Avatar chocolatte

RECUEIL DE POÈMES ET DE POÉSIES

chocolatte - 5 janvier 2019 17:23

De beaux textes que vous avez envie de partager... pour notre plus grand plaisir :cligne:

RECUEIL DE POÈMES ET DE POÉSIES

Avatar chocolatte

chocolatte5 janvier 2019 17:23

De beaux textes que vous avez envie de partager... pour notre plus grand plaisir :cligne:

avatar
Avatar chocolatte

chocolatte

10 février 2019 20:04

Février
Isabelle Callis-Sabot

Voici que Février revient, plein de promesses,
Çà et là quelques fleurs s’ouvrent hâtivement ;
Il peut encore neiger, mais le grand froid régresse
Et l’on perçoit déjà des jours l’allongement.

Le printemps apparaît, le rude hiver s’achève ;
Par les champs, par les prés, dévalent les ruisseaux,
Le vieil arbre bourgeonne et se gorge de sève,
Bientôt, dans sa ramée, nicheront les moineaux.

Un soleil radieux inonde la colline,
Au jardin tout prend vie, tout cherche à émouvoir,
Et je sens, sous mes pas, tandis que je chemine,
La terre qui frémit et palpite d’espoir.

Répondre·

Avatar CANDIDE

CANDIDE

10 février 2019 10:16

" Au bout du chemin"

Poète : Charles Guérin (1873-1907)

Recueil : Le semeur de cendres (1901).

"Au bout du chemin
Le soleil se couche ;
Donne-moi ta main,
Donne-moi ta bouche.

Comme un cœur sans foi
Cette source est noire ;
J'ai soif, donne-moi
Tes larmes à boire.

Ô chute du jour !
Des angélus sonnent ;
Donne-moi l'amour
Dont tes seins frissonnent.

La route descend,
Blanc ruban de lieues,
Le dernier versant
Des collines bleues.

Arrêtons-nous ; vois,
Là-bas, ce feuillage
Où fument des toits,
Où rêve un village :

C'est là que je veux
Dormir sous les portes,
Parmi tes cheveux
Pleins de feuilles mortes."

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

9 février 2019 15:27

Mieux vaudrait se rencontrer près d'un serpent que de vivre dans la compagnie des pervers. Le premier se fait connaître dès l'abord ; les autres distillent leur venin goutte à goutte, et leur contagion affaiblit insensiblement les principes de vertu qui peuvent être en nous.

Jean Chrysostome

Répondre·

Avatar CANDIDE

CANDIDE

9 février 2019 12:09

"Dans les yeux du chat
La couleur de la mer
Un jour ensoleillé d'hiver"

Yorie

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

8 février 2019 21:39

L'indifférence est la rouille de l'âme, c'est comme un corps sans mouvement, comme une existence sans vie ; point d'impulsion vers le bien, point d'énergie contre le mal ; c'est une végétation, un engourdissement, une sorte de mort morale. Une âme tombée dans l'indifférence ressemble à une eau stagnante qui se putréfie et s'empoisonne, faute de mouvement et de fluctuation.

Alfred Auguste Pilavoine

Répondre·

Avatar CANDIDE

CANDIDE

8 février 2019 08:48

"Sur l'aile du vent
Légère et lointaine
L'hirondelle "

SÔSEKI

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

7 février 2019 10:27

LA MEDISANCE
(Oeuvre postume)

VICTOR HUGO

Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites:
Tout peut partir d'un mot qu'en passant vous perdîtes;
Tout, la haine et le deuil! Et n'objectez pas
Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas,
écoutez bien ceci: Tête à tête, en pantoufles,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l'oreille au plus mystérieux
de vos amis de coeur,ou, si vous l'aimez mieux,
Vous murmurez tout seul croyant presque vous taire,
Dans le fond d'une cave, à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu.
Ce mot que vous croyez qu'on a pas entendu,
Que vous disiez si bas, dans un lieu sourd et sombre,
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l'ombre;
Tenez, il est dehors. Il connaît son chemin;
Il marche, à deux pieds, un bâton à la main,
Debout, souliers ferrés, un passe-port en règle;
Au besoin il prendrait des ailes comme l'aigle!
Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera;
Il suit le quai, franchit la place, et coetera,
Passe l'eau sans bateau dans la saison en crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l'étage, il a la clé;
Il ouvre l'escalier, pousse la porte, passe.
Entre, arrive, et, railleur, regardant l'homme en face,
Dit:" me voilà! je sors de la bouche d'un tel."
Et c'est fait, vous avez un ennemi mortel.

Répondre·

Avatar CANDIDE

CANDIDE

7 février 2019 10:17

"Les hommes meurent
Les hommes vivent
Passent les oies sauvages"

SÔSEKI

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

6 février 2019 21:31

La complexité de l’incompréhension

En toi, je trouve la source du sublime
L’obscurité me rend incompris, l’esprit
Se perd dans les questions qui le briment
Par cette incapacité de voir dans la nuit,

Un éclair surgir de la splendeur céleste
Et pénétrer le ciel bleu sous l’admiration
Des étoiles, qui sagement molestent
Ceux observant dans mes réflexions

La complexité de l’incompréhension,
Autour de moi, tout est mensonge,
Je demeure sidéré de voir mes actions
Incomprises, suis-je dans un songe ?

Ou dans une réalité, où les humains
S’unissent toujours dans l’ignorance,
L’étroitesse nous rend tel des taupins
Dont la larve décime notre existence

Dad Allaoua

Répondre·

Avatar CANDIDE

CANDIDE

6 février 2019 21:13


Je t’écris ô mon Lou -Apollinaire


"Je t’écris ô mon Lou de la hutte en roseaux
Où palpitent d’amour et d’espoir neuf coeurs d’hommes
Les canons font partir leurs obus en monômes
Et j’écoute gémir la forêt sans oiseaux

Il était une fois en Bohême un poète
Qui sanglotait d’amour puis chantait au soleil
Il était autrefois la comtesse Alouette
Qui sut si bien mentir qu’il en perdit la tête
En perdit sa chanson en perdit le sommeil

Un jour elle lui dit Je t’aime ô mon poète
Mais il ne la crut pas et sourit tristement
Puis s’en fut en chantant Tire-lire Alouette
Et se cachait au fond d’un petit bois charmant

Un soir en gazouillant son joli tire-lire
La comtesse Alouette arriva dans le bois
Je t’aime ô mon poète et je viens te le dire
Je t’aime pour toujours Enfin je te revois
Et prends-la pour toujours mon âme qui soupire

Ô cruelle Alouette au coeur dur de vautour
Vous mentîtes encore au poète crédule
J’écoute la forêt gémir au crépuscule
La comtesse s’en fut et puis revint un jour
Poète adore-moi moi j’aime un autre amour

Il était une fois un poète en Bohême
Qui partit à la guerre on ne sait pas pourquoi
Voulez-vous être aimé n’aimez pas croyez-moi
Il mourut en disant Ma comtesse je t’aime
Et j’écoute à travers le petit jour si froid
Les obus s’envoler comme l’amour lui-même"

Répondre·

Avatar CANDIDE

CANDIDE

6 février 2019 11:55

"Fleur de prunier éclose avant l'heure
Je lui ai donné un nom
Pétales de neige "

SÔSEKI

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

4 février 2019 10:28

Bacchus
André Chénier

Viens, ô divin Bacchus, ô jeune Thyonée,
Ô Dionyse, Évan, Iacchus et Lénée ;
Viens, tel que tu parus aux déserts de Naxos,
Quand ta voix rassurait la fille de Minos.
Le superbe éléphant, en proie à ta victoire,
Avait de ses débris formé ton char d’ivoire.
De pampres, de raisins mollement enchaîné,
Le tigre aux lares flancs de taches sillonné,
Et le lynx étoilé, la panthère sauvage,
Promenaient avec toi ta cour sur ce rivage.
L’or reluisait partout aux axes de tes chars.
Les Ménades couraient en longs cheveux épars
Et chantaient Évius, Bacchus et Thyonée,
Et Dionyse, Évan, Iacchus et Lénée,
Et tout ce que pour toi la Grèce eut de beaux noms.
Et la voix des rochers répétait leurs chansons ;
Et le rauque tambour, les sonores cymbales,
Les hautbois tortueux, et les doubles crotales
Qu’agitaient en dansant sur ton bruyant chemin
Le faune, le satyre et le jeune sylvain,
Au hasard attroupés autour du vieux Silène,
Qui, sa coupe à la main, de la rive indienne,
Toujours ivre, toujours débile, chancelant,
Pas à pas cheminait sur son âne indolent.

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

3 février 2019 23:09

Le rêve.

François-Marie Robert-Dutertre (1815-1898)



C'était l'heure où d'aimables fées
Apportent dans leurs blanches mains
Riches colliers, brillants trophées
Au triste séjour des humains ;
C'était l'heure où, plus amoureuses,
Murmurant des mots nonchalants,
Les odalisques langoureuses
Fleurent d'ennui sur leurs bras blancs.

Ce fut l'heure où je vis en songe
L'ange aux yeux noirs que j'aime tant ;
Enivré d'un si doux mensonge,
Je l'appelai, tout palpitant,
Mais vainement ma voix l'implore ;
Malgré mon accent éploré,
Je vis fuir, comme un météore,
Ce charmant fantôme adoré.

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

2 février 2019 10:03


Il était une feuille
Robert DESNOS

Il était une feuille avec ses lignes —
Ligne de vie
Ligne de chance
Ligne de cœur —
Il était une branche au bout de la feuille —
Ligne fourchue signe de vie
Signe de chance
Signe de cœur —
Il était un arbre au bout de la branche —
Un arbre digne de vie
Digne de chance
Digne de cœur —
cœur gravé, percé, transpercé,
Un arbre que nul jamais ne vit.
Il était des racines au bout de l’arbre —
Racines vignes de vie
Vignes de chance
Vigne de cœur —
Au bout de ces racines il était la terre —
La terre tout court
La terre toute ronde
La terre toute seule au travers du ciel
La terre.

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

1 février 2019 08:56

SOURIRE

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup.
Il enrichit ceux qui le reçoivent
Sans appauvrir ceux qui le donnent.
Il ne dure qu'un instant
Mais son souvenir est parfois éternel.
Personne n'est assez riche pour s'en passer,
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter
Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires.
Il est le signe sensible de l'amitié.
Un sourire donne du repos à l'être fatigué,
Rend du courage aux plus découragés.
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,
Car c'est une chose qui n'a de valeur
Qu'à partir du moment où il se donne.
Et si parfois vous rencontrez une personne
Qui ne sait plus avoir le sourire,
Soyez généreux, offrez-lui le vôtre...
Car nul n'a autant besoin d'un sourire
Que celui qui ne peut en donner aux autres.

Raoul Follereau,

Répondre·