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Le contexte : réouverture du palais des Beaux-Arts de Lille
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Je raffole des musées. Il me semble les avoir tous visités. J'aime par-dessus tout ces anciens couloirs, qu'éclaire une tendre et pâle lumière. J'aime ces voûtes solennelles, qui font résonner le moindre de nos pas. Les chefs-d'œuvre qui les peuplent sont pour moi le plus efficace des tranquilisants : chacun d'eux me parlent d'un monde où l'homme, loin de faire le clône, cherche plutôt à se rendre unique.
Bien sûr, mon cœur de Lilloise bat surtout pour notre palais des Beaux-Arts, lequel doit rouvrir incessamment ses portes. Et en grandes pompes, s'il vous plaît : le jour de l'inauguration, les huiles ne seront pas toutes sur les murs ! Mais c'est justice pour ce musée si côté. On ne sait ce qu'il convient d'y admirer le plus, des encensoirs médiévaux aux céramiques des dix-septième et dix-huitième siècles, sans oublier les plans-relief des cités fortifiées par Vauban...
Le croiriez-vous ? Plus d'une fois, j'ai rêvé que je m'y étais laissée enfermer. Quelle que fût d'abord ma peur, je n'en jouissais pas moins du privilège : de telles splendeurs pour moi seule ! Comme un fantôme, je rôdais la nuit entière parmi les toiles, ici déchiffrant l'épître adressé à une jeune mijaurée, la réconfortant deux coquettes sur le retour, tout indignées d'être traitées de vieux tableaux. Combien déplacée me paraissait alors la sonnerie du réveille-matin !
