UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb
rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

LILAS
Pour vivre heureux avec peu de moyens, pour rechercher l'élégance plutôt que le luxe, et le raffinement plutôt que la mode; pour être épanoui plutôt que respectable, avoir une richesse intérieure et non une richesse pécuniaire; pour étudier dur, penser calmement, parler gentiment, agir franchement; pour supporter tout avec douceur, faire tout bravement, attendre les occasions, ne jamais se presser. En d'autres termes, laisser le spirituel, sans attache et sans conscience, grandir au travers du commun.
Bruce Lee
GRANDIR
LILAS
Ils dégagent le Louvre et l'Hôtel de Ville. Jeux d'enfants que cela ! C'est bon pour mettre le public en appétit. .. Quand le premier réseau sera fini, alors commencera la grande danse. Le second réseau trouera la ville de toutes parts, pour rattacher les faubourgs au premier réseau. Les tronçons agoniseront dans le plâtre. .. Tiens, suis un peu ma main. Du BOULEVARD du Temple à la barrière du Trône, une entaille ; puis de ce côté, une autre entaille, de la Madeleine à la plaine Monceau ; et une troisième entaille dans ce sens, une autre dans celui-ci, une entaille là, une entaille plus loin, des entailles partout. Paris haché à coups de sabre, les veines ouvertes, nourrissant cent mille terrassiers et maçons, traversé par d'admirables voies stratégiques qui mettront les forts au coeur des vieux quartiers.
La curée (1872), Paris, Le livre de poche, 1984, p. 93-94. d'Émile Zola - Zola
PARIS
Naturelle33
Il est des gens qui ne dépouillent jamais leur orgueil. Leurs fautes, s'ils les passent en revue, c'est à cheval. Paul Masson
Présenter la télévision comme un prolongement des moyens d'information d'autrefois est lui faire beaucoup trop d'honneur. Elle ne succède nullement aux journaux ou aux revues qui décrivaient les faits et proposaient une réflexion à leur propos. Elle a plutôt pris la place des bonimenteurs qui jadis, sur les boulevards, vendaient des poudres miraculeuses, et celle des camelots qui distribuaient des chansons illustrées paraphrasant l'actualité. Albert Jacquard
BOULEVARD
LILAS
Comme le cœur humain le champ de la poésie est infini et les poètes sont libres dans le choix de leurs sujets comme dans celui de leurs amours. Le point est que l'INSPIRATION soit franche, que l'artiste ait une âme, que dans l'œuvre il y ait un homme.
Henri-Frédéric Amiel ; Journal intime, le 16 juin 1872
REVUE
Naturelle33
Il est doux de marcher tenant baissés les yeux
Sur le sentier bordant le bois ou la prairie,
Mais sachant la campagne autour de soi fleurie
Et sans le voir sentant le sourire des cieux;
Cependant qu’une molle et lente rêverie
Envahissant notre âme heureuse par degrés
S’insinue entre les beaux sites admirés
Et glisse au milieu d’eux son décor de féerie.
Poète, brise avec la MUSE, dès le jour
Où s’éloignent de toi la Pensée et l’Amour.
As-tu pour compagnons l’Amour et la Pensée,
Qu’importe si tes yeux sont clos ou grands ouverts!
Le ciel intérieur répandra la rosée
De l’inspiration sur tes plus humbles vers.
William Wordsworth
INSPIRATION
LILAS
L'automne est la saison où les muses jettent les feuilles aux hasards des vents. On accuse les arbres de négligence parce qu'on ne veut pas croire que tous mots qui n'ont pas été dits sont écrits dessus. Les "je t'aime " oubliés, les poèmes jamais écrits et tous les mots d'excuse, les discours enflammés ! On dit que les muses les serrent sur leur coeur avant de les semer. On le dit, bien sûr, mais on ne l'écrit pas..
Joël Grenier
MUSE(S)
coccinelle
Le panda du Tibet
Il aime les bambous
Il ne mange que ça
Il ressemble à un ours
Il ressemble à un chat
C'est lui c'est le panda
Un jour d'arme et de feu
Il a vu déferler
Des milliers de soldats
Qui ont assassiné
Les moines du Tibet
Le panda au coeur tendre
A marché dans la cendre
Il s'est frotté les yeux
S'est bouché les oreilles
A fui loin de Lhassa
Mais depuis ce jour-là
Près de l'himalaya
Où tu pourras le voir
Il a toujours les yeux
Et les oreilles noirs
Christian WACRENIER
SAISON
Naturelle33
Frère, il y a dans presque toutes les choses terrestres je ne sais quelle lie ou quel déboire qui vous en dégoûtent, et les rares objets qui par hasard ont la perfection en partage sont mortellement tristes. Marguerite Yourcenar
On aime la lumière à cause des objets qu'elle éclaire. Il faudrait arriver à aimer les objets éclairés à cause de la lumière. Gustave Thibon
Aussitôt qu'une pensée vraie est entrée dans notre esprit, elle jette une lumière qui nous fait voir une foule d'autres objets que nous n'apercevions pas auparavant. Chateaubriand
PERFECTION
Naturelle33
Entre le masque de brume
et celui de verdure,
voici le moment sublime où la nature
se montre davantage que de coutume.
Ah, la belle ! Regardez son épaule
et cette claire franchise qui ose ...
Bientôt de nouveau elle jouera un rôle
dans la pièce touffue que l'été compose.
Rainer Maria Rilke
FRANCHISE
LILAS
CONTE DES HÉ-VEILLEURS
LE PRINCE ET LA LIBELLULE
Un jour, un Prince tomba follement amoureux d'une libellule. Ecrasé de chagrin, ses pas l'avaient mené au bord d'un étang. Il était à la dérive car il ne trouvait pas sa place en ce bas monde. Rêveur, poète, romantique, il ne pouvait libérer sa nature car le Roi avait pour son fils des exigences redoutables. Ne devait-il pas, un jour, monter sur le trône à son tour ?
Le jeune homme espérait trouver un peu de réconfort dans la contemplation des eaux tranquilles et paisibles d'un petit bassin, à la lisière de la forêt. Il avait hâté le pas comme s'il se rendait à un rendez-vous d'amour. Et ce fut, effectivement, le cas.
Il s'assit sur la berge en soupirant et attendit. Une brise légère se leva, faisant frémir la surface de l'eau. Bientôt, ce fut un ballet incessant de petites lueurs, d'insectes azurés et de feuilles délicates. Le Prince ne pouvait détacher son regard de ce spectacle ensorcelant. Et bientôt, il l'aperçut. Elle voletait au-dessus de l'onde, comme une ballerine gracile, à la robe vaporeuse.
Dans ses ailes transparentes, une libellule avait emprisonné les rayons d'un soleil naissant. Fasciné, le Prince retint son souffle, suivant du regard la danse de la LUMIÈRE.
Chaque jour, à la même heure, il venait au bord de l'étang, s'asseyait et contemplait. Petit à petit, sa peine s'adoucissait et son amour grandissait. "Quelle malédiction, se disait-il, que ma vie dépende d'une créature si éphémère et irréelle !" Cependant, il ne pouvait s'en détacher et, il le savait, cela le mènerait à la folie. En effet, la libellule l'ignorait et, superbe, poursuivait ses arabesques.
Or, un jour, le jeune homme, laissant errer son regard, aperçut, par delà les frondaisons, une myriade d'étincelles. Quelle surprise ! La beauté était donc omniprésente ! Dans les sous-bois et parmi les herbes folles, dans les roseaux dansants et la brume des nuages. Émerveillé, il en oublia presque celle qui inspirait son âme.
Et aussi soudainement qu'elle était apparue, la libellule disparut. Avait elle achevé sa courte existence ? Avait elle rejoint d'autres horizons ? Le malheureux Prince se sentit abandonné, voire trahi. Sa douce quiétude n'était plus que cendres emportées par le vent. Une fois encore, son coeur se brisait. Fallait-il tout réapprendre ? Réapprendre à aimer ?
Pourtant, au plus profond de lui, le jeune homme sentit que sa douleur s'estompait. Nourri quotidiennement par la grâce et l'harmonie, son regard s'était élevé et sa force avait décuplé. Au- dessus de lui, une lune gibbeuse surgit au firmament et, traçant des routes infinies, des milliers de libellules sillonnaient le ciel. Alors, le Prince, guéri, accepta enfin sa couronne.
COMMENTAIRE
Ce conte a été donné à un homme qui était tombé amoureux fou d'une femme qui était son opposé. Si, en règle générale, les différences sont une opportunité, là, c'était loin d'être le cas. L'épouse était plutôt désincarnée, alors que l'époux, lui, avait construit honorablement sa vie, tel un prince. Bref, une relation catastrophique où la manipulation jouait à plein. Le couple a fini par se séparer au grand dam du mari, qui avait bien du mal à s'en remettre.
Or, il faut savoir que la libellule, malgré sa beauté, est un prédateur ! Il fallait donc que l'homme sorte de son illusion et puisse se libérer de l'emprise de sa compagne sur lui et retrouver sa "couronne ". Pour cela, une seule solution, aimer à nouveau la vie dans sa totale manifestation.
Héléna Myrafiori
BRUME
Naturelle33
Je suis contre les femmes, tout contre. Sacha Guitry
Une conversation ingénieuse avec un homme, c'est une mission. Avec une femme, c'est une harmonie, un concert. Il y a le rapport de l'octave à la basse. Vous sortez satisfait de l'une, vous sortez de l'autre enchanté. Joseph Joubert
HARMONIE
janine33
[Citation de Rdbrdb]Très curieux Janine que vous nous ayez mis ce texte…. qui répond ou reprend le réflexions que je me faisais, en revenant de ma promenade matinale… !!! [Fin de citation].. en effet .
Nos tâches ne sont pas forcément aussi lourdes que le regard des observateurs tendrait à nous le faire croire ...et l’indifference est certainement le plus gros des défauts , celui qui accouche de calamités .
LILAS
Bénédiction
Lorsque, par un décret des puissances suprêmes,
Le poète apparaît dans ce monde ennuyé,
Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes
Crispe ses poings vers Dieu, qui la prend en pitié :
- Ah ! Que n'ai-je mis bas tout un nœud de vipères,
Plutôt que de nourrir cette dérision !
Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères
Où mon ventre a conçu mon expiation !
Puisque tu m'as choisie entre toutes les femmes
Pour être le dégoût de mon triste mari,
Et que je ne puis pas rejeter dans les flammes,
Comme un billet d'amour, ce monstre rabougri,
Je ferai rejaillir la haine qui m'accable
Sur l'instrument maudit de tes MÉCHANCETÉS,
Et je tordrai si bien cet arbre misérable,
Qu'il ne pourra pousser ses boutons empestés !
Elle ravale ainsi l'écume de sa haine,
Et, ne comprenant pas les desseins éternels,
Elle-même prépare au fond de la Géhenne
Les bûchers consacrés aux crimes maternels.
Pourtant, sous la tutelle invisible d'un ange,
L'enfant déshérité s'enivre de soleil,
Et dans tout ce qu'il boit et dans tout ce qu'il mange
Retrouve l'ambroisie et le nectar vermeil.
Il joue avec le vent, cause avec le nuage,
Et s'enivre en chantant du chemin de la croix ;
Et l'esprit qui le suit dans son pèlerinage
Pleure de le voir gai comme un oiseau des bois.
Tous ceux qu'il veut aimer l'observent avec crainte,
Ou bien, s'enhardissant de sa tranquillité,
Cherchent à qui saura lui tirer une plainte,
Et font sur lui l'essai de leur férocité.
Dans le pain et le vin destinés à sa bouche
Ils mêlent de la cendre avec d'impurs crachats ;
Avec hypocrisie ils jettent ce qu'il touche,
Et s'accusent d'avoir mis leurs pieds dans ses pas.
Sa femme va criant sur les places publiques :
Puisqu'il me trouve assez belle pour m'adorer,
Je ferai le métier des idoles antiques,
Et comme elles je veux me faire redorer ;
Et je me soûlerai de nard, d'encens, de myrrhe,
De génuflexions, de viandes et de vins,
Pour savoir si je puis dans un cœur qui m'admire
Usurper en riant les hommages divins !
Et, quand je m'ennuierai de ces farces impies,
Je poserai sur lui ma frêle et forte main ;
Et mes ongles, pareils aux ongles des harpies,
Sauront jusqu'à son cœur se frayer un chemin.
Comme un tout jeune oiseau qui tremble et qui palpite,
J'arracherai ce cœur tout rouge de son sein,
Et, pour rassasier ma bête favorite,
Je le lui jetterai par terre avec dédain !
Vers le ciel, où son œil voit un trône splendide,
Le poète serein lève ses bras pieux,
Et les vastes éclairs de son esprit lucide
Lui dérobent l'aspect des peuples furieux :
- Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance
Comme un divin remède à nos impuretés
Et comme la meilleure et la plus pure essence
Qui prépare les forts aux saintes voluptés !
Je sais que vous gardez une place au poète
Dans les rangs bienheureux des saintes légions,
Et que vous l'invitez à l'éternelle fête
Des trônes, des vertus, des dominations.
Je sais que la douleur est la noblesse unique
Où ne mordront jamais la terre et les enfers,
Et qu'il faut pour tresser ma couronne mystique
Imposer tous les temps et tous les univers.
Mais les bijoux perdus de l'antique Palmyre,
Les métaux inconnus, les perles de la mer,
Par votre main montés, ne pourraient pas suffire
À ce beau diadème éblouissant et clair ;
Car il ne sera fait que de pure lumière,
Puisée au foyer saint des rayons primitifs,
Et dont les yeux mortels, dans leur splendeur entière,
Ne sont que des miroirs obscurcis et plaintifs !
Charles Baudelaire
FEMME(S)
