
Misterprof-
9 avril 1956 :
Naissance du cuisinier Claude Troisgros, chef français vivant à Rio de Janeiro.
Il est le fils du célèbre chef Pierre Troisgros qui, avec son frère Jean, faisait partie d'un des pionniers de la nouvelle cuisine dans les années 1970, influencée par Fernand Point.
Claude Troisgros dirige quatre restaurants à Rio de Janeiro : Olympe, 66 Bistrô, CT Brasserie et CT Boucherie.
Il fut également copropriétaire du restaurant Caviar & Banana de New York et est chef exécutif / consultant au Blue Door Restaurant de l'hôtel Delano à Miami.
66 Bistrô a récemment fermé pour ouvrir un autre magasin CT Boucherie.
Troisgros est un chef reconnu au Brésil, où il anime sa propre émission de télévision, Que Marravilha! sur la chaine câblée GNT.
L'émission prend la forme d’un magazine, avec des recettes, des reportages de téléréalité et des carnets de voyage.
Lors des Jeux Olympiques de Rio en 2016, il réalise avec son fils Thomas le dîner d'arrivée de François Hollande.
Depuis octobre 2019, il anime Mestre do sabor, une émission de téléréalité culinaire sur la chaîne Globo.
Capusa06
9 avril 1579 : « déluge du faubourg Saint-Marcel » notamment chez Nicolas Houël près du Paris d'alors.
Biographie
Nicolas Houël est vraisemblablement né en 1524. Il est reçu maître apothicaire en 1548.
Après avoir été apothicaire durant trente ans rue de la Truanderie à Paris, Houël consacre la dernière partie de sa vie à la philanthropie. Selon Paul Dorveaux, Houël était riche et influent : il a été maître juré en 1556-1557, et ordonnateur de travaux artistiques auprès de Catherine de Médicis. En 1576 il s'adresse au roi Henri III pour fonder une institution d'aide aux malades indigents et aux orphelins. Son projet vise à enseigner aux orphelins l' « Art de l'apothicairerie » afin de les préparer à un métier nécessaire, tout en distribuant des remèdes aux nécessiteux. Houël s'installe d'abord près du Temple, dans la « Maison des Enfants-Rouges », fondée en 1536 par le roi François Ier.
En 1578, l'institution déménage dans l'ancien hôpital de Lourcine (aujourd'hui Broca), ruiné mais alors restauré, appelé aussi « hôtel-Dieu des Patriarches », au faubourg Saint-Marcel. Depuis 1559, on y reçoit les gens contaminés par la maladie des troupes de Charles VIII revenues d'Italie. Depuis 1496 ces patients étaient entassés dans l'hôtel-Dieu de Paris ou dans des granges, rue du Sépulcre. Houël s'engageait contractuellement vis-à-vis du roi à assurer aux orphelins gîte, repas, habillement et enseignement. Le long de la Bièvre, sur la « terre d'Alez », site du futur Jardin royal des plantes médicinales (actuellement le Jardin des plantes, siège du Muséum national d'histoire naturelle), ils apprennent notamment la botanique, l'herboristerie et la pharmacie ; dans l'« hôtel-Dieu des Patriarches », des éléments de théologie et de littérature.
Dans la nuit du 8 au 9 avril 1579, une soudaine crue de la Bièvre, ultérieurement qualifiée de « déluge du faubourg Saint-Marcel », emporte douze bâtisses, noie des dizaines de gens surpris dans leur sommeil, et endommage gravement le domaine d'Houël et plus spécialement l'apothicairerie et la séminothèque. Pendant cette crue qui dura une journée et une nuit encore, l'eau monta de 4 à 5 mètres, atteignant le deuxième étage des maisons : les dégâts se montèrent à environ 50 000 écus, une somme énorme même pour Houël, mais celui-ci ne perdit pas le soutien du roi qui l'aida à financer les réparations. Pour éviter que ses plantes médicinales soient encore emportées par la Bièvre, Houël fit défricher un « terrain des vieux fossés » pentu, situé de l'autre côté de la rue de Lourcine, et montant vers la rue de l'Arbalète.
Il meurt en 1587 à Paris.
FAE
Brel (suite . . .)
"À force de travail, Brel trouve son style et son public, et connaît enfin le succès lors de ses galas. Entre autres particularités, il ne cède jamais à la tradition du rappel, qu'il juge démagogique. En 1957, son second 33 tours reçoit le grand prix de l'académie Charles-Cros et, fin 1958, année de naissance de sa troisième fille, Isabelle, c'est le succès à l'Olympia en première partie. L'année suivante, il est tête d'affiche à Bobino, où il crée Ne me quitte pas, écrite, selon elle, pour l’actrice Suzanne Gabriello et La Valse à mille temps.
Dès lors, les tournées s’enchaînent à un rythme infernal, Brel donnant parfois plus de concerts qu'il n'y a de jours dans l'année. En 1960, il achète, entre Monaco et le Cap Martin, sur la plage de Cabbé au Golfe bleu, une maison qu'il occupe jusqu'en 1970. Ses amis y viennent en visite, notamment Leny Escudero ou Serge Gainsbourg. C'est là qu'il composera La Fanette et Amsterdam. Après sa mort, en hommage, la mairie de Roquebrune-Cap-Martin a fait placer dans le village un buste en bronze dû au sculpteur Cyril de La Patellière.
En mars 1962, il quitte la maison de disques Philips pour Barclay (avec qui il signera un contrat exceptionnel de trente ans en 197222). Le 6 mars 1962, il enregistre Le Plat Pays, hommage à la Flandre. En octobre 1962, il crée sa maison d'éditions musicales Arlequin, qui devient six mois plus tard les éditions Pouchenel (Polichinelle en bruxellois). Son épouse en est la directrice. En 1963, il interprète Les Vieux en référence à ses parents. La mort de son père, suivie de très près par celle de sa mère, amène Brel à évoluer vers des chansons de plus en plus dramatiques, telles que La Fanette, Au suivant ou encore en 1964 Amsterdam.
En 1966, au sommet de son art, Jacques Brel sort Ces gens-là, un nouvel album qui, outre la chanson Ces gens-là, compte plusieurs titres qui deviennent des classiques incontournables de son œuvre : Jef, La Chanson de Jacky, Le Tango funèbre, Fernand, Mathilde… C'est lors d'un concert à Laon, au début de l'été 1966, que se produit l'incident qui le décide à abandonner la scène. Alors qu'il interprète Les Vieux, le cinquième titre du programme, il s'aperçoit qu'il a doublé machinalement un couplet, et n'accepte plus de « tricher » face au public en perdant de sa spontanéité et de son authenticité. Pour autant, il honore ses contrats pendant encore plus d'un an et fait ses adieux « officiels » à l'Olympia le 6 octobre 1966. À la fin de son récital, il revient saluer à sept reprises près de 2 000 spectateurs debout qui hurlent « Ne nous quitte pas ».
En 1967, il est berné25 par Paul Touvier, qu'il « autorise à utiliser un de ses thèmes musicaux » pour les besoins d'un disque éducatif, L'Amour et la vie, produit par Touvier et distribué par Philips. Le 16 mai 1967, il donne son dernier récital à Roubaix.
Vers d'autres horizons
Jacques Brel le 26 octobre 1971 au château de Groeneveld (Pays-Bas), à l'occasion de la remise d'un disque d'or à la chanteuse néerlandaise Liesbeth List pour son album de reprises Liesbeth List zingt Jacques Brel (« Liesbeth List chante Jacques Brel »).
S'il délaisse les prestations scéniques, Brel ne reste pas inactif pour autant : durant l'été 1967, il joue dans son premier long métrage, Les Risques du métier du réalisateur André Cayatte ; le film est un succès public. Puis, sur son voilier, il commence à naviguer. Deux albums paraissent : Jacques Brel 67, où figurent La Chanson des vieux amants et quelques titres créés sur scène l'année de ses adieux, dont Mon enfance et Le Cheval dans lequel il rappelle les critiques qui lui reprochaient lors de ses débuts en public son allure dégingandée, sa laideur, ou moquent ses dents de cheval hennissant… En 1968, parait l'album J'arrive dont certaines chansons sont filmées en studio ou sur plateaux de télévision : Vesoul (avec Marcel Azzola à l'accordéon), L'Éclusier, Je suis un soir d'été, Regarde bien petit.
En octobre 1968, à Bruxelles, au théâtre royal de l'opéra, la Monnaie, il crée la version francophone de L'Homme de la Mancha, interprétant le rôle de don Quichotte au côté de Dario Moreno dans celui de Sancho Pança. Le spectacle doit être repris à Paris en décembre, mais Moreno meurt le 1er décembre 1968 à 47 ans d'une hémorragie cérébrale à l'aéroport d'Istanbul, avant le décollage de son avion. Robert Manuel reprend le rôle pour le spectacle présenté en décembre à Paris. Au début de l'été 1969, Brel est Mon oncle Benjamin, dans le film d'Édouard Molinaro, dont il compose la musique avec François Rauber. Claude Jade, qui a 20 ans à cette époque, racontera : « Ma rencontre avec Jacques Brel a lieu à Vézelay. […] Il se montre d'emblée d'une grande sympathie. […] Il sort des longues et fatigantes représentations de L'Homme de la Mancha qui a été un beau succès et il a gardé pour le film les cheveux longs de don Quichotte. […] Il est cordial, sympathique, ouvert et attentionné aux autres, et l'atmosphère gaie et chaleureuse du tournage lui doit beaucoup. […] Jacques est passionné d'aviation, […] à l'aérodrome de Toussus-le-Noble, le dernier jour […] il était heureux à l'idée de s'envoler vers le Midi et nous a parlé de cette passion, des ciels, des paysages, des voyages… ». En 1969, il tourne un court métrage de sensibilisation à l'épilepsie chez les enfants, dans les locaux et avec des enfants de cinquième primaire du complexe scolaire « Le Paradis des Enfants » à Etterbeek.
Il tourne encore plusieurs autres films et en réalise lui-même deux : Franz en 1971, partageant l'affiche avec son amie Barbara. En 1973, sort sur les écrans Le Far West, qui est un échec. À l'occasion de cette sortie, Brel, à Cannes, participe à l'émission radiophonique de Jacques Chancel, Radioscopie. Pour son dernier rôle au cinéma, il campe le dépressif François Pignon, le personnage récurrent de Francis Veber, face au tueur à gages « Monsieur Milan », joué par Lino Ventura, dans L'Emmerdeur, à nouveau réalisé par Édouard Molinaro.
Le succès l'attend aux États-Unis et au Royaume-Uni. Des traductions en anglais de ses chansons sont accueillies avec succès et enregistrées par David Bowie (Amsterdam), Scott Walker (Amsterdam, Mathilde), Marc Almond (Amsterdam, Jacky), le groupe Goodbye Mr. Mackenzie (en) (Amsterdam), Terry Jacks (Le Moribond) et Alex Harvey (Au Suivant = « Next »). Jacques Brel is alive and well and living in Paris est une comédie musicale américaine qui est jouée dans le monde entier pendant plusieurs années. Elle comprend des traductions à rimes, assemblées en 1968 par Mort Shuman, ami de Brel. En 1974, le spectacle est adapté au cinéma.
En 1964, son emploi du temps le forçant à de nombreux allers-retours entre Biarritz et Charleville, son imprésario loue un petit avion. Il y prend goût et passe son brevet de pilote privé le 28 juin 1965 (brevet TT 16060). Puis, après une formation de dix semaines, Jacques Brel est pilote qualifié IFR le 17 avril 1970.
Il s'achète successivement un Gardan GY-80 (en 1964, F-BLPG), un Wassmer 4/21 (en 1969, S/N 11.1969), un Beechcraft Baron B 55 (son premier bimoteur) et un Beechcraft Twin Bonanza D 50 (F-ODBU, en novembre 1975 à Tahiti), qu'il baptise « JoJo » en souvenir de son grand ami disparu (Georges Pasquier, secrétaire, chauffeur et factotum du chanteur). Cet avion sera très utile à la communauté marquisienne, Brel assurant régulièrement des évacuations sanitaires vers Papeete.
Maladie
L'avion de Jacques Brel, Jojo, à Atuona (île d’Hiva Oa située dans les Îles Marquises).
En 1973, il met un terme à sa carrière de cinéma après l'échec commercial et critique de son film Le Far West. S'étant découvert une nouvelle passion, la voile, Brel s'achète le 8 février 1974 un ketch, l’Askoy (nom provenant de l'île norvégienne Askøy), et obtient son brevet de « capitaine au grand cabotage » le premier juillet.
Il part avec sa fille France et Maddly Bamy, rencontrée lors du tournage de L'aventure c'est l'aventure de Claude Lelouch, d'Anvers, le 24 juillet 1974, à bord de l’Askoy, pour réaliser un tour du monde en trois ans. Lors d'une escale aux Canaries, une violente douleur à la poitrine l'oblige à interrompre son tour du monde. Les médecins lui diagnostiquent un cancer du poumon gauche (Brel est grand fumeur). Il subit à Bruxelles une ablation du lobe supérieur du poumon gauche puis retourne aux Canaries en décembre 1974 pour poursuivre sa croisière.
Lors de son escale aux îles Marquises, diminué, il abandonne le projet de tour du monde et décide de se retirer dans ce lieu, où personne ne le connaît38. En 1976, il revend l'Askoy à un couple de jeunes Américains36 (retrouvé échoué en Nouvelle-Zélande, le bateau sera restauré39 en 2022), et Maddly Bamy lui achète le 30 novembre 1976, un bimoteur Beechcraft Twin Bonanza immatriculé F-ODBU et baptisé Jojo, en souvenir de son vieil ami, disparu en 1974, Georges Pasquier, il y fait l'avion-taxi pour rendre service aux habitants en les transportant entre l'île marquisienne de Hiva-Oa, où il réside, et Tahiti, sur un trajet maritime de 1 430 kilomètres, soit un vol d'environ cinq heures.
Le bimoteur de Jacques Brel exposé devant la « maison du jouir » de Paul Gauguin, à Atuona.
En 1977, malgré la maladie, il revient à Paris pour enregistrer son dernier 33 tours, Les Marquises, qui paraît le 17 novembre, avec un record d'un million de précommandes.
La chanson homonyme Les Marquises, qui clôt l'album, s'achève sur ces paroles « Veux-tu que je te dise / Gémir n'est pas de mise / Aux Marquises ». Il retourne aux Marquises après cet enregistrement.
En juillet 1978, le cancérologue Lucien Israël, de passage à Tahiti, lui diagnostique une récidive du cancer du poumon. Brel retourne en France métropolitaine, où il se fait soigner à l'hôpital Avicenne de Bobigny, dans le service du docteur Israël."
Misterprof-
8 avril 1904 :
Le Royaume Uni et la France signent l'Entente cordiale.
En 1882, le chancelier allemand Bismarck avait réuni l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie au sein de la Triple Alliance, en vue de prévenir une éventuelle agression de la Russie ou de la France.
Après son éviction en 1891, l'empereur Guillaume II manifeste l'ambition de concurrencer le Royaume-Uni sur les mers.
Il se lance dans la construction d'une puissante flotte de guerre, affirmant que «l'avenir de l'Allemagne est sur l'eau».
Les dirigeants britanniques s'inquiètent du «splendide isolement» de leur pays et songent à un rapprochement avec la France, discrètement mais fermement promu par le ministre des Affaires étrangères Théophile Delcassé.
Celui-ci, républicain de gauche anticlérical et nationaliste, souhaite une revanche sur l'Allemagne qui s'est emparée de l'Alsace-Lorraine en 1871 et prépare de futures alliances contre elle.
Il tire parti de la passion du roi Édouard VII pour le gai Paris.
Passionnément désireux de voir aboutir l'Entente cordiale, le souverain anglais a accédé au trône deux ans plus tôt, à l'âge déjà avancé de 60 ans.
Il débarque en France pour un voyage officiel de trois jours, en vue de rallier l'opinion anglophobe à sa cause.
L'accueil des Parisiens est glacial, mais la bonhommie et l'amour sincère du roi pour la France ont raison de l'anglophobie ambiante.
Au théâtre, il lance un compliment émouvant à une actrice en vogue.
L'anecdote fait le tour du pays et le voyage s'achève sous les vivats.
L'accord, réduit à quatre articles, est enfin signé à Londres.
Il va se renforcer d'année en année jusqu'à déboucher sur une alliance pleine et entière dans la Première Guerre mondiale dix ans plus tard.
Capusa06
Pénélope Julie « Diddie » Vlasto (grec moderne : Πηνελόπη-Ιουλία Βλαστού / Pinelópi-Ioulía Vlastoú), épouse Serpieri, née le 8 avril 1903 à Marseille et morte le 2 mars 1985 à Lausanne, est une joueuse de tennis française et grecque qui s'est illustrée dans les années 1920.
Biographie
Diddie Vlasto est née à Marseille, fille de Michaïl Vlastós (1874-1936), issu d'une importante famille grecque. Son père était un homme d'affaires à succès, travaillant pour la société Ralli Brothers à Liverpool puis Houston avant de revenir à Marseille en tant que directeur de la branche française. En 1932, il retourne en Grèce pour fonder l'Association des amis du musée national d'Athènes et en devient le président jusqu'à sa mort. Artiste et dessinateur, il détenait une collection de 760 objets d'art grec comprenant des tableaux, des vases et des sculptures. La collection fut transmise à Diddie puis cachée au sous-sol de sa maison à Athènes pendant l'occupation nazie. La villa fut saisie par les Allemands mais la Croix Rouge put intervenir à temps afin de rendre les objets à leurs propriétaires. À sa mort en 1985, la collection est léguée au Musée national archéologique d'Athènes, conformément aux volontés de son père. Elle est la cousine d'Hélène Contostavlos.
Elle se fit connaître en mars 1923 lorsqu'elle battit la championne américaine Molla Mallory après plus de trois heures de lutte à l'occasion du tournoi de Cannes Beausite. Elle se distinguait par un jeu harmonieux et un solide coup droit. Cependant, son revers resta longtemps comme un gros point faible. Elle le travailla avec le professeur Henri Darsonval.
En 1924, elle a notamment remporté le championnat de France en simple dames (victoire en finale face à Jeanne Vaussard) et décroché une médaille d'argent aux Jeux olympiques de Paris (perdant contre la favorite, l'Américaine Helen Wills).
Aux côtés de Suzanne Lenglen, elle a aussi remporté deux fois de suite l'épreuve de double dames à Roland-Garros (1925 et 1926), dans un tableau présentant cette fois des ressortissantes internationales. Elle devient n° 1 française à la fin de l'année 1926.
Elle épousa un sportif italo-grec, Jean Serpieri, dans la propriété familiale de Tour la Reine près d'Athènes en mars 1927.
FAE
Bonjour et bonne semaine à tous ! 😃
"Jacques Brel, né le 8 avril 1929 à Schaerbeek (Belgique) et mort le 9 octobre 1978 à Bobigny (France), est un auteur-compositeur-interprète, poète, acteur et réalisateur belge.
Jacques Brel est considéré comme une icône et l'un des plus grands auteurs-interprètes de la chanson française, grâce à des titres tels que Ne me quitte pas, Amsterdam, Quand on n'a que l'amour, La Valse à mille temps, Ces gens-là, Vesoul, Les Bourgeois, Madeleine ou encore Mathilde. L'artiste, au sommet de sa popularité, abandonne pourtant le tour de chant en 1967. Bien qu'il enregistre encore quelques disques et monte à la scène L'Homme de la Mancha, il se consacre alors au cinéma, pour lequel il tourne en tant qu'acteur une dizaine de films, dont deux qu'il écrit et réalise, Franz et Le Far West (retenu dans la sélection officielle au Festival de Cannes de 1973).
Avec plus de 25 millions d'albums vendus, Jacques Brel demeure un représentant important de la chanson française à l'étranger. Ses chansons, enregistrées pour la plupart en français, sont une source d'inspiration pour bon nombre d'auteurs-interprètes anglophones comme David Bowie, Mort Shuman, Alex Harvey, Leonard Cohen, Marc Almond et Rod McKuen. Plusieurs de ses chansons sont également traduites en anglais, notamment aux États-Unis, et chantées par Ray Charles, Judy Collins, John Denver, le Kingston Trio, Nina Simone, Frank Sinatra, Scott Walker, Sting, Wyclef Jean, The Sensational Alex Harvey Band ou encore Andy Williams1.
Biographie
Jeunesse
Jacques Romain Georges Brel est issu d'une famille catholique d'industriels ; son père, Romain Jérôme Brel (1883-1964), est un Flamand francophone né à Zandvoorde, et sa mère Elisa Lambertine dite « Lisette » Van Adorp (1896-1964), est bruxelloise. Enfant, il est peu intéressé par l'école, excepté par les cours de français et de dessin. Avec son frère Pierre (1923-2001), de 6 ans son aîné, Jacques reçoit une éducation entre un collège catholique, l'institut Saint-Louis, et le scoutisme qu'il n'aime pas. Élève frondeur, perturbateur et rêveur ayant doublé ses classes de 6e et 4e, il se fait renvoyer du collège en décembre 1946 à 17 ans4. Sa vie d'enfance était selon lui trop tranquille, « morose » et « Il ne se passait jamais rien », avec des parents qu'il estimait « très âgés ». Ce sont eux qui lui inspireront la chanson Les Vieux. Comme il le décrit dans sa chanson Mon enfance, le jeune Jacky (comme on l'appelle à l'époque) s’ennuie, rêve beaucoup, se sent seul au point de parler au plafond de sa chambre, s'invente des histoires, et se sent très différent du reste de sa famille dont il ne partage pas les mêmes valeurs, comme celle de l'argent. Il a déclaré : « L'argent ne m'a jamais donné de bonheur. J'ai été élevé dans l'argent ; j'ai vu toutes les saloperies qu'il fallait faire pour en avoir ». Musicien autodidacte, il apprend le piano en observant et écoutant, dès son plus jeune âge, sa mère en jouer. C'est sur cet instrument familial qu'il crée ses premières compositions. Il écrit à 15 ans de longs poèmes et des nouvelles après avoir lu Jules Verne et Jack London.
À 16 ans, il s'offre sa première guitare grâce à l'argent de ses divers petits jobs, notamment à l'église, et entre à la Franche Cordée (mouvement de jeunesse catholique mixte) où il crée une troupe de théâtre pour laquelle il joue et écrit lui-même les pièces et des chansons8. En 1948, il fait son service militaire. Jacques n'ayant aucun diplôme et donc a priori aucun avenir assuré, son père le fait entrer dans la cartonnerie familiale « Vanneste & Brel » où il est affecté de 1947 à 1953 au service commercial, travail pour lequel il n'a aucun goût3 (« Mon père m'a encartonné » dit-il). Malgré un avenir assuré dans l'entreprise familiale, se voyant mourir d'ennui à petit feu, il songe très sérieusement à se reconvertir en tant qu'éleveur de poules, cordonnier ou auteur-compositeur. Il choisit cette dernière voie et écrit n'importe où, n'importe quand, grand amateur de musique classique (principalement de Maurice Ravel et de Franz Schubert),
Le 1er juin 1950, il épouse Thérèse Michielsen, dite « Miche » (morte le 31 mars 2020), secrétaire dans une entreprise d'électricité, qu'il a rencontrée trois ans plus tôt dans la Franche Cordée. Le 6 décembre 1951 naît sa première fille Chantal (morte le 4 janvier 1999). Parallèlement à sa vie de famille et son travail à la cartonnerie, il commence dès 1950 à chanter le soir dans des cabarets bruxellois regroupés dans le quartier de l'« îlot sacré » sous le pseudonyme de Jacques Bérel, son père ne voulant pas qu'il utilise son nom pour ses activités artistiques. Il fait déjà preuve de cette puissance lyrique (tant dans les textes que dans son interprétation encore trop teintée de scoutisme) qui rebute sa famille. Elle tente, en vain, de le dissuader de continuer dans cette voie. Lui persévère. C'est en fréquentant ces cabarets belges qu'il rencontre Barbara avec qui il lie une relation d'amitié indéfectible.
Débuts
Jacques Brel à l'Ancienne Belgique en janvier 1955.
En 1953, il réalise un disque maquette, 78 tours que la journaliste belge Angèle Guller (rencontrée en 1952 lors d'une audition) envoie à son insu à Paris à Jacques Canetti, découvreur de talents, directeur artistique de Philips et propriétaire du théâtre Les Trois Baudets. Séduit par les chansons qu'il vient d'entendre, Canetti appelle Jacques dans la nuit du 1er juin 1953 pour le rencontrer immédiatement. Alors que sa fille France naît le 12 juillet 1953, Brel quitte la capitale belge pour se rendre seul à Paris où il loge dans une petite chambre inconfortable de l'hôtel Stevens à Pigalle. Sa mère le soutient et l'encourage à travers de nombreuses lettres et lui envoie de temps en temps un peu d'argent, tout en le laissant se débrouiller seul. En revanche, son père n'approuvant pas le choix de son fils, l'avertit avant son départ : s'il quitte son emploi à la cartonnerie, il ne lui versera plus de salaire et il ne pourra plus y revenir travailler. Il persiste également à ne pas vouloir que son fils cadet utilise son nom, mais Jacques, mal à l'aise avec un pseudonyme, parvient à convaincre son père de l'autoriser à garder le nom paternel. D'après Pierre Brel, le frère de Jacques, si son père était très réticent pour que son fils fasse carrière dans le music-hall, une fois le succès atteint, il sera très fier de lui, même s'il ne le fera jamais explicitement savoir à Jacques.
En arrivant à Paris, Brel désirait percer en tant qu'auteur-compositeur, et non chanteur. Mais aucun interprète ne veut chanter ses chansons, si bien qu'il est contraint de le faire lui-même. Canetti le fait débuter aux Trois Baudets en septembre 1953 dans la première partie du spectacle de Marcel Mouloudji. Puis en 1954 dans le spectacle Cinémassacre, où débutent également Boris Vian et Jean Yanne, et qui voit le triomphe de l'humoriste Fernand Raynaud. Aux Trois Baudets, dans les tournées de Canetti, qu'il ait ou non du succès, Jacques Brel est assuré de chanter tous les soirs, de tester ses chansons et de gagner sa vie, bien que le cachet soit maigre pour un artiste débutant tout en bas de l'affiche. Ses débuts sur scène ne sont pas bons, tant il a le trac et est maladroit. Il chante devant un public qui lui est indifférent. Lors d'un entretien du 5 mai 1968 sur Europe 1, il reconnaitra : « Au début, j'étais pas incompris. J'étais mauvais. (...) Personne n'a voulu chanter mes chansons au début. J'ai été obligé de me débrouiller moi-même avec ce que j'écrivais. »
Il participe au festival de Knokke-le-Zoute : il s'y classe avant-dernier. Puis pour gagner un peu d'argent, il enseigne la guitare au danseur-acrobate Francesco « Cocky » Frediani, un artiste italien à l'affiche du cabaret La Nouvelle Ève. Ce dernier, témoin des premiers pas du débutant, l'accompagne d'ailleurs, lors de son premier passage à l'Olympia en « lever de rideau » (moment où les spectateurs entrent dans la salle et s'installent à leur place). Les conditions de travail sont difficiles pour Jacques : il n'a pas de loge et doit se changer derrière le bar de l'Olympia. Après une représentation, Bruno Coquatrix le remarque, le félicite de sa prestation et l'invite à lui rendre visite pour discuter d'un prochain passage mais Brel n'est pas encore prêt pour affronter une grande salle.
Pour Brel, les difficultés continuent, encombré qu'il est de ses longs bras, de son grand corps maladroit. En 1954 il rencontre le chef d'orchestre Jacques Hélian en représentation à Bruxelles et lui présente l'une de ses premières chansons, Il peut pleuvoir. Celle-ci est mise au répertoire de l'orchestre. Évoquant cette rencontre, Jacques Hélian confie : « Je lui serrai la main, ne me doutant pas que, derrière son sourire crispé, se cachait un si fabuleux talent... » La France va ainsi entendre parler pour la première fois du « Grand Jacques »…
En janvier 1955, Brel fait ses débuts à l'Ancienne Belgique, célèbre salle de concert bruxelloise, dans l'avant-programme de Bobbejaan Schoepen et Jacques Canetti continue de l'envoyer dans des tournées où il se produit notamment en vedette américaine de Philippe Clay, Dario Moreno et Catherine Sauvage qui devient sa maîtresse.
Jacques Brel au Donjon de Toulouse (septembre 1962).
En 1955, il fait venir son épouse et ses deux fillettes en France, et la famille s'installe à Montreuil. C'est l'année de son premier 33 tours. Aux Trois Baudets, il va rencontrer Georges Pasquier, qui deviendra son régisseur et son meilleur ami et auquel, en 1978, il dédiera la chanson Jojo (album Les Marquises). Imprégné encore de l'influence du scoutisme et de son éducation catholique, il chante pour des organisations chrétiennes. C'est à cette époque que Georges Brassens le surnomme « L'abbé Brel ».
De 1954 à 1965, Canetti organise des tournées en France et à l'étranger dans lesquelles Brel est souvent programmé en compagnie d'artistes tels que Sidney Bechet, Catherine Sauvage, Philippe Clay, etc. avant d'être lui-même la vedette.
Consécration
En 1956, il rencontre le pianiste François Rauber, qui devient son arrangeur musical, puis sera l'orchestrateur qui l'accompagnera durant toute sa carrière de chanteur. Cette même année paraît son premier grand succès public, Quand on n'a que l'amour. En 1957, pressé d'achever ses études musicales au conservatoire, François Rauber renonce aux tournées à travers le pays. Il est alors remplacé par un autre étudiant du conservatoire, Gérard Jouannest, qui composera avec Brel les musiques de trente-cinq de ses chansons.
Jouannest est son accompagnateur exclusif sur scène, tandis que Rauber, revenu vers Brel une fois son diplôme obtenu, est son principal orchestrateur. Les deux musiciens resteront fidèles à Brel et à son œuvre, au-delà même de sa mort, luttant vainement contre la publication de cinq inédits en 2008 que Brel lui-même jugeait inaboutis, pour finir par céder devant le fait accompli, ces titres étant déjà diffusés sur les ondes en Belgique.
Brel à Amsterdam pour la télévision néerlandaise le 20 février 1963.
À force de travail, Brel trouve son style et son public, et connaît enfin le succès lors de ses galas. Entre autres particularités, il ne cède jamais à la tradition du rappel, qu'il juge démagogique. En 1957, son second 33 tours reçoit le grand prix de l'académie Charles-Cros et, fin 1958, année de naissance de sa troisième fille, Isabelle, c'est le succès à l'Olympia en première partie. L'année suivante, il est tête d'affiche à Bobino, où il crée Ne me quitte pas, écrite, selon elle, pour l’actrice Suzanne Gabriello et La Valse à mille temps.
Dès lors, les tournées s’enchaînent à un rythme infernal, Brel donnant parfois plus de concerts qu'il n'y a de jours dans l'année. En 1960, il achète, entre Monaco et le Cap Martin, sur la plage de Cabbé au Golfe bleu, une maison qu'il occupe jusqu'en 1970. Ses amis y viennent en visite, notamment Leny Escudero ou Serge Gainsbourg. C'est là qu'il composera La Fanette et Amsterdam. Après sa mort, en hommage, la mairie de Roquebrune-Cap-Martin a fait placer dans le village un buste en bronze dû au sculpteur Cyril de La Patellière.
En mars 1962, il quitte la maison de disques Philips pour Barclay (avec qui il signera un contrat exceptionnel de trente ans en 1972). Le 6 mars 1962, il enregistre Le Plat Pays, hommage à la Flandre. En octobre 1962, il crée sa maison d'éditions musicales Arlequin, qui devient six mois plus tard les éditions Pouchenel (Polichinelle en bruxellois). Son épouse en est la directrice. En 1963, il interprète Les Vieux en référence à ses parents. La mort de son père, suivie de très près par celle de sa mère, amène Brel à évoluer vers des chansons de plus en plus dramatiques, telles que La Fanette, Au suivant ou encore en 1964 Amsterdam.
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Misterprof-
7 avril 1922 :
Naissance de l'actrice Sophie Desmarets.
De son vrai nom Jacqueline Desmarets, elle est la fille de Bob Desmarets, directeur du Vél d'Hiv et créateur de l'épreuve cycliste des Six jours de Paris.
En 1938 Louis Jouvet, venu visiter la villa de Saint-Cloud mise en vente par ses parents, l' invite à participer à ses cours.
Quelques mois plus tard, elle intègre sa classe du Conservatoire en auditrice libre.
Elle suit également très vite les cours du théâtre de l'Athénée puis, après le départ de Jouvet en Amérique latine, elle est auditrice dans la classe de Madame Dussane, dont elle devient officiellement l'élève après avoir été reçue au concours d'entrée du Conservatoire en octobre 1941. Elle est inscrite parallèlement au Cours Simon.
En juin 1944, elle remporte un Premier prix de comédie moderne au concours de sortie du Conservatoire.
Elle devient une vedette du théâtre de boulevard dès 1945, en créant la pièce d'Armand Salacrou Le Soldat et la sorcière, « divertissement historique qui racontait les amours tumultueuses du maréchal de Saxe avec la comédienne Justine Favart ».
Elle incarne également des personnages d'André Roussin, Marcel Mithois, et surtout de ses amis Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy.
Au cinéma, elle obtient son premier rôle dans Premier Rendez-vous, d'Henri Decoin.
Sa filmographie compte essentiellement des films des années 1950 et 1960, comédies où l'on retrouve Jean Poiret, Michel Serrault ou Francis Blanche.
Dans sa dernière apparition au cinéma, en 1996 dans Fallait pas !…, de Gérard Jugnot, elle incarne la mère de Constance, qu'interprète Michèle Laroque.
Sa popularité doit également beaucoup à sa participation, dans les années 1960 et 1970, aux émissions de Maritie et Gilbert Carpentier et aux Grosses Têtes de Philippe Bouvard sur RTL.
À partir de 1981 des problèmes d'audition la contraignent à réduire ses activités professionnelles.
En 1942, elle épouse René Froissant, avec lequel elle a une fille, Catherine, née en 1946.
Elle divorce en 1949 pour épouser l'année suivante Jean de Baroncelli, écrivain, collaborateur du journal antisémite Je suis partout puis critique cinématographique au Monde et fils du cinéaste Jacques de Baroncelli.
Elle a avec lui sa seconde fille, Caroline, née en 1951.
Par ce mariage, elle est marquise de Baroncelli-Javon.
Dans les années 1970, parallèlement à sa carrière d'actrice, elle a tenu une boutique de brocante Passage Choiseul à Paris.
Elle décède à Paris le 13 février 2012, à l'âge de 90 ans.
Ses cendres sont inhumées dans le caveau de famille au cimetière du Montparnasse, non loin de la sépulture de Serge Reggiani.
Le 11 décembre 2014, le conseil municipal de Bressuire décide de rebaptiser la place de la Gare de Noirterre (commune associée à Bressuire) place Sophie Desmarets, en souvenir du fait que la comédienne s'y était réfugiée pendant la guerre 1939-1945, et s'y était mariée en 1942.
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Will Keith Kellogg, né le 7 avril 1860 à Battle Creek (Michigan) et mort le 6 octobre 1951 dans la même ville. Il est un industriel américain, spécialisé dans l'industrie agro-alimentaire.
Avec son frère médecin, John Harvey Kellogg, il popularisa la consommation d'aliments supposément meilleurs pour la santé au déjeuner, et particulièrement de corn flakes. En 1906, il fonde la Battle Creek Toasted Corn Flake Company, devenue par la suite la Kellogg Company. En 1930 il crée la W. K. Kellogg Foundation (en).
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il fait don de son ranch situé à Pomona à l'école polytechnique de l'Université de Californie. Il a fait plusieurs autres dons à des universités.
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Félix Tournachon, dit Nadar, né le 6 avril 1820 au 195, rue Saint-Honoré et mort le 20 mars 1910 dans la même ville est un caricaturiste, écrivain, aéronaute et photographe français.
Il publie à partir de 1854 une série de portraits photographiques de personnalités contemporaines
Surtout connu pour son rôle de photographe, il est originellement caricaturiste et publie ses écrits sous forme de romans, nouvelles, poèmes en prose, brèves de comptoir, témoignages, plaidoiries ou portraits littéraires.
Le pseudonyme Nadar avait d'abord été utilisé par une société constituée autour de son frère cadet Adrien Tournachon sous les formes Nadar jeune et Nadar jne, provoquant parfois la confusion. Un arrêt de la Cour impériale de Paris lui a restitué en 1857 la propriété exclusive de ce pseudonyme, sous lequel il signera ses écrits et qui sera utilisé par son atelier photographique sous la gouverne de son fils Paul.
Biographie
Nadar jeune se définit lui-même comme « un vrai casse-cou, un touche-à-tout, mal élevé jusqu'à appeler les choses par leur nom, et les gens aussi ».
Ses parents étaient d'origine lyonnaise. Son père, Victor Tournachon-Molin, commence son activité à Lyon chez l'imprimeur Molin, dont son père a épousé la fille. Privé de son brevet d'imprimeur par les décrets impériaux de 1810, Victor Tournachon-Molin, fouriériste, s'installe comme libraire à Paris, où il vit en union libre avec une jeune Lyonnaise, Thérèse Maillet, qu'il épousera en 1827 après la naissance de ses fils Félix et Adrien. Le jeune Félix fréquente différents internats de la région parisienne, alors que son père connaît des revers de fortune. Il étudie notamment au collège Bourbon devenu le lycée Condorcet.
Contrairement à ce qu'affirment plusieurs sources, il n'a jamais fréquenté l'École des mines de Saint-Étienne. Félix commence en réalité des études de médecine à Lyon. À la mort de son père en 1837, il se voit obligé d'y renoncer pour « gagner le pain quotidien » de la famille, dont il a désormais la charge et qui comprend son frère, Adrien Tournachon, plus jeune de cinq ans, et sa mère.
Ayant travaillé dans différentes rédactions de journaux lyonnais avant de revenir s'installer à Paris, il effectue divers travaux dans les « petites feuilles » de la presse parisienne. Il collabore à la fondation par Polydore Millaud d'un journal judiciaire, L'Audience, et fréquente le milieu de la jeunesse artistique popularisé par le roman de Murger : Scènes de la vie de bohème. Il commence à y côtoyer Gérard de Nerval, Charles Baudelaire et Théodore de Banville. Ses amis artistes le surnomment « Tournadar » à cause d'une mode répandue dans la jeunesse rebelle vers 1840 de rajouter à la fin de certains mots la terminaison « dar ». Vers 1838, une abréviation transforme ce surnom en pseudonyme « Nadar »
Il subsiste difficilement en écrivant des romans et en dessinant des caricatures. Grâce à l'aide financière d'un ami, il se lance, à 19 ans, dans l'aventure de la création d'une revue se voulant prestigieuse, Le Livre d'or, dont il devient le rédacteur en chef. Grâce à ses relations, il s'assure la collaboration de personnalités, dont Balzac, Alexandre Dumas, Théophile Gautier, Gérard de Nerval, Gavarni et Daumier. Le journal s'arrête après trois numéros.
Après cet échec, Tournachon reprend du service dans les gazettes comme caricaturiste, tout en continuant à publier des nouvelles et des billets fantaisistes. À la veille de la révolution de 1848, son premier dessin-charge est publié dans le journal Le Charivari.
Le 30 mars 1848, il s'engage avec son frère cadet dans la légion polonaise. Son passeport est au nom de « Nadarsky ». Il est fait prisonnier et confiné dans une mine, puis il refuse le rapatriement gratuit et revient à pied. Deux mois plus tard, il revient à Paris après un long voyage lors duquel il fut arrêté en Saxe par des représentants du gouvernement prussien.
Rapidement après son retour, il est engagé comme agent secret par l'éditeur Jules Hetzel, alors chef du cabinet du ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire. Sa mission est de se renseigner sur d'éventuels mouvements de troupes russes à la frontière prussienne.
De retour à Paris, il reprend ses activités de caricaturiste auprès de petits journaux, tandis que sa renommée s'établit peu à peu. Il collabore notamment à La Revue comique à l'usage des gens sérieux, lancée à l'initiative d'Hetzel, puis au Journal pour rire pour lequel il fait venir de Lyon son cousin Gilbert Randon. À partir de 1850-1851, il s'attelle à un grand projet républicain de Musée des gloires contemporaines, pour lequel, avec l'aide de plusieurs collaborateurs, il rencontre les grands hommes du moment afin d'en faire le portrait dessiné. L'ensemble de ce travail concerne plus de 300 personnalités de l'époque sur un total de plus de 1 000 vignettes et constitue une galerie qui, espérait-il, devait lui apporter la notoriété, sous le nom de Panthéon Nadar en quatre planches lithographiées, dont une seule fut tirée en 1854, l'année où il se lance officiellement dans la photographie.
Il n'hésite pas à caricaturer sa propre activité de photographe. Par exemple, dans le no 20 du Petit journal pour rire dont il était rédacteur en chef, il signe une caricature sur la une dont le titre est « Une théorie photographique », avec pour commentaire : « Monsieur, c'est pour le portrait de mon mari qui est mort il y a deux ans à Buenos-Ayres : je voulais le faire peindre de mémoire, mais on m'a dit que la photographie faisait bien plus ressemblant que la peinture… »
Sa nouvelle aisance lui permet d'emménager dans un pavillon mansardé du 113, rue Saint-Lazare à Paris, où il peut disposer d'un jardin d’hiver bénéficiant de la lumière naturelle. Il se met alors à la photographie, créant la plupart de ses œuvres dans ce jardin.
À partir de cette époque, la technique du portrait est maîtrisée et les travaux sont de qualité, les prix évoluent donc à la baisse. De nombreux ateliers photographiques ouvrent et les personnalités n'hésitent pas à « se faire tirer le portrait ». Ce sont ces œuvres que l'on retrouve dans les papeteries sous forme d'estampes et de photographies.
Le 11 septembre 1854, il se marie à Paris avec Ernestine Constance Lefèbvre, jeune femme issue d'une riche famille protestante. Après le mariage, il continue d'offrir l'hospitalité à ses nombreux amis, comme à l'époque de la bohème. Le pseudonyme « Nadar » fut utilisé pendant quelque temps par son frère cadet Adrien Tournachon pour ses photographies, sous les formes « Nadar jeune » et « Nadar jne ». Cette signature provoqua la confusion et fut la cause d'un procès entre les deux frères, de mars 1856 à décembre 1857, qui permit à Félix d'être le seul utilisateur du pseudonyme. Ce procès fut l'un des premiers de ce genre, sur le statut d'auteur photographe. Son fils, Paul, réutilisa plus tard le pseudonyme avec la permission de son père.
Nadar souhaite que l'appareil de photographie puisse être emporté à l'extérieur et en voyage, aussi facilement que le chevalet du peintre. Il commence à expérimenter la photographie embarquée dans un ballon. Il est donc, dès 1858, le pionnier de la photographie aérienne, avec ses vues du Petit Bicêtre. Daumier représente Nadar opérant avec difficulté lors d'une ascension aérienne, avec cette légende prémonitoire : Nadar, élevant la photographie à la hauteur de l'Art le 25 mai 1862.
En 1860, manquant de place, Nadar déménage de la rue Saint-Lazare au 35 boulevard des Capucines. Il fait installer au fronton de son immeuble une immense enseigne, dessinée par Antoine Lumière et éclairée au gaz. Le 15 mai 1874, s'ouvre dans cet atelier la « première exposition des peintres impressionnistes .
Le temps de pose nécessaire est de 20 minutes, ce qui explique l'utilisation de mannequins.
Il expérimente l'éclairage à la poudre de magnésium, plus facile à brûler qu’en bloc. Complexe à mettre en œuvre, ce procédé, qui consiste à brûler de la poudre de magnésium, s’avère très dangereux car le magnésium est inflammable et dégage beaucoup de fumée. De plus, le déclenchement du flash se faisant manuellement, il arrivait qu'il soit désynchronisé. Nadar tente ensuite une nouvelle expérience qu'il décrit dans son livre Quand j‘étais photographe :
« Je tentai de tamiser ma lumière en plaçant une glace dépolie entre l'objectif et le modèle, ce qui ne pouvait m'amener à grand-chose ; puis plus pratiquement je disposai des réflecteurs en coutil blanc, et enfin un double jeu de grands miroirs répercutant par intermittences le foyer lumineux sur les parties ombrées. J'arrivai ainsi à ramener mon temps de pose à la moyenne diurne et finalement je pus obtenir des clichés à rapidité égale et de valeur tout à fait équivalente à celle des clichés exécutés quotidiennement dans mon atelier. »
Il effectue une démonstration pour le journal La Presse scientifique et dépose le brevet de photographie à la lumière artificielle en février 1861. Nadar est conscient de la portée de son invention. Désormais, il est possible de révéler au public le monde souterrain. Il le prouve en s'attaquant à un nouveau chantier : la photographie des sous-sols de Paris, c'est-à-dire les catacombes et les égouts.
En avril 1874, la première exposition des peintres impressionnistes se tient dans son ancien studio. On lui en a souvent attribué l'organisation, mais il ne fait que louer le lieu. Il est possible, mais non prouvé, qu'il ait cependant demandé à son locataire d'abriter les impressionnistes.
Après le déménagement de son atelier rouge, sa femme lance et gère, avec 20 salariés, un nouvel établissement rue d'Anjou-Saint-Honoré dont son fils deviendra le directeur artistique.
L'aérostation
Nadar élevant la Photographie à la hauteur de l'Art., lithographie d'Honoré Daumier parue dans Le Boulevard, le 25 mai 1863.
Très curieux des nouveautés techniques de son temps, il se lance dans le monde des ballons.
Grâce aux frères Louis et Jules Godard, aéronautes aguerris (frères d'Eugène Godard), il réalise près de Paris la première photographie aérienne en 1858, depuis un « vol captif » à 80 mètres au-dessus du Petit-Bicêtre (actuel Petit-Clamart). Il est obligé d'alléger au maximum et ne peut embarquer sa « guillotine horizontale ». Leur coopération cessera en 1863 à l'occasion d'un désaccord lors de la construction du ballon Le Géant.
Les aventures de Nadar inspirent Jules Verne pour Cinq semaines en ballon écrit en 1862. Un des héros de De la Terre à la Lune et Autour de la Lune — romans parus en 1865 et 1869 — s'appelle d'ailleurs Michel Ardan, anagramme de Nadar.
Jules Verne le décrit ainsi :
« C'est un homme de 42 ans, grand, mais un peu voûté déjà, comme ces cariatides qui portent des balcons sur leurs épaules. Sa tête forte, véritable hure de lion, secouait par instants une chevelure ardente, qui lui faisait une véritable crinière. Une face courte, large aux tempes, agrémentée d'une moustache hérissée comme les barbes d'un chat et de petits bouquets un peu égarés, un regard myope, complémentaient cette physionomie éminemment féline. »
— extrait de De la Terre à la Lune
En 1863, il fait construire un immense ballon, Le Géant, haut de 40 mètres et contenant 6 000 m3 de gaz, dont les ascensions publiques devaient réunir de quoi financer les travaux de la Société d'encouragement de la locomotion aérienne au moyen du plus lourd que l'air. Le 4 octobre, le premier vol du Géant a lieu à Paris avec 13 personnes. Jules Verne rédige alors le texte À propos du Géant qui parait dans le Musée des familles. Le ballon perd rapidement de la hauteur et atterrit à Meaux, à moins de 100 kilomètres de Paris. Nadar recommence l'expérience le 18 octobre avec son épouse. Dans les environs de Hanovre, le ballon atterrit durement et est entraîné sur 16 kilomètres. Le récit de cette catastrophe par Nadar est repris par la presse dans toute l'Europe. D'autres ascensions auront lieu mais sans le succès public escompté. Nadar doit donc arrêter l'aventure du Géant par manque d'argent.
En 1863, connaissant les limites des ballons libres (non dirigeables) et convaincu de l'avenir du plus lourd que l'air, il fonde avec Gabriel de La Landelle la Société d’encouragement de la navigation aérienne au moyen du plus lourd que l’air. En juillet, il écrit son Manifeste de l'autolocomotion aérienne, le premier texte qui défend la théorie du plus lourd de l'air face à l'aérostation qui est alors la seule pratique aéronautique.
En 1867, il fonde avec La Landelle la revue L'aéronaute qui reprend dans son premier numéro (en 1868) le Manifeste qu'il avait écrit dans La Presse en aout 1863.
En 1870-1871, lors du siège de Paris par les Allemands, il constitue de son propre chef une Compagnie d’aérostiers avec Camille Legrand, dit Dartois, et Jules Dufour, dit Duruof, dont le but est la construction de ballons militaires pour les mettre à la disposition du gouvernement. Ils établissent un campement sur la place Saint-Pierre, au pied de la butte Montmartre, où naît la poste aérienne du siège. Les ballons permettaient de surveiller l’ennemi, d’établir des relevés cartographiques et également d’acheminer du courrier. Nadar baptise ses ballons : le George-Sand, l’Armand-Barbès et le Louis-Blanc. C'est à bord de l’Armand-Barbès que Léon Gambetta, ministre de l’Intérieur, quitte Paris le 7 octobre 1870 pour se rendre à Tours afin d'y organiser la résistance à l’ennemi. Mais le gouvernement se détourne de Nadar, jugé trop « révolutionnaire », et préfère financer d'autres entreprises.
Au total, 67 ballons seront construits entre le 23 septembre 1870 et le 28 janvier 1871 qui transporteront 11 tonnes de courrier, soit 2,5 millions de lettres. Cinq des ballons seront capturés par l'ennemi. Cette première fabrication en série d'aéronefs, marque la naissance officielle de l'industrie aéronautique. Deux usines avaient été installées dans les gares de chemin de fer réquisitionnées : les frères Godard à la gare de Lyon et Dartois et Yon à la gare du Nord.
Fin de vie
Après les évènements de la Commune (1871), Nadar se retrouve complètement ruiné et recommence brièvement une activité dans la photographie pour subsiste .
En 1886, il accompagne son fils Paul Tournachon pour photographier son interview du chimiste Eugène Chevreul. Ce double travail, paru le 5 septembre dans Le Journal illustré est considéré comme le premier reportage photographique.
En 1887, il s'installe au manoir de l'Ermitage de la forêt de Sénart où il accueille ses amis dans le besoin, jusqu'en 1894. Il est alors ruiné et malade, sa femme est devenue hémiplégique à la suite d'un choc affectif concernant son fils. Le couple déménage alors à Marseille ; Nadar laisse à son fils la gestion de ses affaires à Paris, et fonde à Marseille un atelier photographique. « Doyen des photographes français », il connaît dans la région de Marseille une véritable gloire et se lie d'amitié avec l'écrivain Frédéric Mistral.
À cette époque, Nadar s'intéresse à la photostérie, application de la photogravure qui donne une image en relief rappelant la sculpture. Il fait connaître la photostérie inventée par Lernac et parvient à la rendre industriellement pratique. En 1890, le jeune Georges-Léopold Mita exécute son portrait peint, une toile que Nadar conservera toute sa vie (Musée Carnavalet).
En 1900, le fils de Nadar organise une rétrospective de son œuvre à l'Exposition universelle de Paris. Nadar revient en 1904 à Paris, où il meurt le 20 mars 1910 à près de 90 ans. Il est enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise
