đâ€ïžđ POESIES, HAĂKUS, avez-vous dit? Dites m'en plus....đâ€ïžđ
chantoon - 16 janvier 2014 05:47


chantoon
@ Baobab, nous sommes nous aussi trĂšs contents de te lire ...quand a Ninounette,
Montréal,Dangazd et Mistouflette qui se lance dans les haïkus , telle une pro, inutile de vous dire que vous faites mon régal, quand je lis votre belle prose...
Merci a vous de venir ici.... :bisous:
Je n'ai pas tous les noms. Veuillez m'en excuser........j'ai eu de belles Ćuvres depuis le dĂ©but de ma discussion et ça ce n'est que du bonheur...!!!
montreal
Novembre
Captif de lâhiver dans ma chambre
Et las de tant dâespoirs menteurs,
Je vois dans un ciel de novembre,
Partir les derniers migrateurs.
Ils souffrent bien sous cette pluie ;
Mais, au pays ensoleillé,
Je songe quâun rayon essuie
Et rĂ©chauffe lâoiseau mouillĂ©.
Mon Ăąme est comme une fauvette
Triste sous un ciel pluvieux ;
Le soleil dont sa joie est faite
Est le regard de deux beaux yeux ;
Mais loin dâeux elle est exilĂ©e ;
Et, plus que ces oiseaux, martyr,
Je ne puis prendre ma volée
Et nâai pas le droit de partir.
ninounette
J'étais occupée à essayer
De ne pas me faire mouiller
A regarder tomber
Les gouttes gelées
Depuis la voiture fermée
Alors est passé
Un écureuil pressé
Panache fourré
Juste une beauté
Me suis figée
A regarder cavaler
Ce roux Sciuridae
A la recherche de denrées
J'avoue ĂȘtre charmĂ©e
Voire énamourée
De tant de légÚreté
Combiné à cette dextérité
A tous une bonne journée
De gros bisous amusés
Ninou 06/11/2014
mistouflette
Amoureuse de belles rimes
Mon regard s'illumine
Quand je lis sur la page
De si jolis messages
Messages de tendresse,d'Amour et de partages
Messages qui me transportent tout au bout des nuages
Au delĂ des orages
Par delà les vallées
Messages dont j'ai besoin
Et qui me font rĂȘver
Vous mes Amis PoĂštes
Venez donc Ă la fĂȘte
Jouer avec les mots
Sans vous prendre la tĂȘte
montreal
Lâautomne
Salut ! bois couronnĂ©s dâun reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient Ă la douleur et plaĂźt Ă mes regards !
Je suis dâun pas rĂȘveur le sentier solitaire,
Jâaime Ă revoir encor, pour la derniĂšre fois,
Ce soleil pĂąlissant, dont la faible lumiĂšre
Perce Ă peine Ă mes pieds lâobscuritĂ© des bois !
Oui, dans ces jours dâautomne oĂč la nature expire,
A ses regards voilĂ©s, je trouve plus dâattraits,
Câest lâadieu dâun ami, câest le dernier sourire
Des lĂšvres que la mort va fermer pour jamais !
Ainsi, prĂȘt Ă quitter lâhorizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours lâespoir Ă©vanoui,
Je me retourne encore, et dâun regard dâenvie
Je contemple ses biens dont je nâai pas joui !
Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
Lâair est si parfumĂ© ! la lumiĂšre est si pure !
Aux regards dâun mourant le soleil est si beau !
Je voudrais maintenant vider jusquâĂ la lie
Ce calice mĂȘlĂ© de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe oĂč je buvais la vie,
Peut-ĂȘtre restait-il une goutte de miel ?
Peut-ĂȘtre lâavenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont lâespoir est perdu ?
Peut-ĂȘtre dans la foule, une Ăąme que jâignore
Aurait compris mon Ăąme, et mâaurait rĂ©pondu ? âŠ
La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont lĂ ses adieux ;
Moi, je meurs; et mon Ăąme, au moment quâelle expire,
Sâexhale comme un son triste et mĂ©lodieux.
Alphonse de Lamartine, Méditations poétiques
montreal
La part du rĂȘve (1863)
Le juvénile amour, s'il est de bon aloi,
De l'enthousiasme veut naĂźtre,
Joyeux il s'agenouille, il admire avec foi,
Il lui faut un modÚle, un idéal, un maßtre.
Beaucoup plus tard, l'amour aime au-dessous de soi,
Au parfait il renonce et sait trĂšs bien pourquoi.
Il a raison de se soumettre
Et du ciel il a compris la loi :
Quand l'amour-passion n'a plus de raison d'ĂȘtre,
L'amour-compassion trouve encor de l'emploi.
L'amour jeune est plus beau ; ravissante folie,
Prodiguant les trésors et les enchantements,
Et les rĂȘves et les serments,
Pour le cĆur qui s'allume il est la poĂ©sie.
L'amour grave paraĂźt un plus pĂąle rayon ;
Mais quand le cĆur plus encor a souffert, quand la vie
A fauché rudement la facile illusion,
Lorsque de la perfection
Pour ne plus regermer l'espérance est ravie,
Le saint amour reprend sa valeur infinie
Il trouve et verse Ă flots la consolation.
Henri-Frédéric Amiel