
Capusa06
Désemparé face à l'antisémitisme nazi, le président américain Franklin D. Roosevelt propose une conférence internationale en vue de secourir les Juifs dont ne veulent plus les Allemands. Celle-ci se réunit à huis clos du 6 au 14 juillet 1938 à Évian, au bord du Léman.
Aucun des pays représentés n'ayant véritablement envie de recueillir des réfugiés juifs allemands, la conférence n'aboutira à aucun résultat.
Jeu de dupes
Suite à la prise de pouvoir d'Hitler, les Juifs allemands (1% de la population du pays) ont fait l'objet de brimades et de persécutions de plus en plus brutales. Dès novembre 1933, la SDN (Société des Nations, ancêtre de l'ONU) a constitué un Haut Commissariat aux réfugiés d'Allemagne pour adoucir le sort des Juifs contraints à l'exil. L'Américain James MacDonald en a pris la direction mais, lassé par la mauvaise volonté des démocraties, il a résigné sa fonction dès 1935.
Cette année-là, à Nuremberg, Hitler promulgue des lois antisémites qui séparent plus complètement les Juifs des autres Allemands. Un nombre croissant de familles se résigne à fuir le pays. Confrontés à la crise économique née du krach de 1929, les pays occidentaux rechignent toutefois à les accueillir.
Aux États-Unis, en particulier, le président Roosevelt est soumis à des pressions opposées, d'une part de la part des mouvements juifs et libéraux qui réclament d'accueillir les Juifs allemands, d'autre part de la part des milieux conservateurs et syndicaux qui ne veulent pas d'une remise en cause des quotas d'immigration très stricts établis par les lois Quota Act de 1921 et Immigration Act de 1924.
Le président va donc botter en touche en proposant le 22 mars 1938, depuis sa maison de Warm Springs (Géorgie), une Conférence internationale pour les Réfugiés. Il sait pertinemment que la conférence aboutira à une fin de non-recevoir et il pourra en tirer argument pour exclure tout amendement aux lois sur l'immigration.
La Suisse, qui héberge à Genève la SDN, exclut toutefois d'accueillir la conférence car elle tient à garder de bonnes relations avec son puissant voisin. C'est finalement le président du Conseil français Camille Chautemps qui propose de l'accueillir à Évian, une jolie station thermale à 45 km seulement de la cité de Calvin et de la SDN. La conférence va donc se dérouler dans l'Hôtel Royal, un beau témoin de l'Art Nouveau contruit en 1909 par l'architecte Ernest Hébrard et agrémenté d'un magnifique parc de 19 hectares, ce qui n'est pas pour déplaire aux diplomates.
Refus sous tous prétextes
Strictement limités à six séances à huis clos, les débats ne sont connus que par le communiqué final. 32 pays se font représenter à Évian (l'Allemagne n'est pas invitée, l'URSS et la Tchécoslovaquie ne s'y font pas représenter). C'est pour affirmer unaniment leur refus d'ouvrir leurs ports aux 650 000 Juifs allemands et autrichiens, qualifiés par euphémisme de « Réfugiés » (jamais au cours de la conférence, il n'est fait ouvertement référence aux Juifs).
Les refus se fondent sur des préjugés ou des hypothèses bien plus que sur des faits, comme l'avoue ingénument le délégué australien : « Dans les circonstances présentes, l'Australie ne peut faire plus... Nous n'avons pas de problème racial notable et nous ne voulons pas en importer un ». L'hypocrisie est de mise et les problèmes économiques volontiers mis en avant : « Les réfugiés ont souvent enrichi l'existence et contribué à la prospérité du peuple britannique. Mais le Royaume-Uni n'est pas un pays d'immigration. Il est hautement industrialisé, entièrement peuplé, et il est encore aux prises avec le problème du chômage » assure pour sa part le délégué britannique...
La Suisse estime avoir déjà fait le plein de réfugiés autrichiens et rétablit des visas avec son voisin. Elle va même demander à l'Allemagne de tamponner la lettre J sur les passeports de ses ressortissants juifs afin de pouvoir plus facilement les identifier et les repousser à sa frontière !
Un seul pays fait exception : la République dominicaine, dans les Antilles. Il n'a pas été invité à la conférence mais son dictateur Trujillo fait savoir le 12 août 1938 qu'il serait disposé à accueillir deux cent mille réfugiés car il souhaite « blanchir » la population avec l'importation de quelques milliers de Juifs allemands ; cette offre équivoque est repoussée (de même qu'une offre similaire d'Haïti !).
La presse allemande, triomphante, titre au lendemain de la conférence : « Juifs à vendre ; même à bas prix, personne n’en veut ! ». Hitler, dans les jours qui suivent, ne se prive pas de dauber sur cet échec : « C'était honteux de voir les démocraties dégouliner de pitié pour le Peuple juif et rester de marbre quand il s'agit vraiment d'aider les Juifs ! »
Après la Nuit de Cristal de novembre 1938, l'émigration juive va néanmoins s'intensifier. Quelques milliers de Juifs saisissent l'opportunité offerte par le port chinois de Shanghai, qui les dispense d'un visa d'entrée... Beaucoup d'émigrants gagnent la Palestine sous des formes illégales, en défiant le gouvernement britannique qui tente de les repousser pour ne pas se mettre à dos les Arabes et le Grand Mufti de Jérusalem Amin al-Husseini. Ce chef religieux musulman férocement hostile aux juifs ne craint pas de rencontrer Hitler et de recruter pour lui des combattants musulmans.
Mais à côté de cela, les échecs sont cruels. Le 15 mai 1939, le paquebot Saint-Louis quitte Hambourg avec 900 passagers juifs d'un statut social élevé. Empêché d'accoster à La Havane, il tente sa chance sans succès à Buenos Aires, Montevideo, Panama... Obligé de longer à distance la côte étasunienne, il est aussi refoulé du Canada et finalement contraint de revenir à Hambourg.
Bibliographie
La conférence d'Évian a fait l'objet d'un essai très documenté de Raphaël Delpard : La conférence de la Honte (Michalon, 2015, 250 pages). L'auteur décrit la montée de l'antisémitisme nazi, d'autant plus inattendue qu'elle survient dans le pays d'Europe où les juifs étaient jusque-là les mieux intégrés.
Misterprof-
5 juillet 1971 :
Le scandale de la Garantie foncière.
Le 5 juillet 1971, la Commission des Opérations de Bourse (COB) interdit à une société, la Garantie foncière, de solliciter désormais l'épargne par voie d'annonce publicitaire.
C'est le début d'un scandale qui va secouer l'opinion publique et déchirer la classe politique française.
Il éclate sous la présidence de Georges Pompidou, dans une période de modernisation frénétique et de prospérité comme la France n'en a pas connue depuis le Second Empire.
Pour cela, sans doute, le scandale sera assez vite oublié.
La société en question est une société civile de placement immobilier (SCPI) créée le 31 décembre 1967 pour « acquérir des biens immobiliers et les louer ».
Elle collecte le capital auprès des particuliers et l'investit dans la pierre et rémunère ses souscripteurs avec les revenus et les loyers de ses investissements.
Quand le scandale éclate, elle affiche déjà plus de 12 000 souscripteurs, pour un capital de 205 millions de francs, et annonce des intérêts de 10,25%, supérieurs à celui de toutes ses concurrentes.
Mais la COB la suspecte d'exagérer ses gains et de verser des intérêts avec l'argent apporté par les nouveaux souscripteurs.
Pour se couvrir, le fondateur et président de la Garantie foncière a jugé habile de s'associer un homme influent, à la fois homme d'affaires et homme politique, André Rives de Lavaysse, plus connu sous le nom de Rives-Henrys.
Député de Paris, c'est un militant gaulliste de la première heure.
Il n'en est pas moins inculpé le 19 juillet pour escroquerie, abus de confiance et abus de biens sociaux, de même que les époux Frenkel et un avocat-conseil de ses amis, Victor Rochenoir, lui aussi gaulliste bien en cour.
D'emblée, l'affaire se porte sur le terrain politique.
Le mensuel d'extrême-droite Rivarol titre le 22 juillet 1971 : « À bas les voleurs ! ».
De son côté, le quotidien L'Humanité projette une manifestation dans la rue.
François Mitterrand, Premier secrétaire du tout nouveau Parti socialiste, dénonce l'affairisme de la droite.
Plus inquiétant pour le pouvoir, la coalition de droite se déchire.
Le deuxième parti de la majorité, les Républicains Indépendants, dirigé par Valéry Giscard d'Estaing, ministre de l'économie et des finances, ne se fait pas faute de dénoncer la mainmise de son envahissant allié, l'UDR, l'ex-parti gaulliste, sur les rouages de l'administration.
C'est « l'État-UDR ».
Michel Poniatowski, ami proche de Giscard d'Estaing, s'en prend même à « la république des copains et des coquins ».
La formule fait mouche.
Sans doute va-t-elle contribuer à la défaite aux présidentielles suivantes, en mai 1974, du candidat gaulliste Jacques Chaban-Delmas, d'autant que ce dernier, alors premier ministre, est atteint par la révélation dans Le Canard Enchaîné de sa feuille d'impôt.
Elle montre qu'il ne paie aucun impôt grâce à une optimisation fiscale judicieuse.
Le procès de la Garantie foncière s'ouvre enfin à l'automne 1973.
Rives-Henrys choisit pour sa défense maître Jean-Louis Tixier-Vignancour, avocat et candidat d'extrême-droite aux élections présidentielles de 1965.
On peut craindre que les débats dérivent mais il n'en est rien.
En mars 1974, les principaux prévenus sont condamnés à des peines d'emprisonnement ferme. Mais le scandale a déjà échappé aux écrans radar.
La mort du président Pompidou, l'accession à la présidence de Valéry Giscard d'Estaing et surtout la fin des Trente Glorieuses vont donner aux Français bien d'autres motifs de discussion.
Capusa06
5 juillet 1946 : Naissance explosive du bikini .
Le 5 juillet 1946, au bord de la piscine Molitor, à Paris, le public découvre avec ravissement un maillot de bain féminin « plus petit que le maillot de bain le plus petit au monde » selon le slogan de son créateur, un ingénieur automobile du nom de Louis Réard.
Ce maillot de bain deux pièces, effectivement plus étriqué que ceux qui l'ont précédé, est baptisé du nom de Bikini, un atoll de l'archipel des Marshall sur lequel les Américains ont fait un essai nucléaire quelques jours plus tôt.
Les mannequins professionnels s'étant défilées, c'est à une danseuse nue du Casino de Paris, Micheline Bernardini, que son créateur a dû s'adresser pour sa présentation officielle à la presse internationale. Avec lui débutent les... « Trente Joyeuses ».
Capusa06
5 juillet 1922 : Création du passeport Nansen pour les apatrides
À la suite de la Première Guerre mondiale et des bouleversements géopolitiques qu’elle a déclenchés, des centaines de milliers de personnes se sont retrouvées sans nationalité et sans rattachement à aucun État. L’explorateur norvégien Fridjtof Nansen, nommé en 1921 premier Haut commissaire aux réfugiés par la Société des Nations, élabore alors ce qui devient rapidement le « passeport Nansen ». Ce document de voyage, rédigé en français, est reconnu le 5 juillet 1922 par seize États à l’issue d’une conférence tenue à Genève. Valable à l’origine pour les Russes, il est par la suite étendu à d’autres nationalités, et reconnu par un nombre croissant d’États. Au total, 450 000 personnes vont en bénéficier dans l’Entre-Deux-Guerres, disposant ainsi de documents d’identité leur permettant de voyager.
Capusa06
Giuseppe Garibaldi (1807 - 1882)
Éternel rebelle
Né à Nice le 4 juillet 1807, Giuseppe (ou Joseph) Garibaldi est honoré par l'Italie mais aussi par Nice, sa ville natale, et l'Uruguay, lieu de ses premiers exploits.
Mousse à 13 ans, il se passionne pour les idées révolutionnaires et rejoint le mouvement «Jeune Italie» de Giuseppe Mazzini.
Condamné à mort par contumace à la suite d'un complot raté, il s'embarque pour le Brésil, où il participe à un soulèvement républicain puis passe en Uruguay pour défendre l'indépendance de ce petit pays avec une troupe d'exilés italiens.
Joseph Garibaldi dans son uniforme des Chemises rougesLes légionnaires de Garibaldi, reconnaissables à leur chemise rouge se feront désormais connaître sous l'appellation de «Chemises rouges».
En 1848, Garibaldi regagne l'Europe en ébullition. Il se précipite avec une nouvelle troupe de volontaires à Rome où Mazzini vient de proclamer la République.
Il vainc le corps expéditionnaire français du général Oudinot mais ne réussit pas à sauver la république romaine.
C'est à nouveau l'exil en Amérique mais il n'est que provisoire.
En avril 1860 éclate en Sicile un soulèvement contre le roi des Deux-Siciles, établi à Naples. Garibaldi débarque avec un millier de volontaires près de Palerme. C'est l'«expédition des Mille».
Jouant d'audace, il s'empare de l'île, remonte jusqu'à Naples et livre le royaume au roi du Piémont-Sardaigne qui peut se faire proclamer roi d'Italie.
Dédaigneux des honneurs, Garibaldi lève en 1862 une troupe pour partir à la conquête de la Ville éternelle où réside le pape sous protection française. C'est le pas de trop. Le roi le fait arrêter.. et relâcher aussitôt.
En 1867, il se lance à nouveau à l'attaque du réduit romain. Mais il est défait par les troupes françaises et pontificales à Mentana.
En 1871, l'unité italienne est achevée. Garibaldi, alors âgé de 64 ans, va-t-il enfin prendre du repos ? Que nenni ! Il met son épée au service des républicains français et Gambetta lui confie le commandement de 10.000 tirailleurs de l'armée des Vosges.
Devant l'Assemblée nationale française, Victor Hugo dit de lui : «Cet homme est une puissance». Giuseppe Garibaldi se retire définitivement sur son île de Caprera, près de la Sardaigne, où il rédige ses mémoires et meurt le 2 juin 1882.
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4 juillet 1925 :
Naissance de l'acteur Jacques Fabbri.
Jacques Fabbricotti est un acteur et réalisateur français.
Formé après la Libération à l'école des cabarets de la Rive Gauche, il entre en 1947 à l'école du Vieux Colombier.
Il y reste deux ans avec, pour professeurs, Henri Rollan, Michel Vitold, Tania Balachova et il en sort en remportant le prix annuel dans Jean III de Sacha Guitry.
Ses vrais débuts de comédien, il les fait dans Lucienne et le boucher de Marcel Aymé.
Il débute au cinéma dans Les Dieux du Dimanche de René Lucot.
En 1953, il fonde sa propre troupe qui remporte le concours des Jeunes Compagnies.
En 1963 et 1964, il dirige la Comédie de Provence à Aix-en-Provence avec Philippe Tiry, l'administrateur de sa compagnie.
En 1965, il met en scène Le Songe d'une nuit d'été à la Comédie-Française et se lance dans le même temps dans la réalisation de son premier film Les Pieds dans le plâtre.
Jacques Fabbri a joué dans de très nombreuses pièces de théâtre et de nombreux films.
Il s'est fait connaître à la télévision dans la série télévisée Schulmeister, espion de l'empereur , puis dans l’émission TV Tutti Fabbri diffusée sur la 1re chaîne à partir du dimanche 13 janvier 1974, qui succédait à l’émission Le Luron de Midi.
Il fut aussi un grand défenseur du jazz surtout traditionnel.
Il a été marié à la comédienne Claudine Collas.
Jacques Fabbri meurt le 24 décembre 1997 à Tourgéville à l'âge de 72 ans.
Il est inhumé au cimetière de Montmartre, dans une tombe ornée d'un brigadier.
FAE
Bonsoir à tous ! 😃
"Michel Polnareff, surnommé L'Amiral, est un auteur-compositeur-interprète franco-américain, né le 3 juillet 1944 à Nérac (Lot-et-Garonne).
Pianiste et mélodiste pop, il cultive une apparence singulière. Il est le compositeur et l'interprète de plusieurs succès populaires, notamment : Love Me, Please Love Me, La Poupée qui fait non, Le Bal des Laze, Tout, tout pour ma chérie, Je suis un homme, On ira tous au paradis, Lettre à France ou encore Goodbye Marylou. "
Misterprof-
3 juillet 1942 :
Naissance du chanteur Eddy Mitchel.
Claude Moine naît dans le 9e arrondissement de Paris et grandit dans un milieu modeste dans le quartier du haut Belleville.
Sa mère est employée de banque et son père, Robert Moine, travaille à la Société des transports en commun de la région parisienne.
Adolescent, il se passionne très vitepour le rock'n'roll et rêve de le chanter.
En 1958, il assiste à une représentation de Bill Haley and the Comets à l'Olympia , découvert quelques années plus tôt au cinéma avec le film Graine de violence où il interprète la chanson Rock Around the Clock.
Il apprécie également Gene Vincent, qui est le déclencheur de sa vocation pour la chanson. Son père ne fait rien pour encourager la nouvelle passion de son fils, mais ne s'y oppose pas non plus.
Il préfère le cinéma, où il va deux fois chaque après-midi et emmène souvent avec lui son fils après l'école.
Comme lui, Claude se passionne pour le cinéma américain, notamment le western.
Claude Moine exerce plusieurs petits métiers, notamment coursier dans une agence du Crédit Lyonnais située à proximité du Golf-Drouot, où il passe régulièrement ses après-midis à écouter des disques américains.
À la fin des années 1950, il commence à se produire dans des bals en interprétant les hits du moment.
C'est alors la formation de son groupe, d'abord brièvement appelé Eddy Dane et les Danners, puis Les Five Rocks transformé en Les Cinq Rocks.
Ils se produisent régulièrement sur scène, en particulier au Golf-Drouot.
Claude Moine fait le choix d'Eddy comme prénom de scène, en référence à Eddie Constantine et Moine devient Mitchell, parce que ça sonne américain.
Il est surnommé « Schmoll » par ses proches, un surnom repris affectueusement par le public. Appréciant les expressions américaines et étant de grande taille par rapport à ses amis, il avait coutume de les appeler familièrement « Small » (« petit ») prononcée avec l'accent français, cette expression donnera naissance au célèbre surnom.
Après les débuts prometteurs de son ami Johnny Hallyday, Eddy Mitchell décide de tenter sa chance auprès des maisons de disques.
En feuilletant l'annuaire, il tombe sur la première : Barclay, ce sera la bonne.
En novembre 1960, les Five Rocks ont rendez-vous aux studios Hoche, où ils sont auditionnés par Jean Fernandez et Henri Marchal, bientôt rejoints par Eddie Barclay.
Un contrat de trois ans est signé (par les parents car tous sont mineurs) et le 20 décembre, le groupe est en studio d'enregistrement.
En janvier 1961 sort leur premier disque.
À son insu, le groupe Les Five Rocks est renommé Les Chaussettes Noires par Eddie Barclay, qui a conclu un accord promotionnel avec les chaussettes Stemm.
Quelque temps après la sortie de leur premier super 45 tours, Les Chaussettes Noires participent au premier festival international de rock organisé au Palais des Sports le 24 février 1961.
Le 18 juin, toujours au Palais des Sports, a lieu le deuxième festival de rock où cette fois ils sont programmés en vedette.
La veille, Eddy Mitchell s'est marié avec Françoise Lavit.
Le 2 janvier 1962, Eddy Mitchell effectue ses « 3 jours » au fort neuf de Vincennes où il est déclaré apte au service militaire.
Le 1er mars 1962, il est appelé sous les drapeaux.
Il est incorporé à Montlhéry pour faire ses classes dans le Train, puis à Paris, où il s'occupe de l'organisation du ciné-club de sa caserne.
Eddy militaire précède les autres membres des Chaussettes Noires qui bientôt sont à leur tour, un à un, incorporés.
Durant cette période, les enregistrements continuent tant bien que mal (du fait des permissions qui ne tombent pas toujours au même moment, les sessions studios sont difficiles à organiser). Ainsi, durant l'année il enregistre avec le groupe une vingtaine de chansons et quatre titres en solitaire sous son nom : Mais reviens-moi, C'est à nous, Quand c'est de l'amour, Angel.
Ce premier super 45 tours en solo, qui sort en novembre, se montre très différent.
Mitchell, accompagné par l'Opéra House Orchestra, délaisse un temps le rock 'n' roll pour des ballades romantiques.
Militaire, le chanteur se produit sur scène, parfois avec tout ou partie des Chaussettes Noires (les indisponibilités des musiciens du groupe, pour cause d'obligations militaires commencent à être fréquentes), mais également en soliste.
Ainsi à Juan-les-Pins, durant l'été 1962, Eddy Mitchell est accompagné par Les Fantômes.
En février 1963, Vic Laurens, qui vient de quitter les Vautours, est sollicité par le groupe pour remplacer son frère Tony, malade, pour une tournée d'un mois en Algérie.
En mars 1963, se produisant en banlieue parisienne, Eddy est accompagné par Jean Veidly, bassiste du groupe les Pirates, qui remplace Aldo Martinez au sein des Chaussettes pour une ou deux soirées.
En 1963, le chanteur enregistre cinq titres avec les Chaussettes et une trentaine sous son nom.
Libéré de ses obligations militaires fin août, il va à Londres en octobre pour enregistrer un deuxième album solo avec le London All Stars de Big Jim Sullivan : Eddy in London qui sort en décembre.
Désirant faire cavalier seul, sa séparation officielle avec son groupe a lieu le 31 décembre 1963 à Lyon à l'issue d'un dernier gala.
À la suite de sa rupture avec les Chaussettes Noires, deux d'entre eux, William Benaïm et Tony d'Arpa, lui intentent un procès pour rupture de contrat.
Eddy Mitchell fera appel du jugement rendu en première instance en faveur de William et gagnera ce procès en deuxième instance, au terme d'une longue procédure qui prendra fin en 1968.
Avec la publication de ses deux premiers albums en solo, Eddy Mitchell démontre qu'il a musicalement évolué vers d'autres courants musicaux en élargissant son répertoire et son registre vocal, mais qu'il n'en demeure pas moins rockeur.
Le jeu de scène se modifie aussi, et rien n'est négligé pour conquérir, aussi, un public adulte.
En 1964 et pour la seconde fois, il est classé par les lecteurs de Salut les copains en 4e position derrière Hallyday, Claude François et Richard Anthony.
Côté scènes, il est parfois accompagné par d'anciens membres des Chaussettes Noires ou des Fantômes, ou encore des Cyclones avec à la guitare, durant quelques mois, Jacques Dutronc.
En 1965, il évolue vers le rhythm and blues et sort l'album Du rock'n'roll au rhythm 'n' blues. Découvrant Otis Redding et James Brown, il fait également quelques incursions dans la musique soul.
Le guitariste Jimmy Page et le batteur Bobby Graham participent aux sessions d'enregistrement à Londres et jouent également sur l'opus suivant Perspective 66.
Malgré d'incontestables succès, notamment les ballades J'ai oublié de l'oublier et Alice, sa carrière est à la peine.
Mai 1968 change la donne et de nouveaux venus s'imposent dans la chanson.
Débute alors pour lui une lente traversée du désert.
Les années 1970 sont difficiles pour Eddy Mitchell.
Le succès est un peu moins probant, le chanteur se cherche et se perd dans différents styles musicaux, livrant alors une succession d'albums qui connaissent un succès confidentiel.
Alors que les rééditions des albums des Chaussettes Noires sont des succès, au point que la maison de disques Barclay lui propose de reformer le groupe, le chanteur anime alors l'émission radio En attendant que ça passe sur France Inter et décline l'offre.
La reconquête du public pour le chanteur passe par un retour au rock'n'roll et pour ce faire, sur une idée de son manager Jean Fernandez, il voyage jusqu'à Nashville où, à partir de 1974, il va régulièrement enregistrer du rock et de la musique country.
Avec cette série d'albums, le chanteur trouve un second souffle et revient durablement au premier plan grâce à de nombreux tubes dont Sur la route de Memphis et La dernière séance qui lui valent plusieurs disques d'or.
Fort de ce succès qui ne se démentira plus, il persévère et développe un style country rock qui lui vaut de francs succès, comme avec les chansons Il ne rentre pas ce soir (1978) ou Tu peux préparer le café noir (1979).
Eddy Mitchell se sépare de Françoise Lavit, dont il a eu deux enfants (Eddy, né en 1962, et Marilyne, née en 1965) le 16 octobre 1979.
Il épouse ensuite Muriel Bailleul le 24 mai 1980, avec qui il aura une fille, Pamela, née en 1982, et dont son ami Johnny Hallyday sera le parrain.
Au cours des années 1980-1990, Eddy Mitchell s'oriente de plus en plus vers le style crooner, livrant ainsi quelques-unes de ses plus grandes chansons : Couleur menthe à l'eau (1980), Pauvre baby doll (1981), Le Cimetière des éléphants (1982), La Peau d'une autre (1987).
Il n'abandonne pas pour autant totalement le Rock 'n' roll, et y revient plus épisodiquement, avec réussite, comme en témoignent les succès de Nashville ou Belleville (1984) ou encore Lèche-bottes Blues (1989).
En décembre 1990, son concert en faveur des soldats français en Arabie saoudite lors de la guerre du Golfe est interdit par les autorités saoudiennes, ce qui inspirera la sculpture de Jean-Yves Lechevallier : Aile entravée (harpe et fils de fer barbelés).
Le 8 novembre 2009, lors de l'émission Sept à huit sur TF1, Eddy Mitchell annonce que sa tournée en 2010-2011 sera la dernière.
Cette ultime tournée d’Eddy Mitchell, intitulée Ma dernière séance, débute en octobre 2010.
Elle compte une centaine de dates à travers la France, la Suisse et la Belgique et fait étape au Palais des Sports de Paris en avril 2011.
La dernière tournée a lieu le 5 septembre 2011, au terme de laquelle il lance au public qui ne quitte pas la salle après le dernier rappel « Faut rentrer maintenant, c'est fini. Repos. Et vous pouvez fumer ».
Enregistré en mai, à Los Angeles, Héros son nouvel album sort le 11 novembre 2013.
Le 17 décembre 2013, pour les 50 ans de la maison de Radio-France, qu'il a connue à ses débuts, il participe au concert exceptionnel donné pour l'occasion.
En 2014, il partage l'affiche avec Johnny Hallyday dans le film de Claude Lelouch Salaud on t'aime. En novembre de cette même année, il est sur la scène de Bercy avec Jacques Dutronc et Johnny pour le spectacle des Vieilles Canailles.
Le 23 octobre 2015, sort son trente sixième album studio, nommé Big Band.
En mars 2016, accompagné par un big band de dix-sept musiciens, il retrouve la scène et son public sur la scène du Palais des Sports pour treize représentations, du 15 mars au 3 avril.
En juin et juillet 2017, Les Vieilles Canailles sont en tournée en France, Belgique et Suisse, pour 17 représentations, dont deux à Bercy.
En novembre, sort un nouvel album nommé La Même Tribu, volume 1.
La Même Tribu, volume 2 parait en mai 2018.
Avec ces 37e et 38e albums studio, Eddy Mitchell revisite en duos quelques-unes de ses plus grandes chansons.
Les pochettes des deux albums sont illustrées par Ralph Meyer.
Le 19 novembre 2021, il sort Country Rock, son trente-neuvième album studio sous le label Polydor Universal.
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3 juillet 1974 : La France suspend l'immigration légale de travailleurs .
Au nom de la « préférence nationale » en matière d'emploi, le 3 juillet 1974, en France, une directive suspend l'immigration légale de jeunes travailleurs du tiers monde. La nouvelle réglementation met fin à la « noria » entre pays de départ et pays de travail. Les travailleurs étrangers réclament de pouvoir s'établir définitivement en France avec leur famille. Le gouvernement cède à leur pression. Dès le 1er juillet 1975, Paul Dijoud, secrétaire d'État à l'immigration dans le gouvernement Chirac, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, encourage l'immigration familiale en l'accompagnant de primes et d'aides à l'installation. C'est le début d'un enchaînement absurde : l'État multiplie les encouragements financiers à l'entrée de non-travailleurs dans le pays (femmes, enfants...) et en même temps gémit de ne pouvoir correctement assimiler les nouveaux immigrants. L'économie quant à elle ne trouve plus dans l'immigration légale les travailleurs motivés dont elle aurait besoin. Les employeurs en manque de main d'oeuvre, dans la confection, le bâtiment ou les travaux agricoles bafouent la loi et le code de travail en multipliant les embauches d'étrangers en situation irrégulière...