
alyde
Gaza, vaste prison,
Paix sur toi ville de toutes les bravoures.
Ton visage comme une graine de foi que l’on sème
Éclair de joie dans la morosité d’un monde arabe avachi sous le poids des accommodements et des compromissions,
Quand la cause de la Palestine est d’abord celle de l’amour de la patrie
Et d’une foi dans le droit de tout homme asservi.
Gaza est notre cause, notre étoile, notre serment ; le combat imposé à tout homme spolié. L'Orient et l'Occident ne t’ont que trop longtemps exilée de leur conscience et des bontés offertes par cette terre. Et pourtant cachée dans la vérité, toi seule écrit la page de gloire des peuples.
Toi seule fait partie de notre chemin vers l’exigence de vérité, en attendant le réveil de la conscience des hommes ; en attendant que soit franchie la voie étroite allant de l’insouciance à la vérité .
Il n'y aura pas de paix sans une justice fondée sur le droit, le rétablissement de la sécurité, la restauration de la liberté et le retour de la prospérité.
Il n’y aura pas de paix si les résolutions des Nations Unies ne sont pas mises en œuvre, en particulier la résolution 194 sur le droit de retour et la création d'un État palestinien indépendant.
Que le monde entier s’indigne à ces crimes contre l’humanité, et que le bourreau ne soit pas pris pour une victime.
Gaza, ne pleure pas,
Avec Ahmad Chawki, souviens-toi
« La Croix n’était pas de fer, mais de bois,
Et la victoire fut non à la force mais au droit. »
Au matin retentiront les cloches du troisième jour...
Et ce sera comme si la tombe ne fut jamais...
Texte de Charaf Abou Charaf
Traduit par Fady Noun

lyvi
« Quand les oiseaux racontent des histoires »
Ils se rassemblent à l'aube,
là où la lumière murmure encore
et l'air sent la promesse.
Six oiseaux — chacun avec un rôle,
un souvenir, une voix.
Sur la table de mousse et de bois,
parmi les lettres jaunies et les livres ouverts,
ils partagent des histoires qui ne sont pas écrites.
Histoires de rafales de vent sur des villages abandonnés,
des nids perdus,
des secrets laissés en suspens parmi les feuilles.
L'oiseau au chapeau se souvient
comment il chantait un jour à une femme à la fenêtre.
L'oiseau à la robe en dentelle
parle doucement de fidélité,
et comment certains cœurs continuent d'attendre
même si le temps passe vite.
Ils rient parfois. Ils restent souvent silencieux.
Parce que certaines histoires sont trop légères pour être retenues
et trop lourd pour être oublié.
Et nous, nous avons le droit de regarder.
Juste un instant.
En tant qu'étrangers à un rituel séculaire
où les plumes murmurent ce que les mots ne peuvent pas capturer.
Parce que quand les oiseaux racontent des histoires,
ce n'est pas une question de savoir qui vole,
mais pour ce qui reste.

Armelle
huarsy a écrit :
Si justement Mistouflette
Avait des commentaires désagréables.
Elle a fait éditer plusieurs livres de poésies avec illustrations.
Elle est toujours mon amie sur FB
Je sais que MISTOUFLETTE n'avait pas que des commentaires bienveillants, mais quand j'écris "tous ces poêmes qui font du bien..." je parle de CEUX contenus dans ce post. J'aimais lire les écrits de cette personne agréable et courageuse. JE L'EMBRASSE AFFECTUEUSEMENT et espère qu'elle va moins mal... Je pense qu'elle manque à qq lecteurs.... a moi en tous cas...
Leo-75
IMPRESSION DE PRINTEMPS
Il est des jours -avez-vous remarqué ?-
Où l'on se sent plus léger qu'un oiseau,
Plus jeune qu'un enfant, et, vrai ! Plus gai
Que la même gaité d'un damoiseau.
L'on se souvient sans bien se rappeler...
Évidemment l'on rêve, et non, pourtant.
L'on semble nager et l'on croirait voler,
L'on aime ardemment sans amour cependant.
Tant est léger le cœur sous le ciel clair
Et tant l'on va, sûr de soi, plein de foi
Dans les autres, que l'on trompe avec l'air
D'être plutôt trompé gentiment, soi.
La vie est bonne et l'on voudrait mourir,
Bien que n'ayant pas peur du lendemain,
Un désir indécis, s'en vient fleurir,
Dirait-on, au cœur plus et moins qu'humain.
Hélas ! Faut-il que meure ce bonheur ?
Meurent plutôt la vie et son tourment!
Ô dieux cléments, gardez-moi du malheur
D'à jamais perdre un moment si charmant.
Paul Verlaine
Poèmes Divers
huarsy
Armelle a écrit :
Bonjour à tous,
Formidable de penser à MISTOUFLETTE et quel plaisir de lire tous ces poêmes qui font du bien, qui nous rendent nostalgiques pour certains, toutes ces discussions sans aucune polémique. Merci à tous et bonne journée - Armelle
Si justement Mistouflette
Avait des commentaires désagréables.
Elle a fait éditer plusieurs livres de poésies avec illustrations.
Elle est toujours mon amie sur FB
Natichat
Amis poètes et amateurs de poésie bonjour et merci.
Je suis ravie de constater que les amoureux de poésie osent encore se dévoiler.
je suis de ceux qui pensent que la poésie est la complice intime de la musique qui touche le cœur et les émotions secrètes.
Le printemps des poètes est à l'honneur c'est une heureuse initiative ...
reste à honorer la belle farandole de l'été, l'automne, et l'hiver des poètes ...
huarsy
Vague à l’âme - Esther Granek
Et c’est à force de me taire
que je me parle à n’en finir.
Et c’est à force d’en pâtir
que je m’en gausse la première.
A quoi me sert de n’être poire ?
À quoi me sert froide raison ?
Je jette un caillou dans la mare
et je vois s’agrandir les ronds.
Ce qui se défait se refait…
et tout se meurt… et tout renaît…
et tout recommence à jamais…
Me voilà parlant sans arrêt !…
Mais c’est à force de parler
que je me tais à n’en finir.
Et c’est à force d’en pâtir
que tantôt je m’en gausserai.
À quoi me sert de n’être poire ?
A quoi me sert froide raison ?
Je jette un caillou dans la mare
et je vois s’agrandir les ronds.
Esther Granek, Je cours apres mon ombre, 1981
Enya
lyvi a écrit :
Quand deux coeurs en s'aimant ont doucement vieilli
Oh ! quel bonheur profond, intime, recueilli !
Amour ! hymen d'en haut ! ô pur lien des âmes !
Il garde ses rayons même en perdant ses flammes.
Ces deux coeurs qu'il a pris jadis n'en font plus qu'un.
Il fait, des souvenirs de leur passé commun,
L'impossibilité de vivre l'un sans l'autre.
- Chérie, n'est-ce pas ? cette vie est la nôtre !
Il a la paix du soir avec l'éclat du jour,
Et devient l'amitié tout en restant l'amour !
Victor HUGO
V. Hugo, un autre immense écrivain et poète ! Beaucoup de "pépites" dans ses écrits 😉👍 (son hommage à Léopoldine "demain dès l'aube" est poignant !
Bon dimanche 🌼🌺

lyvi
Les Désespérés
Se tiennent par la main et marchent en silence
Dans ces villes éteintes que le crachin balance
Ne sonnent que leurs pas, pas à pas fredonnés
Ils marchent en silence, les désespérés
Ils ont brûlé leurs ailes, ils ont perdu leurs branches
Tellement naufragés que la mort paraît blanche
Ils reviennent d’amour, ils se sont réveillés
Ils marchent en silence, les désespérés
Et je sais leur chemin pour l’avoir cheminé
Déjà plus de cent fois, cent fois plus qu’à moitié
Moins vieux ou plus meurtris, ils vont le terminer
Ils marchent en silence, les désespérés
Et en dessous du pont, l’eau est douce et profonde
Voici la bonne hôtesse, voici la fin du monde
Ils pleurent leurs prénoms, comme de jeunes mariés
Et fondent en silence, les désespérés
Que se lève celui qui leur lance la pierre
Il ne sait de l’amour que le verbe s’aimer
Sur le pont n’est plus rien qu’une brume légère
Ça s’oublie en silence, ceux qui ont espéré
Jacques Brel

lyvi
Quand deux coeurs en s'aimant ont doucement vieilli
Oh ! quel bonheur profond, intime, recueilli !
Amour ! hymen d'en haut ! ô pur lien des âmes !
Il garde ses rayons même en perdant ses flammes.
Ces deux coeurs qu'il a pris jadis n'en font plus qu'un.
Il fait, des souvenirs de leur passé commun,
L'impossibilité de vivre l'un sans l'autre.
- Chérie, n'est-ce pas ? cette vie est la nôtre !
Il a la paix du soir avec l'éclat du jour,
Et devient l'amitié tout en restant l'amour !
Victor HUGO
rosefrydland
Enya a écrit :
Une chanson nostalgique
Barbara - mon enfance -
J'ai eu tort, je suis revenue dans cette ville loin perdue
Où j'avais passé mon enfance
J'ai eu tort, j'ai voulu revoir le coteau où glissaient le soir
Bleus et gris, ombres de silence
Et je retrouvais comme avant, longtemps après
Le côteau, l'arbre se dressant, comme au passé.
J'ai marché les tempes brûlantes, croyant étouffer sous mes pas
Les voies du passé qui nous hantent et reviennent sonner le glas
Et je me suis couchée sous l'arbre et c'étaient les mêmes odeurs
Et j'ai laissé couler mes pleurs, mes pleurs.
J'ai mis mon dos nu à l'écorce, l'arbre m'a redonné des forces
Tout comme au temps de mon enfance
Et longtemps, j'ai fermé les yeux, je crois que j'ai prié un peu
Je retrouvais mon innocence
Avant que le soir ne se pose, j'ai voulu voir
La maison fleurie sous les roses, j'ai voulu voir
Le jardin où nos cris d'enfants jaillissent comme source claire
Jean-Claude, et Régine, et puis Jean, tout redevenait comme hier
Le parfum lourd des sauges rouges, les dahlias fauves dans l'allée
Le puits, tout, j'ai tout retrouvé
Hélas
La guerre nous avait jeté là, d'autres furent moins heureux, je crois
Au temps joli de leur enfance
La guerre nous avait jeté là, nous vivions comme hors la loi
Et j'aimais cela, quand j'y pense
Où mes printemps, où mes soleils, où mes folles années perdues
Où mes 15 ans, ou mes merveilles, que j'ai mal d'être revenue, oh
Les noix fraîches de septembre et l'odeur des mûres écrasées
C'est fou, tout, j'ai tout retrouvé
Hélas
Il ne faut jamais revenir aux temps cachés des souvenirs
Du temps béni de son enfance
Car parmi tous les souvenirs, ceux de l'enfance sont les pires
Ceux de l'enfance nous déchirent.
Oh ma très chérie, oh ma mère, où êtes-vous donc aujourd'hui?
Vous dormez au chaud de la terre et moi, je suis venue ici
Pour y retrouver votre rire, vos colères et votre jeunesse
Et je suis seule avec ma détresse
Hélas
Pourquoi suis-je donc revenue et seule au détour de ces rues
J'ai froid, j'ai peur, le soir se penche
Pourquoi suis-je venue ici, où mon passé me crucifie
Elle dort à jamais mon enfance
quel magnifique poème, merci beaucoup c'est rafraichissant et doiloureux en même temps. merci merci .jo

lyvi
Pour faire le portrait d'un oiseau
Pour faire le portrait d'un oiseau
Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
Placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
Se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom
dans un coin du tableau.
Jacques Prévert