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Paniques anti-complotistes đŸ˜±

Bibracte - 23 décembre 2020 07:12

https://blog.mondediplo.net/paniques-anticomplotistes

Une analyse rĂ©cente, fouillĂ©e et minutieuse de FrĂ©dĂ©ric Lordon (des Économistes AtterrĂ©s) du phĂ©nomĂšne "anti-complotisme".
Analyse dans laquelle les bénis oui-oui des discours officiels et autres machinistes huilant les rouages de la machine-pédagogique-à-enrayer- le-phénomÚne en prennent pour leur grade, davantage que les tenants de la Terre plate.
Analyse orientée donc mais captivante, ses explications confortent l'idée qu'il importe de toujours garder l'esprit vif sans qu'il soit suspicieux devant ce qu'on lit, ce qu'on regarde, ce qu'on écoute.
Quand on veut convaincre Ă  tout prix qu'il fait grand soleil au dehors alors qu'on est sous les nĂ©ons dans une cave, quand bien mĂȘme on porte un costume de ministre, une blouse blanche de mĂ©decin ou qu'on arbore une carte de presse la vigilance s'impose.
L'estrade et les projecteurs n'ayant jamais octroyé automatiquement des compétences en matiÚre de vérités.
Ne jamais oublier qu'un pouvoir, médiatique ou politique, est comme son nom l'indique symbole d'autorité ,que derriÚre toute autorité peut se dissimuler la volonté de masquer et/ou de soumettre.

Paniques anti-complotistes đŸ˜±

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Bibracte23 décembre 2020 07:12

https://blog.mondediplo.net/paniques-anticomplotistes

Une analyse rĂ©cente, fouillĂ©e et minutieuse de FrĂ©dĂ©ric Lordon (des Économistes AtterrĂ©s) du phĂ©nomĂšne "anti-complotisme".
Analyse dans laquelle les bénis oui-oui des discours officiels et autres machinistes huilant les rouages de la machine-pédagogique-à-enrayer- le-phénomÚne en prennent pour leur grade, davantage que les tenants de la Terre plate.
Analyse orientée donc mais captivante, ses explications confortent l'idée qu'il importe de toujours garder l'esprit vif sans qu'il soit suspicieux devant ce qu'on lit, ce qu'on regarde, ce qu'on écoute.
Quand on veut convaincre Ă  tout prix qu'il fait grand soleil au dehors alors qu'on est sous les nĂ©ons dans une cave, quand bien mĂȘme on porte un costume de ministre, une blouse blanche de mĂ©decin ou qu'on arbore une carte de presse la vigilance s'impose.
L'estrade et les projecteurs n'ayant jamais octroyé automatiquement des compétences en matiÚre de vérités.
Ne jamais oublier qu'un pouvoir, médiatique ou politique, est comme son nom l'indique symbole d'autorité ,que derriÚre toute autorité peut se dissimuler la volonté de masquer et/ou de soumettre.

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Avatar beafran

beafran

27 décembre 2020 11:31
Bibracte a écrit :
Contrairement à vous j'ai autre chose à faire qu'occuper l'espace ici pour donner poids à ce que j'écris et encore moins pour enregistrer vos contre-vérités.
Vos 4% m'avaient bien fait rigoler.
Je connais suffisamment ce site et ceux qui pétris de liberté d'expression et de démocratie comme vous qui y font censurer les sujets, pour ne plus intervenir chaque fois que j'y lis une énormité.
Oui vous occupez l'espace et votre réaction immédiate à mon rectificatif, réaction sans doute préécrite en sont la démonstration suffisante me concernant.
Bonne journée....sur Quintonic !

Voys ne dites pas d' oĂč vous sortez ces 4% qui vous avaient fait tant rigoler et Ă  quelle date..
Et je n' jamais fait censurer aucun sujet.

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Bibracte

27 décembre 2020 11:26

Contrairement à vous j'ai autre chose à faire qu'occuper l'espace ici pour donner poids à ce que j'écris et encore moins pour enregistrer vos contre-vérités.
Vos 4% m'avaient bien fait rigoler.
Je connais suffisamment ce site et ceux qui pétris de liberté d'expression et de démocratie comme vous qui y font censurer les sujets, pour ne plus intervenir chaque fois que j'y lis une énormité.
Oui vous occupez l'espace et votre réaction immédiate à mon rectificatif, réaction sans doute préécrite en sont la démonstration suffisante me concernant.
Bonne journée....sur Quintonic !

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Avatar Bibracte

Bibracte

27 décembre 2020 11:09
joe a écrit :
Donnez nous le titre du bouquin qu'on puisse le lire Ă  tĂȘte reposee

Le texte est celui de Frédéric Lordon ,dont je donne le lien et qui est lisible en intégralité en page 1 de ce topic

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Avatar joe

joe

26 décembre 2020 06:07

Si vous pensez que la seule façon de convaincre est d'avoir le dernier mot
Je vous le laisse volontiers
Allez-y, faites vous plaisir !
Je laisse aux autres le soin de vous repondre

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Avatar maud22

maud22

25 décembre 2020 16:26

N'est ce décourageant que pour moi de discuter à partir d'un pavé au lieu d'une simple question ouverte...??

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Avatar aranjuez

aranjuez

25 décembre 2020 11:16

La prose broussailleuse et les "vérités" suggérées mais non démontrées me laissent penser que la clarification ne viendra pas de Frédéric London.
Il y a des complotistes et les supposés non-complotistes comme London qui taxent de complotisme toute idée opposée à son idéologie, celle des Economistes Altérés.

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Avatar joe

joe

24 décembre 2020 20:54
Maryse a écrit :
Bien dit.

Vos arguments ne valent guĂšre mieux, pour les raisons que je viens de donner
Je préfÚre ne pas en rajouter pour ne pas vous faire de peine

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Avatar joe

joe

24 décembre 2020 20:39
Bibracte a écrit :
***************
Petite remontée d'un grand texte.
Aucune agressivitĂ© dans cette brillante analyse contrairement Ă  ce qui est avancĂ© plus bas, mais uniquement de quoi se poser des questions, encore faut-il prendre la peine de le lire đŸ€—
Et comme la discussion porte d'abord dessus..

Donnez nous le titre du bouquin qu'on puisse le lire Ă  tĂȘte reposee

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Avatar nandocinqsix

nandocinqsix

24 décembre 2020 15:31

Voir la discussion :" MĂȘme le canard enchaĂźnĂ© " fait du complotisme !

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Bibracte

24 décembre 2020 08:36
Bibracte a écrit :
Si Hold-up n’avait pas existĂ©, les anticomplotistes l’auraient inventĂ©. C’est le produit parfait, le bloc de complotisme-Ă©talon en platine iridiĂ©, dĂ©posĂ© au Pavillon de Breteuil Ă  SĂšvres. De trĂšs belles trouvailles, des intervenants dont certains ont passĂ© le 38e parallĂšle comme des chefs : une bĂ©nĂ©diction. AltĂ©rĂ©e cependant parce que, certes, on est content d’avoir raison et d’ĂȘtre la rationalitĂ© incarnĂ©e, mais quand mĂȘme l’époque est sombre et on rit moins. La Terre plate et la Lune creuse, on veut bien, ça c’est vraiment drĂŽle, mais QAnon beaucoup moins, ça fait de la politique, le cas Ă©chĂ©ant ça prend des armes ; aux fusils prĂšs et du train oĂč vont les choses on pourrait bientĂŽt avoir les mĂȘmes Ă  la maison. D’ailleurs, on commence Ă  les avoir. Pour l’heure il n’est question que de masques et de vaccins, ce qui n’est dĂ©jĂ  pas rien, mais on sent bien que tous les autres sujets sont candidats. Ce qu’on sent bien Ă©galement, c’est le degrĂ© auquel le camp de la raison se voit lui-mĂȘme dĂ©muni, et lĂ©gĂšrement inquiet devant sa difficultĂ© Ă  Ă©laborer des stratĂ©gies antidotes. Disons-le tout de suite, dans la disposition qui est la sienne, il n’est pas prĂšs d’en trouver la premiĂšre.

D’une forme Ă  l’autre (mais la mĂȘme)

Le torrent de commentaires qu’a immĂ©diatement suscitĂ© la diffusion du documentaire est sans doute le premier signe qui trahit la fĂ©brilitĂ© — du temps a passĂ© depuis le mĂ©pris et les ricanements. Si encore il n’y avait que la quantitĂ©. Mais il faut voir la « qualitĂ© ». C’est peut-ĂȘtre lĂ  le trait le plus caractĂ©ristique de l’épisode « Hold-up » que toutes les rĂ©actions mĂ©diatiques ou expertes suscitĂ©e par le documentaire ne font que reconduire les causes qui l’ont rendu possible. Les fortes analyses reprises Ă  peu prĂšs partout ont d’abord fait assaut de savoirs professionnels par des professionnels : « la musique » — inquiĂ©tante (la musique complotiste est toujours inquiĂ©tante), le format « interviews d’experts sur fond sombre » (le complotisme est sombre), « le montage » (le montage
 monte ?). C’est-Ă -dire, en fait, les ficelles ordinaires, et grossiĂšres, de tous les reportages de M6, TF1, LCI, BFM, France 2, etc. Et c’est bien parce que l’habitude de la bouillie de pensĂ©e a Ă©tĂ© installĂ©e de trĂšs longue date par ces formats mĂ©diatiques que les spectateurs de documentaires complotistes ne souffrent d’aucun dĂ©paysement, se trouvent d’emblĂ©e en terrain formel connu, parfaitement rĂ©ceptifs
 et auront du mal Ă  comprendre que ce qui est standard professionnel ici devienne honteuse manipulation lĂ .

Complotistes ou décrypteurs ?
Mais les mĂ©dias ont passĂ© ce point d’inquiĂ©tude oĂč l’on sent bien qu’on ne peut plus se contenter de la stigmatisation des cinglĂ©s. L’urgence maintenant c’est de comprendre — hĂ©las en partant de si loin, et avec si peu de moyens. Alors la science mĂ©diatique-complotologique pioche pour refaire son retard, et tout y passe. Il y a d’abord, nous dit trĂšs sĂ©rieusement Nicolas Celnik dans LibĂ©ration (lui aussi a compris qu’il ne fallait plus se moquer, alors il Ă©crit une « Lettre Ă  (son) ami complotiste »), que l’un des ressorts positifs des adeptes de complots vient de « l’impression d’avoir dĂ©couvert ce qui devait rester cachĂ© ». Mais Nicolas Celnik sait-il que le vocable princeps de l’idĂ©ologie journalistique est « dĂ©crypter », ce qui, si l’on suit bien l’étymologie, signifie, prĂ©cisĂ©ment, mettre Ă  dĂ©couvert ce qui Ă©tait cachĂ©. Il n’est pas un organe de presse qui ne s’enorgueillisse de ses « dĂ©cryptages ». Partout ce ne sont que « dĂ©crypteurs », d’ailleurs Abel Mestre et Lucie Soullier qui consacrent un papier-fleuve dans Le Monde Ă  s’inquiĂ©ter de la double Ă©pidĂ©mie de Covid et de thĂ©ories complotistes, dĂ©plorent que l’audience de ces derniĂšres soit « devenue considĂ©rable, bien au-delĂ  de celle des sites qui les dĂ©cryptent ».

Le décryptage autorisé a toujours consisté en cette forme particuliÚre de recryptage, mais ici tout à fait inconsciente
Ici le parallĂ©lisme manifestement inaperçu entre les Ăźlotes tentant de « dĂ©couvrir ce qui devrait rester cachĂ© » et l’aristocratie des « dĂ©crypteurs » se complique de ce que le dĂ©cryptage autorisĂ© n’a jamais rien dĂ©cryptĂ©, qu’il a mĂȘme toujours consistĂ© en cette forme particuliĂšre de recryptage, mais ici tout Ă  fait inconsciente, en quoi consiste le catĂ©chisme nĂ©olibĂ©ral. Il suffit d’écouter un « dĂ©crypteur » livrer aux masses abruties qu’il a la bontĂ© d’éclairer le sens profond de la suppression de l’ISF, de la rĂ©duction de la dette publique ou du dĂ©mantĂšlement du code du travail pour ĂȘtre au clair sur ce que « dĂ©crypter » signifie rĂ©ellement — Ă  savoir voiler dans les catĂ©gories de la pensĂ©e nĂ©olibĂ©rale. « DĂ©crypter », c’est avoir admis que les gueux ne se contentent plus d’une simple injonction, et entreprendre de leur en donner les bonnes raisons. Par exemple : « il faut supprimer l’ISF sinon les cerveaux partiront » — lĂ  c’est dĂ©cryptĂ© ; « il faut rĂ©duire la fiscalitĂ© du capital pour financer nos entreprises » (tout est clair) ; « il faut fermer des lits pour que l’hĂŽpital soit agile » (dĂ©cryptage de qualitĂ© : qui voudrait d’un hĂŽpital podagre ou arthritique ? on comprend) ; « il faut rĂ©duire les dĂ©penses publiques pour ne pas laisser la dette Ă  nos enfants » (clartĂ© Ă©conomique, clartĂ© morale), etc.

C’est trĂšs exaltant pour un journaliste de dĂ©crypter, ça donne un grand sentiment d’utilitĂ© sociale, c’est comme une charitĂ© dĂ©mocratique. Les gueux ne pouvaient pas apercevoir tout ça, ça leur restait donc cryptĂ© — du coup on le leur dĂ©crypte. DĂ©crypter, c’est faire comprendre aux intĂ©ressĂ©s ce qu’on va leur faire, pourquoi c’est nĂ©cessaire, et pourquoi c’est bon pour eux. Et comme ils auront compris, ils seront contents — suppose-t-on. Si les malheureux dĂ©crypteurs savaient ce que donnerait qu’on dĂ©crypte leurs dĂ©cryptages, ce qu’on porterait au jour — les abysses de raisonnements indigents, d’idĂ©es reçues, de servilitĂ©s intellectuelles inconscientes, mais fiĂšrement portĂ©es en bandouliĂšres comme vĂ©ritĂ©s d’initiĂ©s.

Les complotistes en tout cas ont parfaitement reçu le message du « dĂ©cryptage », Ă  ceci prĂšs qu’à force de s’entendre administrer par d’autres un sens inaperçu du monde qui les bousille en leur expliquant qu’il est le meilleur possible, ils ont entrepris de s’en chercher un autre par eux-mĂȘmes. Ça ne donne sans doute pas des rĂ©sultats bien fameux — mais Ă  dĂ©crypteur, dĂ©crypteur et demi. C’est le « dĂ©cryptage » lui-mĂȘme qui, pour permettre aux journalistes de faire les entendus, a installĂ© l’idĂ©e qu’il y avait quelque chose Ă  aller chercher dessous. Les complotistes les prennent au mot, Ă  ceci prĂšs que le quelque chose des dĂ©crypteurs Ă©tant toujours la mĂȘme chose, eux se mettent en devoir d’aller chercher autre chose.

Cérébroscopie des complotistes

Alors on va chercher pourquoi l’autodĂ©cryptage des gueux dĂ©crypte de travers. Ici la science complotologique est Ă  son meilleur. Comme les sciences les plus avancĂ©es, elle isole des « effets ». Par exemple la physique connaĂźt « l’effet Compton », « l’effet Doppler », « l’effet Einstein ». La complotologie, pour sa part dispose de l’effet « millefeuille argumentatif ». Impossible d’ouvrir un article sur Hold-up sans avoir Ă  manger du millefeuille (argumentatif) — une feuille de vrai, une feuille de faux, une feuille de vrai
 Un journaliste de Mediapart va plus loin et pose gravement la question : « pourquoi nos cerveaux sont-ils si permĂ©ables » (Ă  l’aberration complotiste) ? « Nos » : pas de discrimination offensante. « Cerveaux » : parce que c’est lĂ -dedans que ça se passe. La rĂ©ception du complotisme, c’est une affaire « dans le cerveau ». Un psychologue social, dont la psychologie sociale n’a plus rien de social (mais c’est la grande tendance de la psychologie sociale) saisit aussitĂŽt la perche du « cerveau » : comme une invitation faite aux sciences cognitives et Ă  leur panacĂ©e explicative : le biais. Pourquoi le « cerveau » (des complotistes) erre-t-il ? Parce qu’il est en proie Ă  des biais (cognitifs) — marche aussi avec « pourquoi votre fille est muette » : elle est en proie Ă  des biais (auditifs). AprĂšs le biais pĂątissier (celui du millefeuille — particuliĂšrement traĂźtre avec toute cette crĂšme, on ne sait plus si on mange des feuilles vraies ou des feuilles fausses), le biais de confirmation, puis le biais d’intentionnalitĂ© (Ă  qui profite le crime ?), etc. De ce qu’il y a des biais, il rĂ©sulte que la pensĂ©e n’est pas droite. C’est scientifique, on a bien avancĂ©.

À un moment cependant le psychologue social se souvient qu’il y a « sociale » dans « psychologie sociale ». Et qu’il y a des inĂ©galitĂ©s « assez Ă©normes dans les sociĂ©tĂ©s modernes ». Dont rĂ©sulte logiquement que le complotisme prospĂšre auprĂšs « des gens qui ont un plus faible degrĂ© d’éducation ». On le pressentait, mais c’est quand mĂȘme plus satisfaisant quand c’est Ă©tabli par la science. Attention toutefois, la science a ses complexitĂ©s : quand Macron pense que les « gilets jaunes » sont soutenus par les Russes, ou quand le sĂ©nateur PS François Patriat, Ă  propos des mĂ©saventures de DSK en 2011, envisage « non pas la thĂ©orie du complot mais la thĂ©orie du piĂšge », il est impossible d’y voir des bouffĂ©es complotistes, d’abord parce que François Patriat l’écarte formellement, ensuite parce qu’il est assez Ă©vident que nous avons affaire Ă  des personnes qui n’ont pas « un faible degrĂ© d’éducation ». Le complotisme, c’est la pathologie cognitive des pauvres — on ne tardera sans doute pas Ă  Ă©tablir que le jambon mouillĂ© a des effets pernicieux sur le cortex prĂ©frontal et, lĂ , la psychologie sociale sera pleinement sociale, ainsi que scientifique.

Les paroles institutionnelles en ruines
VoilĂ  donc oĂč en est la « comprĂ©hension » du fait complotiste dans les mĂ©dias assistĂ©s de leurs experts satellites. D’oĂč naĂźt irrĂ©sistiblement un dĂ©sir de comprĂ©hension de cette « comprĂ©hension », ou plutĂŽt de cette incomprĂ©hension, de cette comprĂ©hension tronquĂ©e sur l’essentiel. En rĂ©alitĂ©, que la formation des opinions reprenne toute libertĂ©, pour le meilleur et pour le pire, quand l’autoritĂ© des paroles institutionnelles est Ă  terre, ça n’a pas grand-chose de surprenant. Mais pourquoi l’autoritĂ© des paroles institutionnelles est-elle Ă  terre ? C’est la question Ă  laquelle les paroles institutionnelles ont le moins envie de rĂ©pondre. On les comprend : l’examen de conscience promet d’ĂȘtre douloureux, autant s’en dispenser — et maintenir le problĂšme bien circonscrit au cerveau des complotistes.

Mais pourquoi l’autoritĂ© des paroles institutionnelles est-elle Ă  terre ? C’est la question Ă  laquelle les paroles institutionnelles ont le moins envie de rĂ©pondre
C’est que l’autoritĂ© des paroles institutionnelles n’a pas Ă©tĂ© effondrĂ©e du dehors par quelque choc exogĂšne adverse : elle s’est auto-effondrĂ©e, sous le poids de tous ses manquements. À commencer par le mensonge des institutions de pouvoir. Les institutions de pouvoir mentent. Mediator : Servier ment. DĂ©pakine : Sanofi ment. Bridgestone : Bridgetsone ment. 20 milliards de CICE pour crĂ©er un million d’emplois : le Medef ment. Mais aussi : Lubrizol, les pouvoirs publics mentent ; nuclĂ©aire, tout est sĂ»r : les nuclĂ©ocrates mentent. Loi de programmation de la recherche : Vidal ment (mais Ă  un point extravagant). Violences policiĂšres, alors lĂ , la fĂȘte : procureurs, prĂ©fecture, IGPN, ministres, prĂ©sident de la RĂ©publique, tout le monde ment, et avec une obscĂ©nitĂ© resplendissante qui ajoute beaucoup. Covid : hors-concours.


Le capitalisme nĂ©olibĂ©ral a dĂ©chaĂźnĂ© les intĂ©rĂȘts les plus puissants, or lĂ  oĂč les intĂ©rĂȘts croissent, la vĂ©ritĂ© trĂ©passe. C’est qu’il faut bien accommoder la contradiction entre des politiques publiques forcenĂ©es et l’effet qu’elles font aux gens. Or pour combler ce genre d’écart, quand on a dĂ©cidĂ© de ne pas toucher aux causes de l’écart, il n’y a que le secours des mots. Alors on arrose gĂ©nĂ©reusement avec du discours. Au dĂ©but on fait de la « pĂ©dagogie », on « dĂ©crypte ». Et puis quand le dĂ©cryptage ne marche plus, il ne reste plus qu’à mentir — Ă  soutenir que ce qui est n’est pas (« la police rĂ©publicaine ne se cagoule pas, elle agit Ă  visage dĂ©couvert »), ou que ce qui n’est pas est (on ferme des lits pour amĂ©liorer l’accueil des malades). Quand il n’est pas pure et simple rĂ©pression, le nĂ©olibĂ©ralisme finissant n’est plus qu’une piscine de mensonge. Nous baignons lĂ -dedans. C’est devenu une habitude, et en mĂȘme temps on ne s’y habitue pas. Vient forcĂ©ment le moment oĂč l’autoritĂ© de la parole institutionnelle s’effondre parce que l’écart entre ce qu’elle dit et ce que les gens expĂ©rimentent n’est plus soutenable d’aucune maniĂšre.

Alors ça part en glissement de terrain, et tout s’en va avec, notamment les mĂ©dias d’accompagnement, prĂ©cisĂ©ment parce qu’ils auront accompagnĂ©, trop accompagnĂ©, pendant trop longtemps. Ils auront tant rĂ©pĂ©tĂ©, tant ratifiĂ©, se seront tant empressĂ©s. Les complotistes voient l’esprit critique de la presse se rĂ©armer dans la journĂ©e mĂȘme de la parution d’un documentaire. Mais, en matiĂšre d’esprit critique, ils se souviennent aussitĂŽt des interviews de LĂ©a SalamĂ©, de Macron interrogĂ© par TF1-France2-BFM, de la soupe servie Ă  la louche argentĂ©e, de la parole gouvernementale outrageusement mensongĂšre mais jamais reprise comme telle, ils se souviennent de deux mois d’occultation totale des violences policiĂšres contre les « gilets jaunes », ils se souviennent du journalisme de prĂ©fecture qui a si longtemps dĂ©bitĂ© tels quels les communiquĂ©s de Beauvau, certifiĂ© l’envahissement de la SalpĂȘtriĂšre par des casseurs. Certains mĂ©dias protestent : « c’est injuste, nous sommes en train de changer, nous avons vu, nous en parlons maintenant, nous envoyons des grands reporters sur les ronds-points, nous avons Ă  cƓur de reprendre (prendre) contact avec la vie des gens ». Sans doute, mais c’est tellement tard, tellement trop tard. Car ça fait des dĂ©cennies que ça dure. Trente, quarante ans d’accompagnement, d’occultations sĂ©lectives — mĂȘme pas par mauvais geste : par simple cĂ©citĂ© —, de leçons faites, il faut s’adapter, il faut ĂȘtre compĂ©titif, il faut accepter des sacrifices, l’Europe est notre avenir, vous ne voulez tout de mĂȘme pas que La-France sorte de la mondialisation ? C’est long trente ans Ă  ce rĂ©gime, pendant que le chĂŽmage, la prĂ©caritĂ©, les inĂ©galitĂ©s, les suicides et les services publics explosent. Ça en fait du travail de sape dans les esprits.

En fait c’est trĂšs simple : pourquoi les paroles institutionnelles s’effondrent-elles ? Parce que, dans le temps mĂȘme oĂč elles prĂ©sidaient au dĂ©labrement de la sociĂ©tĂ©, elles auront, chacune dans leur genre, ou trop menti, ou trop couvert, ou trop laissĂ© passer, ou trop regardĂ© ailleurs, ou trop lĂ©chĂ©, que ça s’est trop vu, et qu’à un moment, ça se paye. Le complotisme en roue libre, c’est le moment de l’addition. Il faut vraiment ĂȘtre journaliste, ou expert de Conspiracy Watch pour ne pas voir ça. Trente ans de ruine Ă  petit feu de l’autoritĂ© institutionnelle, et puis un beau jour, l’immeuble entier qui s’effondre : le discrĂ©dit. Mais normalement on sait ça : le crĂ©dit dĂ©truit, ne se reconstruit pas rapidement. Maintenant, il y a les ruines, et il va falloir faire au milieu des gravats pour un moment. On comprend que la plupart des mĂ©dias, qui comptent au nombre des gravats, ne se rĂ©solvent pas Ă  regarder le tableau. C’est bien pourquoi il fallait faire aussitĂŽt un hold-up sur Hold-up : pour en fixer la « comprĂ©hension », et qu’elle ne s’en aille surtout pas ailleurs.

Rééducation et bienveillance
En attendant, la soupe est renversĂ©e et on a les complotistes sur les bras. Comment faire ? On a compris que l’heure de les traiter de cinglĂ©s Ă©tait passĂ©e et qu’il urge de trouver autre chose pour endiguer la marĂ©e. Mais quoi ? Dans l’immĂ©diat, pas grand-chose hĂ©las, en tout cas pas ça. Il va falloir se faire Ă  l’idĂ©e que la ruine des constructions de longue pĂ©riode, comme le crĂ©dit fait Ă  la parole institutionnelle, ne se rĂ©pare que par des reconstructions de longue pĂ©riode (par exemple, la destruction prĂ©sente de la chaĂźne Ă©ducation-recherche prendra des dĂ©cennies Ă  ĂȘtre surmontĂ©e). Tant que la phalange anticomplotiste continuera d’apparaĂźtre telle qu’elle est, c’est-Ă -dire soudĂ©e au bloc des pouvoirs, le crĂ©dit de l’ensemble restera Ă  zĂ©ro. En rĂ©alitĂ©, tant que la masse « mĂ©dias » ne se fragmentera pas, tant que ne s’en dĂ©tachera pas une fraction significative, qui rompe avec la position globale de ratification de l’ordre nĂ©olibĂ©ral et de dĂ©fĂ©rence Ă  l’endroit de tous ses pouvoirs, les clients du complotisme continueront de n’y voir qu’un appareil homogĂšne de propagande — et d’aller chercher « ailleurs ». Les gens ne vont chercher un « ailleurs » au-dehors que lorsque le champ institutionnel a Ă©chouĂ© Ă  amĂ©nager un « ailleurs » au-dedans. Mais quel aggiornamento, quelles rĂ©visions dĂ©chirantes, cette rupture, maintenant, ne suppose-t-elle pa

Pour l’heure, incapable, la parole autorisĂ©e cherche fĂ©brilement quelque autre ressource — mais forcĂ©ment au voisinage de ses formes de pensĂ©e invĂ©tĂ©rĂ©es. IdĂ©e de gĂ©nie et redĂ©ploiement pĂ©dagogique : on va aller leur parler. Mais gentiment cette fois. On va leur Ă©crire des lettres, en leur disant qu’ils sont nos amis — c’est donc la version LibĂ©ration. Il y a celle du Monde. Si l’ambiance gĂ©nĂ©rale n’était pas si flippante, ce serait Ă  se rouler par terre de rire. Tout y est. On va chercher ValĂ©rie Igounet de Conspiracy Watch — on avait l’habitude jusqu’ici de Rudy Reichstadt mais lui est trop Ă©pais, c’était l’anticomplotisme premiĂšre maniĂšre, maintenant on ne peut plus le sortir. Dans la saison 2, ça donne : « Il faut rĂ©futer par des faits, dĂ©crypter, mais sans ĂȘtre dans l’accusation ou la moquerie ». VoilĂ  la solution : tout dans l’onctueux, l’humain et la bienveillance — on est excellemment partis. « On est sur un fil », ajoute quand mĂȘme l’experte dans un souffle. Tu l’as dit ValĂ©rie.

Tristan MendĂšs-France, lui, explique Ă  peu de choses prĂšs qu’on a le stock des zinzins sur les bras et qu’avec eux, c’est foutu, il faudra faire avec. Mais que tout notre effort doit aller Ă  enrayer les nouveaux recrutements : « il faut viser les primo-arrivants, faire de la prĂ©vention ». ValĂ©rie Igounet a dĂ©jĂ  commencĂ© : elle mĂšne, nous explique Le Monde, « de nombreux ateliers avec l’Observatoire du complotisme auprĂšs d’enfants » — il faut prendre les « primo-arrivants » de loin. Tout le problĂšme de l’anticomplotisme, c’est qu’il peut prononcer l’ñme claire une phrase pareille qui, normalement, devrait faire froid dans le dos. Qu’on n’aille pas croire Ă  une embardĂ©e individuelle : c’est la ligne gĂ©nĂ©rale. Le nouvel expert gyroscopique — il tourne sur Ă  peu prĂšs tous les mĂ©dias, France Culture, Le Monde, Regards —, Thomas Huchon, pense Ă©galement qu’il faut « faire de l’éducation aux mĂ©dias (
) en gros de la prĂ©vention pour vacciner contre l’épidĂ©mie de “fake news” ». On se croirait au point de presse de JĂ©rĂŽme Salomon, et ça n’est pas un hasard. Car c’est cela qu’on trouve dans une tĂȘte d’anticomplotiste : des images de bacilles, de prophylaxie et de cordon sanitaire. De politique ? Aucunement. Ça n’est pas une affaire de politique, ou de discours politique : c’est une affaire mĂ©dicale.

On voit d’ici Ă  quoi pourra ressembler « l’éducation », ou plutĂŽt la rééducation, aux mĂ©dias. L’essentiel est que l’analyse du complotisme soit ramenĂ©e Ă  son cadre : d’un cĂŽtĂ© le pathologique, de l’autre le pĂ©dagogique. Et puis, dans le camp-Ă©cole rĂ©amĂ©nagĂ©, les Ă©ducateurs, nous est-il dĂ©sormais garanti, seront pleins d’empathie et d’écoute : « la diffusion du complotisme, conclut l’article du Monde, pose un dĂ©fi Ă  une multitude d’acteurs qui doivent plus que jamais prendre le temps d’expliquer, de dĂ©montrer, sans ostraciser ni caricaturer ». De ne rien comprendre Ă  ce point, c’en est extravagant. Finalement, rien n’a bougĂ© d’un iota, le complotisme a encore de beaux jours devant lui. On se croirait revenu dans Tintin au Congo, mais oĂč on aurait rappelĂ© les missionnaires pour leur faire faire une UV de psycho avant de les renvoyer sur le terrain : « Nous n’économiserons ni notre patience ni notre bontĂ© pour vous faire apercevoir que les esprits de la forĂȘt n’existent pas. Puisque ce qui existe, c’est Dieu ».

Frédéric Lordon

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Petite remontée d'un grand texte.
Aucune agressivitĂ© dans cette brillante analyse contrairement Ă  ce qui est avancĂ© plus bas, mais uniquement de quoi se poser des questions, encore faut-il prendre la peine de le lire đŸ€—
Et comme la discussion porte d'abord dessus..

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Avatar beafran

beafran

24 décembre 2020 07:56
rdbrdb a écrit :
Le monde :
...
En 2020, les discours expliquant la pandĂ©mie de Covid-19 par des complots ont sĂ©duit des millions d’adeptes. Leur succĂšs tient moins Ă  leur vĂ©racitĂ© qu’à des ficelles rhĂ©toriques Ă©prouvĂ©es.

« Un plan pour pucer l’humanitĂ© », « une stratĂ©gie pour nous museler », « un gĂ©nocide planifiĂ© de nos anciens »  Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, les thĂ©ories conspirationnistes prolifĂšrent, Ă  l’image de celles prĂ©sentĂ©es par le documentaire Ă  succĂšs Hold-up en novembre, ou par son ersatz sorti en dĂ©cembre, Mal traitĂ©s.

Leur point commun ? Dénoncer une prétendue machination secrÚte expliquant la pandémie et désigner des responsables : le plus souvent Big Pharma, George Soros, Bill Gates, ou encore, en France, le gouvernement.


Malgré leur simplisme, ces discours manipulateurs parviennent à séduire. Voici quelques clés pour les reconnaßtre et ne pas tomber dans leurs piÚges.



1. Comment reconnaĂźtre les discours complotistes ?
Les thĂ©ories du complot prennent de nombreuses formes, mais, souvent, ce sont les mĂȘmes mĂ©canismes qui sont Ă  l’Ɠuvre.

Une obsession pour ceux qui « tirent les ficelles »
« A qui profite le crime ? » « Quel est leur vĂ©ritable objectif ? » La pensĂ©e complotiste aime dĂ©busquer de grands manitous qui tireraient les ficelles dans l’ombre. Ses productions dĂ©signent donc des responsables (de prĂ©fĂ©rence des ennemis politiques) et leur prĂȘtent un agenda cachĂ© malĂ©fique : gagner un maximum d’argent, prendre le pouvoir, contrĂŽler la population voire la rĂ©duire (comme Bill Gates, accusĂ© de projet gĂ©nocidaire).


Les adeptes de la mouvance QAnon sont ainsi persuadĂ©s qu’il existe un complot pĂ©dosataniste au sein du parti dĂ©mocrate aux Etats-Unis, ainsi qu’une conspiration d’une Ă©lite occulte visant Ă  instaurer un « nouvel ordre mondial », aux contours flous et menaçants.

Cette pensĂ©e manichĂ©enne puise dans des scĂ©narios de films et de jeux vidĂ©o, comme Matrix. Mais elle fantasme le pouvoir d’une minoritĂ©. Ainsi, dans le cadre du Covid-19, elle rejette la responsabilitĂ© de la crise sanitaire sur le plus haut sommet de l’Etat, en occultant de multiples strates d’acteurs et en sous-estimant le poids de la bureaucratie et des organisations intermĂ©diaires, qui peuvent ĂȘtre dĂ©faillantes – au risque de passer Ă  cĂŽtĂ© de la complexitĂ© du rĂ©el.

La négation du hasard
« Tout est liĂ©. » « Comme par hasard ! » « Quelle drĂŽle de coĂŻncidence
 » « Reliez les points ! » ProcĂ©der par rapprochements, c’est l’une des caractĂ©ristiques les plus importantes du schĂ©ma complotiste, pour qui chaque coĂŻncidence, chaque symbole – parfois un simple chiffre – trahit un complot gĂ©nĂ©ral.

..."

Oui, bien résumé.
Plus le fait d'une agressivitĂ© verbale certaine, et la conviction que tous ceux qui ne pensent pensent pas comme eux sont des imbĂ©cile, des gens sans cervelles incapables de la moindre analyse, et suivant l'expression consacrĂ©e , des "moutons bĂȘlants "...

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Avatar Maryse

Maryse

24 décembre 2020 07:13

Bien dit.

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poppymary

24 décembre 2020 05:45

Oh que oui

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Avatar janine33

janine33

24 décembre 2020 02:23

Il est bien difficile de rĂ©sister Ă  la diffamation entretenue par les thĂšses complotistes ... je suis abreuvĂ©e de mails de deux amis qui disent j’y crois , j’y crois ...
Être prudent , ĂȘtre mĂ©fiant est un juste chose , mais toujours douter de tout et envisager une synergie internationale de quelques uns dans le seul but d’asservir tous les autres ....c’est pĂ©nible !

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Avatar Vieuxchat

Vieuxchat

24 décembre 2020 01:46

Attention les moutons belants il y en a quelques uns qui parfois se font tuer par les loups !

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