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Pourquoi de plus en plus de médicaments sont-ils en rupture de stock ?
ENQUÊTE - Certains médicaments, pourtant fréquemment utilisés, deviennent de plus en plus difficile à trouver, notamment parce que certains intermédiaires entre les laboratoires et les pharmacies préfèrent vendre à des pays étrangers, en dépit de la législation.
Enquête:
Les ruptures de stock de médicaments se multiplient en pharmacie. La semaine dernière, elles concernaient principalement les corticoïdes, mais le phénomène touche aussi des antibiotiques et des vaccins.
Certains patients sont parfois obligés de faire quatre ou cinq pharmacies pour récupérer leur traitement, quand bien même il s’agit de médicaments courants. "Je me bats toute la journée pour essayer de trouver des équivalents disponibles, ou pour essayer d’avoir les médicaments en demandant aux laboratoires s’ils ne peuvent pas libérer une boîte pour une urgence", explique à Europe 1 une employée d’une pharmacie du centre de Paris, chargée des commandes de médicaments. Dans une autre officine de la capitale, sur cinq commandes, trois sont en rupture. Elles concernent notamment de la cortisone, des collyres, des hypotenseurs et des antibiotiques. Un pharmacien avoue même rationner ses stocks : il ouvre les boîtes de médicaments pour délivrer seulement la dose nécessaire, une pratique illégale mais qui lui permet de limiter les effets de cette pénurie.
Des intermédiaires qui préfèrent vendre les médicaments à l'étranger
Dans 80% des cas, c'est un problème d’argent qui est à l’origine de ce manque de médicaments. En France, ils sont remboursés, et bien remboursés par la Sécurité sociale comparé à d'autres pays. En conséquence, la sécu tire les prix vers le bas, pour avoir à rembourser le moins possible, ce qui n’est pas du goût des industriels ni des intermédiaires qui font le lien entre le laboratoire pharmaceutique et les pharmacies.
Ces grossistes répartiteurs, dont certains, dénommés les "short liners", sont spécialisés sur les médicaments les plus rentables, préfèrent donc vendre à d'autres pays qu'à la France. Parfois, le même médicament est vendu en Italie ou en Allemagne deux à trois fois plus cher que chez nous. Ce genre de pratique reste totalement illégal, car les grossistes répartiteurs sont tenus d'assurer les stocks en France : il s’agit d’une mission de service public qui leur est imposé par la loi. "Il ne constituent pas les stocks qu’ils doivent constituer et ils exportent largement. Nous avons pris des sanctions financières de plusieurs centaines de millions d’euros", assure à Europe 1 Dominique Martin, directeur de l'Agence du médicament, qui explique qu’il s’agit de la principale cause d’absence de produit dans une pharmacie.
Une inflation de la demande mondiale de médicaments
Reste encore, à une moindre échelle, un problème de production. Aujourd'hui, la plupart des usines qui fabriquent les médicaments sont délocalisées à l'étranger, en Asie notamment. Elles travaillent à flux tendus pour satisfaire la demande mondiale qui explose ces dernières années. Il suffit, par exemple, qu'une usine indienne qui fabrique une matière première à destination de plusieurs laboratoires rencontre un problème de production pour que l’ensemble de la chaîne du médicament soit paralysée. C'est ce qui s'est passé en 2018 avec le Sinemet, un traitement anti-parkinson. L'usine située aux États-Unis a dû fermer pour se mettre aux normes, étant la seule au monde, le marché mondial a été impacté pendant de longs mois.
Dans le cas des corticoïdes, qui soignent des maladies aussi courantes que l'asthme ou l'arthrose, le problème ne se situe pas à l'autre bout du monde… mais en France. L'usine qui les fabrique à Lille a rencontré des difficultés en janvier, mais n'a prévenu aucun des laboratoires qu'elle fournit, qui eux-mêmes n’ont donc pas pu alerter les autorités sanitaires. Résultat : la France est en rupture de stock depuis un mois et le retour à la normale n'est pas prévu avant fin juin.
Un plan "anti-rupture de stock" en préparation
Globalement, ces phénomènes de pénurie semblent s’aggraver avec les années. Si on remonte à 2008, seule une cinquantaine de médicaments essentiels étaient signalés soit en tension, soit en rupture de stock. Dix ans plus tard, c'est dix fois plus : 531 médicaments sont signalés comme manquant en France. Les chiffres pour 2019 ne sont pas encore connus. Interrogée par Europe 1, l'Agence du médicament laisse entendre que cette situation va continuer de s'aggraver, sans véritablement savoir quels médicaments vont être concernés demain. Le problème est tel qu'au ministère de la Santé un plan "anti-rupture de stock" est en cours de préparation.
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2 ème version .....
Pourquoi de plus en plus de médicaments sont-ils en rupture de stock ?
Par Sarah CAILLAUD
Trouver les médicaments efficaces pour se soigner peut devenir un casse-tête pour certains patients. Quelque 1 500 médicaments, dont des traitements majeurs pour le cancer, ont manqué en 2019. Des spécialistes décortiquent ce phénomène et les remèdes envisageables.
Le chiffre est sans appel : 1 499 médicaments en difficulté ou rupture d’approvisionnement ont été signalés à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) en 2019 contre 871 l’année précédente. « C’est trente fois plus qu’il y a une dizaine d’années », s’alarme Amandine Courtin, responsable plaidoyer à la Ligue contre le cancer.
L’association vient de lancer une campagne de mobilisation pour « alerter sur le besoin et l’urgence de trouver des solutions pérennes ».
Pourquoi un nombre croissant de médicaments sont en rupture de stock ?
Les raisons de ces pénuries ? « Les causes sont complexes et multiples. Elles peuvent être liées à la fabrication du médicament (indisponibilité de matières premières, problèmes de fabrication, défaut de qualité, etc.) ou dans une moindre mesure, à des dysfonctionnements liés à la chaîne de distribution », poursuit-elle.
Pour Nathalie Coutinet, enseignante-chercheuse à l’université Paris 13 et autrice de L’Économie du médicament, la faute est à imputer aux firmes. « Elles ont externalisé de façon massive chaque étape de fabrication des médicaments pour être le plus rentables possible. Résultat : la production de plusieurs principes actifs est concentrée dans quelques pays et certains décident d’arrêter des chaînes non-rentables. On se retrouve pour quelques molécules avec une seule usine dans le monde qui les produit. »
Dans les années 2000, pour des raisons économiques, la production de substances actives a été massivement délocalisée en Inde et en Chine. « On paye aujourd’hui ces choix économiques », s’insurge justement la Ligue contre le cancer.
Pour l’économiste de la santé, un autre facteur est à prendre en compte : la demande mondiale qui a fortement augmenté. « De nouveaux pays sont devenus de forts consommateurs en médicaments, la Chine notamment ou certains pays d’Europe de l’Est par exemple pour les vaccins. Cela a créé une tension plus forte entre l’offre et la demande. »
Quels sont les médicaments concernés ?
Les médicaments génériques, très peu onéreux mais dont certains sont très importants et efficaces en cancérologie, sont particulièrement touchés. L’association a comptabilisé 40 médicaments utilisés en oncologie dont la situation est critique. Aujourd’hui, 33 anti-cancéreux sont fabriqués en Chine, souligne Nathalie Coutinet.
« C’est l’autre explication de ces pénuries : certains laboratoires décident d’arrêter de commercialiser des médicaments peu chers car le brevet est tombé dans le domaine public, pour rechercher des marchés plus lucratifs. Bizarrement les innovations thérapeutiques qui coûtent une fortune, on n’en manque jamais », s’agace Amandine Courtin, de la Ligue contre le cancer.
Dans une moindre mesure, la chaîne de distribution est aussi parfois en cause selon elle : « Certaines officines, quand elles ont connaissance d’approvisionnement en tension, pratiquent le surstockage. »
« Le nombre important de ruptures de stock n’est pas un phénomène limité au territoire national. Et toutes les classes de médicaments sont concernées, mais trois sont plus particulièrement exposées : les anti-infectieux, les médicaments du système nerveux et les anticancéreux », signale de son côté l’ANSM.
La Ligue contre le cancer pointe aussi du doigt des médicaments très courants mais importants pour les personnes souffrant d’un cancer. « Il y a tous les traitements qui contribuent à une meilleure qualité de vie des patients et auxquels personne ne s’intéresse. Pourtant ils sont fondamentaux et quand ils viennent à manquer, cela a des conséquences très concrètes sur la vie des malades. »
Amandine Courtin cite par exemple l’indisponibilité récente d’un anti-vomitif qui atténue les effets secondaires des chimiothérapies, ou les corticoïdes qui permettent de calmer les réactions inflammatoires pour beaucoup de pathologies.
Aujourd’hui, 1 499 médicaments (y compris des traitements contre le cancer) sont signalés « en difficulté » ou « en rupture » d’approvisionnement auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). (Photo d’illustration : Pixabay)
À partir de quand parle-t-on de pénurie ?
« Tout est une question de sémantique que les acteurs ne partagent pas forcément », poursuit la représentante de l’association. La Ligue parle de pénurie du point de vue des malades à qui il va manquer un traitement. Pour les industriels et les pouvoirs publics, on évoque plutôt les approvisionnements en tension ou en rupture.
« Seuls les médicaments dits d’intérêt thérapeutique majeur qui viennent à manquer dans les officines doivent être signalés à l’ANSM. Il s’agit des traitements d’intérêt vital. Elle parle de pénurie quand on ne peut pas dispenser ces médicaments à un patient dans un délai de 72 heures. Dans les hôpitaux, cela n’est pas encadré donc on ne sait pas. C’est problématique car la plupart de nos patients en cancérologie sont traités à l’hôpital », dénonce la Ligue contre le cancer.
Le Covid-19 a-t-il aggravé la situation ?
Les pénuries de médicaments n’ont « en aucun cas été créées par la Covid », insiste la Ligue contre le cancer. Tout simplement parce que ces défaillances d’approvisionnement en médicaments ne sont pas nouvelles. La crise sanitaire a agi comme un révélateur d’un problème.
Néanmoins, la situation a accéléré certaines pénuries ou en a créé de nouvelles. « Certaines chaînes de fabrication ont été arrêtées et les exportations stoppées en Chine pendant le confinement. »
En France, l’an dernier, l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn a pris la mesure de l’urgence et a dressé une feuille de route. En raison de la situation sanitaire liée au Covid-19, la priorité a été ailleurs ces derniers mois. Les réflexions engagées avec les différents acteurs, dont la Ligue contre le cancer, ont été mises à l’arrêt mais devraient reprendre cet automne. C’est en tout cas ce qu’espère l’association.
75 % des professionnels de santé interrogés dans l’enquête de la Ligue contre le cancer estiment que les pénuries de médicaments entraînent une perte de chance pour les patients concernés. (Photo : Alain Dufresne / Ouest-France)
Quels sont les risques pour les patients ?
« La Ligue contre le cancer a lancé une campagne de mobilisation pour donner la parole aux malades car ce sont les premiers concernés. Certains médicaments, s’ils ne sont pas disponibles, peuvent avoir des conséquences dramatiques : des pertes de chances pour les patients », alerte Amandine Courtin.
Trois professionnels de santé sur quatre, sur les 500 interrogés par la Ligue, sont d’accord pour dire que, malgré l’existence de traitements de substitution, les pénuries de médicaments utilisés contre le cancer entraînent une perte de chances pour les malades. Près la moitié estiment une détérioration de la survie à cinq ans de leurs patients privés de leurs traitements. Ce pourcentage s’élève à 68 % parmi les oncologues qui ont fait l’expérience des pénuries.
« Cela met les professionnels dans des situations inconfortables et les malades en danger. Les autorités doivent faire preuve de transparence pour permettre aux médecins de faire leur travail. Ils réclament quasiment tous une meilleure régulation des autorités sanitaires. »
Colère, incompréhension, solitude : ce sont les sentiments exprimés du côté des patients confrontés à une pénurie (1 358 interrogés).
Que faut-il faire pour y remédier ?
« Aujourd’hui, on sait mieux tracer un morceau de viande qu’un médicament, dénonce la Ligue contre le cancer. L’impact pour la population n’est pourtant pas le même. Le médicament n’est pas un produit de consommation comme les autres. On demande de la transparence ! »
Certes, une liste régulièrement actualisée des produits concernés est disponible en ligne sur le site de l’ANSM, mais cela ne suffit pas pour la Ligue. Elle plaide notamment pour la création d’un système d’information sur les pénuries de médicaments en cours, qui précise leurs causes, la durée ou encore les produits disponibles pour remplacer celui manquant.
C’est indispensable, selon Amandine Courtin, car aujourd’hui « les médecins ne savent même pas si les médicaments qu’ils prescrivent sont disponibles ».
L’association milite également pour obliger les industriels européens à détenir des stocks de quatre mois de médicaments et réclame des sanctions financières contre les laboratoires qui n’assureraient pas l’approvisionnement.
Enfin, « on a besoin de savoir quelles conséquences ont les pénuries sur les malades ». Pour cela, « une é tude scientifique pour mesurer la perte de chance est essentielle ».
La chercheuse Nathalie Coutinet estime quant à elle qu’en matière de transparence des progrès ont été faits : « Aujourd’hui, les firmes doivent signaler les médicaments en tension et la loi de finances les oblige à faire des stocks. C’est un bon début. » Elle pense qu’il faudrait plutôt que « les firmes garantissent un approvisionnement à des prix corrects pendant toute la durée de vie d’un médicament qui est remboursé. Les contraindre à ramener en Europe une partie de la fabrication de ces molécules serait une autre possibilité. »
Elle cite aussi l’exemple des États-Unis qui ont conçu leur propre usine sur l’impulsion de l’État pour sécuriser la production de molécules les plus sensibles. Aujourd’hui à peine un médicament sur quatre est fabriqué en France.
chocolatte
Les bons élèves vont payer pour les mauvais... confinement jusqu'au 1 décembre , histoire de laisser se dérouler Noël... et reconfinement prévu dès janvier puis rebelote mars .. il faudra qu'on s'y habitue jusqu'à une protection collective comme en Suède.. le seul pays qui n'a pas de 2 ème vague ... Le corona sera encore présent une bonne année... selon infos ..
Whisky
Comme le Covid 19 ne suffit pas, le H5N8 venant des Pays-Bas, ainsi que la grippe saisonnière nous pend au nez.
Tous à la même enseigne , on n'est pas encore sorti de l'auberge. En un WE tu satures les hôpitaux avec en plus les accidents de la route des jours de Toussaint . Il me semble avoir entendu le droit de nous recueillir sur nos tombes, confirmation demain !
Whisky
La France fait l'objet "d'une menace terroriste accrue ces derniers jours, nourrie par des appels à la haine", mais qui "nous conforte dans notre volonté de lutter sans relâche contre l'islamisme et tous ses avatars" Extrait du discourt de Gabriel Attal
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Ce qui me plait le plus est le mot" avatars", je rajouterai "trolls" mais ce ne sont que des mots, nous avons besoin d'actes afin de remettre la République en marche .
Whisky
Chaque pays a ses lois et coutumes propres . Quand je change de pays, je les respecte même si parfois cela me barbe, alors l'inverse s'applique aussi .
Si un jour je rentre dans une mosquée,(peu probable, mais .....) j'enlèverai mes chaussures, comme je n'admettrai pas qu'un homme rentre coiffé dans une église . Ou comme on a vu des "étrangers souiller nos cimetières en mangeant et plus sur nos tombes 😢Aucun respect .
Whisky
Ils ont fait valoir que les messages visant Erdogan ne pouvaient s'inscrire dans le cadre de la liberté d'expression car ils visaient l'honneur, la dignité et la réputation de Recep Tayyip Erdogan.
Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a jugé cette plainte inacceptable.
"J'ai un message pour le président Erdogan, et ce message est très simple. Aux Pays-bas, nous considérons la liberté d'expression comme l'un de nos droits les plus chers et cela comprend les caricatures, y compris celles d'hommes politiques", a-t-il dit.
Le chef de la diplomatique turque, Mevlut Cavusoglu, a qualifié dimanche Geert Wilders de "raciste" et de "politicien aux idées fascistes"
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TIENS TIENS COMME C'EST BIZARRE, VOUS AVEZ DIT BIZARRE...... BIZARRE? BIZARRE.......