
Coccyvette
Les crayons de couleur
Mais à quoi jouent les crayons
Pendant les récréations ?
Le Rouge dessine une souris
Le Vert un soleil
Le Bleu dessine un radis
Le Gris une groseille
Le Noir qui n’a pas d’idées
Fait des gros pâtés.
Voilà le jeu des crayons
Pendant les récréations.
Corinne Albaut
Capusa06
Roses d’automne
Aux branches que l’air rouille et que le gel mordore,
Comme par un prodige inouï du soleil,
Avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur coeur vermeil.
Dans sa corbeille d’or, août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que, soudain, les touffes printanières
Embaument les matins de l’arrière-saison.
Les bosquets sont ravis, le ciel même s’étonne
De voir, sur le rosier qui ne veut pas mourir,
Malgré le vent, la pluie et le givre d’automne,
Les boutons, tout gonflés d’un sang rouge, fleurir.
En ces fleurs que le soir mélancolique étale,
C’est l’âme des printemps fanés qui, pour un jour,
Remonte, et de corolle en corolle s’exhale,
Comme soupirs de rêve et sourires d’amour.
Tardives floraisons du jardin qui décline,
Vous avez la douceur exquise et le parfum
Des anciens souvenirs, si doux, malgré l’épine
De l’illusion morte et du bonheur défunt.
Nérée Beauchemin
Coccyvette
On devrait vider nos cœurs comme on vide une vieille malle. Se débarrasser des tristesses qui débordent, des regrets trop poussiéreux qui embrument nos lendemains. On devrait décorer nos cœurs de couleurs vives et chaudes, oublier le gris des années de pluie et accrocher un soleil au-dessus de nos portes. Chaque matin, poser notre main sur notre poitrine et sentir notre cœur battre, signe de vie et d’espoir.
Bruno Combes
Coccyvette
C'est la Toussaint Le ciel est gris comme demain Et lourd comme les chrysanthèmes. Le vent Rougit le nez des gens Glace leurs pieds Glace leurs mains : C'est la Toussaint. Des feuilles mortes Que la brise emporte Bouchent les portes. Dans les maisons le feu chante A son diapason Sa chanson.
Capusa06
Ce que je veux ? La paix, la tranquillité. Une vie douce, sans agression, une vie qui coule toute seule. Une vie comme un bateau sur la mer : se laisser porter, aller là où le vent me pousse, regarder les belles choses, même les toutes petites, les discrètes, une abeille qui se repose sur un filet à des kilomètres du rivage, un éclat de peinture qui ressemble à un oeil, les reflets des écailles au fond de la cale. Une vie qui me donne envie de la regarder, d'être dedans parce qu'elle est belle.
Françoise Kerymer- (Il faut laisser les cactus dans le placard)