UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb
rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

LILAS
Une goutte d'eau
- Une GOUTTE d'eau est tombée du ciel
et sur mon carreau, là, elle ruisselle
elle glissera jusqu'au caniveau
pour aller rejoindre un petit ruisseau
- Ce petit ruisseau devenant rivière
rejoindra un jour les eaux de la mer
la goutte chauffée par notre soleil
deviendra buée là haut dans le ciel
- Dans un gros nuage elle s'entretiendra
avec d'autres gouttes du vent et du froid
Et puis tout à coup elle retombera
sur mon beau carreau
vous saurez pourquoi.
- Une goutte d'eau est tombée du ciel
Ad libitum
- Une goutte d'eau est tombée du ciel
et sur mon carreau, là elle ruisselle
Elle glissera dans le caniveau
Pour aller grossir le petit ruisseau.
RUISSEAU
coccinelle
BOUT DE METAL
Chanson
Parole et musique de Dar-k Florian
Je suis juste un bout de métal taillé
Sur mesure en fonction de mon barillet
Je suis insensible je ne bouge pas, je suis lancé
Au bout d'un canon-scié, ma fonction c'est de tuer
Je n'ai pas d'âme, juste un bout de métal taillé
Je porte les drames ou les joies de tant d'armées
On me cite coupable, je suis la cause de trop de larmes
Mais est-ce ma faute ou celle de l'homme qui a appuyé?
On me fabrique à la chaîne
On vérifie ma taille, mon poids, si je respecte les règles
Faut que je plaise au mécènes
Souvent un chef d'état qui a bien lu Machiavel
Ohohoh
Pour bien assoir son règne, la violence et la peur
Y'a qu'ça pour que le peuple imprègne
Je sers d'outil à leur haine
Je leur permet de résoudre leurs problèmes sans appel
Ohohoh
Dans certains pays les enfants m'ont d'jà adopté
Ils portent le treillis, le chargeur sur le côté
Ils sont sans répits et m'envoient de tous les cotés
Des fois je tue leurs amis
Moi ils m'ont juste envoyer
Je n'ai pas choisi d'être ce bout de métal maudit
Je voudrais qu'ils vivent en harmonie
Êtr' ranger dans un cagibi
Je ne veux plus rentrer dans le cœur d'autrui
Je ne veux plus faire des enfants pupilles
Je ne veux plus décimer des familles
Oh ohoh non
Car je suis juste un bout de métal taillé
Sur mesure en fonction de mon barillet
Je suis insensible je ne bouge pas, je suis lancé
Au bout d'un canon-scié, ma fonction c'est de tuer
Je n'ai pas d'âme, juste un bout de métal taillé
Je porte les drames ou les joies de tant d'armée
On me cite coupable, je suis la cause de trop de larmes
Mais est-ce ma faute ou celle de l'homme qui a appuyé?
Je fais la joie de ceux qui me vendent
Et la mort de celui qui me reçoit
Je suis dans les deux camps, donc dans aucun à la fois
Je n'suis pas que dans les guerres au bout du monde comme tu le crois
J'suis aussi en bas d'chez toi, j'fais dans l'crime passionnel des fois
Ce qui me tient en vie, c'est qu'il y en a qui tue de sang froid
Je représente une économie qu'est moins parallèle que tu l'crois
Le p'tit trafic c'est hors la loi, le gros trafic c'est l'État
La marque la plus connu c'est pas "Coca" mec c'est "Berreta"
Mais moi j'suis qu'un bout de métal, qu'est minuscule, qu'est petit comme ça
Sans la haine des hommes, j'suis inoffensif comme un bout d'bois
Sans la pression sur la gâchette, dans les cim'tières y'aurait moins d'croix
Pour lutter moi je ne peux pas voter, toi tu le peux, fais-le pour moi
Car je suis juste un bout de métal taillé
Sur mesure en fonction de mon barillet
Je suis insensible je ne bouge pas, je suis lancé
Au bout d'un canon-scié, ma fonction c'est de tuer
Je n'ai pas d'âme, juste un bout de métal taillé
Je porte les drames ou les joies de tant d'armée
On me cite coupable, je suis la cause de trop de larmes
Mais est-ce ma faute ou celle de l'homme qui a appuyé?
Ohohoh...
LILAS
Théophile de VIAU
1590 - 1626
Cloris, lorsque je songe, en te voyant si belle
Elégie
Cloris, lorsque je songe, en te voyant si BELLE,
Que ta vie est sujette à la loi naturelle,
Et qu'à la fin les traits d'un visage si beau
Avec tout leur éclat iront dans le tombeau,
Sans espoir que la mort nous laisse en la pensée
Aucun ressentiment de l'amitié passée,
Je suis tout rebuté de l'aise et du souci
Que nous fait le destin qui nous gouverne ici,
Et, tombant tout à coup dans la mélancolie,
Je commence à blâmer un peu notre folie,
Et fais voeu de bon coeur de m'arracher un jour
La chère rêverie où m'occupe l'amour.
Dieu nous a tant donné de divertissements,
Nos sens trouvent en eux tant de ravissements,
Que c'est une fureur de chercher qu'en nous-même
Quelqu'un que nous aimions et quelqu'un qui nous aime.
Le coeur le mieux donné tient toujours à demi,
Chacun s'aime un peu mieux toujours que son ami ;
On les suit rarement dedans la sépulture ;
Le droit de l'amitié cède aux lois de nature.
Pour moi, si je voyais, en l'humeur où je suis,
Ton âme s'envoler aux éternelles nuits,
Quoi que puisse envers moi l'usage de tes charmes,
Je m'en consolerais avec un peu de larmes. ...
Le ciel en soit loué ! Cloris, je suis guéri.
Car insensiblement ma muse un peu légère
A passé dessus toi sa plume passagère,
Et, détournant mon coeur de son premier objet,
Dès le commencement j'ai changé de sujet,
Emporté du plaisir de voir ma veine aisée
Sûrement aborder ma flamme rapaisée
Et jouer à son gré sur les propos d'aimer,
Sans avoir aujourd'hui pour but que de rimer,
Et sans te demander que ton bel oeil éclaire
Ces vers, où je n'ai pris aucun soin de te plaire.
FLAMME
rdbrdb
Le Marchand de bonheur
Je suis le vagabond
Le marchand de bonheur
Je n'ai que des CHANSONS
À mettre dans les cœurs
Vous me verrez passer, chacun à votre tour
Passer au vent léger, au moment de l'amour
J'ai les quatre saisons pour aller flâner
Et semer des moissons de baisers
J'ai l'automne et l'hiver, le ciel et la mer
Le printemps et l'été pour chanter
Vous êtes des enfants qui vous donnez du mal
Du mal pour vous aimer et du mal pour pleurer
Et moi j'arrive à temps, à temps c'est bien normal
Pour aller réparer ce que vous déchirez
J'ai les quatre saisons pour sécher vos pleurs
Et changer l'horizon de vos cœurs
J'ai l'automne et l'hiver, le ciel et la me
Le printemps et l'été pour chanter
Je donne à bon marché de quoi rire de tout
De quoi rire de tout, plutôt que d'en pleurer
Je ne demande rien pour me dédommager
Que voir sur mon chemin la joie que j'ai donné
J'ai les quatre saisons pour sécher vos pleurs
Et changer l'horizon de vos cœurs
J'ai l'automne et l'hiver, le ciel et la mer
Le printemps et l'été pour chanter
Je suis le vagabond
Le marchand de bonheur
Je n'ai que des chansons
À mettre dans les cœurs
Vous me verrez passer, chacun à votre tour
Passer au vent léger, au moment de l'amour
Paroliers : Broussolle Jean / Calvet Jean Pierre
DEMAIN
LILAS
Les Gens qui doutent
Ensemble des enregistrements d'Anne Sylvestre
J'AIME les gens qui doutent, les gens qui trop écoutent leur cœur se balancer
J'aime les gens qui disent et qui se contredisent et sans se dénoncer
J'aime les gens qui tremblent, que parfois ils ne semblent capables de juger
J'aime les gens qui passent moitié dans leurs godasses et moitié à côté
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons
J'aime ceux qui paniquent, ceux qui sont pas logiques, enfin, pas "comme il faut"
Ceux qui, avec leurs chaînes pour pas que ça nous gêne font un bruit de grelot
Ceux qui n'auront pas honte de n'être au bout du compte que des ratés du cœur
Pour n'avoir pas su dire "délivrez-nous du pire et gardez le meilleur"
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons
J'aime les gens qui n'osent s'approprier les choses, encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n'être, qu'une simple fenêtre pour les yeux des enfants
Ceux qui sans oriflamme et daltoniens de l'âme ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires pour que jamais l'histoire leur rende les honneurs
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons
J'aime les gens qui doutent mais voudraient qu'on leur foute la paix de temps en temps
Et qu'on ne les malmène jamais quand ils promènent leurs automnes au printemps
Qu'on leur dise que l'âme fait de plus belles flammes que tous ces tristes culs
Et qu'on les remercie qu'on leur dise, on leur crie "merci d'avoir vécu!"
Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu'elles ont pu
CHANSON
rdbrdb
La Forêt
FORET silencieuse, aimable solitude,
Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude !
Prestiges de mon cœur ! je crois voir s’exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j’entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m’appeler.
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière,
Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux !
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d’un sauvage réduit,
Ce chèvrefeuille atteint d’un vent léger qui fuit,
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes vœux offerts !
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ?
D’autres vous rediront des amours étrangères ;
Moi de vos charmes seuls j’entretiens les déserts.
François-René de Chateaubriand
j'AIME
LILAS
J'ai cru pouvoir briser la profondeur de l'immensité
Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho
Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges
Comme un mort raisonnable qui a su mourir
Un mort non couronné sinon de son néant
Je me suis étendu sur les vagues absurdes
Du POISON absorbé par amour de la cendre
La solitude m'a semblé plus vive que le sang
Je voulais désunir la vie
Je voulais partager la mort avec la mort
Rendre mon cour au vide et le vide à la vie
Tout effacer qu'il n'y ait rien ni vitre ni buée
Ni rien devant ni rien derrière rien entier
J'avais éliminé le glaçon des mains jointes
J'avais éliminé l'hivernale ossature
Du vou qui s'annule
Tu es venue le feu s'est alors ranimé
L'ombre a cédé le froid d'en bas s'est étoilé
Et la terre s'est recouverte
De ta chair claire et je me suis senti léger
Tu es venue la solitude était vaincue
J'avais un guide sur la terre je savais
Me diriger je me savais démesuré
J'avançais je gagnais de l'espace et du temps
J'allais vers toi j'allais sans fin vers la lumière
La vie avait un corps l'espoir tendait sa voile
Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit
Promettait à l'aurore des regards confiants
Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard
Ta bouche était mouillée des premières rosées
Le repos ébloui remplaçait la fatigue
Et j'adorais l'amour comme à mes premiers jours.
Les champs sont labourés les usines rayonnent
Et le blé fait son nid dans une houle énorme
La moisson la vendange ont des témoins sans nombre
Rien n'est simple ni singulier
La mer est dans les yeux du ciel ou de la nuit
La forêt donne aux arbres la sécurité
Et les murs des maisons ont une peau commune
Et les routes toujours se croisent.
Les hommes sont faits pour s'entendre
Pour se comprendre pour s'aimer
Ont des enfants qui deviendront pères des hommes
Ont des enfants sans feu ni lieu
Qui réinventeront les hommes
Et la nature et leur patrie
Celle de tous les hommes
Celle de tous les temps.
La mort, l'amour la vie
Poèmes de Eugène Emile Paul Grindel, dit Paul Eluard
FORÊT
LILAS
Être SEUL, se laisser submerger par la paresse, rêvasser, être à moitié engourdi, flotter entre deux eaux, avoir envie d'un peu de tout et en même temps de rien, ça c'est extraordinairement bon pour la création.
Citation de Jean Dutourd ; Les choses comme elles sont (1978)
PARESSE