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Paniques anti-complotistes đŸ˜±

Bibracte - 23 décembre 2020 07:12

https://blog.mondediplo.net/paniques-anticomplotistes

Une analyse rĂ©cente, fouillĂ©e et minutieuse de FrĂ©dĂ©ric Lordon (des Économistes AtterrĂ©s) du phĂ©nomĂšne "anti-complotisme".
Analyse dans laquelle les bénis oui-oui des discours officiels et autres machinistes huilant les rouages de la machine-pédagogique-à-enrayer- le-phénomÚne en prennent pour leur grade, davantage que les tenants de la Terre plate.
Analyse orientée donc mais captivante, ses explications confortent l'idée qu'il importe de toujours garder l'esprit vif sans qu'il soit suspicieux devant ce qu'on lit, ce qu'on regarde, ce qu'on écoute.
Quand on veut convaincre Ă  tout prix qu'il fait grand soleil au dehors alors qu'on est sous les nĂ©ons dans une cave, quand bien mĂȘme on porte un costume de ministre, une blouse blanche de mĂ©decin ou qu'on arbore une carte de presse la vigilance s'impose.
L'estrade et les projecteurs n'ayant jamais octroyé automatiquement des compétences en matiÚre de vérités.
Ne jamais oublier qu'un pouvoir, médiatique ou politique, est comme son nom l'indique symbole d'autorité ,que derriÚre toute autorité peut se dissimuler la volonté de masquer et/ou de soumettre.

Paniques anti-complotistes đŸ˜±

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Bibracte23 décembre 2020 07:12

https://blog.mondediplo.net/paniques-anticomplotistes

Une analyse rĂ©cente, fouillĂ©e et minutieuse de FrĂ©dĂ©ric Lordon (des Économistes AtterrĂ©s) du phĂ©nomĂšne "anti-complotisme".
Analyse dans laquelle les bénis oui-oui des discours officiels et autres machinistes huilant les rouages de la machine-pédagogique-à-enrayer- le-phénomÚne en prennent pour leur grade, davantage que les tenants de la Terre plate.
Analyse orientée donc mais captivante, ses explications confortent l'idée qu'il importe de toujours garder l'esprit vif sans qu'il soit suspicieux devant ce qu'on lit, ce qu'on regarde, ce qu'on écoute.
Quand on veut convaincre Ă  tout prix qu'il fait grand soleil au dehors alors qu'on est sous les nĂ©ons dans une cave, quand bien mĂȘme on porte un costume de ministre, une blouse blanche de mĂ©decin ou qu'on arbore une carte de presse la vigilance s'impose.
L'estrade et les projecteurs n'ayant jamais octroyé automatiquement des compétences en matiÚre de vérités.
Ne jamais oublier qu'un pouvoir, médiatique ou politique, est comme son nom l'indique symbole d'autorité ,que derriÚre toute autorité peut se dissimuler la volonté de masquer et/ou de soumettre.

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kisscool

10 janvier 2021 12:51

*s'kuze moi m'ssiou Donald trompe son monde, ssiap ssiap ssiap ssiap,
de devoir morceler mes rĂ©ponses Ă  tes longs propos k̶u̶n̶g̶f̶o̶u̶ confus...
Mais si je t'en donne trop Ă  la fois et le mĂȘme jour, tu en bave de joie sans
rien y comprendre. 😒

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kisscool

10 janvier 2021 12:43

😅
SSIAP 4 9 janvier 2021 15:07

" 𝑹𝒖 𝒇𝒂𝒊𝒕 𝒕𝒖 𝒎'𝒂𝒔 𝒕𝒆𝒍𝒍𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒇𝒂𝒊𝒕 𝒔𝒐𝒖𝒓𝒊𝒓𝒆 𝒉𝒊𝒆𝒓 𝒔𝒐𝒊𝒓 𝒒𝒖𝒆 𝒋𝒆 𝒎𝒆 𝒔𝒖𝒊𝒔 𝒂𝒖𝒕𝒐-𝒑𝒓𝒐𝒎𝒖 đ‘șđ‘șđ‘°đ‘šđ‘· 𝟒 !
đ‘»'𝒂𝒔 đ’“đ’†đ’Žđ’‚đ’“đ’’đ’–đ’†Ì 𝒂𝒖 𝒎𝒐𝒊𝒏𝒔 ? "

Ssiap 4 ! Ben ça alors, toi tu m'auras bien couillonné sur ce coup là !
Eh du coup, je vais entrer dans un problĂšme existentiel............
J'aimais bien Ă©crire: "ssiap ssiap ssiap" 😅
, parfois mĂȘme : "ssiap ssiap ssiap , ssiap ssiap ssiap"
Ça me fait penser au coups de lipettes que tu donnes............
Donald trompe son monde, tu aimes ?

Mais dis-moi, si tu évolues quelques peu, ce chiffre 4 peut-il encore augmenter ?
Tiens moi au courant si un jour tu deviens ssiap12.
Eh, j'espĂšre que tu fĂȘteras dignement ce possible anniversaire, car il semble bien
que se soit ton Ăąge mental.
P't'ĂȘtre qu'aprĂšs, il va falloir patienter un peu, avant de fĂȘter celui du chiffre qui
correspond Ă  ton QI.

C'est sympa de m'avoir invitĂ© Ă  venir quand je le souhaite, Donald trompe 😂
Merki et à bientout 👋

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kisscool

10 janvier 2021 11:52
Bibracte a écrit :
Pour faire plaisir à mon admirateur. 😌

- Alors Donald trompe son monde 😂, comment ça va bien
aujourd'hui ?

T'as encore masquĂ© ce qui te dĂ©range avec un propos pompeux 😅
C'est drĂŽle que tous les PNP ne supportent pas d'ĂȘtre pris en flagrant dĂ©lit
de mensonges et de leurs diverses magouilles........

Bientît tu enlùveras ce topic, et tu jureras que c'est le modo qui l'a fait 😖

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Bibracte

10 janvier 2021 10:06
Bibracte a écrit :
Si Hold-up n’avait pas existĂ©, les anticomplotistes l’auraient inventĂ©. C’est le produit parfait, le bloc de complotisme-Ă©talon en platine iridiĂ©, dĂ©posĂ© au Pavillon de Breteuil Ă  SĂšvres. De trĂšs belles trouvailles, des intervenants dont certains ont passĂ© le 38e parallĂšle comme des chefs : une bĂ©nĂ©diction. AltĂ©rĂ©e cependant parce que, certes, on est content d’avoir raison et d’ĂȘtre la rationalitĂ© incarnĂ©e, mais quand mĂȘme l’époque est sombre et on rit moins. La Terre plate et la Lune creuse, on veut bien, ça c’est vraiment drĂŽle, mais QAnon beaucoup moins, ça fait de la politique, le cas Ă©chĂ©ant ça prend des armes ; aux fusils prĂšs et du train oĂč vont les choses on pourrait bientĂŽt avoir les mĂȘmes Ă  la maison. D’ailleurs, on commence Ă  les avoir. Pour l’heure il n’est question que de masques et de vaccins, ce qui n’est dĂ©jĂ  pas rien, mais on sent bien que tous les autres sujets sont candidats. Ce qu’on sent bien Ă©galement, c’est le degrĂ© auquel le camp de la raison se voit lui-mĂȘme dĂ©muni, et lĂ©gĂšrement inquiet devant sa difficultĂ© Ă  Ă©laborer des stratĂ©gies antidotes. Disons-le tout de suite, dans la disposition qui est la sienne, il n’est pas prĂšs d’en trouver la premiĂšre.

D’une forme Ă  l’autre (mais la mĂȘme)

Le torrent de commentaires qu’a immĂ©diatement suscitĂ© la diffusion du documentaire est sans doute le premier signe qui trahit la fĂ©brilitĂ© — du temps a passĂ© depuis le mĂ©pris et les ricanements. Si encore il n’y avait que la quantitĂ©. Mais il faut voir la « qualitĂ© ». C’est peut-ĂȘtre lĂ  le trait le plus caractĂ©ristique de l’épisode « Hold-up » que toutes les rĂ©actions mĂ©diatiques ou expertes suscitĂ©e par le documentaire ne font que reconduire les causes qui l’ont rendu possible. Les fortes analyses reprises Ă  peu prĂšs partout ont d’abord fait assaut de savoirs professionnels par des professionnels : « la musique » — inquiĂ©tante (la musique complotiste est toujours inquiĂ©tante), le format « interviews d’experts sur fond sombre » (le complotisme est sombre), « le montage » (le montage
 monte ?). C’est-Ă -dire, en fait, les ficelles ordinaires, et grossiĂšres, de tous les reportages de M6, TF1, LCI, BFM, France 2, etc. Et c’est bien parce que l’habitude de la bouillie de pensĂ©e a Ă©tĂ© installĂ©e de trĂšs longue date par ces formats mĂ©diatiques que les spectateurs de documentaires complotistes ne souffrent d’aucun dĂ©paysement, se trouvent d’emblĂ©e en terrain formel connu, parfaitement rĂ©ceptifs
 et auront du mal Ă  comprendre que ce qui est standard professionnel ici devienne honteuse manipulation lĂ .

Complotistes ou décrypteurs ?
Mais les mĂ©dias ont passĂ© ce point d’inquiĂ©tude oĂč l’on sent bien qu’on ne peut plus se contenter de la stigmatisation des cinglĂ©s. L’urgence maintenant c’est de comprendre — hĂ©las en partant de si loin, et avec si peu de moyens. Alors la science mĂ©diatique-complotologique pioche pour refaire son retard, et tout y passe. Il y a d’abord, nous dit trĂšs sĂ©rieusement Nicolas Celnik dans LibĂ©ration (lui aussi a compris qu’il ne fallait plus se moquer, alors il Ă©crit une « Lettre Ă  (son) ami complotiste »), que l’un des ressorts positifs des adeptes de complots vient de « l’impression d’avoir dĂ©couvert ce qui devait rester cachĂ© ». Mais Nicolas Celnik sait-il que le vocable princeps de l’idĂ©ologie journalistique est « dĂ©crypter », ce qui, si l’on suit bien l’étymologie, signifie, prĂ©cisĂ©ment, mettre Ă  dĂ©couvert ce qui Ă©tait cachĂ©. Il n’est pas un organe de presse qui ne s’enorgueillisse de ses « dĂ©cryptages ». Partout ce ne sont que « dĂ©crypteurs », d’ailleurs Abel Mestre et Lucie Soullier qui consacrent un papier-fleuve dans Le Monde Ă  s’inquiĂ©ter de la double Ă©pidĂ©mie de Covid et de thĂ©ories complotistes, dĂ©plorent que l’audience de ces derniĂšres soit « devenue considĂ©rable, bien au-delĂ  de celle des sites qui les dĂ©cryptent ».

Le décryptage autorisé a toujours consisté en cette forme particuliÚre de recryptage, mais ici tout à fait inconsciente
Ici le parallĂ©lisme manifestement inaperçu entre les Ăźlotes tentant de « dĂ©couvrir ce qui devrait rester cachĂ© » et l’aristocratie des « dĂ©crypteurs » se complique de ce que le dĂ©cryptage autorisĂ© n’a jamais rien dĂ©cryptĂ©, qu’il a mĂȘme toujours consistĂ© en cette forme particuliĂšre de recryptage, mais ici tout Ă  fait inconsciente, en quoi consiste le catĂ©chisme nĂ©olibĂ©ral. Il suffit d’écouter un « dĂ©crypteur » livrer aux masses abruties qu’il a la bontĂ© d’éclairer le sens profond de la suppression de l’ISF, de la rĂ©duction de la dette publique ou du dĂ©mantĂšlement du code du travail pour ĂȘtre au clair sur ce que « dĂ©crypter » signifie rĂ©ellement — Ă  savoir voiler dans les catĂ©gories de la pensĂ©e nĂ©olibĂ©rale. « DĂ©crypter », c’est avoir admis que les gueux ne se contentent plus d’une simple injonction, et entreprendre de leur en donner les bonnes raisons. Par exemple : « il faut supprimer l’ISF sinon les cerveaux partiront » — lĂ  c’est dĂ©cryptĂ© ; « il faut rĂ©duire la fiscalitĂ© du capital pour financer nos entreprises » (tout est clair) ; « il faut fermer des lits pour que l’hĂŽpital soit agile » (dĂ©cryptage de qualitĂ© : qui voudrait d’un hĂŽpital podagre ou arthritique ? on comprend) ; « il faut rĂ©duire les dĂ©penses publiques pour ne pas laisser la dette Ă  nos enfants » (clartĂ© Ă©conomique, clartĂ© morale), etc.

C’est trĂšs exaltant pour un journaliste de dĂ©crypter, ça donne un grand sentiment d’utilitĂ© sociale, c’est comme une charitĂ© dĂ©mocratique. Les gueux ne pouvaient pas apercevoir tout ça, ça leur restait donc cryptĂ© — du coup on le leur dĂ©crypte. DĂ©crypter, c’est faire comprendre aux intĂ©ressĂ©s ce qu’on va leur faire, pourquoi c’est nĂ©cessaire, et pourquoi c’est bon pour eux. Et comme ils auront compris, ils seront contents — suppose-t-on. Si les malheureux dĂ©crypteurs savaient ce que donnerait qu’on dĂ©crypte leurs dĂ©cryptages, ce qu’on porterait au jour — les abysses de raisonnements indigents, d’idĂ©es reçues, de servilitĂ©s intellectuelles inconscientes, mais fiĂšrement portĂ©es en bandouliĂšres comme vĂ©ritĂ©s d’initiĂ©s.

Les complotistes en tout cas ont parfaitement reçu le message du « dĂ©cryptage », Ă  ceci prĂšs qu’à force de s’entendre administrer par d’autres un sens inaperçu du monde qui les bousille en leur expliquant qu’il est le meilleur possible, ils ont entrepris de s’en chercher un autre par eux-mĂȘmes. Ça ne donne sans doute pas des rĂ©sultats bien fameux — mais Ă  dĂ©crypteur, dĂ©crypteur et demi. C’est le « dĂ©cryptage » lui-mĂȘme qui, pour permettre aux journalistes de faire les entendus, a installĂ© l’idĂ©e qu’il y avait quelque chose Ă  aller chercher dessous. Les complotistes les prennent au mot, Ă  ceci prĂšs que le quelque chose des dĂ©crypteurs Ă©tant toujours la mĂȘme chose, eux se mettent en devoir d’aller chercher autre chose.

Cérébroscopie des complotistes

Alors on va chercher pourquoi l’autodĂ©cryptage des gueux dĂ©crypte de travers. Ici la science complotologique est Ă  son meilleur. Comme les sciences les plus avancĂ©es, elle isole des « effets ». Par exemple la physique connaĂźt « l’effet Compton », « l’effet Doppler », « l’effet Einstein ». La complotologie, pour sa part dispose de l’effet « millefeuille argumentatif ». Impossible d’ouvrir un article sur Hold-up sans avoir Ă  manger du millefeuille (argumentatif) — une feuille de vrai, une feuille de faux, une feuille de vrai
 Un journaliste de Mediapart va plus loin et pose gravement la question : « pourquoi nos cerveaux sont-ils si permĂ©ables » (Ă  l’aberration complotiste) ? « Nos » : pas de discrimination offensante. « Cerveaux » : parce que c’est lĂ -dedans que ça se passe. La rĂ©ception du complotisme, c’est une affaire « dans le cerveau ». Un psychologue social, dont la psychologie sociale n’a plus rien de social (mais c’est la grande tendance de la psychologie sociale) saisit aussitĂŽt la perche du « cerveau » : comme une invitation faite aux sciences cognitives et Ă  leur panacĂ©e explicative : le biais. Pourquoi le « cerveau » (des complotistes) erre-t-il ? Parce qu’il est en proie Ă  des biais (cognitifs) — marche aussi avec « pourquoi votre fille est muette » : elle est en proie Ă  des biais (auditifs). AprĂšs le biais pĂątissier (celui du millefeuille — particuliĂšrement traĂźtre avec toute cette crĂšme, on ne sait plus si on mange des feuilles vraies ou des feuilles fausses), le biais de confirmation, puis le biais d’intentionnalitĂ© (Ă  qui profite le crime ?), etc. De ce qu’il y a des biais, il rĂ©sulte que la pensĂ©e n’est pas droite. C’est scientifique, on a bien avancĂ©.

À un moment cependant le psychologue social se souvient qu’il y a « sociale » dans « psychologie sociale ». Et qu’il y a des inĂ©galitĂ©s « assez Ă©normes dans les sociĂ©tĂ©s modernes ». Dont rĂ©sulte logiquement que le complotisme prospĂšre auprĂšs « des gens qui ont un plus faible degrĂ© d’éducation ». On le pressentait, mais c’est quand mĂȘme plus satisfaisant quand c’est Ă©tabli par la science. Attention toutefois, la science a ses complexitĂ©s : quand Macron pense que les « gilets jaunes » sont soutenus par les Russes, ou quand le sĂ©nateur PS François Patriat, Ă  propos des mĂ©saventures de DSK en 2011, envisage « non pas la thĂ©orie du complot mais la thĂ©orie du piĂšge », il est impossible d’y voir des bouffĂ©es complotistes, d’abord parce que François Patriat l’écarte formellement, ensuite parce qu’il est assez Ă©vident que nous avons affaire Ă  des personnes qui n’ont pas « un faible degrĂ© d’éducation ». Le complotisme, c’est la pathologie cognitive des pauvres — on ne tardera sans doute pas Ă  Ă©tablir que le jambon mouillĂ© a des effets pernicieux sur le cortex prĂ©frontal et, lĂ , la psychologie sociale sera pleinement sociale, ainsi que scientifique.

Les paroles institutionnelles en ruines
VoilĂ  donc oĂč en est la « comprĂ©hension » du fait complotiste dans les mĂ©dias assistĂ©s de leurs experts satellites. D’oĂč naĂźt irrĂ©sistiblement un dĂ©sir de comprĂ©hension de cette « comprĂ©hension », ou plutĂŽt de cette incomprĂ©hension, de cette comprĂ©hension tronquĂ©e sur l’essentiel. En rĂ©alitĂ©, que la formation des opinions reprenne toute libertĂ©, pour le meilleur et pour le pire, quand l’autoritĂ© des paroles institutionnelles est Ă  terre, ça n’a pas grand-chose de surprenant. Mais pourquoi l’autoritĂ© des paroles institutionnelles est-elle Ă  terre ? C’est la question Ă  laquelle les paroles institutionnelles ont le moins envie de rĂ©pondre. On les comprend : l’examen de conscience promet d’ĂȘtre douloureux, autant s’en dispenser — et maintenir le problĂšme bien circonscrit au cerveau des complotistes.

Mais pourquoi l’autoritĂ© des paroles institutionnelles est-elle Ă  terre ? C’est la question Ă  laquelle les paroles institutionnelles ont le moins envie de rĂ©pondre
C’est que l’autoritĂ© des paroles institutionnelles n’a pas Ă©tĂ© effondrĂ©e du dehors par quelque choc exogĂšne adverse : elle s’est auto-effondrĂ©e, sous le poids de tous ses manquements. À commencer par le mensonge des institutions de pouvoir. Les institutions de pouvoir mentent. Mediator : Servier ment. DĂ©pakine : Sanofi ment. Bridgestone : Bridgetsone ment. 20 milliards de CICE pour crĂ©er un million d’emplois : le Medef ment. Mais aussi : Lubrizol, les pouvoirs publics mentent ; nuclĂ©aire, tout est sĂ»r : les nuclĂ©ocrates mentent. Loi de programmation de la recherche : Vidal ment (mais Ă  un point extravagant). Violences policiĂšres, alors lĂ , la fĂȘte : procureurs, prĂ©fecture, IGPN, ministres, prĂ©sident de la RĂ©publique, tout le monde ment, et avec une obscĂ©nitĂ© resplendissante qui ajoute beaucoup. Covid : hors-concours.


Le capitalisme nĂ©olibĂ©ral a dĂ©chaĂźnĂ© les intĂ©rĂȘts les plus puissants, or lĂ  oĂč les intĂ©rĂȘts croissent, la vĂ©ritĂ© trĂ©passe. C’est qu’il faut bien accommoder la contradiction entre des politiques publiques forcenĂ©es et l’effet qu’elles font aux gens. Or pour combler ce genre d’écart, quand on a dĂ©cidĂ© de ne pas toucher aux causes de l’écart, il n’y a que le secours des mots. Alors on arrose gĂ©nĂ©reusement avec du discours. Au dĂ©but on fait de la « pĂ©dagogie », on « dĂ©crypte ». Et puis quand le dĂ©cryptage ne marche plus, il ne reste plus qu’à mentir — Ă  soutenir que ce qui est n’est pas (« la police rĂ©publicaine ne se cagoule pas, elle agit Ă  visage dĂ©couvert »), ou que ce qui n’est pas est (on ferme des lits pour amĂ©liorer l’accueil des malades). Quand il n’est pas pure et simple rĂ©pression, le nĂ©olibĂ©ralisme finissant n’est plus qu’une piscine de mensonge. Nous baignons lĂ -dedans. C’est devenu une habitude, et en mĂȘme temps on ne s’y habitue pas. Vient forcĂ©ment le moment oĂč l’autoritĂ© de la parole institutionnelle s’effondre parce que l’écart entre ce qu’elle dit et ce que les gens expĂ©rimentent n’est plus soutenable d’aucune maniĂšre.

Alors ça part en glissement de terrain, et tout s’en va avec, notamment les mĂ©dias d’accompagnement, prĂ©cisĂ©ment parce qu’ils auront accompagnĂ©, trop accompagnĂ©, pendant trop longtemps. Ils auront tant rĂ©pĂ©tĂ©, tant ratifiĂ©, se seront tant empressĂ©s. Les complotistes voient l’esprit critique de la presse se rĂ©armer dans la journĂ©e mĂȘme de la parution d’un documentaire. Mais, en matiĂšre d’esprit critique, ils se souviennent aussitĂŽt des interviews de LĂ©a SalamĂ©, de Macron interrogĂ© par TF1-France2-BFM, de la soupe servie Ă  la louche argentĂ©e, de la parole gouvernementale outrageusement mensongĂšre mais jamais reprise comme telle, ils se souviennent de deux mois d’occultation totale des violences policiĂšres contre les « gilets jaunes », ils se souviennent du journalisme de prĂ©fecture qui a si longtemps dĂ©bitĂ© tels quels les communiquĂ©s de Beauvau, certifiĂ© l’envahissement de la SalpĂȘtriĂšre par des casseurs. Certains mĂ©dias protestent : « c’est injuste, nous sommes en train de changer, nous avons vu, nous en parlons maintenant, nous envoyons des grands reporters sur les ronds-points, nous avons Ă  cƓur de reprendre (prendre) contact avec la vie des gens ». Sans doute, mais c’est tellement tard, tellement trop tard. Car ça fait des dĂ©cennies que ça dure. Trente, quarante ans d’accompagnement, d’occultations sĂ©lectives — mĂȘme pas par mauvais geste : par simple cĂ©citĂ© —, de leçons faites, il faut s’adapter, il faut ĂȘtre compĂ©titif, il faut accepter des sacrifices, l’Europe est notre avenir, vous ne voulez tout de mĂȘme pas que La-France sorte de la mondialisation ? C’est long trente ans Ă  ce rĂ©gime, pendant que le chĂŽmage, la prĂ©caritĂ©, les inĂ©galitĂ©s, les suicides et les services publics explosent. Ça en fait du travail de sape dans les esprits.

En fait c’est trĂšs simple : pourquoi les paroles institutionnelles s’effondrent-elles ? Parce que, dans le temps mĂȘme oĂč elles prĂ©sidaient au dĂ©labrement de la sociĂ©tĂ©, elles auront, chacune dans leur genre, ou trop menti, ou trop couvert, ou trop laissĂ© passer, ou trop regardĂ© ailleurs, ou trop lĂ©chĂ©, que ça s’est trop vu, et qu’à un moment, ça se paye. Le complotisme en roue libre, c’est le moment de l’addition. Il faut vraiment ĂȘtre journaliste, ou expert de Conspiracy Watch pour ne pas voir ça. Trente ans de ruine Ă  petit feu de l’autoritĂ© institutionnelle, et puis un beau jour, l’immeuble entier qui s’effondre : le discrĂ©dit. Mais normalement on sait ça : le crĂ©dit dĂ©truit, ne se reconstruit pas rapidement. Maintenant, il y a les ruines, et il va falloir faire au milieu des gravats pour un moment. On comprend que la plupart des mĂ©dias, qui comptent au nombre des gravats, ne se rĂ©solvent pas Ă  regarder le tableau. C’est bien pourquoi il fallait faire aussitĂŽt un hold-up sur Hold-up : pour en fixer la « comprĂ©hension », et qu’elle ne s’en aille surtout pas ailleurs.

Rééducation et bienveillance
En attendant, la soupe est renversĂ©e et on a les complotistes sur les bras. Comment faire ? On a compris que l’heure de les traiter de cinglĂ©s Ă©tait passĂ©e et qu’il urge de trouver autre chose pour endiguer la marĂ©e. Mais quoi ? Dans l’immĂ©diat, pas grand-chose hĂ©las, en tout cas pas ça. Il va falloir se faire Ă  l’idĂ©e que la ruine des constructions de longue pĂ©riode, comme le crĂ©dit fait Ă  la parole institutionnelle, ne se rĂ©pare que par des reconstructions de longue pĂ©riode (par exemple, la destruction prĂ©sente de la chaĂźne Ă©ducation-recherche prendra des dĂ©cennies Ă  ĂȘtre surmontĂ©e). Tant que la phalange anticomplotiste continuera d’apparaĂźtre telle qu’elle est, c’est-Ă -dire soudĂ©e au bloc des pouvoirs, le crĂ©dit de l’ensemble restera Ă  zĂ©ro. En rĂ©alitĂ©, tant que la masse « mĂ©dias » ne se fragmentera pas, tant que ne s’en dĂ©tachera pas une fraction significative, qui rompe avec la position globale de ratification de l’ordre nĂ©olibĂ©ral et de dĂ©fĂ©rence Ă  l’endroit de tous ses pouvoirs, les clients du complotisme continueront de n’y voir qu’un appareil homogĂšne de propagande — et d’aller chercher « ailleurs ». Les gens ne vont chercher un « ailleurs » au-dehors que lorsque le champ institutionnel a Ă©chouĂ© Ă  amĂ©nager un « ailleurs » au-dedans. Mais quel aggiornamento, quelles rĂ©visions dĂ©chirantes, cette rupture, maintenant, ne suppose-t-elle pa

Pour l’heure, incapable, la parole autorisĂ©e cherche fĂ©brilement quelque autre ressource — mais forcĂ©ment au voisinage de ses formes de pensĂ©e invĂ©tĂ©rĂ©es. IdĂ©e de gĂ©nie et redĂ©ploiement pĂ©dagogique : on va aller leur parler. Mais gentiment cette fois. On va leur Ă©crire des lettres, en leur disant qu’ils sont nos amis — c’est donc la version LibĂ©ration. Il y a celle du Monde. Si l’ambiance gĂ©nĂ©rale n’était pas si flippante, ce serait Ă  se rouler par terre de rire. Tout y est. On va chercher ValĂ©rie Igounet de Conspiracy Watch — on avait l’habitude jusqu’ici de Rudy Reichstadt mais lui est trop Ă©pais, c’était l’anticomplotisme premiĂšre maniĂšre, maintenant on ne peut plus le sortir. Dans la saison 2, ça donne : « Il faut rĂ©futer par des faits, dĂ©crypter, mais sans ĂȘtre dans l’accusation ou la moquerie ». VoilĂ  la solution : tout dans l’onctueux, l’humain et la bienveillance — on est excellemment partis. « On est sur un fil », ajoute quand mĂȘme l’experte dans un souffle. Tu l’as dit ValĂ©rie.

Tristan MendĂšs-France, lui, explique Ă  peu de choses prĂšs qu’on a le stock des zinzins sur les bras et qu’avec eux, c’est foutu, il faudra faire avec. Mais que tout notre effort doit aller Ă  enrayer les nouveaux recrutements : « il faut viser les primo-arrivants, faire de la prĂ©vention ». ValĂ©rie Igounet a dĂ©jĂ  commencĂ© : elle mĂšne, nous explique Le Monde, « de nombreux ateliers avec l’Observatoire du complotisme auprĂšs d’enfants » — il faut prendre les « primo-arrivants » de loin. Tout le problĂšme de l’anticomplotisme, c’est qu’il peut prononcer l’ñme claire une phrase pareille qui, normalement, devrait faire froid dans le dos. Qu’on n’aille pas croire Ă  une embardĂ©e individuelle : c’est la ligne gĂ©nĂ©rale. Le nouvel expert gyroscopique — il tourne sur Ă  peu prĂšs tous les mĂ©dias, France Culture, Le Monde, Regards —, Thomas Huchon, pense Ă©galement qu’il faut « faire de l’éducation aux mĂ©dias (
) en gros de la prĂ©vention pour vacciner contre l’épidĂ©mie de “fake news” ». On se croirait au point de presse de JĂ©rĂŽme Salomon, et ça n’est pas un hasard. Car c’est cela qu’on trouve dans une tĂȘte d’anticomplotiste : des images de bacilles, de prophylaxie et de cordon sanitaire. De politique ? Aucunement. Ça n’est pas une affaire de politique, ou de discours politique : c’est une affaire mĂ©dicale.

On voit d’ici Ă  quoi pourra ressembler « l’éducation », ou plutĂŽt la rééducation, aux mĂ©dias. L’essentiel est que l’analyse du complotisme soit ramenĂ©e Ă  son cadre : d’un cĂŽtĂ© le pathologique, de l’autre le pĂ©dagogique. Et puis, dans le camp-Ă©cole rĂ©amĂ©nagĂ©, les Ă©ducateurs, nous est-il dĂ©sormais garanti, seront pleins d’empathie et d’écoute : « la diffusion du complotisme, conclut l’article du Monde, pose un dĂ©fi Ă  une multitude d’acteurs qui doivent plus que jamais prendre le temps d’expliquer, de dĂ©montrer, sans ostraciser ni caricaturer ». De ne rien comprendre Ă  ce point, c’en est extravagant. Finalement, rien n’a bougĂ© d’un iota, le complotisme a encore de beaux jours devant lui. On se croirait revenu dans Tintin au Congo, mais oĂč on aurait rappelĂ© les missionnaires pour leur faire faire une UV de psycho avant de les renvoyer sur le terrain : « Nous n’économiserons ni notre patience ni notre bontĂ© pour vous faire apercevoir que les esprits de la forĂȘt n’existent pas. Puisque ce qui existe, c’est Dieu ».

Frédéric Lordon

Pour faire plaisir à mon admirateur. 😌

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Avatar kisscool

kisscool

9 janvier 2021 15:32

- C'était pas ici, que j'ai dit que tu n'es qu'un gros naze, qui pense régler tous
ses problĂšmes par la force en tapant sur les autres.
C'était sur le topic : "Est-ce que je peux encore" de LouisnonosphÚre.

Demande lui pourquoi son topic n'est plus en ligne.

Qui cela pouvait donc gĂȘner, que j'y dĂ©voile tes manigances avec tes nombreux
comptes, chose qu'on a vu sur le "Foie gras3" du mĂȘme LouisnonosphĂšre. 😁
Sans oublier l'évidente perversité de chacun de vous..............

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Avatar Bibracte

Bibracte

9 janvier 2021 14:07
kisscool a écrit :
- Tu peux continuer Ă  mentir et tenter de tromper encore et toujours.
C'est trÚs probablement encré profondément en toi.
Cela doit faire partie de l'une des différentes pathologies dont tu sembles atteint.
Tu n'y peux rien, mais ce n'est pas une raison qui justifie tes différents
comportements non appropriés....

Qui peut déjà avoir oublié que tu t'es joint à LouisnonosphÚre pour envenimer
plus encore la situation, et en utilisant tes duplicatas de compte ?


*Le compte principal que tu utilises actuellement pour "SSIAP" ne peut pas avoir
plus d'une année. Je pense qu'il n'a guÚre plus de 6 mois.
Faut-il que ce soit d'autres personnes qui confirment ce fait ?

Et question mensonge, du vrai de vrai, tu en connais un sacrĂ© rayon hein Jack KCđŸ‘ș, toi qui n'a pas hĂ©sitĂ© Ă  Ă©crire ici publiquement que j'avais menacĂ© Louisnonosphere de lui " casser la gueule ", et Ă  persister bien que Louis ait dĂ©menti...
Tes calomnies, agressions, et parasitages publics rĂ©currents Ă  mon encontre, additionnĂ©s commencent Ă  peser, mĂȘme effacĂ©s par un administrateur celles-ci ne te dĂ©responsabilisent en rien sais-tu ?
Mais bah ! 😄 Elles distraient au moins une partie de cette assemblĂ©e j'espĂšre, la majoritĂ© se souciant comme de sa premiĂšre chemise de SSIAP , de toi, et plus encore de tes enquĂȘtes , dĂ©ductions et jugement de valeur sur tel ou telle tant que tu ne parasites pas ce que cette assemblĂ©e veut exprimer ou lire sur les sujets proposĂ©s...la finalitĂ©, bien que tu y passes ta vie, d'un forum virtuel semblant t'Ă©chapper complĂštement 🙄
Au fait tu m'as tellement fait sourire hier soir que je me suis auto-promu SSIAP 4 !
T'as remarqué au moins ?
😭 Snif-snif si seulement ça pouvait m'donner quelques points supplĂ©mentaires de retraite! 😋

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kisscool

9 janvier 2021 12:07

- Tu peux continuer Ă  mentir et tenter de tromper encore et toujours.
C'est trÚs probablement encré profondément en toi.
Cela doit faire partie de l'une des différentes pathologies dont tu sembles atteint.
Tu n'y peux rien, mais ce n'est pas une raison qui justifie tes différents
comportements non appropriés....

Qui peut déjà avoir oublié que tu t'es joint à LouisnonosphÚre pour envenimer
plus encore la situation, et en utilisant tes duplicatas de compte ?


*Le compte principal que tu utilises actuellement pour "SSIAP" ne peut pas avoir
plus d'une année. Je pense qu'il n'a guÚre plus de 6 mois.
Faut-il que ce soit d'autres personnes qui confirment ce fait ?

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Bibracte

9 janvier 2021 11:11

Encore raté, cher KC.
Mais comme tes vellĂ©itĂ©s d'enquĂȘteur en plus de tes qualitĂ©s de joli-coeur cherchant Ă  ne jamais dĂ©plaire m'intriguent et que j'ai un peu de temps, j't'explique :
Les disparitions volontaires 🙂(ou non 😭) de membres d'un rĂ©seau social et leurs rĂ©apparitions n'ont rien Ă  voir avec les multi-comptes Ă©ventuels d'un seul membre sur un de ces rĂ©seaux( lesquels multi-comptes créés grĂące Ă  diffĂ©rentes adresses mails ne sont pas nuisibles loin de lĂ  Ă  ces rĂ©seaux puisqu'ils gonflent leurs nombres d'adhĂ©rents , lesquels nombres permettent une plus-value quant Ă  la manne publicitaire et /ou lors d'une Ă©ventuelle revente), mais bref...
Depuis des années certains ici comme ailleurs en jouent ou ont joué de multi-comptes, avec des intentions et buts différents, pas forcément malsains, parfois juste pour mettre en lumiÚre les failles du bastringue et en rigoler, d'ailleurs le ou les pseudos utilisés sont souvent révélateurs de cette ironie et renseignent immédiatement.
Ici sur Quinto les dysfonctionnements fréquents une période (avec impossibilité de se connecter) ont probablement accentué le phénomÚne.
Bref encore, ce qu'il faut comprendre ( et t'as du mal ! ), c'est pas les comptes multiples qui importent, mais l'USAGE qui en est fait.
D'ailleurs chaque fois tĂŽt ou tard qu'ils veulent duper en se rĂ©pondant Ă  eux-mĂȘmes les doublons sont vite dĂ©masquĂ©s par les "anciens".
Rien d'extraordinaire, une sĂ©mantique, une syntaxe, les tics de langage, les mĂȘmes fautes d'orthographe finissent toujours par trahir quelqu'un aussi sĂ»rement que son empreinte rĂ©tinienne.
Revenons Ă  toi.Tu as pour marotte de dĂ©celer ces multi-comptes Ă©ventuels. Un passe-temps qui pourrait ĂȘtre comme un autre me diras-tu, on s'occupe comme on peut...) passe-temps qui peut amuser la galerie ( Jack Palmer et sa loupe, dĂ©solĂ© c'est ainsi que je t'imagine ) , lĂ  oĂč ce passe-temps devient malsain c'est quand ce Jack Palmer ne piste que ceux qu'il peut pas piffer pour divers motifs, quitte Ă  troller et parasiter toutes discussions oĂč interviennent ces forumeurs exĂ©crĂ©s de Jack.
C'est ton cas.
Alors pour ton info, ( enfin hum ce faisant je m'adresse plutÎt aux éventuels lecteurs sachant pertinemment que tu n'en tiendras toi aucun compte ) j'ai autre chose à faire que passer mon temps sur un réseau social à jouer à un cache-cache chronophage pour me donner la répartie.
Et comme tout un chacun , du moins c'est à supposer, je viens sur ce forum pour exprimer mon point de vue sur des sujets qui m'interpellent, pas forcément pour l'interactivité mais encore moins pour le régenter ni pointer du doigt ceux qui seraient selon moi les bons et les méchants ( comme tu le fais)
Mes opinions te dĂ©plaisent ? RĂ©ponds-y de façon idoine ou ignorent les plutĂŽt que de t'acharner Ă  m'Ă©vincer de ce forum avec tes lubies trollant tout sujet oĂč j'interviens ( comme tu l'as fait hier soir )
La fonction "mur" ,( bonne initiative Quinto au demeurant), permet entre autres de régler les différends personnels.
Le mien est toujours libre d'accĂšs.
Plutît que de faire ton show de troll justicier , explique-moi un peu les raisons profondes de ton ire à mon encontre ( bien que je crois les connaütre 😉 )
Sur ce bonne journĂ©e sur Quinto, Jack, et merci d'avoir remontĂ© ce sujet ! â˜€ïžđŸ™‚

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kisscool

8 janvier 2021 22:20

- BientĂŽt la suite, et souvent, longtemps..........

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kisscool

8 janvier 2021 22:20

- MĂȘme en te mettant l'Ă©vidence sous les yeux, tu ne pourra pas l'accepter.
C'est pas de ta faute, c'est dans la nature de tes diffĂ©rentes pathologies. 😅

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kisscool

8 janvier 2021 22:15

kisscool 8 janvier 2021 22:59
SSIAP 4 a écrit :
"Eh non pauvre cloche...tu n'as mĂȘme pas saisi depuis le temps ( ou voulu saisir) la diffĂ©rence entre un changement de pseudonyme et les multi-comptes.
J'utilise un seul compte depuis des années mon seul changement fût celui de mes pseudos, ce que chacun sur ce site a la possibilité de faire depuis toujours.
Toi mĂȘme pauvre cloche tu l'as fait,passant de Kissmoque Ă  Kisscool.
Bonne fin de soirée l'artiste, tu m'auras bien fait sourire,
Merci."
!
😅


- Sauf que qui veut bien s'en donner la peine, en cliquant sur ton avatar peut voir :

𝐰𝐰𝐰.đȘ𝐼𝐱𝐧𝐭𝐹𝐧𝐱𝐜.đŸđ«/đźđŹđžđ«đŹ/đđšđ§đšđ„đ-𝟕𝟔𝐜𝟓𝟗𝐛𝟏𝐝-𝟏𝐜𝐝𝟓-𝟒𝟗𝟗𝟑-𝐛𝟎𝟕𝟓-𝟒𝟎𝐞𝐝𝟔𝟎𝐜𝟖𝟒𝟏𝟓𝟑/đŁđšđźđ«đ§đšđ„

𝐒𝐒𝐈𝐀𝐏 𝟑 đđšđ«đąđŹ, đ…đ«đšđ§đœđž đŒđžđŠđ›đ«đž đđžđ©đźđąđŹ 𝟐𝟎𝟐𝟎

😂

đŒđžđŠđ›đ«đž đđžđ©đźđąđŹ 𝟐𝟎𝟐𝟎 😂

Elle passent vite les années pour un débile

😂 đŸ€Ł

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kisscool

8 janvier 2021 22:14
Bibracte a écrit :
up

- Huppe

SSIAP 4 8 janvier 2021 22:23

dĂ©solĂ© Lili, j'espĂšre que cet Ă©change imbĂ©cile disparaĂźtra, 1 page pour rien mais quand la connerie atteint un degrĂ© tel, je peux pas m'empĂȘcher d'y rĂ©pondre ! 🙄

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Bibracte

28 décembre 2020 10:11
Bibracte a écrit :
Si Hold-up n’avait pas existĂ©, les anticomplotistes l’auraient inventĂ©. C’est le produit parfait, le bloc de complotisme-Ă©talon en platine iridiĂ©, dĂ©posĂ© au Pavillon de Breteuil Ă  SĂšvres. De trĂšs belles trouvailles, des intervenants dont certains ont passĂ© le 38e parallĂšle comme des chefs : une bĂ©nĂ©diction. AltĂ©rĂ©e cependant parce que, certes, on est content d’avoir raison et d’ĂȘtre la rationalitĂ© incarnĂ©e, mais quand mĂȘme l’époque est sombre et on rit moins. La Terre plate et la Lune creuse, on veut bien, ça c’est vraiment drĂŽle, mais QAnon beaucoup moins, ça fait de la politique, le cas Ă©chĂ©ant ça prend des armes ; aux fusils prĂšs et du train oĂč vont les choses on pourrait bientĂŽt avoir les mĂȘmes Ă  la maison. D’ailleurs, on commence Ă  les avoir. Pour l’heure il n’est question que de masques et de vaccins, ce qui n’est dĂ©jĂ  pas rien, mais on sent bien que tous les autres sujets sont candidats. Ce qu’on sent bien Ă©galement, c’est le degrĂ© auquel le camp de la raison se voit lui-mĂȘme dĂ©muni, et lĂ©gĂšrement inquiet devant sa difficultĂ© Ă  Ă©laborer des stratĂ©gies antidotes. Disons-le tout de suite, dans la disposition qui est la sienne, il n’est pas prĂšs d’en trouver la premiĂšre.

D’une forme Ă  l’autre (mais la mĂȘme)

Le torrent de commentaires qu’a immĂ©diatement suscitĂ© la diffusion du documentaire est sans doute le premier signe qui trahit la fĂ©brilitĂ© — du temps a passĂ© depuis le mĂ©pris et les ricanements. Si encore il n’y avait que la quantitĂ©. Mais il faut voir la « qualitĂ© ». C’est peut-ĂȘtre lĂ  le trait le plus caractĂ©ristique de l’épisode « Hold-up » que toutes les rĂ©actions mĂ©diatiques ou expertes suscitĂ©e par le documentaire ne font que reconduire les causes qui l’ont rendu possible. Les fortes analyses reprises Ă  peu prĂšs partout ont d’abord fait assaut de savoirs professionnels par des professionnels : « la musique » — inquiĂ©tante (la musique complotiste est toujours inquiĂ©tante), le format « interviews d’experts sur fond sombre » (le complotisme est sombre), « le montage » (le montage
 monte ?). C’est-Ă -dire, en fait, les ficelles ordinaires, et grossiĂšres, de tous les reportages de M6, TF1, LCI, BFM, France 2, etc. Et c’est bien parce que l’habitude de la bouillie de pensĂ©e a Ă©tĂ© installĂ©e de trĂšs longue date par ces formats mĂ©diatiques que les spectateurs de documentaires complotistes ne souffrent d’aucun dĂ©paysement, se trouvent d’emblĂ©e en terrain formel connu, parfaitement rĂ©ceptifs
 et auront du mal Ă  comprendre que ce qui est standard professionnel ici devienne honteuse manipulation lĂ .

Complotistes ou décrypteurs ?
Mais les mĂ©dias ont passĂ© ce point d’inquiĂ©tude oĂč l’on sent bien qu’on ne peut plus se contenter de la stigmatisation des cinglĂ©s. L’urgence maintenant c’est de comprendre — hĂ©las en partant de si loin, et avec si peu de moyens. Alors la science mĂ©diatique-complotologique pioche pour refaire son retard, et tout y passe. Il y a d’abord, nous dit trĂšs sĂ©rieusement Nicolas Celnik dans LibĂ©ration (lui aussi a compris qu’il ne fallait plus se moquer, alors il Ă©crit une « Lettre Ă  (son) ami complotiste »), que l’un des ressorts positifs des adeptes de complots vient de « l’impression d’avoir dĂ©couvert ce qui devait rester cachĂ© ». Mais Nicolas Celnik sait-il que le vocable princeps de l’idĂ©ologie journalistique est « dĂ©crypter », ce qui, si l’on suit bien l’étymologie, signifie, prĂ©cisĂ©ment, mettre Ă  dĂ©couvert ce qui Ă©tait cachĂ©. Il n’est pas un organe de presse qui ne s’enorgueillisse de ses « dĂ©cryptages ». Partout ce ne sont que « dĂ©crypteurs », d’ailleurs Abel Mestre et Lucie Soullier qui consacrent un papier-fleuve dans Le Monde Ă  s’inquiĂ©ter de la double Ă©pidĂ©mie de Covid et de thĂ©ories complotistes, dĂ©plorent que l’audience de ces derniĂšres soit « devenue considĂ©rable, bien au-delĂ  de celle des sites qui les dĂ©cryptent ».

Le décryptage autorisé a toujours consisté en cette forme particuliÚre de recryptage, mais ici tout à fait inconsciente
Ici le parallĂ©lisme manifestement inaperçu entre les Ăźlotes tentant de « dĂ©couvrir ce qui devrait rester cachĂ© » et l’aristocratie des « dĂ©crypteurs » se complique de ce que le dĂ©cryptage autorisĂ© n’a jamais rien dĂ©cryptĂ©, qu’il a mĂȘme toujours consistĂ© en cette forme particuliĂšre de recryptage, mais ici tout Ă  fait inconsciente, en quoi consiste le catĂ©chisme nĂ©olibĂ©ral. Il suffit d’écouter un « dĂ©crypteur » livrer aux masses abruties qu’il a la bontĂ© d’éclairer le sens profond de la suppression de l’ISF, de la rĂ©duction de la dette publique ou du dĂ©mantĂšlement du code du travail pour ĂȘtre au clair sur ce que « dĂ©crypter » signifie rĂ©ellement — Ă  savoir voiler dans les catĂ©gories de la pensĂ©e nĂ©olibĂ©rale. « DĂ©crypter », c’est avoir admis que les gueux ne se contentent plus d’une simple injonction, et entreprendre de leur en donner les bonnes raisons. Par exemple : « il faut supprimer l’ISF sinon les cerveaux partiront » — lĂ  c’est dĂ©cryptĂ© ; « il faut rĂ©duire la fiscalitĂ© du capital pour financer nos entreprises » (tout est clair) ; « il faut fermer des lits pour que l’hĂŽpital soit agile » (dĂ©cryptage de qualitĂ© : qui voudrait d’un hĂŽpital podagre ou arthritique ? on comprend) ; « il faut rĂ©duire les dĂ©penses publiques pour ne pas laisser la dette Ă  nos enfants » (clartĂ© Ă©conomique, clartĂ© morale), etc.

C’est trĂšs exaltant pour un journaliste de dĂ©crypter, ça donne un grand sentiment d’utilitĂ© sociale, c’est comme une charitĂ© dĂ©mocratique. Les gueux ne pouvaient pas apercevoir tout ça, ça leur restait donc cryptĂ© — du coup on le leur dĂ©crypte. DĂ©crypter, c’est faire comprendre aux intĂ©ressĂ©s ce qu’on va leur faire, pourquoi c’est nĂ©cessaire, et pourquoi c’est bon pour eux. Et comme ils auront compris, ils seront contents — suppose-t-on. Si les malheureux dĂ©crypteurs savaient ce que donnerait qu’on dĂ©crypte leurs dĂ©cryptages, ce qu’on porterait au jour — les abysses de raisonnements indigents, d’idĂ©es reçues, de servilitĂ©s intellectuelles inconscientes, mais fiĂšrement portĂ©es en bandouliĂšres comme vĂ©ritĂ©s d’initiĂ©s.

Les complotistes en tout cas ont parfaitement reçu le message du « dĂ©cryptage », Ă  ceci prĂšs qu’à force de s’entendre administrer par d’autres un sens inaperçu du monde qui les bousille en leur expliquant qu’il est le meilleur possible, ils ont entrepris de s’en chercher un autre par eux-mĂȘmes. Ça ne donne sans doute pas des rĂ©sultats bien fameux — mais Ă  dĂ©crypteur, dĂ©crypteur et demi. C’est le « dĂ©cryptage » lui-mĂȘme qui, pour permettre aux journalistes de faire les entendus, a installĂ© l’idĂ©e qu’il y avait quelque chose Ă  aller chercher dessous. Les complotistes les prennent au mot, Ă  ceci prĂšs que le quelque chose des dĂ©crypteurs Ă©tant toujours la mĂȘme chose, eux se mettent en devoir d’aller chercher autre chose.

Cérébroscopie des complotistes

Alors on va chercher pourquoi l’autodĂ©cryptage des gueux dĂ©crypte de travers. Ici la science complotologique est Ă  son meilleur. Comme les sciences les plus avancĂ©es, elle isole des « effets ». Par exemple la physique connaĂźt « l’effet Compton », « l’effet Doppler », « l’effet Einstein ». La complotologie, pour sa part dispose de l’effet « millefeuille argumentatif ». Impossible d’ouvrir un article sur Hold-up sans avoir Ă  manger du millefeuille (argumentatif) — une feuille de vrai, une feuille de faux, une feuille de vrai
 Un journaliste de Mediapart va plus loin et pose gravement la question : « pourquoi nos cerveaux sont-ils si permĂ©ables » (Ă  l’aberration complotiste) ? « Nos » : pas de discrimination offensante. « Cerveaux » : parce que c’est lĂ -dedans que ça se passe. La rĂ©ception du complotisme, c’est une affaire « dans le cerveau ». Un psychologue social, dont la psychologie sociale n’a plus rien de social (mais c’est la grande tendance de la psychologie sociale) saisit aussitĂŽt la perche du « cerveau » : comme une invitation faite aux sciences cognitives et Ă  leur panacĂ©e explicative : le biais. Pourquoi le « cerveau » (des complotistes) erre-t-il ? Parce qu’il est en proie Ă  des biais (cognitifs) — marche aussi avec « pourquoi votre fille est muette » : elle est en proie Ă  des biais (auditifs). AprĂšs le biais pĂątissier (celui du millefeuille — particuliĂšrement traĂźtre avec toute cette crĂšme, on ne sait plus si on mange des feuilles vraies ou des feuilles fausses), le biais de confirmation, puis le biais d’intentionnalitĂ© (Ă  qui profite le crime ?), etc. De ce qu’il y a des biais, il rĂ©sulte que la pensĂ©e n’est pas droite. C’est scientifique, on a bien avancĂ©.

À un moment cependant le psychologue social se souvient qu’il y a « sociale » dans « psychologie sociale ». Et qu’il y a des inĂ©galitĂ©s « assez Ă©normes dans les sociĂ©tĂ©s modernes ». Dont rĂ©sulte logiquement que le complotisme prospĂšre auprĂšs « des gens qui ont un plus faible degrĂ© d’éducation ». On le pressentait, mais c’est quand mĂȘme plus satisfaisant quand c’est Ă©tabli par la science. Attention toutefois, la science a ses complexitĂ©s : quand Macron pense que les « gilets jaunes » sont soutenus par les Russes, ou quand le sĂ©nateur PS François Patriat, Ă  propos des mĂ©saventures de DSK en 2011, envisage « non pas la thĂ©orie du complot mais la thĂ©orie du piĂšge », il est impossible d’y voir des bouffĂ©es complotistes, d’abord parce que François Patriat l’écarte formellement, ensuite parce qu’il est assez Ă©vident que nous avons affaire Ă  des personnes qui n’ont pas « un faible degrĂ© d’éducation ». Le complotisme, c’est la pathologie cognitive des pauvres — on ne tardera sans doute pas Ă  Ă©tablir que le jambon mouillĂ© a des effets pernicieux sur le cortex prĂ©frontal et, lĂ , la psychologie sociale sera pleinement sociale, ainsi que scientifique.

Les paroles institutionnelles en ruines
VoilĂ  donc oĂč en est la « comprĂ©hension » du fait complotiste dans les mĂ©dias assistĂ©s de leurs experts satellites. D’oĂč naĂźt irrĂ©sistiblement un dĂ©sir de comprĂ©hension de cette « comprĂ©hension », ou plutĂŽt de cette incomprĂ©hension, de cette comprĂ©hension tronquĂ©e sur l’essentiel. En rĂ©alitĂ©, que la formation des opinions reprenne toute libertĂ©, pour le meilleur et pour le pire, quand l’autoritĂ© des paroles institutionnelles est Ă  terre, ça n’a pas grand-chose de surprenant. Mais pourquoi l’autoritĂ© des paroles institutionnelles est-elle Ă  terre ? C’est la question Ă  laquelle les paroles institutionnelles ont le moins envie de rĂ©pondre. On les comprend : l’examen de conscience promet d’ĂȘtre douloureux, autant s’en dispenser — et maintenir le problĂšme bien circonscrit au cerveau des complotistes.

Mais pourquoi l’autoritĂ© des paroles institutionnelles est-elle Ă  terre ? C’est la question Ă  laquelle les paroles institutionnelles ont le moins envie de rĂ©pondre
C’est que l’autoritĂ© des paroles institutionnelles n’a pas Ă©tĂ© effondrĂ©e du dehors par quelque choc exogĂšne adverse : elle s’est auto-effondrĂ©e, sous le poids de tous ses manquements. À commencer par le mensonge des institutions de pouvoir. Les institutions de pouvoir mentent. Mediator : Servier ment. DĂ©pakine : Sanofi ment. Bridgestone : Bridgetsone ment. 20 milliards de CICE pour crĂ©er un million d’emplois : le Medef ment. Mais aussi : Lubrizol, les pouvoirs publics mentent ; nuclĂ©aire, tout est sĂ»r : les nuclĂ©ocrates mentent. Loi de programmation de la recherche : Vidal ment (mais Ă  un point extravagant). Violences policiĂšres, alors lĂ , la fĂȘte : procureurs, prĂ©fecture, IGPN, ministres, prĂ©sident de la RĂ©publique, tout le monde ment, et avec une obscĂ©nitĂ© resplendissante qui ajoute beaucoup. Covid : hors-concours.


Le capitalisme nĂ©olibĂ©ral a dĂ©chaĂźnĂ© les intĂ©rĂȘts les plus puissants, or lĂ  oĂč les intĂ©rĂȘts croissent, la vĂ©ritĂ© trĂ©passe. C’est qu’il faut bien accommoder la contradiction entre des politiques publiques forcenĂ©es et l’effet qu’elles font aux gens. Or pour combler ce genre d’écart, quand on a dĂ©cidĂ© de ne pas toucher aux causes de l’écart, il n’y a que le secours des mots. Alors on arrose gĂ©nĂ©reusement avec du discours. Au dĂ©but on fait de la « pĂ©dagogie », on « dĂ©crypte ». Et puis quand le dĂ©cryptage ne marche plus, il ne reste plus qu’à mentir — Ă  soutenir que ce qui est n’est pas (« la police rĂ©publicaine ne se cagoule pas, elle agit Ă  visage dĂ©couvert »), ou que ce qui n’est pas est (on ferme des lits pour amĂ©liorer l’accueil des malades). Quand il n’est pas pure et simple rĂ©pression, le nĂ©olibĂ©ralisme finissant n’est plus qu’une piscine de mensonge. Nous baignons lĂ -dedans. C’est devenu une habitude, et en mĂȘme temps on ne s’y habitue pas. Vient forcĂ©ment le moment oĂč l’autoritĂ© de la parole institutionnelle s’effondre parce que l’écart entre ce qu’elle dit et ce que les gens expĂ©rimentent n’est plus soutenable d’aucune maniĂšre.

Alors ça part en glissement de terrain, et tout s’en va avec, notamment les mĂ©dias d’accompagnement, prĂ©cisĂ©ment parce qu’ils auront accompagnĂ©, trop accompagnĂ©, pendant trop longtemps. Ils auront tant rĂ©pĂ©tĂ©, tant ratifiĂ©, se seront tant empressĂ©s. Les complotistes voient l’esprit critique de la presse se rĂ©armer dans la journĂ©e mĂȘme de la parution d’un documentaire. Mais, en matiĂšre d’esprit critique, ils se souviennent aussitĂŽt des interviews de LĂ©a SalamĂ©, de Macron interrogĂ© par TF1-France2-BFM, de la soupe servie Ă  la louche argentĂ©e, de la parole gouvernementale outrageusement mensongĂšre mais jamais reprise comme telle, ils se souviennent de deux mois d’occultation totale des violences policiĂšres contre les « gilets jaunes », ils se souviennent du journalisme de prĂ©fecture qui a si longtemps dĂ©bitĂ© tels quels les communiquĂ©s de Beauvau, certifiĂ© l’envahissement de la SalpĂȘtriĂšre par des casseurs. Certains mĂ©dias protestent : « c’est injuste, nous sommes en train de changer, nous avons vu, nous en parlons maintenant, nous envoyons des grands reporters sur les ronds-points, nous avons Ă  cƓur de reprendre (prendre) contact avec la vie des gens ». Sans doute, mais c’est tellement tard, tellement trop tard. Car ça fait des dĂ©cennies que ça dure. Trente, quarante ans d’accompagnement, d’occultations sĂ©lectives — mĂȘme pas par mauvais geste : par simple cĂ©citĂ© —, de leçons faites, il faut s’adapter, il faut ĂȘtre compĂ©titif, il faut accepter des sacrifices, l’Europe est notre avenir, vous ne voulez tout de mĂȘme pas que La-France sorte de la mondialisation ? C’est long trente ans Ă  ce rĂ©gime, pendant que le chĂŽmage, la prĂ©caritĂ©, les inĂ©galitĂ©s, les suicides et les services publics explosent. Ça en fait du travail de sape dans les esprits.

En fait c’est trĂšs simple : pourquoi les paroles institutionnelles s’effondrent-elles ? Parce que, dans le temps mĂȘme oĂč elles prĂ©sidaient au dĂ©labrement de la sociĂ©tĂ©, elles auront, chacune dans leur genre, ou trop menti, ou trop couvert, ou trop laissĂ© passer, ou trop regardĂ© ailleurs, ou trop lĂ©chĂ©, que ça s’est trop vu, et qu’à un moment, ça se paye. Le complotisme en roue libre, c’est le moment de l’addition. Il faut vraiment ĂȘtre journaliste, ou expert de Conspiracy Watch pour ne pas voir ça. Trente ans de ruine Ă  petit feu de l’autoritĂ© institutionnelle, et puis un beau jour, l’immeuble entier qui s’effondre : le discrĂ©dit. Mais normalement on sait ça : le crĂ©dit dĂ©truit, ne se reconstruit pas rapidement. Maintenant, il y a les ruines, et il va falloir faire au milieu des gravats pour un moment. On comprend que la plupart des mĂ©dias, qui comptent au nombre des gravats, ne se rĂ©solvent pas Ă  regarder le tableau. C’est bien pourquoi il fallait faire aussitĂŽt un hold-up sur Hold-up : pour en fixer la « comprĂ©hension », et qu’elle ne s’en aille surtout pas ailleurs.

Rééducation et bienveillance
En attendant, la soupe est renversĂ©e et on a les complotistes sur les bras. Comment faire ? On a compris que l’heure de les traiter de cinglĂ©s Ă©tait passĂ©e et qu’il urge de trouver autre chose pour endiguer la marĂ©e. Mais quoi ? Dans l’immĂ©diat, pas grand-chose hĂ©las, en tout cas pas ça. Il va falloir se faire Ă  l’idĂ©e que la ruine des constructions de longue pĂ©riode, comme le crĂ©dit fait Ă  la parole institutionnelle, ne se rĂ©pare que par des reconstructions de longue pĂ©riode (par exemple, la destruction prĂ©sente de la chaĂźne Ă©ducation-recherche prendra des dĂ©cennies Ă  ĂȘtre surmontĂ©e). Tant que la phalange anticomplotiste continuera d’apparaĂźtre telle qu’elle est, c’est-Ă -dire soudĂ©e au bloc des pouvoirs, le crĂ©dit de l’ensemble restera Ă  zĂ©ro. En rĂ©alitĂ©, tant que la masse « mĂ©dias » ne se fragmentera pas, tant que ne s’en dĂ©tachera pas une fraction significative, qui rompe avec la position globale de ratification de l’ordre nĂ©olibĂ©ral et de dĂ©fĂ©rence Ă  l’endroit de tous ses pouvoirs, les clients du complotisme continueront de n’y voir qu’un appareil homogĂšne de propagande — et d’aller chercher « ailleurs ». Les gens ne vont chercher un « ailleurs » au-dehors que lorsque le champ institutionnel a Ă©chouĂ© Ă  amĂ©nager un « ailleurs » au-dedans. Mais quel aggiornamento, quelles rĂ©visions dĂ©chirantes, cette rupture, maintenant, ne suppose-t-elle pa

Pour l’heure, incapable, la parole autorisĂ©e cherche fĂ©brilement quelque autre ressource — mais forcĂ©ment au voisinage de ses formes de pensĂ©e invĂ©tĂ©rĂ©es. IdĂ©e de gĂ©nie et redĂ©ploiement pĂ©dagogique : on va aller leur parler. Mais gentiment cette fois. On va leur Ă©crire des lettres, en leur disant qu’ils sont nos amis — c’est donc la version LibĂ©ration. Il y a celle du Monde. Si l’ambiance gĂ©nĂ©rale n’était pas si flippante, ce serait Ă  se rouler par terre de rire. Tout y est. On va chercher ValĂ©rie Igounet de Conspiracy Watch — on avait l’habitude jusqu’ici de Rudy Reichstadt mais lui est trop Ă©pais, c’était l’anticomplotisme premiĂšre maniĂšre, maintenant on ne peut plus le sortir. Dans la saison 2, ça donne : « Il faut rĂ©futer par des faits, dĂ©crypter, mais sans ĂȘtre dans l’accusation ou la moquerie ». VoilĂ  la solution : tout dans l’onctueux, l’humain et la bienveillance — on est excellemment partis. « On est sur un fil », ajoute quand mĂȘme l’experte dans un souffle. Tu l’as dit ValĂ©rie.

Tristan MendĂšs-France, lui, explique Ă  peu de choses prĂšs qu’on a le stock des zinzins sur les bras et qu’avec eux, c’est foutu, il faudra faire avec. Mais que tout notre effort doit aller Ă  enrayer les nouveaux recrutements : « il faut viser les primo-arrivants, faire de la prĂ©vention ». ValĂ©rie Igounet a dĂ©jĂ  commencĂ© : elle mĂšne, nous explique Le Monde, « de nombreux ateliers avec l’Observatoire du complotisme auprĂšs d’enfants » — il faut prendre les « primo-arrivants » de loin. Tout le problĂšme de l’anticomplotisme, c’est qu’il peut prononcer l’ñme claire une phrase pareille qui, normalement, devrait faire froid dans le dos. Qu’on n’aille pas croire Ă  une embardĂ©e individuelle : c’est la ligne gĂ©nĂ©rale. Le nouvel expert gyroscopique — il tourne sur Ă  peu prĂšs tous les mĂ©dias, France Culture, Le Monde, Regards —, Thomas Huchon, pense Ă©galement qu’il faut « faire de l’éducation aux mĂ©dias (
) en gros de la prĂ©vention pour vacciner contre l’épidĂ©mie de “fake news” ». On se croirait au point de presse de JĂ©rĂŽme Salomon, et ça n’est pas un hasard. Car c’est cela qu’on trouve dans une tĂȘte d’anticomplotiste : des images de bacilles, de prophylaxie et de cordon sanitaire. De politique ? Aucunement. Ça n’est pas une affaire de politique, ou de discours politique : c’est une affaire mĂ©dicale.

On voit d’ici Ă  quoi pourra ressembler « l’éducation », ou plutĂŽt la rééducation, aux mĂ©dias. L’essentiel est que l’analyse du complotisme soit ramenĂ©e Ă  son cadre : d’un cĂŽtĂ© le pathologique, de l’autre le pĂ©dagogique. Et puis, dans le camp-Ă©cole rĂ©amĂ©nagĂ©, les Ă©ducateurs, nous est-il dĂ©sormais garanti, seront pleins d’empathie et d’écoute : « la diffusion du complotisme, conclut l’article du Monde, pose un dĂ©fi Ă  une multitude d’acteurs qui doivent plus que jamais prendre le temps d’expliquer, de dĂ©montrer, sans ostraciser ni caricaturer ». De ne rien comprendre Ă  ce point, c’en est extravagant. Finalement, rien n’a bougĂ© d’un iota, le complotisme a encore de beaux jours devant lui. On se croirait revenu dans Tintin au Congo, mais oĂč on aurait rappelĂ© les missionnaires pour leur faire faire une UV de psycho avant de les renvoyer sur le terrain : « Nous n’économiserons ni notre patience ni notre bontĂ© pour vous faire apercevoir que les esprits de la forĂȘt n’existent pas. Puisque ce qui existe, c’est Dieu ».

Frédéric Lordon

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beafran

27 décembre 2020 12:09
Bibracte a écrit :
Je viens d'écrire que je n'enregistre pas toutes les énormités lues ici, mais la vÎtre date de moins d'un mois.
Allez,je vois laisse vous relire et encore une fois, bonne journée !
@+ ! 😄

Vous affirmez sans preuve, comme d' habitude...

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Bibracte

27 décembre 2020 11:39
beafran a écrit :
Voys ne dites pas d' oĂč vous sortez ces 4% qui vous avaient fait tant rigoler et Ă  quelle date..
Et je n' jamais fait censurer aucun sujet.

Je viens d'écrire que je n'enregistre pas toutes les énormités lues ici, mais la vÎtre date de moins d'un mois.
Allez,je vois laisse vous relire et encore une fois, bonne journée !
@+ ! 😄

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