

Remi
Nantes, ma ville natale v
Lu ceci :
“ Un privilège violé
Le 3 mai, à Nantes, le marquis de Molac, gouverneur de la ville, décrit dans une lettre « l'émotion populaire » comme l'une « des plus grandes et des plus considérables qui se soient jamais faites dans la ville ». Le roi réagit et y envoie des troupes armées, violant l'un des privilèges de la ville qui l'exemptait du logement des gens de guerre. Une nouvelle flambée de colère éclate, marquée par le siège du manoir épiscopal où se trouvait alors le duc de Chaulnes, gouverneur de Bretagne. Lorsque les troupes se retirent, l'atmosphère s'apaise un peu. La révolte urbaine paraît moins dangereuse que l'insurrection qui embrase une partie des campagnes basses-bretonnes depuis le mois de juin. Dès le début, en Basse-Bretagne, la révolte s'est dirigée contre les exigences seigneuriales, notamment dans les régions de domaine congéable. Celui-ci est une originalité bretonne et plus exactement basse-bretonne : il fixe un rapport particulier entre le seigneur et l'exploitant. La terre appartient au seigneur. Le paysan est, lui, propriétaire de tout ce qui est construit : la maison, les bâtiments agricoles et les talus sans toutefois y inclure les arbres comme le chêne, l'orme et l'hêtre, qui appartiennent au seigneur. Depuis 1670, les seigneurs ont eu tendance à renforcer leurs droits provoquant l'exaspération des paysans bretons qui voient leurs sources de revenus diminuer.”
