UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb
rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

rdbrdb
Le Rire
Suis apothicaire, finie la tristesse
J'ai dans mon officine, un baume précieux
Et me fais force, d'vous apporter l'allégresse
Sur mon ordonnance, des moments délicieux
Je vous prescris matin et soir des fous rires
Sans modération, ni retenue aucune
Prenez et usez , mais n'allez pas en mourir
Ni vous en étouffer, comble d'infortune
Le rire contagieux n'étant pas dangereux
Contrairement à celui jaune de couleur
Ou le rire amer, du sadique véreux
Il vous faut choisir, pour éviter la douleur
Glousser, pouffer, de grâce point de ricanements
Riez à gorge déployée, en transe vos zygomatiques
Oublier vos soucis, jetez en les vils tourments
Pleurer de rire, vos larmes sont mystiques
Rire embarrassé, idiot, discret, nerveux
Pincé, convulsif, timide, un sourire
Chasse la morosité, vous rendra heureux
Laisser se répandre vos éclats de rire
Alors quoi de mieux qu'une franche rigolade
Se tordre, s'esclaffer, rire à s'en pâmer
C'est tout de même mieux qu'une bonne engueulade
Indispensable, le rire est proclamé
Remy dit Pilatom (le net°
ORAGE
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Quoique tes sourcils méchants
Te donnent un air étrange
Qui n’est pas celui d’un ange,
Sorcière aux yeux alléchants,
Je t’adore, ô ma frivole,
Ma terrible passion !
Avec la dévotion
Du prêtre pour son idole.
Le désert et la forêt
Embaument tes tresses rudes,
Ta tête a les attitudes
De l’énigme et du secret.
Sur ta chair le parfum rôde
Comme autour d’un encensoir ;
Tu charmes comme le soir,
Nymphe ténébreuse et chaude.
Ah ! les philtres les plus forts
Ne valent pas ta paresse,
Et tu connais la caresse
Qui fait revivre les morts !
Tes HANCHES sont amoureuses
De ton dos et de tes seins,
Et tu ravis les coussins
Par tes poses langoureuses.
Quelquefois, pour apaiser
Ta rage mystérieuse,
Tu prodigues, sérieuse,
La morsure et le baiser ;
Tu me déchires, ma brune,
Avec un rire moqueur,
Et puis tu mets sur mon coeur
Ton oeil doux comme la lune.
Sous tes souliers de satin,
Sous tes charmants pieds de soie,
Moi, je mets ma grande joie,
Mon génie et mon destin,
Mon âme par toi guérie,
Par toi, lumière et couleur !
Explosion de chaleur
Dans ma noire Sibérie !
Charles Baudelaire
RIRE
rdbrdb
Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé
Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes mains à moi
Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tresailli
Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots
Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu
Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.
Louis Aragon
MAINS
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Elle ne sait pas tendre des pièges
Elle a les yeux sur sa beauté
Si simple si simple séduire
Et ce sont ses yeux qui l’enchaînent
Et c’est sur moi qu’elle s’appuie
Et c’est sur elle qu’elle jette
Le filet volant des caresses.
Elle ne sait pas tendre des PIEGES
Emile Paul Grindel, dit Paul Eluard
CARESSES
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Aimer, c'est de ne mentir plus.
Nulle ruse, n'est nécessaire
Quand le bras chaleureux enserre
Le corps fuyant qui nous a plu.
- Crois à ma voix qui rêve et chante
Et qui construit ton paradis.
Saurais-tu que je suis méchante
Si je ne te l'avais pas dit ?
- Faiblement méchante, en pensée,
Et pour retrouver par moment
Cette solitude sensée
Que j'ai reniée en t'aimant !
Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
SOLITUDE
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Tu es venue le feu s'est alors ranimé
L'ombre a cédé le froid d'en bas s'est étoilé
Et la terre s'est recouverte
De ta chair claire et je me suis senti léger
Tu es venue la solitude était VAINCUE
J'avais un guide sur la terre je savais
Me diriger je me savais démesuré
J'avançais je gagnais de l'espace et du temps
J'allais vers toi j'allais sans fin vers la lumière
La vie avait un corps l'espoir tendait sa voile
Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit
Promettait à l'aurore des regards confiants
Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard
Ta bouche était mouillée des premières rosées
Le repos ébloui remplaçait la fatigue
Et j'adorais l'amour comme à mes premiers jours.
Les champs sont labourés les usines rayonnent
Et le blé fait son nid dans une houle énorme
La moisson la vendange ont des témoins sans nombre
Rien n'est simple ni singulier
La mer est dans les yeux du ciel ou de la nuit
La forêt donne aux arbres la sécurité
Et les murs des maisons ont une peau commune
Et les routes toujours se croisent.
Les hommes sont faits pour s'entendre
Pour se comprendre pour s'aimer
Ont des enfants qui deviendront pères des hommes
Ont des enfants sans feu ni lieu
Qui réinventeront les hommes
Et la nature et leur patrie
Celle de tous les hommes
Celle de tous les temps.
Emile Paul Grindel, dit Paul Eluard
Contente de vous revoir Clown et je sais que vous manquiez à d'autres
que diriez vous de trouver à dire ou redire de ESPACE
rdbrdb
l'amour d'une VIERGE est aussi assommant qu'un appartement neuf. Il semble qu'on essuie les plâtres. Il est vrai qu'on n'a pas à redouter les germes maladifs, pestilentiels, d'un autre locataire. Jules RENARD
(je crains que Clown n'ait disparu découragé par l'impossibilité dans les débuts du nouveau système d'aller à la ligne… et je regrette son absence)
rdbrdb
bONJOUR ! et l'on peut à nouveau aller à la ligne, donc les amoureux de la poésie vont pouvoir nous faire découvrir les poèmes qu'ils aiment… Merci aux informaticiens d'avoir exaucé nos souhaits.
c'est une des superstitions de l'esprit humain d'avoir imaginé que la virginité puisse être une vertu.
Voltaire.
VIERGE
rdbrdb
La très chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.
Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.
Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d'aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.
Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;
Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,
S'avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour TROUBLER le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s'était assise.
Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l'Antiope au buste d'un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe !
Et la lampe s'étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre !
Charles Baudelaire
SOUPIR
janine33
Ne cherche pas l’abondance là où elle n’est pas.
N’imagine pas la déterrer d’un lieu oublié. N’aspire même pas à la contempler dans sa nuit de silence.
Ne cherche pas. Ne t’inquiète pas non plus. Tu as plus qu’il ne faut. Bien plus. Simplement, tu ne le sais pas encore. Crois-tu vraiment que l’abondance passe par la possession des êtres et des biens comme on te l’a appris ? Tu te trompes ! Et tout au fond de toi, tu le sais. L’abondance est d’un autre ordre. Celui de l’impalpable. De l’indicible.
Tu reçois chaque jour une abondance de temps, de vie, (tant de vie) que tu laisses bien souvent se perdre au lieu de t’en nourrir.
Ainsi, tu passes à côté du réel qui te traverse… et tu te plains.
Arrête-toi ! Respire et ressens ce qui palpite en toi. Te fait vibrer. N’est-ce pas une abondance d’Amour ? De joie ? De plénitude ? Ouvre tes yeux du cœur et rencontre ce qui est réellement là. Derrière tes troubles et tes protections.
Il ne s’agit pas tant de chercher que d’accueillir ce qui est déjà là. De renouer avec toi-même pour laisser émerger toutes les sensations, tous les sentiments, toutes les énergies pétillantes de vie, auxquels tu tournais le dos pensant que l’extraordinaire est ailleurs.
C’est si bon de ne plus chercher mais au contraire de se laisser trouver.
Alors ne cherche plus l’abondance. Elle sait où tu demeures.
Elle est… là où tu ES !!!
Annie Lautner
TROUBLE (S)
rdbrdb
La légende dit que le JAPON est une île flottante posée sur le dos d'un poisson-chat dont le mouvement provoque des tremblements de terre. Je tentais de me représenter la forme monstrueuse de ce félin aquatique.
(La joueuse de go )- Shan Sa
pauvre criquet croqué merci Janine
CROQUER
rdbrdb
Les coeurs purs et spirituels
Ne possèdent qu'un froid arôme
Dont le fragile et faible baume
N'est ni divin ni sensuel.
Mais dans sa force qui réclame,
Dans son miracle de chaleur,
De raison, de FIEVRE, de pleurs,
Le corps seul témoigne pour l'âme...
Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
COEUR
