il couvre, entre autres, huit Tours de France cycliste de 1975 à 1981, des Jeux olympiques d'été (1976 et 1980) et d'hiver (1976 et 1980)."
Capusa06
Athos
Personnage de fiction apparaissant dans les trois mousquetaires.
Il est inspiré d'Armand de Sillègue d'Athos d'Hauteville, mousquetaire du roi, né en 1615 en Béarn et mort le 21 décembre 1645 à Paris.
Athos tient son nom du petit bourg d'Athos-Aspis sur le gave d'Oloron, près de Sauveterre-de-Béarn et près d’Autevielle. Fils d'Adrien de Sillègue, seigneur d'Athos et d'Autevielle, il ne pouvait espérer, en tant que cadet de famille, recevoir les seigneuries d’Athos et d’Autevielle qui reviendraient à son frère ainé. Il eut donc le choix d'entrer dans l’armée ou dans les ordres. Il était cousin au deuxième degré de Monsieur de Tréville, dont la protection lui permit d’entrer dans le régiment des Mousquetaires en 1640, à la même époque que Porthos et Aramis.
On sait seulement de lui qu'il était béarnais, et qu'il disparut jeune, sans doute tué au cours d'un duel comme l'indique le registre des décès de l’église Saint-Sulpice à Paris à la date du 21 décembre 1645 : « Convoy, service et enterrement du deffunct Armand, Athos d'Autebielle mousquetaire de la garde du Roy, gentilhomme de Béarn, pris proche la halle du Pré au Clercs. »
Le Pré-aux-Clercs étant un lieu réputé pour être le rendez-vous des duellistes, il est probable qu'il soit mort ainsi .
Misterprof-
21 décembre 1959 :
Naissance de l' actrice Corinne Touzet, notamment connue pour le rôle d'Isabelle Florent dans la série Une femme d'honneur.
Elle est la fille de Bernard Touzet, né en 1940 à La Tremblade et décédé en 2019 à Schœlcher en Martinique, et de Henriette Derné.
Pendant son adolescence, elle vit à Boulogne-sur-Mer.
Bien que sa grand-mère paternelle soit martiniquaise, elle ne découvre les Antilles qu'à l'âge de trente ans.
Son grand-père maternel est originaire des Pouilles, en Italie.
Passionnée de cirque et de clowns, elle passe son baccalauréat à 16 ans, voyage au Canada et aux États-Unis et revient en France où elle monte des spectacles de rue en même temps qu'elle suit des études de Lettres à Aix-en-Provence.
Après quelques spectacles, elle tente sa chance à Paris, en 1981, et tourne, en 1982 dans sa première série télévisée, Marianne, une étoile pour Napoléon, diffusée quotidiennement sur Antenne 2.
En 1987, elle joue dans le film La Rumba, de Roger Hanin, où elle interprète son premier grand rôle au cinéma.
De 1996 à 2007, elle est l’héroïne de la série de TF1, Une femme d'honneur, dans le rôle d'Isabelle Florent, une adjudant-chef puis lieutenant très sympathique, pleine de joie et de bonté.
L'épisode pilote rassemble 12 300 000 téléspectateurs.
Ce succès marque le début d'une des séries préférées des français qui élisent Corinne Touzet Meilleure comédienne de téléfilm, en 1997, au cours de la cérémonie des 7 d'or.
En 2000, elle crée avec une associée sa première société de productions, Corilan’ Productions.
Elle produit son premier téléfilm Et demain Paula, écrit par Florence Duhamel, alors qu'elle est une des héroïnes récurrentes à succès de TF1 et produit, ensuite, onze téléfilms.
En 2001, elle devient la marraine de l'association Un Regard, un Enfant, visant à aider à la scolarité des enfants issus de milieux défavorisés, de lutter contre la pauvreté infantile et l’esclavage des enfants et de promouvoir la citoyenneté, les libertés, la justice et les droits de l’enfant dans le monde.
Elle réalise et édite un reportage sur le foyer d’Agadir en décembre 2008.
En 2004, elle produit et joue dans Un parfum de Caraïbes.
Bien que l’histoire ne soit pas autobiographique, ce film est dédié à sa grand-mère paternelle, décédée en 1998.
En 2005, elle produit son cinquième téléfilm, L'Enfant de personne, réalisé par Michaël Perrotta, où elle interprète une femme amnésique.
En juin 2005, elle est présente au Festival de télévision de Monte-Carlo pour Une femme d'honneur.
En 2006, elle joue à La Réunion dans la saga de l'été, Les Secrets du volcan, réalisée par Michaëla Watteaux, diffusée sur France 2.
Elle lance également sa nouvelle société de productions Yes productions.
En 2008, elle est à l’affiche de la pièce Mobile Home, de Sylvain Rougerie, mise en scène d’Anne Bourgeois avec Jean-Pierre Bouvier, Sylvain Rougerie et Jean-Michel Portal.
Après un retour sur scène grâce à une tournée en province, en Belgique et en Suisse, elle édite et met en vente deux coffrets de DVD regroupant les principaux films qu'elle a produits ; en mars 2009, la vente de DVD en version unitaire est lancée.
Elle est porte-parole de l’AFIPA et soutient les associations Mécénat Chirurgie cardiaque, Tout le monde chante contre le cancer et Le printemps des animaux (association ayant pour but de soutenir la rénovation du zoo de Vincennes).
En 2010, elle revient sur TF1 dans Interpol.
Elle décide pourtant d'arrêter cette série après le tournage de six épisodes, les personnages principaux n'ayant aucune vie privée, ni chance d'évoluer, ce qu'elle a profondément regretté après avoir été si heureuse sur la série Une femme d'honneur.
Les années 2011 et 2012 sont marquées par la pièce de théâtre Soif (tournée en France et à l'étranger).
La première diffusion de sa neuvième production TV, Un crime oublié, a lieu en octobre 2012, sur France 3.
Depuis 2014, Corinne Touzet a rejoint le club des ambassadeurs de la fondation Claude-Pompidou, qui vient en aide aux personnes rendues vulnérables par la maladie, le handicap et le grand âge depuis 1970.

piron
21 décembre 1880 : Les filles entrent au lycée
Le 21 décembre 1880, le député Camille Sée, ami de Jules Ferry, fait passer une loi qui ouvre aux filles l'accès à un enseignement secondaire public.
Jusque-là, les jeunes Françaises qui désiraient prolonger leurs études n'avaient d'autre solution que les établissements confessionnels. Dans les lycées publics qui leur sont ouverts, les cours de religion sont remplacés par des cours de morale. L'Église n'a plus le monopole de la formation des filles.
L'année suivante, Camille Sée fait voter la création de l'École Normale Supérieure de Sèvres en vue de former des professeurs féminins pour ces lycées car il n'est pas encore question de mixité .
FAE
"Jane Fonda, née à New York le 21 décembre 1937, est une actrice et une productrice américaine, également écrivaine, féministe et militante pacifiste.
Elle fait ses débuts à Broadway en 1960 dans la pièce There Was a Little Girl, pour laquelle elle reçoit sa première des deux nominations aux Tony Awards, avant de débuter la même année au cinéma avec la comédie La Tête à l'envers. Elle obtient une renommée au cinéma dans les années 1960 avec L'École des jeunes mariés (1962), Un dimanche à New York (1963), Cat Ballou (1965), Pieds nus dans le parc (1967) et Barbarella (1968), ce dernier film étant réalisé par Roger Vadim, son mari de l'époque.
Son travail d'actrice est souvent remarqué, comme en témoignent les prix prestigieux qu'elle a reçus. Elle est par deux fois récompensée de l'Oscar de la meilleure actrice, sur un total de sept nominations ; ainsi que deux fois lauréate d'un BAFTA. Parallèlement, elle obtient huit Golden Globes, dont le Cecil B. DeMille Award en 2021. À la télévision, sa prestation dans le téléfilm Les Poupées de l'espoir lui permet d'obtenir un Emmy Award en 1984."
Capusa06
Arthur Rubinstein est un pianiste polonais naturalisé américain, né le 28 janvier 1887 à Łódź (Empire russe, actuelle Pologne) et mort le 20 décembre 1982 à Genève (Suisse).
Artiste mondain, très médiatisé et populaire, un des musiciens ayant donné le plus de concerts au cours de cette période, il figure parmi les plus grands pianistes du xxe siècle.
Refusant de s'enfermer dans une case, Rubinstein couvre un large répertoire qui s'enrichit tout au long de sa carrière. Il fait partie des grands pianistes romantiques : il est considéré, en particulier, comme étant l'un des meilleurs interprètes de la musique de Chopin mais ses interprétations de Brahms, Beethoven ou Schumann par exemple sont aussi très réputées. Rubinstein joue aussi des œuvres du répertoire plus récent, de compositeurs tels que Villa-Lobos, Debussy, Ravel, De Falla, Albéniz ou Saint-Saëns. Enfin, le Polonais est un grand admirateur de Mozart auquel il reste très attaché tout au long de sa vie.
Arthur Rubinstein n'a aucun lien de parenté avec le pianiste et compositeur russe du xixe siècle Anton Rubinstein (1829-1894), bien que la confusion fût très fréquente au tout début de la carrière du pianiste du xxe siècle.
Biographie
Enfant prodige
Né dans une famille de tisserands polonais de la ville de Łódź, en Pologne alors intégrée à l'Empire russe, Arthur Rubinstein est issu d'une famille de confession juive. Sa mère, Felicja, est née à Łódź en 1852 où elle a rencontré son futur mari. Ce dernier, Izaac, a vu ses parents tués par les Russes durant l'insurrection polonaise de 1863 ; il errait dès lors en Pologne avant de finalement s'installer à Łódź, attiré par la croissance de la ville dans les années 1860. Le couple, qui n’est par ailleurs absolument pas musicien, se marie en 1870 et donne naissance à sept enfants — trois filles et quatre garçons —, Arthur étant le dernier de la fratrie, né en 1887. Bien que l'artiste ait tenté, par la suite, de décrire sa ville natale avec une certaine poésie, Łódź est alors en réalité une ville de travailleurs, industrielle, lugubre, sale, malodorante (il n'y a pas de tout-à-l’égout par exemple) et où la contestation sociale gronde.
Pendant que sa sœur aînée prend des leçons de piano sans manifester un grand intérêt, le jeune Arthur, âgé seulement de 4 ans, essaie de restituer les mélodies familières sur les touches. À cet âge, le garçon joue avec beaucoup plus d'aisance que ses sœurs plus âgées et qui prennent des cours depuis plusieurs années déjà. Il joue à l'oreille, mémorisant et comprenant les partitions à une vitesse prodigieuse. Mais son père préfère qu'Arthur devienne violoniste, instrument à l'époque considéré comme plus noble que le piano. Ses parents doivent néanmoins rapidement s'incliner devant le talent indiscutable et l'amour qui émane de l'enfant quand il joue du piano. Ils décident donc de le conduire à Aleksander Różycki (1845-1914), un professeur de piano respecté mais sans trop de succès, car celui-ci dort constamment pendant les leçons d'Arthur. Ses parents n'abandonnent cependant pas.
Rubinstein donne son premier concert dans sa ville natale en 1894 à l’âge de 7 ans et, en 1898, le violoniste Joseph Joachim remarque son talent lors d'une interprétation du Rondo no 3 de Mozart : il décide alors de le prendre sous sa protection, l’envoie étudier à la Hochschule für Musik de Berlin et le recommande au professeur de piano Karl Heinrich Barth. Le jeune Polonais y apprend lors d'études exigeantes qui durent sept ans toutes les bases nécessaires pour devenir pianiste virtuose. Il entame sa carrière dans la capitale allemande et commence très vite à jouer dans d’autres pays, notamment en Pologne. Pendant son adolescence, il ne va pas au lycée, mais son précepteur lui donne une culture si solide que, dès ses 14 ans, il lit les littératures polonaise, russe, française, anglaise et allemande dans le texte.
Laborieuse marche vers la reconnaissance .
En 1904, à 17 ans, il se rend à Paris où il rencontre Maurice Ravel et Paul Dukas entre autres. Parmi les morceaux qu'il joue lors de son premier concert au Nouveau-Théâtre (correspondant aujourd'hui au théâtre de Paris) figure le Concerto pour piano no 2 de Camille Saint-Saëns : le compositeur assiste à la répétition générale et se montre très enthousiaste quant à la prestation du jeune pianiste polonais.
En 1906, Rubinstein fait ses débuts aux États-Unis avant de s'installer à Paris au 25 rue Lauriston. En 1908, sa situation personnelle se dégrade jusqu’à lui sembler inextricable : la femme dont il est épris lui échappe, il se retrouve profondément seul dans un hôtel à Berlin, très endetté, sans horizon. Devant ce néant apparent, il tente de mettre fin à ses jours mais la tentative échoue — le nœud de la ceinture utilisée pour se pendre n'a pas tenu. Il relate dans ses Mémoires, de manière peut-être quelque peu romancée, s'être mis au piano presque tout de suite après sa tentative, en retrouvant chaleureusement sa musique tant aimée. Par ailleurs, il confiera plus tard que cet événement a représenté un nouveau départ dans sa vie, prélude d'une véritable résurrection.
Dès lors, débute une vraie carrière internationale entre les États-Unis, l’Australie, l’Italie, la Russie et la Grande-Bretagne.
En 1910, il se déplace à Saint-Pétersbourg afin de participer à la compétition fondée dans cette ville par Anton Rubinstein (en transgressant les lois russes de l'époque, lesquelles interdisent à ce Juif polonais de rester plus d'une journée sur place) : s'il ne reçoit pas le premier prix, il bénéficie cependant d'une mention spéciale qui lui ouvre la porte à une coopération avec le grand chef-d'orchestre Serge Koussevitzky et des concerts qu'il honore début 1911, mais la Première Guerre mondiale puis l'installation du régime soviétique vont l’empêcher, jusqu'en 1932, de revenir jouer dans le pays.
Durant la Première Guerre mondiale, il vit surtout à Londres où il donne des récitals et accompagne le violoniste Eugène Ysaÿe.
En 1915, le pianiste polonais part en Espagne donner un concert à San Sebastián, en remplacement d'un Français mobilisé. Il joue, entre autres, le Concerto no 1 de Brahms dont l'excellente interprétation conquiert immédiatement les critiques présents : sa renommée est faite et lui permet alors d'entamer une grande tournée dans le pays, entre 1916 et 1917, allant jusqu’à véritablement quadriller toute l'Espagne. Cet épisode lance finalement la carrière internationale de Rubinstein et lui donne un début de notoriété dans le monde des pianistes classiques[10]. Il reconnaît cependant que son succès est aussi dû à la guerre qui, en obligeant nombre de pianistes européens à partir au front, lui laisse un pays sans concurrence notable .
Fort de cette reconnaissance, Rubinstein se voit proposer un contrat en 1917 pour une tournée en Amérique latine, qu'il accepte sans hésiter. Il débarque ainsi à Buenos Aires avec, dans ses valises, une lettre de recommandation que lui avait écrite une danseuse de flamenco espagnole à l'attention du patron d'un important journal local La Nación. Il s'avère que ce dernier est follement amoureux de cette danseuse et, quand il lit la lettre que lui apporte Rubinstein, il fait immédiatement publier en première page de son journal un très élogieux portrait du pianiste polonais. L'arrivée de ce dernier en Amérique latine se fait dès lors sous les meilleurs auspices, la publicité faite est miraculeuse : le premier concert — des œuvres de Bach, Beethoven, Chopin, Albéniz, Ravel et Liszt — est un triomphe.
Se déclarant profondément dégoûté par l'attitude de l'Allemagne durant ce premier conflit mondial, il va à jamais refuser de se produire dans ce pays, donnant toutefois des concerts aux frontières de la nation germanique pour le peuple allemand qui goûte son art (la dernière représentation de Rubinstein outre-Rhin date donc de 1914). Le biographe et musicologue Harvey Sachs propose une autre raison pour expliquer ce refus de jouer en territoire allemand : il met en avant l'attitude paradoxale de Rubinstein concernant la musique germanique ; si, d'une part, il a reçu à Berlin sa formation et apprécie les compositeurs de langue allemande (Mozart, Brahms ou Schubert), il est, d’autre part, très méprisant vis-à-vis d’interprètes comme Artur Schnabel ou Edwin Fischer. Sachs en déduit que le pianiste polonais, n'ayant pas réussi à percer dans ce pays durant les premières décennies de sa carrière, entretient un sentiment d'infériorité envers ces interprètes, expliquant ainsi sa volonté de ne plus jouer en Allemagne.
Peu après la guerre, le pianiste se rend une première fois à Rio de Janeiro, où il rencontre Paul Claudel, qui y est ministre plénipotentiaire, ainsi que Darius Milhaud, à l'époque secrétaire particulier du premier ; Rubinstein reste ensuite en relation avec les deux. Par ailleurs, son séjour dans la ville brésilienne est un grand succès puisque ses concerts sont particulièrement prisés du public.
En 1919, Rubinstein entame une tournée en Grande-Bretagne, accompagné de la soprano Emma Calvé et du ténor Vladimir Rosing .
Les voyages successifs que le pianiste entreprend en Amérique latine lui permettent de devenir un spécialiste de la musique latino-américaine.

piron
20 décembre 1848 : Abolition officielle de l'esclavage à La Réunion
Six mois après la publication du décret d'abolition de l'esclavage, le commissaire général de la République Sarda Garriga arrive à la Réunion avec ledit décret. Il promulgue le décret d'abolition le 19 octobre avec effet le 20 décembre 1848.
En souvenir de cette décision, le 20 décembre est aujourd'hui férié et chômé sur l'île de La Réunion. C'est la « fête des Cafres » ou fête de la Liberté