
sik
-Haaaa!
Ben, comment te dire ça mon cher, et je dirais même mon très cher Capitaine , sans que tu ne nous fasses une fausse-couche là , sur le pont fraîchement récuré, hein?
Tu veux un conseil? Mais sincère celui-ci.
Pour ta santé, tu devrais disparaître dans la cale et y demeurer quelques lunes, sans chercher des réponses aux questions que tu viens de m'aboyer dans mon vestibule délicat de mélomane.
Non vraiment. J'ai peur pour toi.
Et comme je t'aime bien malgré toutes les misères que tu m'as faites depuis le Saskatchewan en passant par Le Potemkin, Les Boers, le lac Lagoda, les comptoirs bataves..et la liste n'est exhaustive..., je préfère te faire grâce de mes projets et t'épargner ainsi les affres de la mauvaise conscience et des regrets.
Mais si tu insistes...comment dire...lourdement, oui c'est ça, lourdement; ben faudra ne t'en prendre qu'à toi-même.
Et une moitié d'homme prévenu n'en vaudra toujours qu'une seule moitié.
Qu'en dis-tu, mon petit, tout petit sabreur de cauchemars?
Tu tiens toujours à savoir?
sik
-Par tous les dingos du Queens et les Jardins d'Ishtar.
Mais d'où te viennent toutes ces éblouissances mon salaud?
T'es encore plus beau que la reine de Sabha, Cléopâtre et la Tour Eiffel réunies sur le pont d'un vaisseau-amiral?
Et c'est quoi ce sourire arrogant , ce menton en tsunami, et ce regard à la couleur du triomphe?
Hé, wait a minute papy. Ca n'se passera pas comme ça.
Va falloir que tu me dises ce que font toutes ces Ghost, Phantom et autres Sovereign fleuries, qui attendent je n'sais qui, sur le quai?
Et toutes ces pompom-girls ukrainiennes qui se trémoussent en louchant de c'côté-ci?
Et cette caravane de chameaux de Mongolie qui ploient sous leurs charges de présents luxueux, dignes d'un couronnement?
Mais d'où viennent-ils tous ces..ces foutus hurluberlus déguisés en pingouins et qui me mettent ma tranquillité en pièces?
Et surtout, POURQUOI?
kankou
[Citation de Sik]Sauf ici, mais faut oser braver l'intitulé du tropique[Fin de citation]~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Pas facile d'essayer de causer ...quand on a rien à dire ..:cligne:
Impossible ce Week-end de valider ...sur ce topic ...sniff ..je voulais te dire ...flûte je ne m'en rappelle plus ..et oui ..pour moi c'est de suite qui faut que je cause sinon ..c'est l Alzheimer :rire: :bisous: aériens
sik
-Mais, et si cela pouvait contribuer à desserrer tes boulons et te faire expurger le trop-plein de vapeur sulfurée qui fait bouillir tes lymphes, j'aimerais te parler un peu de mon vieux Léon, une fois. Et peut-être aussi de Jeff, si le temps se maintient suffisamment avant le grain qui se ramasse ses oripeaux et se profile sournois là-bas, derrière la prairie aux jonquilles.
Oui, p'tit père. Ce bon vieux Léon qu'on reconnaissait de loin sans l'avoir déjà vu, précédé qu'il était par un raffut monstrueux ressemblant à une avalanche de caillasse et qui n'était autre que sa voix d'outre-Sète entonnant Tannhauser, O solé mio parfois.
Et selon l'humeur et son pied danseur du jour, Allumez le feu, Vieille canaille ou même Louise mary me, d'autres fois.
Le tout, immanquablement mixé à la sauce caïman des bayous de Poméranie.
sik
L'ANAMOUR
-Tu l'savais toi Mr "Qui-c'est tout tout de suite" que dans beaucoup de régions à travers le vaste monde l'amour prenait ses jambes à son cou et quittait les lieux parce qu'il ne s'y plaisait plus?
L'amour déserte, c'est ça?
Et ce désert nous atteindra quand à ton avis?
Et d'abord pourquoi? Les gens sont partout pareils, la planète aussi non?.
Dés que l'amour est là, sur les choses, sur les plantes, sur l'eau , sur les troupeaux de mustangs, les ruches , les jonques, sur la voix de la brise et de Norma , la voix des talons aiguilles dans les têtes et sur les trottoirs de Pigalle, Amsterdam ou Bahia,.. eh bien...on tombe tous, pris de frissons et de brisures, non?
On est gauche et tout-chose, des collégiens imberbes et boutonneux, livrés aux balbutiements et à l'incontinence de la puberté. Oui ou non?
On a le palpitant qui s'affole, les yeux mouillants et l'arthrose qui fait des claquettes à minuit, sur le poète endormi. Oui ou non?
On voit partout Ava Gardner qui nous fait les poches et Marlène enfiler son ciré de l'Ange bleu, et sauter sur le hors-bord de Bogart, le passeur en eaux troubles,non?
-Ça en fait des questions,Petite Lumière. A mon tour de t'en poser une.
Tu me tiens en si haute estime que ça pour croire que je suis à même de t'apporter des réponses qui tiennent la route?
C'est trop d'honneur mon Grêmlin's. A lire sur ton visage l'angoisse qui te serre les tripes, tu en est presque attendrissant.
-C'est pas l'moment Capitaine, c'est pas le moment. L'instant est tragique.
-Allons bon. Tragique hein? Comme tu y vas.
fragile444
Bonne nuit , grand Sik ! J'ai pensé à toi , ce soir en achetant un délicieux zlabia dans mon quartier , tout frais , tout craquant en ce premier jour du Ramadan... Je te souhaite un courageux Carême si la chaleur continue ainsi , mais il est vrai aussi que ton menu est alléchant , récompense du soir !
L'encre n'était-elle pas violette dans l'encrier en porcelaine ?
Fais de jolis rêves ! :bisous:
sik
A vos méninges en fleurs.
Replongez-nous dans le temps béni des bancs de l'école, en culottes courtes, genoux écorchés et les doigts éternellement bleus à force de tremper sa sergent-major dans l'encrier en céramique.
Les bûchettes de couleurs qui ne sont jamais au complet qui foutent souvent le camp sur le carrelage, la pâte à modeler et le plumier, le double-décimètre et le compas bancal.
La meilleure place, près du poêle à charbon, évidemment.
Mais c'est pas tout.
Il y avait aussi le temps maudit de la grammaire et de ses règles barbares, les modes et les temps farfelus de la conjugaison, les satanées tables de multiplication si dures qu'il vous poussait des nœuds à l’hypothalamus.
Tiens, une petite gymnique, histoire de nous tordre un peu plus les quelques synapses encore vigoureuses, hein?
Je commence :
Je brike, (au thon)
Tu chorbates, (à l'agneau)
Il ou elle couscousse (royal)
Nous saladons (méchouia)
Vous fruitez (la passion)
Ils ou elles menthisent (la théière)
Ça commence bien.
kankou
🐞..Savoir parler pour ne rien dire
Et faire en sorte qu’on vous admire
Je vous le dis en aparté
C’est là un gage de succès
Savoir prier. À rien ne croire
Savoir satisfaire aux regards
Je vous l’accorde sans ambages
Ça ne ternit point le plumage
Savoir pleurer au cinéma
Avec un cœur sec comme du bois
Il n’y a point contradiction
Entre ces deux situations
Savoir juger sans s’engager
Savoir promettre sans aider
Voilà judicieuse morale
Qui ne vous fera aucun mal
Savoir mettre ses intérêts
Plus haut que quelque liberté
C’est d’une sage politique
Et qui vous sera bénéfique
Savoir penser : « Comme il canule ! »
Dire : « Près de vous on se sent nul »
C’est là compliment bien tourné
Qu’à bon escient il faut placer…
Savoir…
Savoir parler…
Savoir parler pour ne rien dire…
Esther Granek, Je cours après mon ombre, 1981