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chantoon - 16 janvier 2014 05:47


chantoon
Premiere neige sur la ville. Je vous ai déniché une mignonne petite poesie...
PremiĂšre neige
Doucement s'efface la nuit
doucement se lĂšve le jour,
laissant entrevoir la terre
Dans un pyjama de neige.
Et le silence de la nuit,
Domine encore en ce jour
Et tombe encore la neige ;
Un manteau blanc sur la terre
un manteau blanc sur la terre.
Et les flocons en silence
Tournent, tournent au gré du vent ;
Mais rompu fut le silence,
Surpris, un enfant se levant,
Les yeux encore un peu fermés,
En pyjama emmitouflé ;
Sa curiosité animée
Par ce manteau : Epoustouflé ;
Regarde tomber la neige.
Et le vent comme un manĂšge,
Souffle, souffle sur les flocons.
Et lâenfant devant le balcon
En cherchant ses mots Ă tĂątons,
Vient me poser cette question :
Câest maintenant que câest noĂ«l
Non mais câest un jour de neige.
Et bien ce sera quand noël ?
Ah câest ça, câest beau la neige
Mais moi je prĂ©fĂšre noĂ«lâŠ
Je peux aller dans la neige ?
Tu irais bien en pyjama,
La tenue : Pas le pyjama.
Tu sais pÚre noël se couvre
Les oreilles, le nez se couvre.
Comme la terre se couvre
De tout son manteau de neige,
PÚre noël lui dans la neige
Marche, marche dans la neige.
Maintenant sous ton blanc bonnet,
Tes deux petits yeux qui brillent
Et, tes mains bien emmitouflées,
Aux pieds tes bottes qui brillent.
Le nez caché sous ton bonnet,
Pour toi le vent peu souffler,
Regarder les flocons tous blancs
Tombant, tombant en silence ;
Dans la neige tu vois tes pas,
Tu regardes ce chemin blanc
Tout cela, tu ne le savais pas,
Sur cette neige tu danses..
Dans la neige, tâamuse bien,
Tombe, tombe mais ce nâest rien,
Dans la neige resterai bien,
En décembre jour de neige
Et tu dis jâaime mieux noĂ«l.
Ecrit par Gerachau
baobab
Je viens de lire sur le site de Toulouse,ce si beau poÚme de Jacques Salomé.
J'ai envie de le partager avec vous.
Te rencontrer
sans te réduire
Te désirer
sans te posséder
T ' aimer
sans t ' envahir
Te dire
sans me trahir
Te garder
sans te dévorer
T ' agrandir
sans te perdre
T ' accompagner
sans te guider
Et ĂȘtre ainsi moi - mĂȘme
au plus secret de toi .
montreal
A la France
France ! Î belle contrée, Î terre généreuse
Que les dieux complaisants formaient pour ĂȘtre heureuse,
Tu ne sens point du Nord les glaçantes horreurs ;
Le Midi de ses feux tâĂ©pargne les fureurs ;
Tes arbres innocents nâont point dâombres mortelles ;
Ni des poisons épars dans tes herbes nouvelles
Ne trompent une main crédule ; ni tes bois
Des tigres frémissants ne redoutent la voix ;
Ni les vastes serpents ne traĂźnent sur tes plantes
En longs cercles hideux leurs écailles sonnantes.
Les chĂȘnes, les sapins et les ormes Ă©pais
En utiles rameaux ombragent tes sommets ;
Et de Beaune et dâAĂŻ les rives fortunĂ©es,
Et la riche Aquitaine, et les hauts Pyrénées,
Sous leurs bruyants pressoirs font couler en ruisseaux
Des vins délicieux mûris sur leurs coteaux.
La Provence odorante, et de Zéphyre aimée,
Respire sur les mers une haleine embaumée,
Au bord des flots couvrant, délicieux trésor,
Lâorange et le citron de leur tunique dâor ;
Et plus loin, au penchant des collines pierreuses,
Forme la grasse olive aux liqueurs savoureuses,
Et ces réseaux légers, diaphanes habits,
OĂč la fraĂźche grenade enferme ses rubis.
Sur tes rochers touffus la chÚvre se hérisse,
Tes prés enflent de lait la féconde génisse,
Et tu vois tes brebis, sur le jeune gazon,
Ăpaissir le tissu de leur blanche toison.
Dans les fertiles champs voisins de la Touraine,
Dans ceux oĂč lâOcĂ©an boit lâurne de la Seine,
SâĂ©lĂšvent pour le frein des coursiers belliqueux.
Ajoutez cet amas de fleuves tortueux :
Lâindomptable Garonne aux vagues insensĂ©es,
Le RhÎne impétueux, fils des Alpes glacées,
La Seine au flot royal, la Loire dans son sein
Incertaine, et la SaĂŽne, et mille autres enfin
Qui nourrissent partout, sur tes nobles rivages,
Fleurs, moissons et vergers, et bois et pĂąturages,
Rampent aux pieds des murs dâopulentes citĂ©s,
Sous les arches de pierre à grand bruit emportés.
Dirai-je ces travaux, source de lâabondance,
Ces ports, oĂč des deux mers lâactive bienfaisance
AmĂšne les tributs du rivage lointain
Que visite Phoebus le soir ou le matin ?
Dirai-je ces canaux, ces montagnes percées,
De bassins en bassins ces ondes amassées
Pour joindre au pied des monts lâune et lâautre TĂ©thys ?
Et ces vastes chemins en tous lieux départis,
OĂč lâĂ©tranger, Ă lâaise achevant son voyage,
Pense au nom des Trudaine et bénit leur ouvrage ?
Ton peuple industrieux est né pour les combats.
Le glaive, le mousquet nâaccablent point ses bras.
Il sâĂ©lance aux assauts, et son fer intrĂ©pide
Chassa lâimpie Anglais, usurpateur avide.
Le ciel les fit humains, hospitaliers et bons,
Amis des doux plaisirs, des festins, des chansons ;
Mais, faibles opprimés, la tristesse inquiÚte
Glace ces chants joyeux sur leur bouche muette,
Pour les jeux, pour la danse appesantit leurs pas,
Renverse devant eux les tables des repas,
Flétrit de longs soucis, empreinte douloureuse,
Et leur front et leur Ăąme. Ă France ! trop heureuse,
Si tu voyais tes biens, si tu profitais mieux
Des dons que tu reçus de la bonté des cieux !
Vois le superbe Anglais, lâAnglais dont le courage
Ne sâest soumis quâaux lois dâun sĂ©nat libre et sage,
Qui tâĂ©pie, et, dans lâInde Ă©clipsant ta splendeur,
Sur tes fautes sans nombre élÚve sa grandeur.
Il triomphe, il tâinsulte. Oh ! combien tes collines
Tressailliraient de voir réparer tes ruines,
Et pour la liberté donneraient sans regrets,
Et leur vin, et leur huile, et leurs belles forĂȘts !
Jâai vu dans tes hameaux la plaintive misĂšre,
La mendicitĂ© blĂȘme et la douleur amĂšre.
Je tâai vu dans tes biens, indigent laboureur,
Dâun fisc avare et dur maudissant la rigueur,
Versant aux pieds des grands des larmes inutiles,
Tout trempĂ© de sueurs pour toi-mĂȘme infertiles,
DĂ©couragĂ© de vivre, et plein dâun juste effroi
De mettre au jour des fils malheureux comme toi.
Tu vois sous les soldats les villes gémissantes ;
Corvée, impÎts rongeurs, tributs, taxes pesantes,
Le sel, fils de la terre, ou mĂȘme lâeau des mers,
Sources dâoppression et de flĂ©aux divers ;
Vingt brigands, revĂȘtus du nom sacrĂ© de prince,
Sâunir Ă dĂ©chirer une triste province,
Et courir Ă lâenvi, de son sang altĂ©rĂ©s,
Se partager entre eux ses membres déchirés.
Ă sainte ĂgalitĂ© ! dissipe nos tĂ©nĂšbres,
Renverse les verrous, les bastilles funĂšbres.
Le riche indifférent, dans un char promené,
De ces gouffres secrets partout environné,
Rit avec les bourreaux, sâil nâest bourreau lui-mĂȘme ;
PrĂšs de ces noirs rĂ©duits de la misĂšre extrĂȘme,
Dâune maĂźtresse impure achĂšte les transports,
Chante sur des tombeaux, et boit parmi des morts.
Malesherbes, Turgot, ĂŽ vous en qui la France
Vit luire, hélas ! en vain sa derniÚre espérance,
Ministres dont le coeur a connu la pitié,
Ministres dont le nom ne sâest point oubliĂ© ;
Ah ! si de telles mains, justement souveraines,
Toujours de cet empire avaient tenu les rĂȘnes,
LâĂ©quitĂ© clairvoyante aurait rĂ©gnĂ© sur nous ;
Le faible aurait osé respirer prÚs de vous ;
Lâoppresseur, Ă©vitant dâarmer dâinjustes plaintes,
Sinon quelque pudeur aurait eu quelques craintes ;
Le délateur impie, opprimé par la faim,
Serait mort dans lâopprobre, et tant dâhommes enfin,
A lâinsu de nos lois, Ă lâinsu du vulgaire,
FoudroyĂ©s sous les coups dâun pouvoir arbitraire,
De cris non entendus, de funĂšbres sanglots,
Ne feraient point gémir les voûtes des cachots.
Non, je ne veux plus vivre en ce séjour servile ;
Jâirai, jâirai bien loin me chercher un asile,
Un asile Ă ma vie en son paisible cours,
Une tombe Ă ma cendre Ă la fin de mes jours,
OĂč dâun grand au coeur dur lâopulence homicide
Du sang dâun peuple entier ne sera point avide,
Et ne me dira point, avec un rire affreux,
Quâils se plaignent sans cesse et quâils sont trop heureux ;
OĂč, loin des ravisseurs, la main cultivatrice
Recueillera les dons dâune terre propice ;
OĂč mon coeur, respirant sous un ciel Ă©tranger,
Ne verra plus des maux quâil ne peut soulager ;
OĂč mes yeux, Ă©loignĂ©s des publiques misĂšres,
Ne verront plus partout les larmes de mes frĂšres,
Et la pĂąle indigence Ă la mourante voix,
Et les crimes puissants qui font trembler les lois.
Toi donc, ĂquitĂ© sainte, ĂŽ toi, vierge adorĂ©e,
De nos tristes climats pour longtemps ignorée,
Daigne du haut des cieux goûter le libre encens
Dâune lyre au coeur chaste, aux transports innocents,
Qui ne saura jamais, par des voeux mercenaires,
Flatter Ă prix dâargent des faveurs arbitraires,
Mais qui rendra toujours, par amour et par choix,
Un noble et pur hommage aux appuis de tes lois.
De voeux pour les humains tous ses chants retentissent ;
La vĂ©ritĂ© lâenflamme, et ses cordes frĂ©missent
Quand lâair qui lâenvironne auprĂšs dâelle a portĂ©
Le doux nom des vertus et de la liberté.
André Chénier, Hymnes et Odes
baobab
Je viens de lire sur le site de Toulouse,ce si beau poÚme de Jacques Salomé.
J'ai envie de le partager avec vous.
Te rencontrer
sans te réduire
Te désirer
sans te posséder
T ' aimer
sans t ' envahir
Te dire
sans me trahir
Te garder
sans te dévorer
T ' agrandir
sans te perdre
T ' accompagner
sans te guider
Et ĂȘtre ainsi moi - mĂȘme
au plus secret de toi .