
Coccyvette
Puis faites l'amour. Pas de sexe, juste de l'amour. C'est ce que je veux dire. Les baisers lents sur la bouche, sur le cou, sur le ventre, sur le dos. Les morsures sur les lèvres, les mains tressées, et les yeux dans les yeux. Je veux dire des câlins si serrés, pour devenir une seule chose. Des corps piégés et des âmes en collision, caresses sur les rayures. Des vêtements enlevés avec les peurs. Bisous sur les faiblesses, sur les signes d'une vie qui jusqu'à ce moment s'étaient un peu fanés.
Je veux dire des doigts sur les corps, créer des constellations, inhaler des parfums. Des cœurs qui battent ensemble, respirations qui voyagent au même rythme. Et puis des sourires sincères qui avec le temps ne l'étaient plus. Voilà.
Faites l'amour et n'ayez pas honte, parce que l'amour c'est de l'art, et vous les chefs-d'œuvre".
Alda Merini
Coccyvette
Quand j’entends dire autour de moi : « La vie est difficile » ou encore : « La vie est injuste », je crois qu'on se trompe de cible. Ce n'est pas la vie qui est difficile ou injuste, c'est nous qui, le plus souvent, la maltraitons, n'en reconnaissons pas les ressources, n'apprécions pas le miracle permanent qu'est sa présence tout d'abord en nous et autour de nous. La vie est belle par essence.
Jacques Salomé - La ferveur de vivre (2012)
Coccyvette
"Bonjour, dit le petit prince.
Bonjour, dit la fleur.
Où sont les hommes ? demanda poliment le petit prince.
La fleur, un jour, avait vu passer une caravane :
Les hommes ? Il en existe, je crois, six ou sept. Je les ai aperçus il y a des années. Mais on ne sait jamais où les trouver. Le vent les promène. Ils manquent de racines, ça les gêne beaucoup.
Adieu, fit le petit prince.
Adieu, dit la fleur."
Extrait Le Petit Prince de Saint Exupéry
Capusa06
Peut-être que ces histoires de bons ou mauvais amis, cela n'existe pas; peut-être n'y a-t-il que des amis, un point c'est tout, c'est-à-dire des gens qui sont à vos côtés quand ça va mal et qui vous aident à ne pas vous sentir trop seul. Peut-être vaut-il toujours d'avoir peur pour eux, d'espérer pour eux, de vivre pour eux.... Bons amis, mauvais amis, non. Rien que des personnes avec lesquelles on a envie de se trouver; des personnes qui bâtissent leur demeure dans votre coeur.
Stephen King- (Ça , Intégrale)
Coccyvette
Texte de Jacques SALOMÉ
« J’ai appris que l’existence de chacun d’entre nous n’est faite que de rencontres et de séparations et qu’il nous appartient de les vivre en acceptant de nous positionner avec courage, de nous respecter avec ténacité et de nous responsabiliser avec cohérence face au surgissement de l’imprévisible.
J’ai appris encore qu’il y a toujours une part d’étonnement dans le déroulement des jours et donc qu’il m’appartenait de savoir accueillir les cadeaux inouïs de faire face aux difficultés qui peuvent surgir dans l’immensité d’un jour.
J’ai appris bien sûr à vivre au présent, à entrer de plain-pied dans l’instant, à ne pas rester prisonnier de mon passé et à ne pas me laisser envahir par des pensées persécutrices ou par des projections trop chimériques sur mon futur.
J’ai appris tardivement à remercier, chaque matin, la VIE d’être présente en moi et autour de moi, à l’honorer avec mes possibles, à la respecter en tenant compte de mes limites, à la dynamiser avec les ressources de ma créativité.
J’ai appris difficilement à m’aimer, non d’un amour narcissique ou égocentrique (même si la tentation est parfois grande) mais d’un amour de bienveillance, de gratitude et de tolérance envers la personne que je suis.
J’ai appris avec beaucoup de tâtonnements à me respecter en osant dire non quand je suis confronté à des demandes ou des désirs qui ne correspondent pas à mes possibles ou à ma
sensibilité.
J’ai appris avec enthousiasme que la beauté est partout, dans le vol d’un oiseau, dans les murmures du vent, comme dans le geste d’un enfant pour tenter de capter le vol d’un papillon ou encore dans le sourire d’un vieillard qui croise mon regard et surtout dans la présence d’une personne qui pour l’instant ne m’a pas encore quitté !
J’ai appris patiemment que ne nul ne sait à l’avance la durée de vie d’un amour et que toute relation amoureuse, aussi merveilleuse soit elle, est une relation à risques. Des risques que j’assume en acceptant de prendre soin de mon amour et d’amplifier en moi l’amour de celle qui m’a offert le sien.
J’ai appris douloureusement que je n’ai pas assez pris de temps pour regarder mes enfants quand ils étaient enfants, que j’aurais dû savoir rire, jouer, parler plus souvent avec eux, chaque fois qu’ils me sollicitaient.
J’ai découvert que je n’ai pas toujours su les entendre et les accueillir dans leurs attentes, leurs projets ou leurs rêves.
Que j’avais trop souvent déposé sur eux mes peurs et mes désirs, tant je voulais, avec beaucoup d’aveuglement, le meilleur pour eux.
J’ai appris avec beaucoup de surprise que le temps s’accélérait avec l’âge et qu’il devenait chaque jour plus urgent d’ajouter de la vie aux années que des années à la vie.
J’ai appris que je pouvais oser demander, si je prenais le risque de la réponse de l’autre aussi frustrante ou décevante qu’elle puisse être.
Que je pouvais recevoir sans me sentir obligé de rendre ou d’être en dette, que je pouvais donner sans envahir l’autre par mon besoin de me sentir généreux, que je pouvais refuser sans confondre la personne et sa demande.
J’ai appris, dans le désordre, que j’avais des besoins relationnels et qu’il était vital de ne pas les confondre avec mes désirs.
J’ai appris avec soulagement que je pouvais désapprendre les pseudos connaissances vaines dont j’avais encombré mon esprit, que je pouvais me défaire de tant d’objets inutiles accumulés durant des années, que je pouvais élaguer dans les urgences que je m’imposais.
J’ai appris joyeusement à planter des arbres, c’est le cadeau le plus vivant que je pouvais faire à cette planète merveilleuse qui nous a accueillis, nous les humains, avec une incroyable générosité et peut être aussi une grande naïveté.
J’ai appris doucement à recevoir le silence, à prendre le temps de méditer quelques minutes chaque jour pour me reconnecter aux vibrations subtiles de l’univers et me réconcilier avec cette parcelle de divin reçue lors de ma conception.
Oui j’ai appris beaucoup dans mon existence et pourtant j’ai toujours en moi, ce désir, cette recherche de quelque chose de plus essentiel qui pourrait s’appeler un brin de sagesse !
Capusa06
En Hiver
A chaque fois que la neige tombe,
Je crois voir un ange
sur un fil transparent.
La danse de cette délicate créature
est différente chaque fois.
Toute sa blancheur,
pure et brillante,
nous entoure, il semble, pour toujours.
La pure et fine Blanche Neige,
empreintée de soleils et de lunes,
n’a pas pu voir les hommes
emportés par le vent.
Cette fée de l’hiver
n’a pas senti l’odeur de la guerre.
Elle n’a pas eu le moment de réfléchir.
Mais elle sait que son cœur, pur et jeune,
est rempli de rêves et de rimes
qu’elle n’a pas encore exprimés.
Elle commence une nouvelle année
avec un frisson du Nord dans le corps.
Chloe Douglas, 2010

